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CAHIERS D'ART REVUE DE L'AVANT-GARDE ARTISTIQUE DANS TOUS LES PAYS, PUBLIÉE PAR CHRISTIAN ZERVOS --- 10 1926 - Dessins de Cezanne - Juan Gris - Art Chinois - Musique Delannoy - Sculptures pré-archaïques grecques - Études Archeologiques - Pasclin - Masques nègres - Architectures Tchécoslovaques --- 5 francs --- ÉDITIONS « CAHIERS D’ART », 457, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 457 — PARIS VIe ARRt

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CAHIERS D'ART 157, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 157 PARIS-VIe Téléphone : LABORDE 30-94 Chèques Postaux: PARIS 927-89 UN AN . . . { France et Colonies...

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EN PRÉPARATION ROUSSEAU 56 REPRODUCTIONS EN HÉLIOTYPIE. ÉTUDES SUR LA VIE ET L'ŒUVRE DE ROUSSEAU L'ouvrage comportera en plus des œuvres déjà publiées en France et en Allemagne, TRENTE REPRODUCTIONS INÉDITES ET RÉSERVÉES A NOTRE OUVRAGE par les propriétaires des toiles. Le choix des documents a été fait avec grande circonspection et avec la collaboration des artistes et des amis de Rousseau. Ainsi tous ceux qui s'intéressent à l'œuvre de Rousseau y trouveront le guide le plus sûr. EN SOUSCRIPTION LES SOUSCRIPTIONS DOIVENT ÊTRE ACCOMPAGNÉES DU MONTANT DE L'OUVRAGE CHOISI DE 1 À 20 SUR JAPON IMPÉRIAL ...

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CHRISTIAN ZERVOS PICASSO ŒUVRES 1920-1926 VIENT DE PARAITRE 20 PAGES DE TEXTE ILLUSTRÉ DE DESSINS PLEINE PAGE, 40 HÉLIOTYPIES, 2 PLANCHES EN COULEURS TIRAGE A 700 EXEMPLAIRES DE 1 A 5 SUR JAPON IMPÉRIAL AVEC UNE EAU-FORTE ORIGINALE DE PICASSO . ÉPUISÉ DE 6 A 55 SUR HOLLANDE VAN GELDER AVEC UNE EAU-FORTE DE PICASSO . . . 500 FR. DE 56 A 700 SUR VÉLIN...

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GALERIE GRANOFF tableaux modernes 166, B° HAUSSMANN, 166 PARIS-VIII° CARNOT 35-40

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Cézanne DESSINS INÉDITS DE CÉZANNE Cézanne répugnait à l'office du modèle nu congédiant la pudeur féminine au bénéfice de l'art austère. Ou bien, disait-il, il fallait que ce fut « une très vieille carne ». Il y aurait tout une étude à faire sur les délicatesses cachées sous cette ordinaire verdeur de langage. Ainsi, lorsqu'au Café Guerbois, Cézanne, interrogé sur son prochain envoi au Salon, répondait qu'il enverrait un certain pot d'une certaine chose, il ne faut voir là qu'une instinctive révolte contre l'attitude artistique traduite par le langage. Mais sachons nous limiter et revenons à la seule question du nu. Abonné à la Croix et son lecteur fervent, plein de considération pour « les gens qui s'appuient sur Rome », Cézanne affectait de voir dans la femme livrant toutes grâces, et les plus secrètes, une redoutable incarnation du démon. Pourtant, n'en croyons rien. Cézanne se refusait simplement le bénéfice du sacrifice très modéré consenti par le modèle qui sait bien qu'une certaine forme de l'application au travail, dans le soin de la perfection esthétique, est la meilleure sauvegarde de sa pudeur, tant elle est destructrice de toute immédiate volupté. La pudeur raisonnée de Cézanne, l'intellectuelle autant que l'instinctive, le faisait se priver de beaux et jeunes modèles. Aussi bien n'est-ce pas pour lui un drame plastique. De même, Cézanne dont tant de disciples posthumes vont, pieux ingénus, interroger, scruter le « motif », des jardins d'Aix au Sas de Bouffon, peignait, par le hasard de la naissance, le coin le moins favorisé de la Provence. Cézanne n'avait pas le goût des voyages, pour « refaire Poussin sur nature », il n'eut jamais la tentation d'aller camper aux Andelys. Cézanne se contentait de ce qui lui tombait sous la main, sous le regard. Le même arbre sempiternel et la « très vieille carne » suffisaient, parfaitement. Impressionniste niant l'impressionniste, substituant la construction, l'héroïque effort de reconstruction classique au-delà de l'académisme, en pleine nature, Cézanne n'avait pas besoin d'un choix préalable de matériaux délicats. Oh ! je sais. Cézanne peut être rendu responsable de ces années qu'il nous fallut traverser — et qui tout de même ne furent pas des années maigres — qui virent le triomphe plastique d'une laideur agressive. Ce temps d'épreuves est passé et l'on sait tout

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Cézanne. ce que le dessin, la composition ont gagné à ne pas tout subordonner à la chimère d'une grâce vantée par les académiques. Les meilleurs, les plus grands ne s'y trompèrent point au surplus et Picasso, dont les boutades furent, en général, si mal comprises, véritables illustrations de la sagesse, savait fort bien que ses figures précurbistes de 1905 et les cubistes de 1906-1908, avec leurs nez en quarts de brie isocèles, étaient parfaitement laides. Or, ce même Picasso qui, pour d'autres raisons que l'ancêtre aixois, eut, lui aussi, ses « très vieilles carnes » savait, en une heure d'improvisation lumineuse, camper les plus radieuses effigies de la grâce ; telle cette bouquetière nue au panier, entre les Saltimbanques et l'Epoque rose. Héritage cézanien que cette science et cette grâce. Qui peut se souvenir d'avoir jamais vu un modèle dans l'atelier de Picasso ? Comme Cézanne, il eut, écolier, deux ou trois modèles et il les recréera tout au long de la vie, les analysant et les recomposant. Ainsi Cézanne interpréta-t-il jusqu'aux classiques. Dans un identique sentiment exécute-t-il ses copies d'après les maîtres. Quoi ? Nous inquiéterons-nous de ce qu'une telle conception peut avoir de périlleux, de mortel pour les faibles ? Les faibles doivent crever d'un art qu'ils ne peuvent soutenir. C'est une bonne foi. Je prétends, toutefois que Cézanne avec ses « très vieilles carnes », avec pas de modèles qu tout, avec une documentation anatomique puisée parfois aux poudreuses livraisons du Magasin Pittoresque a réussi même de sauver quelques-uns de ces chétifs, à les vivifier. Ce fut vraiment en imposant cette vérité que tout est bon à peindre, à analyser, à transposer, que tout est matière excellente à transfiguration. L'académisme avait fait tant de mal qu'il ne fallut pas moins que les violences et les gros mots d'un Courbet, d'abord, d'un Cézanne ensuite, puis le jansénisme cubiste pour qu'on cesse de croire à la mission sacrée des modèles fonctionnaires livrant à domicile de la beauté toute faite. À une gentille fille abandonnée par son ami du genre faune et qui, pour vivre, recherchait des poses, le digne M. Cormon écrivit : « Je vous félicite, ma chère enfant, de revenir à l'art honnête. Un modèle tel que vous ne pouvait être perdu pour l'École. » Ah ! les nus de Cézanne, ses dessins, ses académies si peu académiques ! Ses anatomies nous contraignant à l'aveu qu'on ne savait plus l'anatomie ! L'admirable, lent mais souverain effort vers l'harmonie sereine de Poussin, de Racine, de Baudelaire aussi comme l'a justement noté M. Élie Faure. Qu'est-ce que la courte recherche d'une grâce quetée comme on la pourrait quêter sur un marché d'esclaves eut ajouté à ces puissances d'ordre lumineux ?

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Cézanne. C'est que Cézanne en face du motif quelconque, maître d'une chair banale ou de son souvenir, était bien assuré d'approcher de plus près qu'aucun habile homme de la beauté totale, pour cette raison qu'il savait la loi de l'absolu esthétique. Ce n'est pas rien que sur le plan naturel qu'il s'était détourné de « l'instant », du « moment » chers aux impressionnistes. L'artiste de haute culture se gardait d'oublier jamais que toutes les puissances d'ordre, d'harmonie doivent être convoquées, requises dans le même temps. La conquête d'Euterpe exige qu'on suive Uranie sans même négliger d'interroger, encore qu'on la sache bavarde, cette Clio faite de reflets. Grand dessinateur entre les peintres qui remirent tout en question, obligeant leur postérité à confesser la carence du dessin ; révolutionnaire dont la violence eut les apparences du délire naturaliste mais le premier des maîtres d'un classicisme rédimé (sans rien de commun avec le néo-classicisme des académistes honteux), Cézanne est ce héros souriant au-delà de négligeables brutalités, qui confiait à Emile Bernard : « On ne devrait pas dire modeler, mais moduler ». Maître du rythme, il a imposé le respect de ce rythme au-dessus des misérables compétitions et performances d'atelier pour le triomphe bureaucratique et sacerdotal de jeunes Suzannes proclamées d'utilité publique par le Clan des Vieillards de l'Institut. ANDRÉ SALMON.

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