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ART & INDUSTRIE SOMMAIRE: - Victor Prouvé et l'Art Décoratif . Emile Nicolas - Répertoire d'art décoratif moderne (6) - Les Vases (4) - Table des Matières (Janvier-Juin 1911) --- Projet de Couverture. V. Prouvé (Hors-texte en couleurs) 48 pages 129 illustrations --- 3e ANNIEE AOUT 1911

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--- VICTOR PROUVÉ FRONTON DE LA MAISON DU PEUPLE DE NANCY LE FORGERON Victor Prouvé et l’Art Décoratif Au moment où les esprits les plus compétents en matière d’Art sont unanimes pour préconiser l’abandon des styles passés, la rénovation des métiers et la décentralisation artistique, nous avons pensé qu’il était juste de rendre hommage à l’un des artistes qui a contribué dans la plus large mesure à faire naître et à propager par l’exemple et la parole l’idée, cependant si simple et si logique, de la création d’un art contemporain en parfaite concordance avec notre civilisation et nos besoins. Cet artiste est Victor Prouvé, le président actuel de l’Union provinciale des Arts décoratifs. Avant d’examiner l’œuvre d’un artiste et d’analyser sa pensée, il est indispensable de rechercher ses origines, la façon dont il a été éduqué et comment il a été initié aux choses de la beauté. --- Août 1911 — Victor Prouvé et l’Art Décoratif — Fasc. 1.

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VICTOR PROUVÉ PROJET POUR LE VASE « LA NUIT » D'EMILE GALLÉ (EXPOSITION DE 1879) AUJOURD'HUI AU MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS Victor Prouvé est né à Nancy le 13 août 1858. Son père, Gengoult Prouvé, était dessinateur en broderie et modelleur. La ville de Nancy, avant de devenir le centre artistique qui a rendu sa renommée universelle, fut célèbre pendant de longues années par sa broderie. Le mécanisme ayant supplanté le travail à la main et la mode abandonnant cet art si délicat, ceux qui en vivaient durent chercher un autre débouché à leur activité et à leur talent. Gengoult Prouvé trouva, après la guerre, chez M. Gallé-Reinemer, père d’Emile Gallé, un emploi de modelleur. M. Ch. Gallé connaissait et appréciait le sens artistique de cet artiste modeste, mais possédant des qualités précieuses de chercheur. Celui-ci contribua largement à l’élaboration des modèles de céramiques qui sont aujourd’hui recherchés par les amateurs pour leurs caractères héraldiques et spirituellement vieillots. Mais c’est surtout lorsqu’Emile Gallé revint à la maison paternelle, après avoir parcouru l’Europe, apportant des conceptions nouvelles fortifiées par l’étude du passé occidental et extrême-oriental, que Gengoult Prouvé fut d’un précieux concours à celui-ci pour la recherche des formes nouvelles inspirées de la nature. Gengoult Prouvé avait le sens du naturisme dans l’art et quand on lui montra des productions de l’art japonais, il n’en fut pas autrement étonné… Il avait avec les artistes du Nippon des affinités profondes. C’était à cette époque qu’Emile Gallé commençait ses études décoratives, alors qu’il était passionnément botaniste et horticulteur ardent. Son esprit toujours en éveil était un exemple précieux qui stimulait les initiatives en contact avec lui. Est-il nécessaire d’ajouter qu’il existait entre tous les collaborateurs des ateliers Gallé une franche cordialité qui rendait le travail plus aimable et les recherches plus fécondes.

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EXECUTION DE RENE WIENER RELIURE EN CUIR MOSAIQUE ET TEINTE AVEC APPLIQUES DE METAL VICTOR PROUVÉ ET CAMILLE MARTIN (1893) + +

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V. PROUVE PANNEAU EN CUIR CISELÉ, REPousse ET MOSAIQUE LA GOURMANDISE

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--- V. PROUVE LA BASTILLE RELIURE EN CUIR MOSAIQUE Victor Prouvé fut un des familiers de ce milieu. Il avait à peine dix-sept ans que Gallé père lui confiait la recherche de décors pour de menus objets de céramique, les « coquelles ». L’objet affectait la forme d’un oiseau de basse-cour, coq, poule, canard, cocotte en papier, ou d’un œuf, etc. Il était orné de nos fleurs des champs, coquelicot, céréales, marguerite, violette, pensée, et était illustré d’une devise populaire, poétique ou proverbiale. Il assista ainsi et collabora aux premiers essais du maître Emile Gallé dont il devait suivre toutes les étapes de ses créations géniales. L’éducation paternelle devenant insuffisante, Victor Prouvé suivit les cours de l’école de dessin de Nancy, en même temps que plusieurs nancéiens qui devaient illustrer aussi dans une autre voie l’art français. Il découvrit dans l’enseignement si simple et si rationnel de M. Devilly, une vocation qui devait lui faire perdre de vue pour un temps l’art décoratif et le pousser exclusivement vers la peinture. Il fréquenta aussi à la même époque l’atelier du sculpteur Pètre. Vers sa vingtième année, nous le trouvons composant pour Emile Gallé des dessins de personnages pour ses premières recherches de l’art de la verrerie qu’il rêvait de révolutionner.

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--- VICTOR PROUVE LA BASTILLE Reliure en cuir cisele et mosaigue Emile Gallé, en effet, n'avait pas le sens de la représentation de l'être humain. Il conçut à ce moment une frise décorative, La Nuit, qui orne un des premiers vases originaux du maître verrier et qui figura a l'Exposition de 1878. Ce vase se trouve maintenant parmi les œuvres conservées au Musée de l’Union centrale des Arts décoratifs. On découvre déjà dans cet essai la manifestation d’un tempérament bien équilibré et d’une vive imagination. L’enthousiasme qui animait Victor Prouvé pour les grands maîtres de la peinture le décida à poursuivre ses études dans ce sens. Il partit pour l’Ecole des Beaux-Arts, en 1878, et suivit les cours de Cabanel. Pendant dix ans, il se livre a son art préféré, produisant sans arrêt des toiles d’une composition hardie et d’un coloris franc et harmonieux. En 1890, ayant obtenu une bourse de voyage, il visita la Tunisie, d’où il revient avec des visions lumineuses et d’éblouissantes sensations de formes et de couleurs. Vers 1888, nous le retrouvons a Nancy où il reprend contact avec Emile Gallé. Celui-ci est en train d’accomplir l’effort le plus important qu’il fût

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--- VICTOR PROUVE LA BASTILLE FERMOIR EN METAL CISELE donne a un homme de réaliser en vue de transformer l'art du verre et l'art de l'ébenisterie. C'est a Victor Prouve qu'il a recours pour modeler les quatre bas-reliefs, sur des thèmes de Leconte de Lisle, qui ornent le cabinet en chêne palustre, Le chêne lorrain, œuvre française, qui fut exécuté pour l'Exposition universelle de 1889. C'est lui aussi qui dessina le carton de la table mosaïquée, Histoire ancienne, qui figura au Salon du centenaire des Beaux-Arts la même année. Cette marqueterie a été composée sur un thème de Tacite, Le Rhin sépare des Gaules toute la Germanie. --- VICTOR PROUVE DÉCOR INSPIRE DE LA CLÉMATITE BOÎTE EN GUIR CISELÉ AVEC APPLIQUES DE MÉTAL

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V. PROUVÉ ALBUM DE LA MISSION MOLL RELIURE AVEC APPLICATION DE CUIVRE CISELÉ Le mouvement créé à Paris en faveur de l'art décoratif après 1889, eut nécessairement sa répercussion en Lorraine. L'exemple d'Emile Gallé ayant suscité chez un nombre respectable d'artistes de cette province l'énumération la plus efficace donna naissance à une éclosion d'art qui restera célèbre dans le mouvement provincial à la fin du xixe siècle. Ces jeunes travaillaient avec même ardeur à la recherche d'un style moderne. Ils trouvèrent dans l'atelier d'un relieur de Nancy, René Wiener, l'occasion de se rencontrer, d'échanger des idées et de se manifester. Ce fut un laboratoire merveilleux où toutes les féeries de l'art furent entrevues. René Wiener épris lui aussi des idées nouvelles émises devant lui, se demanda si la reliure jusqu'alors confinée dans une technique un peu fermée, ne pourrait pas recevoir l'application des principes de la jeune école. Il en parla à Prouvé et à Camille Martin et leur offrit sa collaboration. C'est alors que furent exécutées la reliure en mosaïque de cuir, matière qui fut travaillée de différentes façons, ciselée, repoussée, ajourée, patinée d'or, émaillée et reçut des applications de métal. C'est ainsi que les visiteurs du Salon de 1893 purent voir, les uns avec effroi, les autres avec joie, les reliures de cette nouvelle école, où le cuir avait épousé des formes vivantes et revêtu les couleurs les plus variées, synthétisant en un tableau d'ensemble le sujet du livre.

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--- VICTOR PROUVÉ FERMOIR EN CUIVRE CISELÉ DE L'ALBUM MOLL Parmi tant d’œuvres de ce genre sorties des mains de Victor Prouvé, qu’il me suffise de rappeler les reliures pour les trois contes de Flaubert, Un Cœur simple, Saint-Jean l’Hospitalier, Hérodias, L’Art Décoratif. L’Espagne, L’Art japonais, La Bastille. Plusieurs appartiennent au Musée des Arts décoratifs et au Musée Galliera. Quelques-unes d’entre elles furent exécutées en collaboration avec Camille Martin et René Wiener. Depuis il a continué seul et a produit tour à tour des albums de musique, des albums de photographies, des boîtes avec appliques d’argent, des ceintures d’enfant en cuir ciselé avec boucle en argent, etc. Souvent Victor Prouvé allia le cuir avec les métaux. Qu’il nous suffise de rappeler le somptueux coffret La Parure, à la composition et à l’exécution duquel Camille Martin prit aussi une part très active, avec son revêtement de cuir émaillé, sa sertissure de bronze et sur lequel s’érite un beau corps de femme nu. C’est encore du cuivre repoussé qui orne la couverture de l’album de photographies rapportées par la mission Moll, offert au Président de la République française et à l’Empereur d’Allemagne. Ici le cuir est resté intact et forme le fond, alors que le cuivre ressort avec sa décoration inspirée de la faune et de l’art des peuples sauvages des régions visitées. En 1893, une société d’art décoratif qui venait de se fonder à Nancy, réunit en une exposition les efforts de la jeune école lorraine. Victor Prouvé y figure en bonne place et accuse avec éloquence ses réelles dispositions vers l’art appliqué. Retourné à Paris, il se trouve en contact avec un autre lorrain, le brodeur Courteix, qui a l’ambition de renouveler lui aussi les dessins traditionnels de son métier. Il s’adresse à Prouvé qui se met à l’œuvre. De leurs efforts communs naissent de charmants motifs de dentelle, de broderie et une œuvre somptueuse, une robe d’apparat, Bord de Rivière au Printemps le matin sur laquelle les nymphaeas, les sagitaires et les libellules dessinent la grâce de leurs contours. C’est aussi de cette époque que date sa collaboration avec le bijoutier Rivaud, de Paris. Les délicieuses médailles, les broches, les plaques de cou, les pendentifs, les plaquettes charmantes qui trouvèrent un accueil si complet dans le public éclairé, prouve la valeur décorative de ces objets. Qu’il nous suffise de rappeler le titre évocateur de quelques-uns : Le Souvenir, La Nuit, La Gaule, Le Bonheur, L’Aurore, Le Crépuscule. C’est encore La Force, coupe de championnat en argent et bronze, qui vient s’ajouter à la liste déjà longue des bijoux mis en œuvre par le maître Rivaud. --- Août 1911 — Victor Prouvé et l’Art Décoratif — Fasc. 2.