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ART & INDUSTRIE SOMMAIRE: - Monographies d'Art asiatiques . A. de Pouvoirville - L'Exposition Internationale des Arts décoratifs modernes. - Le Rôle du Dessin . René Prévôt - La Grande Eclaire . Emile Nicolas - Répertoire d'art décoratif moderne (5) - Les Vases (3) 40 pages 105 illustrations --- 3e ANNÉE JUILLET 1911

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Monographies d'Art asiatiques Seuls des politiciens et des financiers peuvent croire qu'une métropole doit se contenter de donner à ses colonies des fonctionnaires, et, en retour, de lui prendre de l'argent. Cette conception barbare et primitive, les conquérants français de l'Indo-Chine ne l'ont jamais eue, même aux époques où ce qu'on appelle les lois de la guerre auraient pu les en excuser. D'ailleurs la civilisation de la race jaune est trop complète et trop achevée, à tous les points de vue, pour que nous puissions, même un seul jour, feindre de l'ignorer, et ne pas nous en servir comme d'un puissant moyen d'association ethnique et de gouvernement. Or, dans toute civilisation, la perfection des arts et le nombre et la valeur de leurs manifestations vont de pair avec tous les progrès littéraires, philosophiques, scientifiques et sociaux. L'Indo-Chine n'a pas contrevenu à cette règle. Nous y avons trouvé et tout de suite reconnu des tempéraments, des traditions des réserves d'art précieuses et jusqu'alors insoupçonnées. Nous avons songé à les préserver de tout contact impur, de toute déchéance et de toute destruction. Nous avons peut-être, dans cette très delicate besogne, montré plus d'ardeur et de bonne volonté que de tact et de prudence. J'allusionnais les médiocres résultats, dus à notre curiosité hâtive, dans un récent article de la « Dépêche Coloniale », que l'on a bien voulu reproduire ici même. Je n'y reviendrai donc point. Mais si nous avons pensé, avec plus ou moins de succès, à maintenir en place nos arts indigènes, nous n'avons pas encore pensé aux avantages que nos protégés d'abord, et nous ensuite, nous retirerions certainement de l'extension de la production artistique, et de l'utilisation possible, dans la métropole, des matières premières d'art inemployées ou en surcroît sur place. Au cours de la mission que la Direction des Beaux-Arts me confia en Indo-Chine il y a déjà quinze années, j'en avais eu la perception générale très vive ; mais à ces époques troubles d'une pacification incomplète et d'une adaptation douteuse, je ne pus faire partager à personne des préoccupations d'un ordre aussi nuageux, encore que les résultats économiques fussent en être certains. Il a fallu plusieurs expositions européennes, et surtout la dernière exposition de Bruxelles, pour convaincre le grand public que nos suggestions n'étaient pas celles d'esprits rêveurs, et tendaient à des buts parfaitement pratiques et réalisables. Mais si nous, coloniaux et colons, commencions à porter en nous cette conviction, il nous fallait encore la faire partager par les Français métropolitains qui avaient intérêt à connaître nos richesses asiatiques, fabriquées ou brutes. Or, les milieux français sont si individualisés que nous risquions de voir nos idées longtemps encore inopérantes, si, répondant à la sorte d'appel que fit dernièrement la « Dépêche Coloniale » qui est comme le journal officiel de l'effort colonial français, la Revue « Art et Industrie », avec une parfaite compréhension et une largeur de vues dont nous lui sommes tous reconnaissants, n'avait pas offert spontanément de servir d'intermédiaire entre l'indigène ou le colon producteur de la matière d'art, et l'artiste et l'industriel d'art métropolitain, consommateur et fabricant possible — disons-le : assuré. --- Juillet 1911. — Monographies d'Art asiatiques

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Ce trait d'union qui nous manquait, nous le possédons aujourd'hui. En publiant ici les monographies de nos principaux arts asiatiques et leur utilisation possible dans la métropole, je dois pouvoir être utile à la fois aux Français de France et aux Français d'Asie. On voudra bien, en faveur d'un tel but, pardonner à l'insuffisance de l'écrivain. La matière d'art par excellence, dans l'Asie méridionale et l'Indo-Chine française, la plus abondante, la plus variée, la plus riche et la mieux utilisable, est sans contredit le Bois. Je n'entends pas seulement ici les essences précieuses, depuis longtemps déjà connues et pratiquées en Europe, sous le nom générique de : bois des îles. L'acajou, le palissandre, l'ébène, le camphrier, les bois de rose, les thuyas, sont trop du domaine public actuel pour avoir leur place dans une monographie dont le seul mérite est d'être tant soit peu originale. Diverses entreprises, et notamment encore la Société Forestière du Tonkin et de l'Annam, ont dressé, de ces essences, de leur habitat et de leur mode d'exploitation rationnelle, des catalogues détaillés à quoi il n'y a plus rien à ajouter. Je n'entends pas davantage préciser ici les usages multiples des bois purement commerciaux, tels que le bananier, l'aréquier, le pin, le latanier — encore que celui-ci serve, aux tailleurs indigènes, d'étioffe pour pardessus de demi-saison. — Je ferai une rapide exception pour le bambou, cet arbre maître Jacques de la race Jaune, qui y trouve à la fois un textile, un légume fort comestible et fin aux plus délicats palais, le pinceau et le papier pour écrire, le bois de la maison et de la jonque, des treillis élastiques pour le sommeil de ROUTE DANS UNE FORÊT DE BAMBOUS DU DELTA DU FLEUVE ROUGE

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chaque nuit, et enfin le cercueil du sommeil dernier. Ce bambou va devenir un article fort important d'exportation industrielle sous forme de pâte à papier. Le papier de bambou est multiple, et, sous tous ses aspects, soit de papier de luxe soit de papier d'emballage, admirable sans réserves. Mais il ne faut pas l'industrialiser en Asie. Car le transport a sec est excessivement onéreux ; et de plus, le voyage du produit en feuilles tassées et pressées développe, à travers les feuilles superposées, une manière d'adhérence d'origine électrique, qui les rend réfractaires à l'emploi par nos machines d'imprimerie. Au contraire, sous la forme de pâte à papier, soigneusement tassée, a refus par des compresseurs, le produit peut être mis à fond de cale, et payer le minimum de transport par fret : les pavés de pâte cubiques, en arrivant en France, sont aptes à toute fabrication. À une époque où l'on consomme de jour en jour plus de papier, où les matières premières d'autrefois sont d'un prix exorbitant, et où on emploie, faute de mieux, des ingrédients inférieurs incapables de fournir un papier durable et de couleur constante, l'industrialisation du bambou, semi-locale, semi-métropolitaine, dans les conditions de prudence que je viens de dire, et avec certaines autres encore, est un précieux et économique moyen d'aider à une production et à une consommation continuellement croissantes. Nous savons que quelques essais ont été déjà tentés en France, et nous pensons que les premières expériences ont donné d'assez bons résultats, pour assurer l'écoulement normal de toute la pâte à papier que les fabriques d'Indo-Chine pourront fournir à la Métropole. Mais, quelqu'en puisse être l'intérêt, ceci est de l'industrie pure. Et les bois les plus nombreux et dont nous devons avoir souci sont les bois pour l'art industriel. C'est entre le bambou, et ceux que j'ai dit d'abord, la classe moyenne. BOIS DE LA MOYENNE RÉGION, DANS LA PROVINCE DE LANG-SON

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Le premier évêque du Tonkin français, Monseigneur Puginier, avait utilisé ses loisirs, ses courses et ses connaissances naturelles, pour en dresser un catalogue et une collection, qui sont encore aujourd'hui ce que nous avons de mieux comme synthèse documentaire, et qui ont été, à l'Exposition de 1889, comme une révélation de ce que nous pouvions attendre de l'Indo-Chine au point de vue de l'art industriel. Mais l'Indo-Chine attend encore qu'on lui demande de tenir les promesses que Monseigneur Puginier nous avait faites en son nom. Dans cette collection, minutieusement et amoureusement distribuée, que j'ai revue à Hanoi, après que les pontifes de 1889 eussent déclaré n'en rien pouvoir faire, on comptait jusqu'à 117 espèces parfaitement distinctes, variées de teintes, de disposition intérieure, de fibres, de dessins et de patine. Seize de ces espèces ont fait leurs preuves dans leur pays d'origine, depuis de longs siècles, et méritent d'être retenus par nous pour nos usages artistiques. Les autres sont des « trai », des « lim », des « sao », qui sont excellents, mais dont la valeur marchande ne justifie pas, quant à présent du moins, un aussi long voyage que celui de l'Europe Occidentale. Chacune de ces seize essences vaut une petite description particulière : i° — Le Trac, bois noir, dont les fibres sont assez souvent bordées d'un petit filet orange. (Ce filet est parfois rouge noir, et le bois porte alors le nom de « trac-tim » ou trac pourpre.) C'est le plus dur de tous les bois dits : bois de fer. C'est un des plus lourds et, quand aucun filet coloré n'existe au long des fibres, c'est le plus précieux et le plus cher ; dans cette variété dernière, il acquiert une dureté et une consistance telles, qu'on ne peut, même à coups de marteau, y faire pénétrer un clou. Il a l'aspect du palissandre, mais ses qualités le font bien supérieur. Il est incorruptible, et ne subit aucune contraction, ni à la chaleur, ni à l'eau, même s'il y est plongé. On peut le sculpter le plus finement du monde, et dans tous les sens, sans que la fibre apparaisse à la coupure. Son aspect brut est aussi velouté que celui de l'ébène ou du palissandre le plus soigneusement cirés et apprêtés. On l'emploie aux plus fines incrustations, à la sculpture en ronde-bosse, et aux plus épais bas-reliefs ; il se travaille en plein tronc et jusqu'à l'écorce. MEUBLE EN TRAC-TIM SCULPTURES PLEINES AVEC PANNEAUX A COULISSE EN SCULPTURES AJOURÉES

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La cause principale de la grande vogue de ce bois est la même que celle qui fait rechercher, par les délicats de la race jaune, les pierres dures et surtout le jade; la douceur caressante de la surface au toucher, et l'extrême poli de son « contresens ». Le Trac, dit un proverbe, est semblable à la surface de la corne d'un jeune bœuf. Le trac pousse dans les grandes forêts de l'intérieur, par cantons, ou séparément, sans qu'on ait pu jusqu'ici étudier suffisamment son habitat, pour pouvoir conditionner ses préférences. 2° — Le Gu. Il est semblable au trac ordinaire comme aspect extérieur, comme valeur et qualité de durée; mais il est d'un grain un peu moins serré et d'un contact un peu moins agréable à la main; les stries annuelles se sentent souvent sous le doigt. C'est en bois de gu que se font les meubles des palais impériaux et royaux. Ces meubles, dont les surfaces planes sont généralement en marbre et les sculptures seules en bois, sont fort estimés. Ce bois sert également pour les pièces délicates des instruments de musique. 3° — Le Vang-Huong, bois d'un jaune éclatant: c'est le seul des bois durs dont la couleur soit claire. Ses fibres sont très serrées, et sa coupe est très douce. C'est le bois clair le plus rare et le plus estimé. Il sert de préférence aux sculptures délicates de pagodes et des maisons de plaisance des mandarins. Il a un léger parfum persistant, tenant le milieu entre le santal et la bétoine. 4° — Le Thi, bois de l'arbre à pommes d'or, blanc, dit bois royal, parce que c'est celui qui sert à la confection des sceaux et des cachets officiels. Il sert aussi aux caractères de l'imprimerie impériale et à celle des Hanlin, Académie impériale de Péking. Son extrême dureté empêche qu'on l'emploie couramment; mais les quelques sculptures que l'on fait avec cette essence atteignent les prix les plus élevés que l'on connaisse en la matière, et constituent des objets de musée. Il a les propriétés résistantes du gaiac, et ne contient aucune résine. Une sorte spéciale de ce bois, le Thi-Hoa, présente, dans l'arrangement intérieur de ses fibres, une série de lacis qui ressemblent à des fleurs en gerbe. Cette sorte est extrêmement recherchée des amateurs, qui en font des couvercles d'objets précieux, et des plaques, que l'on encadre comme des tableaux. 5° — Le Mil, bois lourd et jaune foncé, qui rougit à l'air. C'est par excellence le bois de la statuaire, des rondes-bosses et des morceaux de sculpture considérables et fouillés. Sa coupe est fort égale; il est onctueux dans tous les sens. Son grain est fort tenu, et il se travaille aussi bien en droit fil que par le travers. La couleur du vieux mit est des plus agréables à l'œil. Il sert aussi aux ouvrages faits sur tour, flambeaux, boules, bâtions ronds, etc. STATUE BOUDDHIQUE PRISE EN PLEIN BOIS DE GO-MIT

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--- Le mil commun n’est autre que le jacquier, sorte d’arbre a pain, qui produit le fruit connu sous le nom de « pain de singe ». 6° — Le Vanglam. C’est un bois jaune, a veines très légèrement oleutées. Il est sec, léger, et d’un débit facile. C’est le bois élégant des travaux moyens, des sculptures appliquées. On peut en faire des meubles moins lourds que ceux en bois de fer, et d’un aspect presque aussi décoratif, quand ils sont depuis quelque temps en service. Mais le vangtam résiste bien moins et ses angles s’effritent à l’usage. On l’emploie volontiers pour les objets qui ne sont pas d’un service journalier, et notamment pour les objets des cultes religieux. Les cercueils des grands personnages sont faits en une espèce de vangtam, qui porte le nom de Gioi. 7° — Le Mun. C’est l’ébène commun, et il faut avouer qu’il n’est pas extrêmement coté parmi les gens de race jaune, qui ont à leur disposition tant d’autres belles espèces. Il est vrai d’ajouter que l’ébène asiatique est inférieur à son congénère des autres continents. Les Indo-chinois ne le trouvent pas assez lourd. Il sert à fabriquer les plus riches ustensiles de table, et aussi les incrustations de seconde marque. 8° — Le Nam, bois très blanc et très léger, extrêmement rare. Il est spongieux, élastique, et se rapproche de notre sureau. Les indigènes lui ont donné le surnom de bois-champignon, de la tige duquel il a l’aspect et la couleur. Il n’est guère utilisé en sculpture, et pourtant sa rareté le fait monter à un assez haut prix. On en fait surtout de petits objets d’étageré et des baguettes à manger.

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9° — Le Kimgiao. C'est un bois très blanc, léger, poreux et assez rare. On en fait des ustensiles pour les tables des mandarins, et particulièrement des baguettes à prendre les aliments. Ce bois a la propriété de bleuir immédiatement quand on le plonge dans un liquide empoisonné, et cette propriété n'est pas à dédaigner en Extrême-Orient. La tradition veut que les instruments des menuisiers et des sculpteurs, qui travaillent le kimgiao, soient en verre ou en pierre, mais jamais, sous aucun prétexte, en métal. 10° — Le Sen. C'est un bois rouge, le plus dur et le plus solide de tous les bois de l'Indo-Chine. On l'emploie à toutes choses usagères, ou qui doivent être saisies avec force. On s'en sert pour les fourreaux d'armes métalliques, les poignées de sabre, les manches des lances. On en fait aussi une grande quantité d'objets consacrés, et notamment les fameuses charrues, dont l'Empe- reur et ses représentants usent, pendant la Fête de la Terre, pour creuser le premier sillon de la récolte prochaine. Ce bois noircit à l'air, et présente l'aspect le plus ample et avantageux. 11° — Le Kiang. Ce bois est entièrement analogue au précédent et s'em- ploie de même façon : mais il présente, avec des veines striées de rouge, un aspect d'une très grande élégance ; il est en faveur auprès des plus raffinés. 12° — Le Lat, ou chataignier indien, bois jaune strié de noir et fort lourd. C'est le bois employé dans la grande industrie du meuble national. Le lat-lho de Hué a une certaine réputation. Il a des stries alternatives jaunes et rouges, et se prête aux grosses moulures et aux sculptures de force. Il est joli à l'œil et recherché. 13° — Le Giao, bois jaune et résistant. Sa grande légèreté et son élasticité le rendent particulièrement utile dans la fabrication des taquets et des ressorts. C'est en giao que sont faites les arcs, les arbalettes et toutes les armes de jet. 14° — Le Sun. C'est le bois du figuier de Chine. Il est, à la coupe, d'un blanc grisâtre. Il se prête à une foule d'usages. C'est l'essence la plus répandue de tous les bois propres à la sculpture. Le lacis de ses veines, arrondis en feuilles de nénuphar, lui donne un agréable aspect. Il sert à la fabrication des plateaux, cassettes, etc. 15° — Le Cho. C'est là le célèbre bois de teck, qui pousse assez activement au Siam et au Laos, et qu'on a fini par trouver sur le haut Songchai et sur le plateau de Tulong, c'est-à-dire fort loin de tout centre de fabrication et même de tous moyens de transport facile. C'est un bois dur, rouge, lourd, à fibres épaisses et d'une absolue rigidité. Il est à peu près incassable et complètement étanche, même sous la moindre épaisseur. C'est le bois par excellence pour la construction des œuvres vives des jonques de mer. On a essayé, sans succès, de l'acclimater hors de son habitat normal.

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--- INSTRUMENTS DU SCULPTEUR SUR BOIS 16° — Le Tapmoc, bois blanc qui ne sert qu’aux ornementsations superficielles. Il s’étire à l’humidité, et se disjoint aux changements hygrométriques. Contrairement aux autres bois, il a besoin, pour devenir incorruptible, de subir une préparation spéciale, qui, encore, ne l’immunise pas à perpétuité. Il s’emploie pour les sculptures et meubles d’exportation, pour l’usage des Européens pressés qui tiennent à rapporter des souvenirs peu coûteux. L’œil d’un habitué ne s’y trompe pas ; mais cette intrusion hâtive et irraisonnée a fait une médiocre réputation aux bois de l’Indo-Chine. Ils en méritent une tout autre. L’utilisation de ces bois, par les ouvriers et les artistes des pays jaunes, va nous indiquer les avantages multiples que nous pourrions retirer, en France, d’une exportation logique de ces essences nombreuses, donc chacune peut trouver ici son emploi véritablement artistique. (A suivre) Albert DE POUVOURVILLE

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L'Exposition Internationale des Arts Décoratifs Modernes PARIS 1915 C'est par une regrettable défaillance à sa légitime renommée d'initiatrice du progrès dans le domaine des arts comme dans celui des idées, que la France a laissé à l'Italie, l'honneur d'avoir organisé la première exposition internationale des Arts décoratifs modernes. Le règlement de l'Exposition de Turin en 1902 stipulait: « on n'acceptera que les ouvrages originaux qui montreront une tendance bien marquée au renouvellement esthétique de la forme. Les imitations d'anciens styles et les productions industrielles dénuées d'inspiration artistique, ne seront pas admises. » Ce programme qui faisait un principe absolu de l'affirmation d'une esthétique nouvelle, l'Italie le reprenait à l'Exposition de Milan en 1906, puis en 1911, à celle de Rome, où elle a tenté de réaliser une exposition d'architecture exclusivement moderne. Comme l'Italie, tous les autres pays ont organisé, et avec quelle remarquable méthode et quelle continuité dans l'effort, de grandes expositions, mais nationales, d'art décoratif moderne. Parmi les plus importantes, citons celles de Munich, Stuttgart, Stockholm, Vienne... En France, en 1906, M. le Rapporteur du Budget des Beaux-Arts devant la Chambre, réclama une exposition internationale d'art décoratif. Sans vouloir citer tous les écrivains que ce projet préoccupa vivement, rappelons que l'un d'eux, qui en avait plus particulièrement étudié l'économie, fixait alors l'ouverture de cette exposition à 1920. Cette échéance aujourd'hui a semblé trop lointaine. A attendre, on peut craindre, en effet, de décourager des talents très prêts, ou de laisser l'Etranger nous devancer à nouveau. Au reste, l'honneur français, en même temps que les conditions économiques et commerciales actuelles nous en font un besoin pressant. C'est pourquoi, au moment même ou dans la Presse, un organe important proclamait la nécessité urgente de cette manifestation, les Présidents des trois sociétés, « de l'Union centrale des Arts Décoratifs, de la société des Artistes Decorateurs, de la Société d'Encouragement à l'Art et à l'Industrie », persuadés qu'ils interprétaient le désir de toutes les sociétés s'intéressant à l'art décoratif, exprimaient le vœu que le Gouvernement réalisât cette exposition dès 1915. Examinons l'objet de cette exposition, les raisons qui la nécessitent, les résultats économiques et artistiques qu'on en peut attendre. Nous étudierons ensuite: son organisation artistique dans ses fins et ses moyens; son organisation administrative; son organisation financière. --- Juillet 1911. — L'Exposition internationale des Arts Décoratifs Modernes. — Fasc. 1.