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ART & DÉCORATION REVUE MENSUELLE D'ART MODERNE ÉDITIONS ALBERT LEVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS OCTOBRE 1931 2, RUE DE L'ECHELLE, PARIS --- CE NUMÉRO FRANCE 10 fr.

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TENDANCES NOUVELLES DU THÉÂTRE PAR LÉON MOUSSINAC AUCUN des ouvrages spéciaux qui ont été publiés ces dernières années sur le Théâtre contemporain en France et à l’Etranger, ne remplit l’objet des TENDANCES NOUVELLES DU THÉÂTRE. Il s’est agi, cette fois, de composer un ouvrage qui fournisse non point une documentation plus ou moins abondante sur les différentes mises en scène en honneur dans divers pays ou dans un théâtre particulier, mais de choisir parmi ces mises en scène les plus représentatives, celles qui ont eu, sinon le plus de succès, du moins le plus d’influence sur les directions générales de l’art du Théâtre depuis quinze ans dans le monde. Ce travail considérable de sélection a permis de dégager le sens et de fixer les caractères généraux des résultats obtenus, dans ce domaine, par les plus grands artistes d’aujourd’hui. Mais, pour arriver à ce résultat, il a fallu réunir tout d’abord une complète documentation intéressant exclusivement les mises en scène préalablement choisies et ne retenir de cette documentation que l’essentiel. On a présenté de la sorte, le mieux qu’il était possible, en une ou plusieurs planches, en couleurs si cela était nécessaire, les divers éléments du spectacle (décors, costumes, détails de scène, masques, maquillages, plans, etc...) d’après les maquettes originales des artistes, les dessins et les photographies. C’est pourquoi la préparation des TENDANCES NOUVELLES DU THÉÂTRE a demandé à son auteur plusieurs années de recherches et des concours nombreux dans tous les pays. Ainsi point de documents isolés ou hasardeux, mais une présentation de chaque mise en scène qui constitue dans son ensemble l’essentiel d’une étude particulière, avec appui de textes succincts qui éclairent sur l’esprit des recherches, les tendances des artistes, les théories, les systèmes et qui donnent les renseignements historiques indispensables (dates, noms des collaborateurs, etc...). Des remarques sur l’art du Théâtre précèdent les planches et sont illustrées par des documents qui complètent utilement la présentation générale. L’ouvrage, de format in-4° jésus (0,28×0,38), broché, comprend 124 planches en héliotype reproduisant plus de 500 documents dont 150 en couleurs. Le tirage est limité à 600 exemplaires numérotés. Prix.. Frs 500. Demander prospectus-spécimen aux ÉDITIONS ALBERT LÉVY, 2, RUE DE L’ÉCHELLE, PARIS

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ART ET DÉCORATION ET L'ART DÉCORATIF, 35e ANNÉE. RÉD^ EN CHEF : LOUIS CHERONNET. TOUS LES DROITS SUR LES ARTICLES ET LES REPRODUCTIONS SONT RÉSERVÉS POUR TOUS PAYS ; LES MODÈLES PUBLIÉS SONT ET DEMEURONT LA PROPRIÉTÉ DE LEURS AUTEURS ; TOUTES LES REPRODUCTIONS OU IMITATIONS, MÊME PARTIELLES, SONT INTERDITES, ET SERONT POURSUIVIES PAR LEURS AUTEURS. PRIX, FRANCE : LE NUMÉRO 10 FRANCS. L'ABONNEMENT ANNUEL (12 NUMÉROS) 100 FRANCS. PAYS A TARIF POSTAL RÉDUIT : AFRIQUE DU SUD (UNION DE L'), ALBANIE, ALLEMAGNE, ARGENTINE, AUTRICHE, BELGIQUE, BRÉSIL, BULGARIE, CANADA, CHILI, COLOMBIE, CONGO BELGE, CUBA, ÉGYPT, ÉQUATEUR, ESPAGNE, ESTHONIE, ÉTHIOPIE, FINLANDE, GRÈCE, GUATEMALA, HAÏTI, HONGRIE, LETTONIE, LIBÉRIA, LITHUANIE, LUXEMBOURG, MAROC (ZONE ESPAGNOLE), PARAGUAY, PAYS-BAS, PERSE, POLOGNE, PORTUGAL ET SES COLONIES, ROUMANIE, SALVADOR, TCHÉCOSLOVAQUIE, TERRE-NEUVE, TURQUIE, U. R. S. S., URUGUAY, VENEZUELA, YOUGOSLAVIE). LE N° 12 FR. 50 L'ABONNEMENT ANNUEL 125 FRS. AUTRES PAYS : LE N° 15 FRS, L'ABONNEMENT ANNUEL 150 FRS. EMBOÎTAGES CONTENANT UN SEMESTRE : 12 FRS (PORT EN SUS : FRANCE 3 FRS, ÉTRANGER 4 FRS). COMPTE CHÈQUE POSTAL : PARIS 66-90. TÉL. LOUVRE 33-87. TÉLÉGR. EDALYVDE-PARIS III. PARIS, 2, RUE DE L'ÉCHELLE LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS LES ÉDITIONS ALBERT LÉVY --- SOMMAIRE OCTOBRE 1931 - UN ART DE LA TABLE par Louis Chéronnet. - ESTHÉTIQUE ET TECHNIQUE DU TAPIS NOUVEAU par Raymond Cogniat. - DU PIANO par Nino Frank. - CHRONIQUE LE NOUVEAU PAVILLON NÉERLANDAIS À L'EXPOSITION COLONIALE. — ÉCHOS ET NOUVELLES. — BIBLIOGRAPHIE. --- CUIVRERIES UNIES ET DÉCORATIVES POUR LE BATIMENT BEZAULT Frères 82, Rue de la Folie-Méricourt, 82 PARIS (XIe) Marque de Fabrique : RIV Demandez notre catalogue n° 4 F --- SADDIER MEUBLE ET DÉCORE EN MODERNE 29 et 31, rue des Boulets, PARIS (XIe) Tél. : Roquette 50-15

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ART ET DÉCORATION chez tous les décorateurs les Tissus d'Helène Henry 7 rue des Grands Augustins tél. Littre 43.28 --- Faites relier l’année parue de “Art et Décoration” en vous servant des emboîtages spéciaux Chaque emboîage contient 1 semestre Prix de l’emboîage … … … 12 francs Port en sus (France, 2 fr.) ; Etranger, 3 fr.) --- PARIS -- NEUCHATEL -- BERNE par la voie la plus courte De Paris à Neuchâtel et Berne : la voie la plus courte est celle de Pontarlier, qui est desservie par un express de jour de toutes classes. Départ de Paris P.L.M. 9 h. 10 Dijon ……… 13 h. 28 Pontarlier … 16 h. 40 Arrivée à Neuchâtel … 17 h. 40 Berne ……… 18 h. 30 Wagon-restaurant entre Paris et Frasne. --- C°POSTAL 2536 R.C.S. 216075 TÉLÉPHONE: CENTRAL 35-91 ROUARD CÉRAMIQUE & VERRERIE DE TABLE _OBJETS D’ART 34.AVENUE DE L’OPERA - PARIS (2e Ar!) ŒUVRES DES ARTISANS FRANÇAIS CONTEMPORAINS --- BILLETS POUR VOYAGES CIRCULAIRES A ITINÉRAIRES FIXES Pour faciliter la visite des régions touristiques que le P.-L.-M. dessert, toutes les gares de ce Réseau, sur demande faite 3 jours à l’avance, délivrent en toutes classes, des billets d’excursions à itinéraires fixes à prix réduits. Ces billets sont valables 33 jours. Certains circuits comprennent uniquement des parcours en chemin de fer ; d’autres des parcours en chemin de fer et en autocar. Le voyageur partant d’une gare située en dehors d’un itinéraire fixe peut obtenir que son billet d’excursion comporte des coupons de même classe lui permettant de rejoindre et de quitter le circuit à une gare de son choix ; le parcours de retour de cette gare au point de départ peut être différent du parcours suivi à l’aller. La réduction en chemin de fer est de 20 à 25 o/o suivant la classe, mais à la condition que le circuit et, le cas échéant, le parcours d’accès à ce circuit, aient lieu sur le Réseau P.-L.-M. Pour tous renseignements concernant les principales dispositions du tarif et notamment les conditions de délivrance et le prix des billets circulaires, des billets complémentaires, les itinéraires de voyages, etc…, s’adresser aux bureaux de renseignements et bureaux de ville du Réseau P.-L.-M., aux Agences de voyages, etc.

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UN ART DE LA TABLE par LOUIS CHERONNET > « HOSSEGOR » > Service, terre de couleur Osier de Wedgwood. Verrerie fumée de MARCEL GOUY (Rouard, éditeur). Nappe d'HÉLÈNE HENRY. Argenterie de JEAN TÉTARD. Cette époque qu'on dit d'un rigorisme aride, et à qui l'on reproche d'être sous la dictature d'une austère rationalisation, nous semble, au contraire, une des plus riches qui aient jamais été en découvertes ingénieuses et délicates, en intentions subtiles. Toutes les manifestations de la vie y sont soumises à un examen attentif qui ne laisse aucun détail et qui découvre de multiples raffinements. Et si l'on parle moins de décoration au sens superflu du mot, si l'on songe moins à l'élaboration d'atmosphères, l'on ne peut nier que l'adaptation des objets ou des cadres aux besoins ou aux « milieux » est maintenant poussée à un tel point par les créateurs qu'on pourrait affirmer que l'art décoratif d'aujourd'hui est, avant tout, une esthétique logique qui prend ses sources aussi bien dans une psychologie originale et pratique que dans la mode. Ainsi ce n'est plus « Le Manuel de la parfaite maîtresse de maison » qui règle l'ordonnance de la table, mais le décorateur lui-même. Je pensais à ces choses au sortir d'une récente exposition où l'on avait tenté d'exprimer de différentes façons quelques « climats » de réceptions possibles. J'eus l'occasion ensuite de m'entretenir de cette manifestation « d'art appliqué vivant » avec P.-E. Rouard qui fut son animateur, et il m'apparut alors combien les moindres détails de décor de cette exposition avaient été judicieusement

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ART ET DÉCORATION conçus. Rien n'avait été laissé au hasard. Des règles strictes, aussi bien imposées par la bienséance et le goût que dictées par la logique, avaient présidé à la confection de chaque table. P.-E. Rouard était parti de quelques principes élémentaires mais qui lui paraissaient essentiels. L'harmonie de la salle à manger doit venir de la table et non des murs, du tableau lui-même et non du cadre (par conséquent, et ceci est une indication précieuse pour les décorateurs, la salle à manger doit être avant tout un cadre neutre, sans trop de caractère personnel mais dont la saine, pure et souple nudité peut mettre en valeur les compositions les plus diverses : mettons un cube d'air lumineux où une infinité d'édifices savoureux peuvent être dressés). Les invités ne doivent donc pas être écrasés par un entourage, mais recevoir le reflet, les ondes animatrices, pour ainsi dire, d'un centre imaginé et paré pour eux. Dans cette construction harmonieuse que doit être une table servie, le « la » doit être donné par les assiettes et les verres, puis ensuite vient l'accompagnement de la nappe et de l'argenterie. A noter, au sujet des assiettes, qu'elles sont avant tout l'écrin de la nourriture. Un mets est appétissant autant à l'œil qu'à l'odorat. Suivons donc la leçon des peintres de natures mortes : n'abusons pas des fonds blancs. Une assiette blanche isole trop souvent les aliments de façon quasi indécente. Quant à la nappe, après une éclipse due à la vogue "RACING" Faïences et verrerie de MARCEL GOUY (Rouard, éditeur). Nappe de Rodier. Argenterie de JEAN TÉTARD.

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UN ART DE LA TABLE du service américain souvent froid ou prétentieux, presque toujours mal commode, nous la voyons réapparaître sur nos tables avec un plaisir certain, signe de tiédeur et d'intimité confortable et riche. Fastueuse ou discrète cette nappe devra toujours « soutenir » aussi bien les robes du soir qui l'entoureront que les basses des porcelaines et les vibrations aiguës de la cristallerie que l'on posera sur elle. Orchestration qui dès l'abord, doit, pour un œil averti, donner le ton du repas auquel on est convié. Etant donné, par conséquent, un menu et des invités, il n'y a plus qu'à concevoir une décoration appropriée, c'est-à-dire choisir des services qui sauront être le trait d'union idéal de l'un aux autres. ... Pourquoi un diner officiel serait-il toujours glacé, « em-pesé »? Pourquoi ne pas tenter d'allier à une riche brillance un air d'intimité plus avenant? Du linge en jute et soie et des verres à pied d'argent satisferont audacieusement mais élégamment ce désir. Si la gastronomie est un art, la dégustation est une science. Une table « sérieuse » de connaisseurs doit donc unir deux accents simultanés : une simple harmonie unicolore soutenant des formes nées de l'expérience. Ici, un service de dégustateur, de « technicien », — verres ballon des grands crus rouges, ou à haute tige des vins blancs rafraichis — s'imposait donc, accompagné d'une sobre vaisselle monochrome seulement filetée de platine. AMBASSADE 1932 Assiettes Orvalde de P.-E. Rouard et Jean Tétard (Rouard, éditeur). Verrerie à pied d'argent et couverts de Jean Tétard. Nappe de Rodier. Surtout en porcelaine La Mer de Kaj Nielsen (Bing et Gröndahl, éditeurs).

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ART ET DÉCORATION Le soleil des plages basques trouvait son chaud reflet dans la nappe à grands carreaux, les assiettes plus rustiques couleur d'osier et les verreries fumées prêtes à recevoir les petits vins frais qui sentent le terroir, tout comme, après le sport, la table « Racing » offrait le cadre désiré, fait d'équilibre, de calme et de santé avec ce je ne sais quel laisser aller nécessaire indiqué par la présence des cendriers. Nous pouvions ainsi, tels des invités imaginaires à la recherche de leurs places, poursuivre le tour des tables. Nous nous trouvions successivement, sans pouvoir nous y tromper, dans un atelier où l'on allait pendre la crémaillère, au château après la chasse, à la campagne en pique-nique, à l'heure du thé chez une femme de goût, dans une famille de la grande bourgeoisie parisienne, chez l'actrice de petit théâtre, ou convié par le financier enrichi... Ne nous contentons pas de sourire de telle ou telle fantaisie judicieusement imaginée. Constatons plutôt combien cette suite de démonstrations illustrait parfaitement les théories émises par le décorateur. La disposition d'un service ne doit pas être plus négligée que la mise en scène autour d'une pièce. L'art de la table n'est pas un vain souci : le goût et la personnalité s'y manifestent de façon aussi probante que dans l'aménagement de n'importe quel ensemble. PIERRE ou JACK Porcelaines gris perle et verrerie de MARCEL GOUY (Rouard, éditeur). Nappe de RODIER. Argenterie de CARDELHAC. Au centre : une pièce unique d'HENRY SIMMEN.

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TECHNIQUE ET ESTHÉTIQUE DES TAPIS NOUVEAUX Tous les phénomènes humains obéissent aux mêmes lois, et dire celles qui dirigent certaines évolutions revient à dire celles qui ont marqué les grands courants d'idées générales. Ainsi l'histoire de l'art est toute entière dans l'histoire d'un art, celle d'un art en particulier est la même dans un seul de ses aspects. Par exemple l'évolution des arts décoratifs peut être exactement évoquée par celle du meuble, par celle des étoffes, des papiers peints, par celle des tapis, car tout se tient et subit les mêmes influences d'époque, de mode, de tendances instinctives. À la source du mouvement contemporain il y eut le désir de renoncer aux copies d'ancien qui depuis tant d'années étaient à peu près l'unique production. Les artistes décorateurs proclamèrent la nécessité de suivre un programme d'ensemble ; ils savaient que l'on n'obtiendrait un renouvellement durable qu'en changeant en même temps toutes les parties de l'ameublement. De nouveaux meubles ne suffisaient pas, d'ailleurs ceux-ci ne devaient plus s'accorder avec des bibelots, des tissus, des tapis exclusivement inspirés du passé. Dans la production habituelle il était impossible de trouver ce qui eut convenu : il fallut créer de toutes pièces. La solution ne pouvait qu'être individuelle; il en fut de même pour le tapis et l'on tenta les expériences sur des tapis faits à la main, pièces uniques exécutées d'après des dessins spéciaux. Inévitablement, on obtenait dans ces conditions des tapis d'un prix élevé. Ce n'était pas un obstacle car l'art décoratif, à ses débuts, fut réservé aux amateurs capables de s'offrir des installations luxueuses. Le problème se posait en effet dans les mêmes conditions que pour le meuble : DOMI

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ART ET DÉCORATION les industriels ne voulaient croire à l'avenir des idées nouvelles ni à la décadence des copies de style. Sûrs de leurs idées ils ne tentaient pas la fabrication en série; donc il n'y avait de ressources que dans les pièces uniques. On crut d'abord trouver la solution du renouvellement de l'ameublement dans le changement de décor, aussi chercha-t-on pour celui-ci des idées qui semblèrent très originales. C'est le triomphe du décor floral, l'en- vahissement des plantes stylisées, l'abondance des couleurs souvent violentes. Peu à peu les idées se précisent; on découvre les ressources des techniques et des matières; on apprend à apprécier la beauté du bois pour le meuble, des toiles de jute pour les tentures, des laines pour les tapis. Ce goût pour la matière montre l'erreur qu'il y a dans l'abondance, voire dans l'excès du décor. On aboutit en ces toutes dernières années aux bois nus et, pour les tapis, aux laines naturelles dont les tapis algériens et surtout marocains montrent de belles et sobres harmonies en brun, beige, blanc et noir. Entre temps l'art décoratif moderne a conquis le grand public; on fabrique en série; on vend boulevard Barbès et boulevard Magenta des meubles — d'un goût souvent douteux — mais qui affirment cette conquête. Les manufactures de Tapis suivent le même courant et demandent des modèles à des artistes nouveaux. La Manufacture Française de Tapis de Beauvais exécute les modèles de Bénédictus, de Boberman, après avoir sacrifié au décor floral avec ceux de René Crevel et certaines compositions charmantes de Kinoshita. Ainsi que pour le mobilier, les grands magasins ont été souvent d'heureux intermédiaires entre les artistes décorateurs et le grand public. Le Printemps, avec Primavera, les Galeries Lafayette avec la Maîtrise, plus tard les Trois Quartiers, le Louvre, le Bon Marché ont joué un rôle d'initiateurs, dans l'évolution des goûts du public. On peut regretter que ce public ne s'en soit pas tenu à ces indications généralement bonnes et soit allé plus tard à des inventions moins heureuses. Parmi les fabricants, l'action de la Manufacture Française de Tapis et Couvertures de Beauvais fut essentielle. Non seulement des modèles furent demandés aux artistes que nous venons de citer, mais on a offert à ces artistes la possibilité de faire exécuter des dessins extrêmement compliqués sous le rapport de la tapisserie. Avec le procédé Jacquard, générale- ment utilisé, il n'est guère possible d'employer plus de cinq ou six couleurs de laines (parfois on peut aller Tapis par Evelyn Wyld

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TECHNIQUE ET ESTHÉTIQUE DES TAPIS NOUVEAUX jusqu'à huit) puisque les laines lorsqu'elles ne sont pas apparentes passent sous le dessin et qu'on ne peut avoir une trop grande épaisseur de laines non visibles. On a donc adopté pour les dessins plus variés un tissage dit à chenille. Le dessin à reproduire est divisé en un grand nombre de bandes très étroites (largeur de deux fils de laine) et longues de la largeur du tapis. L'ouvrier fait une chenille d'après chaque bande, c'est-à-dire dispose l'un contre l'autre des fils de laine, selon les couleurs de la dite bande. Ces fils sont alors pliés en deux. Chaque nouvelle chenille est ajoutée aux précédentes et tissée avec le tapis. L'ensemble reconstitue évidemment le dessin initial. On exécute au moins cinquante tapis du même modèle, on fait donc en même temps cinquante chenilles semblables. Ce procédé permet d'employer toutes les couleurs et de les placer à volonté. Il donne des tapis de haute laine et imite assez bien le point noué, bien qu'en réalité le fil de laine ne soit pas noué mais simplement plié et pris dans le tissage. On obtient par ce moyen une exécution beaucoup plus nette qu'avec le procédé d'impression sur chaîne. Dans ce dernier cas on utilise pour chaîne un fil préalablement teinté de diverses couleurs. Après tissage ces couleurs composent le dessin prévu. Mais, si précises que soient les machines employées, les compositions sont toujours un peu floues. Enfin la même manufacture emploie depuis quelque temps le procédé « Janus » qui, plus encore que la chenille, ressemble au point noué et, laissant visible le dessin à l'envers, se rapproche beaucoup du travail fait à la main. Depuis longtemps on cherche la machine capable d'exécuter du point noué. Il paraît que depuis peu de mois cette machine est trouvée. Elle est appelée sans doute à apporter de grandes modifications dans l'industrie du tapis. Au point de vue esthétique, le tapis actuellement est divisé en deux tendances. A l'origine nous trouvons un principe unique : le tapis est essentiel pour créer l'atmosphère d'une pièce, il est ce qui donne l'accent à la tonalité dominante; sur lui la lumière vient s'écraser et son manque d'accord avec le reste de l'ameublement peut détruire complètement un ensemble composé avec soin. Cette conception aboutit à deux résultats tout à fait opposés. On peut donc grouper ainsi les créateurs : D'une part les artistes qui pensent qu'une telle action impose une grande discrétion, donc que le tapis doit être extrêmement neutre et par le dessin et par la couleur, Tapis par EVELYN WYLD