Excerpt

First pages of the volume, freely accessible.

Page 1

Art et décoration MARS 1922

Page 2

ON TROUVE : Les céramiques de Delaherche Decœur Lenoble Mayodon Avenard Les verreries de Lalique Decorchemont Goupy Les dinanderies de Dunand Chez GEO. ROUARD 34 Aue de L’OPERA --- Entreprise Générale de Peinture & Décoration murale DE SAGNAT La plus belle collection de papier peints 54 rue d’Anjou à PARIS --- Georges NOWAK MEUBLES D’ART MODERNE ETUDES ET CRÉATIONS D’ENSEMBLES ARTISTIQUES Magasins de Vente : 38 - Faubourg Saint-Antoine - 38 Tél. : Roq. 76-57 PARIS-XII Ateliers : 37, Rue de Charenton, 37 --- AMEUBLEMENT DE STYLE & MODERNE ET INSTALLATIONS D’INTÉRIEURS AMOROS & Cie Usine électrique : à Fontenay-sous-Bois, rue Dalayrac, 7 TÉLÉPHONE : 282 Magasin d’Exposition : à Paris, rue Antoinette, 16 - Tél. : Nord 47-64

Page 3

Art et Décoration --- LES ÉDITIONS DE LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE $\text{nrf}$ 3, RUE DE GRENELLE PARIS — 6e TÉL. : FLEURUS 12-27 --- VOICI pour la première fois de petits volumes abondamment illustrés, d’un format agréable et pratique, d’un prix abordable, qui contiennent tout l’essentiel d’une documentation complète sur L’ART D’AUJOURD’HUI. --- LES PEINTRES FRANÇAIS NOUVEAUX Chaque volume dans le format in-1/6 raisin, orné d’une trentaine de reproductions et précédé d’une notice. 1. Henri Matisse, notice par Marcel Sembat. 4. » 2. Charles Guérin, notice par Tristan Klingsor. 3.75 3. Luc-Albert Moreau, notice par Roger Allard...

Page 4

Art et Décoration ABONNEMENT DE LECTURE TOUS LES ARTISTES QUI LISENT SONT ABONNÉS AUX NOUVELLES LIBRAIRIES-BIBLIOTHÈQUES Créées pour réagir contre les vieilles maisons où les lecteurs ne trouvaient que des livres médiocres recouverts d'une toile grise et déshonorés par un numérotage grossier, elles offrent à leurs abonnés, pour une dépense infime, DES LIVRES PROPRES LES MEILLEURES ŒUVRES DE LA LITTÉRATURE UNIVERSELLE TOUTES LES NOUVEAUTÉS DE LA LIBRAIRIE Afin de permettre à chacun de juger notre effort et nos conceptions — véritable révolution dans les méthodes d'abonnement de lecture — nous établissons Un Abonnement d'essai absolument gratuit d'une durée de 8 jours ABONNEMENT DE LECTUREBON POURUN ABONNEMENT D'ESSAIGRATUIT DE HUIT JOURS --- Quiconque se présentera dans l'une de nos bibliothèques porteur du bon ci-contre, pourra choisir un volume, l'emporter, et pendant 8 jours l'échanger contre d'autres autant de fois que bon lui semblera. Le cautionnement (6 fr.) demandé en garanti sera intégralement remboursé. --- Chacune de nos bibliothèques contient plusieurs milliers de volumes. NOS ABONNEMENTS FONCTIONNENT AVEC LA PROVINCE PROSPECTUS DÉTAILLÉ SUR DEMANDE. — ADRESSER TOUTE CORRESPONDANCE À LA DIRECTION NOUVELLES LIBRAIRIES-BIBLIOTHÈQUES 8, RUE DUPUYTREN, PARIS-VIe Près le boulevard Saint-Germain. Statue de Danton. — Métro : Odéon 9, RUE SAUSSIER-LEROY, 9 près l'Avenue Niel, PARIS-XVIIe Métro : Les Ternes J.-G. TRONCHE DIRECTION (BUREAUX) : 23, RUE DE VAUGIRARD, PARIS-VIe Tél. Fleurus 24-85. Ch. postal 25384 2, RUE BELLONI-PARIS-XVe Angle de la rue Falguière Métro : Pasteur; N.-Sud : Volontaires 84, RUE LAMARCK, PARIS-XVIIIe Près la rue Coulaincourt Nord-Sud : Lamarck --- LITERIE DE LUXE MAISON COCHIN CH. RENAUDIN, Succr FONDÉE EN 1825 35 et 37, Faub. Saint-Antoine PARIS Téléph. : Diderot 06-80

Page 5

art et décoration et "l'ART DÉCORATIF" REVUE MENSUELLE D'ART MODERNE Vingt-Cinquième Année — Numéro : 243 --- MARS 1922 --- LE 33° SALON DES INDÉPENDANTS . . . . . . . Claude Roger-Marx LE VELOURS, SA TECHNIQUE, SA DÉCORATION . . . . Gaston Varenne DEUX SCULPTEURS ANIMALIERS : Raymond Bigot . . . . . . . . . . . . . . . . Jean Lazard Pompon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Robert Rey UNE ÉGLISE MODERNE . . . . . . . . . . . . Adolphe Dervaux PLANCHE HORS TEXTE VELOURS ITALIEN DU XV° SIÈCLE Chronique : NOTES ET INFORMATIONS. — L'EXPOSITION DE 1924. — L'EXPOSITION DES ARTISTES DÉCORATEURS AU GRAND PALAIS, par Paul Vitry. — LES VENTES, par Tristan Leclère. — LIVRES ET REVUES. — BULLETIN DE LA CHAMBRE SYNDICALE DES ARTISTES DÉCORATEURS MODERNES. --- PRIX DE LA LIVRAISON France : 6 fr. — Étranger : 7 fr. PRIX DE L'ABONNEMENT France : 60 fr. — Étranger : 70 fr. De 1897 à 1914 : la livraison. 3 francs. En 1919 : 5 livraisons à 5 francs. L'Année : Brochée. 36 fr.; Reliée. 56 fr. --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 2, RUE DE L'ÉCHELLE — PARIS Ier COMpte de chèques postaux, n° 6690. TÉLÉPHONE : LOUVRE 33-87

Page 6

Art et Décoration JAQUEMET & MESNET ÉTABLISSEMENTS 92 à 98, RUE DE LA CONVENTION PARIS (1er Arrondi) FERNIÈRES EN FER ET ROIS FERNIÈRES EN FER ET TOILE MAGNINS FURNITURES EN FOIE POCHES GRANDES MONTÉGAGES ET BONNE-PLATS À BRAS OU ÉLECTRONIQUES ORALES, ADOLESCENCES, MÉDIATIVES JALOUSIES EN FER ET EN ROIS MENUSURIE METALLIQUE RIGIDES RETENTIONS PEERS POCHES TERRAIN --- BEZAULT Frères CUIVRERIE et SERRURERIE DÉCORATIVE pour le Bâtiment Marque RIV 82, Rue de la Folie-Mériécourt, 82 PARIS Téléphone : Roquette 35-34 --- René PIA 54, Rue Saint-Georges — PARIS Téléphone. TRUD. 12-83 :: SES COPIES D'ANCIEN :: :: :: TOILES DE JOUY :: :: TAFFETAS, SOIERIES, DAMAS SES PRIX DE GROS --- Fontaine et Cie 190, Rue de Rivoli 181, Rue St-Honoré PARIS (1er) SERRURERIE DÉCORATIVE Oeuvres de MM. Sue et Mare, E. Robert G. Charpentier, E. Bourgoin, etc. --- MAISON D'ÉDITIONS D'ART BESTETTI ET TUMMINELLI MILAN — ROME Florence - Naples - Palerme - Venise - Gênes - Lugano DEDALO Revue d'Art dirigée par UGO OJETTI Cette revue ne s'adresse pas seulement aux érudits et aux savants, mais surtout au vaste public des amateurs d'art. Elle s'occupe autant des arts appliqués que de l'Art pur, autant de l'Art antique que de l'Art moderne, et quoique surtout consacré à l'Art italien, elle n'ignore pas l'Art étranger. C'est un type de revue qui n'existait pas jusqu'à présent en Italie. DEDALO est publié en fascicules de 70 pages avec de très nombreuses illustrations et des planches hors texte en noir et en couleurs. DEDALO première année 1920-21. 200 fr. Frais d'expédition recommandée . . 15 fr. DEDALO deuxième année 1921-22. 120 fr. Chaque fascicule . . . . . . . . . . . 12 fr. Direction : FLORENCE, Palazzo dell'arte della Lana. Amministrazione : MILAN, Viale Monforte, 20.

Page 7

A.-P. COSYNS. Le 33e Salon des Indépendants Faute de répondre à un besoin, les Indépendants ne seront-ils plus bientôt qu'un souvenir? Permettre à des inconnus d'exposer librement, sans contrôle aucun, telle fut, jadis, leur admirable raison d'être. Le nombre insensé des Salons et des galeries privées réduit de plus en plus cette mission. Aujourd'hui le marchand court après «le jeune»; il le couve artificiellement; il le lance encore au berceau; à coups de traités, il l'épuise. Plaignons ces exhibitionnistes sollicités de toutes parts, qui abattent toile sur toile avec une facilité terrible — et dont ils meurent. Le terrain de la lutte n'est plus aux Indépendants. Combien y comptons-nous de vrais combattants? L'apport français semble d'ailleurs de plus en plus noyé par les contingents polonais, grands et petits russiens, tchécoslovaques, etc., qui ont choisi Paris pour atelier. L'invasion féminine multiplie encore ce jeu de miroirs. Reflets, où qu'on se tourne, et reflets de reflets. Certes le talent abonde, mais au lieu de se concentrer, il s'éparpille : cent noms pourraient être cités; cinq œuvres survivront-elles? La lassitude éprouvée ne provient pas seulement de la présentation : pour sauvegarder le principe d'égalité le comité imposa cette année un classement alphabétique, tolérable s'il eut été rigoureux. Le dernier Salon d'Automne donnait déjà pareille impression de tristesse. C'est qu'aujourd'hui l'attitude noble et la gravité sont de rigueur. On obéit à des mots d'ordre; c'est de l'extérieur qu'on cherche une originalité; pour tout dire l'inspiration manque, à laquelle ne suppléeront jamais l'intelligence et la volonté. On croit «composer» et «construire», mais avec quels matériaux? Le mot sensibilité, dont on abusa tant jadis, est interdit. Et cependant beaucoup éprouvent, en

Page 8

Art et Décoration MAXIMILIEN LUCE. secret, le besoin de respirer avec plus de liberté, d'écouter leur vrai tempérament : ils n'osent encore; mais sont las des acrobaties et des mascarades, des grands mots perdus en fumée; ils commencent à douter de ces faux maîtres qui, pour avoir emprunté tant de visages, ne savent plus lequel montrer. Puisse la fatigue actuelle, qui est manifeste, ramener le calme dont l'artiste a besoin pour se découvrir! La plupart des ainés se sont abstenus. Peur de se compromettre ou plutôt sentiment qu'au bout d'un certain temps il faut quitter l'arène. Seuls Signac (Port de la Rochelle; le Petit Andely) et Luce (Paysages; Débardeur) représentent les anciens « Indépendants »; tous deux méritent un si beau nom. Combien pourraient venir demander des leçons de jeunesse au maître qui peignit ce Port de la Rochelle où toute la lumière et toute la joie de ce 33° Salon semblent s'être concentrées. Presque seul du groupe Druet, Charles Guérin (Buste de femme) tint à rester fidèle au Salon ou il débuta vers 1901. Camoin n'expose que pour mémoire de rapides paysages. Quant au Van Dongen (l'Homme d'affaires), il a vraiment l'air d'une blague. Descendons à la génération suivante : abstention de la part de Derain, Dufy, O. Friez, La Fresnaye, Marchand, Segonzac, Vlaminck, etc. Heureusement Luc-Albert Moreau et Dufresne sauvegardent, avec quelques autres, le prestige de la jeune peinture française. Fidèle au conseil de Daumier : Il faut être de son temps, Moreau a célébré les plaisirs de la boxe, mettant dans la description d'un athlète, assis sur le ring près de son soigneur noir, la même grâce savante que dans ses nus

Page 9

Le 33e Salon des Indépendants Le Port de La Rochelle. PAUL SIGNAC. féminins. La toile ne vaut pas seulement par le pittoresque, la maîtrise avec laquelle une atmosphère est évoquée. L'orchestration des couleurs est aussi simple et aussi rare que celle des lignes. Le métier s'est débarrassé des procédés à la mode, des concessions au cubisme ; il s'affranchira encore. La Nature morte et la Maternité de Dufresne abondent en richesses. Qu'admirer davantage, des rapports des tons ou des volumes, dans cette toile en brun et en gris où des valeurs très rapprochées chantent d'une voix si chaude et si assourdie? Pourtant certaines parties, restées encore à l'état d'ébauche, empêchent que l'unité générale soit complètement assurée. Sabbagh a de la force : une récente exposition l'a prouvé. Les épaules, la poitrine et le bassin de sa Femme nue à la fourrure sont peints avec autorité; le reste paraît moins solide; le choix des accessoires, la tonalité générale ne vont pas sans vulgarité, mais combien cette œuvre est plus vivante que le Repos du modèle où Favory, victime de sa facilité, perd vraiment la notion du dessin et de la couleur. Le nu, d'ailleurs, abonde cette année ; on dénombrera une dizaine de bergères-odalisques, type cher aux élèves de Bissière et de Lhote, qui semblent peindre des enseignes et amalgament Watteau, Ingres, le Douanier, Picasso, l'imagerie romantique et le style second empire. Il y a plus de modestie dans l'étude de Bishoff et surtout dans le charmant Nu aux mains jointes, de Gimmi, un peu frêle, mais peint avec beaucoup de pudeur et d'ingénuité. Gromaire, inutilement agressif, brosse une matière nourrie. Le Ruisseau de Village, d'Yves Alix, a du poids et de la profondeur : les jambes et la nuque de la baigneuse sont des

Page 10

Art et Décoration LUC-ALBERT MOREAU. morceaux remarquables, mais il n'y aura de progrès pour cet artiste que s'il vise à plus de naturel et cesse de tant songer aux Maîtres. Une telle composition témoigne du noble désir de revenir au « sujet » où l'imagination et la raison trouveront plus de plaisir que dans les sempiternelles tables chargées d'instruments de musique (1), ou dans les paysages, si nombreux que chaque salon n'est plus qu'une invitation au voyage. Il y en a d'ailleurs d'excellents, ceux d'Utrillo, ceux de Chabaud, (1) Une belle volonté, trop de tension encore chez Hodé, chez Gernez et chez Lurçat. Un charmant Lotiron (Les violons). De bonnes natures mortes de Chavenon, de Cosyns, Mmes Cambier, Lewitska, Selmersheim et Val. ceux de Conrad Kickert, un peu cuisinés mais rutilants, ceux de Durey, trop cézannien, de Guindet, de Waroquier, qui s'affranchit de la hantise orientale (2). Peu de portraits. A quoi attribuer l'abandon d'un genre où excelle le tempérament français, sinon à la faiblesse du dessin chez tant d'artistes égarés par leur facilité, alors même qu'ils prétendent obéir à des contraintes. Moreau fait exception avec sa Femme en bleu, et Jacques Thévenet, qui s'est représenté lui-même dans une toile loyale et sobre. Le Gar- (2) A signaler Mortier, Ladureau, Mondzain, Malençon, M. Mouillot, Parent, F. Smith.

Page 11

Le 33e Salon des Indépendants G.-N. SABBAGH. çon en chemise bleue, de Ramey, a du caractère; Galanis, plus graveur que peintre a tracé de son fils une image précise et d'une émotion contenue; le Chavenon de Mme Crissay est très vivant. Si influencé qu'il soit par Matisse et Van Dongen, Per Krogh garde un accent de son pays (1). Les chevaux d'André Mare ont un beau rythme, mais l'influence de La Fresnaye y reste trop sensible. Il est malaisé de classer la Promenade de Boussingault. Quel dommage que des qualités si rares — une distinction ironique, un sens poétique de la vie moderne — n'arrivent pas à se concentrer. C'est l'esprit également qui domine chez Laboureur dont les toiles en grisaille valent surtout par la qualité du contour. Le Salon des Indépendants n'a jamais réservé une grande place aux sculpteurs; ceux (1) Notons encore les portraits de S. Lévy, Huyot, Clairin, Mmes Heudebert, Agutte et ceux de L.G. Cambier, un de nos bons amis de Bruxelles.