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Art et décoration MAI 1921
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Art et décoration MAI 1921
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Art et Décoration Le N°, 1.50 - Etranger, 2 f. - les N°s spéciaux, 3 f. LISEZ : LE CRAPOUILLOT LA MIEUX ILLUSTRÉE LA PLUS VIVANTE LA PLUS COMBATTIVE et la moins chère des revues parisiennes, si vous voulez être renseignés sur le mouvement artistique, connaître les œuvres des jeunes écrivains français et savoir leur opinion sur tous les livres, expositions, — pieces de théâtre, films qui font sensation. Aux colonies et à l'étranger, le Crapouillot est la revue qui apporte l'air de Paris. Le Crapouillot a assemblé dans sa collaboration l'élite de toute une génération, retour du front. Citons parmi ses collaborateurs habituels : Paul REBOUX, Roland DORGELÈS, Jean-Louis VAUDOYER, Emile HENRIOT, Alexandre ARNOUX, André OBEY, Pierre MAC-ORLAN, Louis LÉON-MARTIN, Jean BERNIER, René BIZET, André WARNOD, P. FUCHS, J. LETACONNOUX, Gustave-Louis TAUTAIN, Jean-Gabriel LEMOINE, Claude-Roger MARX, Louis ROUBAUD, Marcel BERGER, Dominique BRAGA, André VARAGNAC, Henri FALK, Gaston PICARD. Les peintres et illustrateurs : Robert BONFILS, Pierre BRISSAUD, Georges LEPAPE, A. MARTY, J.-J. JADELOT, J. GALTIER-BOISSIÈRE, VALDO BARBEY, DRÉSA, DE SEGONZAC, Jean-Loup FORAIN, GUS BOFA, Pierre FALKÉ, Jean OBERLÉ, Louise HERVIEU, André FOY. "Le Crapouillot" publie des numéros spéciaux, soit fantaisistes, soit traitant une question à fond. Ses quatre derniers numéros spéciaux : "Le Salon de la Nationale", "S'ils revenaient", "La Mode parisienne" et "Le Cinéma" sont adressés en spécimens contre mandat de 10 fr. LE CRAPOUILLOT, 5, pl. de la Sorbonne, Paris ABONNEMENT D'UN AN (24 NOS A 1.50, 2 ET 3 FR. FRANCE . . . 30 FR. — ÉTRANGER . 35 FR. COLLECTION DES DEUX PREMIÈRES ANNÉES (48 NOS), “PAIX” . . . . . . . . . EN PLUS 60 FR. COLLECTION DE GUERRE (40 NOS RARIS- SIMES . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100 FR. "Le Crapouillot" accepte pour l'étranger l'abonnement de DEUX ANS partant du 1er janvier 1921, avec envoi supplémentaire de tous les N°s parus à cette date (Paix), pour le prix de . . . . . . . . . . . . . . . . 100 fr. --- CHEMIN DE FER DE PARIS À ORLÉANS SAISON THERMALE D’AUVERGNE 1921 SERVICE DE NUIT. — A). Du 15 au 31 Mai. — Départ de Paris-Quai d’Orsay à 18 h. 35, arrivée à Chamblet-Néris (Nérís-le-Bains) 7 h. 11, à Évaux-les-Bains 1 h. 55, à La Bourboulle 6 h. 06, au Mont-Dore 6 h. 28, à Saint-Nectaire (1) 8 h. 30. Voitures directes de 1re et de 2e classes entre Paris et Le Mont-Dore. B). Du 1er Juin au 20 Septembre. — Départ de Paris-Quai d’Orsay à 22 h., arrivée à Chamblet-Néris (Nérís-le-Bains) 6 h. 01, à Évaux-les-Bains 7 h. 23, à La Bourboulle 7 h. 19, au Mont-Dore 7 h. 39, à Saint-Nectaire (1) 9 h. 30. Voitures directes des 3e classes. — Wagon-Lits avec couchettes entre Paris et Le Mont-Dore. C). Toute l’année. — Départ de Paris-Quai d’Orsay à 18 h. 35, arrivée au Lioran 9 h. 36, à Vic-sur-Cère 10 h. 39. (À partir du 1er Juin, arrivée au Lioran 8 h. 37, à Vic-sur-Cère 9 h. 32). Voitures directes des 3e classes. SERVICE DE JOUR. — Du 1er Juin au 30 Sept. — Départ de Paris Quai d’Orsay à 8 h. 01, arrivée à Chamblet-Néris (Nérís-le-Bains) 14 h. 46 à Évaux-les-Bains 15 h. 04, à La Bourboulle 17 h. 59, au Mont-Dore 18 h. 20, à Saint-Nectaire (1) 20 h. Voitures directes des 3e classes. — Wagon-Restaurant entre Paris et Eygurande. (1) Service automobile entre Le Mont-Dore et Saint-Nectaire. --- Georges NOWAK MEUBLES D’ART MODERNE ETUDES ET CRÉATIONS D’ENSEMBLES ARTISTIQUES Magasins de Vente : 38 - Faubourg Saint-Antoine - 38 Tél. : Roq. 76-57 PARIS-XIIe Ateliers : 37, Rue de Charenton, 37 --- GALERIES HAUSSMANN G. DANTHON EXPOSITION PERMANENTE DE TABLEAUX MODERNES SCULPTURES • 29, RUE DE LA BOÉTIE, 29 - PARIS TÉLÉPHONE : ÉLYSÉES 12-14
art et décoration REVUE MENSUELLE D'ART MODERNE Vingt-Cinquième Année — Numéro : 233 --- MAI 1 9 2 1 --- NOTRE ENQUÊTE SUR LE MOBILIER MODERNE : MAURICE DUFRÈNE . . . . . . . . . . . . . . Maurice Dufrène. LES PETITS BRONZES D'HENRY BOUCHARD . . . . . . . Jean Laran. LES TAPISSERIES DE M. ET Mme FERNAND MAILLAUD . Gaston Varenne. ERNEST ROTHLISBERGER, ORFÈVRE NEUCHATELOIS . M. P.-Verneuil. PLANCHE HORS TEXTE LA DANSE (tapisserie). . . . . . . Fernand MAILLAUD. Chronique : NOTES ET INFORMATIONS. — JEAN-PAUL LAURENS, — CONCOURS. — VILLES ET MONUMENTS. — LE MONUMENTS AUX MORTS DU HAVRE. — EXPOSITIONS : LES ARTS DU FEU EN BERRY, par Félix Massoul. — LA GRAVURE EN MÉDAILLES À L'EXPOSITION D'ART BELGE, par Charles Saunier. — LES MAITRES HOLLANDAIS AU JEU DE PAUME. — LES VENTES, par Tristan Leclère. — LIVRES ET REVUES. --- PRIX DE LA LIVRAISON France : 6 fr. — Étranger : 7 fr. PRIX DE L'ABONNEMENT France : 60 fr. — Étranger : 70 fr. De 1897 à 1914 : la livraison. 3 francs. En 1919 : 5 livraisons à 5 francs. L'Année : Brochée. 36 fr.; Reliée. 56 fr. LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 2, RUE DE L'ÉCHELLE — PARIS 1er COMpte DE CHèQUES POSTAUX, N° 6690. TÉLÉPHONE : LOUVRE 33-87
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--- Table corbeille. — Chêne et nacre — --- Notre Enquête sur le Mobilier moderne MAURICE DUFRÈNE Exposer en même temps ses œuvres et ses principes ne va pas sans péril. On risque d'abord qu'une comparaison trop aisée laisse apercevoir qu'ils ne sont pas si en accord qu'on le pense ; ensuite, si parler de soi offre quelque chance d'éviter le compte rendu analytique et dithyrambique auquel se borne communément l'étude d'un interwiever ami, on se heurte à bon nombre d'écueils dont la prétention n'est pas le moindre. J'avoue avoir déjà celle de croire que nul mieux que soi ne peut de soi-même sentir les affinités, les états, en tirer des déductions et qu'en conséquence, une communication directe est plus qu'aucune autre instructive et sensible. On prétend qu'on se juge mal. J'estime, au contraire, qu'on se juge fort bien. Nous ne paraissions nous mal connaître que parce que, trop souvent, nous laissons volontairement close la porte de notre jardin secret où croissent toujours quelques pensées sauvages, soucis et mauvaises herbes. Je ne dirai d'ailleurs que ce que je pense profitable et si je montre un peu de ma vie, c'est pour ce qu'elle comporte d'enseignement et non par fatuité de supposer que je satisferai par là une curiosité que personne ne doit avoir. Des dons et des circonstances m'ont servi. * Voir Art et Décoration : Janvier, Février, Mars, Juin, Octobre 1920; Janvier 1921.
Art et Décoration De tout temps, j'ai eu l'esprit inventif, l'adresse manuelle, l'imagination vive et un besoin instinctif de créer, de tout temps aussi la possibilité de les manifester ou de les satisfaire. Si je reconnais ces dispositions et ces circonstances avec si peu de modestie, c'est qu'elles furent indépendantes de moi et qu'il n'y a pas plus de mérite à être doué et favorisé qu'il n'y en a à être grand ou blond. Si petit que je me « retrouve » dans mes souvenirs les plus lointains, je me vois occupé à de petites choses, aimant les objets minutieux, délicats et soignés. J'adorais les morceaux d'étoffes, les bouts de bois, les cailloux polis, les petites boîtes. Je confectionnais à ma façon des choses menues. J'avais horreur du grand, du clinquant et du bruit. Mon père avait un métier dépourvu d'émotions esthétiques, mais non de qualités solides. Il faisait le commerce des fers, des ustensiles, et de l'outillage qui le rattachait à un grand nombre d'industries et nécessitait des ateliers. Avant que mes dix doigts pussent tenir quelque chose, j'enviais les matériaux, les outils. Mon père et ses ouvriers savaient mille façons qui me semblaient des secrets si merveilleux que je ne les écoutais qu'à moitié dans ma hâte de les utiliser. Je ne me souviens pas avoir eu de bonheur plus pur que celui que j'éprouvais tout seul, à mon établi, à rabotter, clouer, planer, limer, assembler, coller, polir et vernir. Je n'aimais pas dessiner. Le dessin, tel qu'on le comprenait alors, me semblait fastidieux. Je ne sentais pas le dessin sans l'invention. Cette compréhension m'est demeurée : je ne peux pas encore faire une étude strictement représentative. Comme au temps de mon enfance, j'ai l'ennui du modèle et je vais tout de suite au delà de lui. Je ne peux exprimer que ce qu'il m'inspire et non ce qu'il me montre. Cette faculté d'invention et ce besoin de création, cette sorte de pré- Secrétaire. — Acajou et amboine, galon de buis, d'ébène et d'acajou — vision qui me font voir d'abord dans un sujet la transposition et l'application pratique me viennent de ce que j'ai connu avant toutes choses la joie de la réalisation. Vers ma neuvième année, on m'envoya chez mes grands-parents paternels sur la lisière de la forêt de Saint-Gobain. Mon grand-père qui avait exercé le même métier que mon père était aussi adroit que lui. Il m'enseigna à son tour beaucoup de choses ; il avait un atelier, une forge ; ayant des loisirs, il me fit de petits outils, me construisit de petites machines. Ce fut mieux qu'une continuation, ce fut un développement de mes goûts, car j'eus une nouvelle bonne fortune. Devant aller à l'Ecole communale, puisqu'il n'en était pas d'autre, je tombai chez le seul instituteur de France qui, en ce temps là, c'était en 1887, considérait le travail manuel à
Notre Enquête sur le Mobilier moderne 131 Bergère. — Acajou, pieds laqués noir, garniture vieux rouge et brun — MAURICE DUFRÈNE. l'égal de celui de l'esprit, et qui avait l'extrême habileté de faire de celui-là la récompense de celui-ci. Savoir dessiner, menuiser, œuvrer et se préparer à un métier valait pour ce précurseur autant que connaître les conséquences de l'édit de Nantes et lui semblait devoir, dans la vie, servir plus souvent que le genre et le pluriel d'amour, délice et orgue. Quand nous avions bien su les affluents de la Loire ou trouvé combien deux robinets facétieux avaient mis de temps à remplir un réservoir récalcitrant, nous avions gagné non la croix, mais l'atelier. Nous l'avions nous-mêmes installé, et les jeudis et dimanches, pendant les vacances et le soir des jours mauvais, nous faisions là des exercices d'assemblages, de vannerie, de brochage, de reliure, de cartonnage, de découpage et surtout du dessin et du modelage. A cet apprentissage rudimentaire, mais sain, sans verbiage, offert comme un plaisir, mon goût déjà très vif du travail manuel, mon adresse instinctive, s'affirmèrent. J'acquis l'habitude de l'observation et du raisonnement. Mes matériaux, par leur franchise, mes outils, par leur simplicité, m'apprirent à les comprendre et à les aimer. C'était aussi en dehors de l'école, des stations chez le charron, dont nous ramenions en cortège les grandes roues, telles de gigantesques cerceaux, pour les faire cercer à la forge, des jeux de construction « grandeur nature » dans le chantier du maçon, où nous édifions des remparts et des châteaux de briques, des séjours à la faïencerie devant les tours des potiers, les fours, les salles de décor, l'émaillage ; des visites à Saint-Gobain, pour la coulée des glaces ; à Chauny, pour l'étamage ; à Folembray, pour la verrerie et la soufflée des bouteilles. Que d'échappées encore dans les vieilles carrières de sable et de glaise, de randonnées à travers champs et en forêt ! Partout, toujours la nature inlassable enseignait, la matière démontrait et à de telles leçons le petit être sensible, curieux et créateur que j'étais, ne pouvait demeurer indifférent. Ainsi, j'ai été sans le savoir à la plus grande Ecole, à l'école vivante du bon sens, du rationalisme et de la vérité. Tant est grande l'emprise que laissent en nos cerveaux, comme en nos cœurs, les sensations et les enseignements premiers qu'elle est en nous jusqu'à notre fin bienfaisante ou néfaste. J'estime celle que j'ai reçue comme un bienfait. Après une période traditionnelle d'études classiques, durant laquelle je dus quitter mes
Art et Décoration travaux, je me trouvai au lendemain du « bacho » aussi embarrassé que la veille. Un ami de mon père qui m'avait suivi de cœur et d'esprit me fit voir en moi et m'aida à tenter une carrière vers laquelle mes aptitudes et mes désirs secrets me poussaient. Je me décidai. Brusquement, j'abandonnai la philosophie et je m'en fus à l'Ecole des Arts Décoratifs, y entrant à l'âge où les autres en sortent. J'y demeurai deux ans, nul et désabusé, aux prises avec de seules théories incomplètes, triste de n'avoir pour outillage que des pinceaux et du fusain, de ne travailler plus que pour remplir les cartons aux oublis. Comme je vous ai regrettés, en ce temps là, pour moi, pour d'autres aujourd'hui, ateliers de mon père, forge de mon grand-père, école de ma campagne! J'eus une chance dernière. Ce qui manquait à l'Ecole, une maisons d'éditions modernes me l'offrit. Tout en continuant rue de l'Ecole de Médecine, je créais pour la Maison moderne. J'appris à concevoir, en vue cette fois d'une exécution complète, pour les besoins d'une clientèle. Ce contact sérieux avec l'industrie fut mon véritable et définitif apprentissage de décorateur. Et mon histoire s'arrête là... Si je l'ai contée si simple, c'est qu'elle renferme dans sa morale naïve une grande leçon. Je sens aujourd'hui que je dois les quelques vertus fondamentales que parfois on m'accorde aux notions reçues dès l'éveil de ma compréhension par des réalisations pratiques. En art appliqué, l'initiation doit venir de la matière et de l'outil. La technique et la pratique sont les principes fondamentaux de
Notre Enquête sur le Mobilier moderne Chambre à coucher. — Palissandre sculpté et chêne macassar — Hôtel de M. Huguenin. --- MAURICE DUFRENE ---

La revue "Art et Décoration" publie son numéro de mai 1921, présentant des articles sur le mobilier moderne par Maurice Dufrène, les petits bronzes d'Henry Bouchard, les tapisseries de Fernand Maillaud, et l'orfèvrerie d'Ernest Rothlisberger. Le numéro inclut également des chroniques sur les expositions, les ventes, et des livres et revues.