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ART et Décoration
Revue mensuelle d'Art Moderne
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Sommaire
- L'Art du Jardin à Bagatelle
Gabriel Mourey
- Les Ballets russes interprétés par Valentine Gross
Raymond Bouyer
- A propos de meubles : Le Siège
Maurice Dufrene
- Planche hors-texte : Nijinsky et Nélidova dans L'Après-midi d'un faune
Valentine Gross
- Chronique du mois
François Monod
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JUILLET 1913
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LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS PARIS - 13. RUE LA FAYETTE - Télép. n° 139-22
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17e Année, N° 7
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Art et Décoration
Revue Mensuelle d'Art Moderne
COMITÉ DE DIRECTION :
MM. VAUDREMER, GRASSET, LUCIEN MAGNE,
JEAN-PAUL LAURENS,
LÉONCE BÉNÉDITE, ROGER MARX, DAMPT
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ABONNEMENT ANNUEL
PARIS & DÉPARTEMENTS . . . . . . . . . . . . . . . . 20 francs
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L’Année parue ...
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HENRY BOUCHARD.
L'Art du Jardin à Bagatelle
Avec le concours de la Société Nationale des Beaux-Arts et de l’Union Centrale des Arts Décoratifs, la jeune Société des Amateurs de Jardins a organisé, pour ses débuts, dans les palais et jardins du Domaine de Bagatelle, une Exposition de l’Art du Jardin qui, du fait que son inauguration a coïncidé avec la célébration du troisième centenaire de Le Nôtre et à cause des idées qui l’ont inspirée, mérite de ne point passer inaperçue.
Il faut, en effet, la considérer moins en elle-même et au point de vue des réalisations qu’elle nous apporte que comme le point de départ d’un mouvement dont l’utilité est incontestable mais dont la fécondité ne peut se manifester que d’ici quelques années. Qu’une Société, en tous cas, comme la Société des Amateurs de Jardins ait réussi, après un an à peine d’existence, et avant même d’avoir agi, à grouper près d’un millier d’adhérents est une preuve suffisamment éclatante qu’elle correspond à une réelle nécessité. Quel plus noble but, d’ailleurs, que le sien. Remettre en honneur, revivifier l’art du jardinage, l’art de la décoration du jardin, cet art qui a produit chez nous tant de chefs-d’œuvre magnifiques ou charmants que c’est à bon droit que l’auteur des Jardins de l’Intelligence, M. Lucien Corpechot, a pu, dans sa préface au catalogue de l’Exposition de Bagatelle, le nommer « un art qui sacra jadis
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Art et Décoration
Terme.
PIERRE ROCHE.
terre de France les plus beaux parcs de l'Univers »; fournir aux jardiniers d'aujourd'hui des occasions de montrer de quoi ils capables et aux artistes, architectes, décorateurs, sculpteurs, artisans du bois, du fer, de la céramique, de la pierre, de composer des ensembles décoratifs ou des objets isolés appropriés à cette destination particulière; ressusciter, chez tous ceux qui aiment leur jardin — si nombreux encore, plus nombreux même qu'ils n'ont peut-être jamais été, par suite de la division de la propriété rurale et du goût de plus en plus vif que l'homme moderne a de la nature — la passion et le sens de la beauté spéciale d'un art tombé en désuétude; mettre à leur disposition des modèles nouveaux de statues, de vases, de fontaines, de pergolas, de gloriettes, de puits, de socles, de treillages, de barrières, de clôtures, de balustrades, de sièges, d'abreuvoirs pour les oiseaux, en un mot, de tout ce qui a trait à l'aménagement et à la décoration, à la création et à la parure d'un jardin, n'est-ce point là une tâche digne d'être accomplie? Sans parler des avantages qu'une telle initiative ne peut manquer d'apporter, au point de vue économique, tant aux artistes qu'aux industriels, étant donné que, sur ce terrain encore, c'est à des productions d'origine étrangère que les amateurs de jardins se voient forcés de recourir, dès qu'ils veulent se procurer des objets du genre de ceux dont je viens de parler, qui ne soient pas l'éternel et insipide rabachage de banalités que nous connaissons.
Déjà, d'ailleurs, il faut le reconnaître,—grâce au zèle de M. Pierre Roche et du très distingué conservateur du Bois de Boulogne, M.J.-C.-N. Forestier, maître ès arts du jardin et qui, depuis quelques années, combat avec tant de compétence et de goût, par ses écrits et par ses actes, pour le triomphe de cette belle cause, — une mise en application de ces idées avait été tentée dans le jardin du musée Galliera et dans celui de la Sculpture à la Société Nationale ; mais ce n'était là, si l'on peut dire, que des balbutiements. Ce qui manqua à ces deux tentatives, ce qui manque aussi, avouons-le, à celle plus importante, plus étendue, plus significative, de la Société des Amateurs de Jardins, ce fut, c'est, de la part des artistes et des artisans qui y ont pris part, une compréhension plus exacte et plus nette des nécessités essentielles, des conditions particulières auxquelles il est indispensable qu'ils se soumettent pour réaliser des œuvres de vrai mérite, dans un genre aussi précisément défini que celui-ci. En ce qui concerne, par exemple, les sculpteurs, il est à souhaiter de les voir renoncer plus souvent qu'ils ne le font — et l'on ne comprend point pourquoi il s'y refuseraient si les occasions s'en présentaient — au préjugé de la statue inutile, de la statue
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pour la statue, sans destination déterminée. Ils sont nombreux, en effet, dans la jeune génération, les manieurs d'ébauchoir et les pétrisseurs de glaise, dont le talent se prêterait à merveille à la création d'ensembles décoratifs ou de figures isolées conçus en vue de l'ornementation d'un jardin. Les artistes de jadis, aussi bien ceux du quinzième siècle que ceux du dix-septième et du dix-huitième, ne dédaignaient point de travailler selon un programme défini; nous savons quelles œuvres somptueuses et exquises ils nous ont léguées! Ceux d'aujourd'hui ne seraient-ils donc pas capables, tout en demeurant eux-mêmes et sans perdre aucune de leurs qualités individuelles, de travailler dans un but précis et dans les limites d'un programme? Je ne puis le croire; je crois même tout le contraire et reste convaincu que lors des prochaines expositions de la Société des Amateurs de Jardins, tous, architectes, sculpteurs, décorateurs, artisans, combinant leurs efforts avec ceux des jardiniers, ils nous donneront de beaux ensembles, à la fois traditionnels et modernes, où se manifestent les meilleures énergies créatrices du génie français. Mais laissons là ces considérations d'ordre général, et venons à l'examen des œuvres exposées à Bagatelle.
Il y a bien des morceaux de peinture savoureux et plaisants, inspirés par la contemplation des jardins, dans le plus grand des palais de Bagatelle et ce n'est point sans joie que l'on s'arrêterait devant ceux qu'ont brossés les pinceaux d'un Le Sidaner et d'un La Touche, d'un La Gandara et d'un Besnard, d'une Mme Breslau et d'une Mme Carpentier, d'un Cottet et d'un Prinet, d'un Moreau-Nélaton et d'un Charmaison, et quelle volupté ce serait de s'asseoir avec Corot devant la Villa Médicis et de regarder le crépuscule descendre sur la Ville Éternelle et le dôme de Saint-Pierre, tout pâle, s'évanouir dans le ciel doré... Mais ce n'est point de cela qu'il s'agit, cela n'a que peu de rapport à ce qui nous occupe, et n'est pas ce qui constitue la nouveauté et l'originalité de cette exposition; et bien que dans la cour et sur la terrasse intérieure du Domaine se trouvent placées quelques statues, notamment l'admirable Femme qui se coiffe de M. Bartholomé, une exquise figure de Mme Albert Besnard, et une Fontaine de M. Halou, très simple de composition et dont la ligne est charmante, particulièrement élégante et gracieuse; bien
Mme SERRUYS.
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Art et Décoration
que dans le petit pavillon qui flanque la ter-
rasse du côté de la Seine soit enfermé un
marbre de Rodin, c'est à travers les allées,
lesprairies, les par-
terres, les bosquets
du parc que nous
irons chercher les
objets d'art qui
constituent l'agrément et l'intérêt de
cette exposition.
Le talent de
M. Dunand me
semblegrandirsans
cesse: j'en pren-
drai pour exemple
que les deux grands
cache-pots de mé-
tal qu'il nous mon-
tre ici; dont un,
orné à son bord
supérieur d'une
frise de serpents,
a une beauté toute
antique.
Tout différents
de caractère, les
vases de terre cuite
de M. Rapin;
l'ornementation en
est heureuse, cer-
tes, mais bien un
peu trop sèche et
détaillée pour leur
destination. Les
pots, également de
terre cuite, de
M. Hairon valent
mieux, avec leurs
décors très francs,
très lisibles, en in-
cision, comme gra-
vés, composés de
feuilles et de fleurs
stylisées.
Non loin de là,
se trouvent deux
termes de M. Pi-
ron qui sont loin de
manquer de carac-
tère : un jeune garçon couronné de pampres,
une jeune fille au front ceint de lierre; cela
n'est guère nouveau peut-être, mais n'est non
plus, point du tout
déplaisant.
Lajeunefille nue
portant de l'eau,
de M. Bernard,
bien que trop peu
surélevée au dessus
du sol, a une autre
allure; je ne crois
pas que le sculpteur l'ait destinée,
en la modelant, à
orner un jardin;
toujours est-il
qu'elle y fait le
meilleur effet. Ses
formes, traitées
avec simplicité, re-
vêtent dans la
pleinelumière, une
beauté nouvelle,
plus forte et plus
saine.
L'idée qui a
inspiré à M. Des-
ruelles sa fontaine
en marbre est ex-
cessivement anec-
dotique; contre
une borne-fontaine
portant les armes
de la Ville de Paris
un gamin est de-
bout qui s'amuse
à lancer de l'eau
sur ses camarades
invisibles; dans un
square suburbain
ce pourrait être
attrayant et bien à
sa place. L'exécution, d'ailleurs, en
est honnête.
M. Lamourde-
dieu est aussi un
statuaire de mérite
et la construction
Fontaine.
MAX BLONDAT.
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L'Art du Jardin à Bagatelle
Meubles et tentures.
Meubles et sièges en rotin.
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Art et Décoration
HALOU.
de son cadran solaire ne manque pas d'ingéniosité; peut-être pourrait-on lui reprocher d'être un peu compliquée ; mais que les figures qui évoluent autour de la sphère marquant l'heure de l'ombre de leurs mains, sont joliment modelées. Malheureusement, l'ensemble est dénué de ce quelque chose d'indéfinissable : le style!
L'Enfant aux pigeons, de M. Abbal, debout sur une vasque, tenant une coupe où viennent boire les blancs oiseaux, tandis que d'autres, sur les bords de la vasque, font leur toilette, sommeillent, se becquettent, me paraît, au contraire, admirablement approprié à sa destination; placé au bout d'une allée, se détachant contre un mur de verdure, cela ferait le plus gracieux ornement d'un jardin.
J'en dirai autant de la pompe de M. Pierre Roche, en granit, de construction sobre et ferme, avec, sur sa face, comme note décorative, seulement une femme debout sur un coquillage, toute l'importance laissée volontairement et fort à propos à la roue de fer forgé, d'un dessin ornemental à la fois simple et riche que Robert a exécuté avec son ordinaire maîtrise. C'est là une œuvre excellente et bien digne de l'original et probe artiste qui l'a conçue et ordonnée.
La petite fontaine en plomb de M. Aubé est de la même source d'inspiration anecdotique que celle de M. Desruelles. Se haussant sur une borne, une fillette s'amuse à regarder s'emprir le seau qu'elle a posé au-dessous du robinet...
Le puits de M^ Yvonne Serruys a la plus belle allure décorative Louis-quatorzienne. La margelle, placée devant une niche, est ornée d'une sorte de fête des vendanges d'un mouvement abondant, d'une arabeque très vivante. Peut-être pourrait-on se demander pourquoi l'artiste a choisi comme motif le vin, et quelle raison elle peut avoir eue de célébrer là la gloire de Bacchus! Mais qu'importe. L'œuvre est forte, élégante, et exécutée magistralement. Il est hors de doute que, située dans une cour seigneuriale ou adossée au mur de communs, elle remplirait admirablement son rôle utilitaire et décoratif.
Les termes sont nombreux : ceux de M. Quillivic sont, ma foi, forts plaisants; ces têtes d'enfants, émergeant de leurs gaines toutes droites, s'harmonisent fort bien avec le dessin des plates-bandes, régulières et composent, aux deux côtés d'un escalier, un décor tout à fait réussi.
Ceux de M^ Poupelet, qui expose aussi, devant l'Orangerie, deux vases de terre cuite, d'une composition et d'une fantaisie de détails absolument délicieuse, valent beaucoup mieux,
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L'Art du Jardin à Bagatelle
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au point de vue sculptural pur; ce sont deux faunes, les yeux mi-clos, qui sou- rient malicieusement; mais la forme des gaines me semble indécise et molle et d'une architecture facile.
Je leur préférerais de beaucoup, à ce point de vue, ceux de M. Pierre Roche, très rigides, aux têtes dorées et aux pieds dorés sortant du socle tout droit qui les supportent.
Il en est d'autres encore, et d'exquis, de M. David; surtout, celui qui émerge peu du sol, et participe ainsi, plus profondément, à la vie de la terre dont on le dirait poussé, comme une fleur... celui, aussi, de M. Bourdelle, moyenâgeux et apocalyptique.
Parmi les vases, jardinières, cache-pots, je citerai les envois de M~ Berthe Cazin, de l'atelier de Glatigny, de M~ Beetz-Charpentier, de M. Laporte-Blairsy, de M. Rapin, — jardinière basse en ciment et mosaïque d'or et de couleurs du plus cha-toyant effet.
Mais entrons dans l'Orangerie, dont le plafond est orné d'un grand velum de M.Jaulmes toujours bon décorateur, et où sont exposés dans divers stands, des maquettes, des plans, des photographies de jardins exécutés ou à exécuter, des meubles de vérandas, de kiosques, de gloriettes, etc.
Voici M. Drésa qui a tendu d'une exquise étoffe jaune à fleurettes un petit salon d'été garni de meubles peints en gris soutenu et violet dont la forme est charmante.
Voici M. Maxime Dethomas, du goût et de l'imagination inventive de qui l'on était en droit, sachant de quoi il est capable, d'attendre quelque chose de plus important et de plus significatif que ce décor mural de treillage et ces quelques meubles presque banaux.
La gloriote de M. Louis Sue, que garnissent des meubles de la maison Dumas, ornés de fleurs et d'attributs des plus amusants, est assez réussie et il y a là bien des idées ingénieuses, joliment appliquées, dont il est certain que l'on pourrait, à l'occasion, tirer parti.
Voici M. J. Gampert, qui nous montre un intérieur de pavillon dans le goût du xviie siècle d'une coloration chantante qui charme les yeux. Aux murs, des guirlandes, des médaillons, des cages d'oiseaux sur fond blanc grisé ; comme mobilier, un canapé, des chaises, des fauteuils avec dos et sièges cannés, une table basse à thé, tout cela peint de deux tons de jaune de chrome très brillants; je ne vois rien ici de meilleur, dans un genre que je trouve, cependant, un peu trop particulier et un peu trop systématique.
HALOU.
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grimpantes se verront exécutés dans les jardins de Bagatelle et qui sont certainement ce qu'il y a de mieux ici dans ce genre.
L'atelier Primavera (Direction Guy et Breuil) expose un agréable intérieur de kiosque, orné de treillis et de médaillons en bois découpé représentant des perroquets et de médaillons peints par Mme René Guilleré, avec des vases de grès de M. Greber et des meubles de vannerie de M. Pottier qui ne manquent ni de nouveauté ni d'agrément.
L'on verra, enfin, avec intérêt des vues et plans de jardins, de parcs, de parterres, de Courances, de Voisins, de Vaux-le-Vicomte, du Marais, et d'un projet de composition moderne sur les bords des lacs italiens, par M. Achille Duchesne d'après quoi l'on pourra se rendre compte des sérieuses qualités de ce jardinier. De lui, aussi, l'on aura le plus vif plaisir à examiner les plans, coupes, élévation et la maquette, traitée comme une maquette de décor de théâtre, d'un jardin de ville dont le centre est occupé par un bassin au-dessous duquel, éclairée par des dalles de verre, se trouve disposée une salle de gymnastique. L'idée est peu banale, on le voit, et mérite d'être retenue.
Quittons maintenant l'Orangerie et reprenons notre promenade à travers le parc.
Passons rapidement devant la niche à chien de M. Majorelle pour nous arrêter devant le Puits en fer forgé de M. Émile Robert, qui, outre cette œuvre importante, expose une série de poteaux, de pylônes pour plantes grimpantes, conçus avec le souci de logique, et en même temps l'ingéniosité, la fantaisie qui caractérisent ce parfait artisan. Comme les maîtres ouvriers d'autrefois, Émile Robert excelle à donner une vraie valeur d'art à tout ce qu'il compose et exécute. Son puits et ses poteaux sont véritablement des choses exquises.
La fontaine de M. Max Blondat est, aussi, admirablement réussie, avec ses combinaisons si heureuses de marbre rosé et de bronze doré, ce masque de Faune dans des roses, cet enfant debout tenant une brassée de roses, cette jardinière qui occupe le bas du
Terme.
QUILLIVIC.
De MM. A. et P. Vera, des meubles de vannerie exécutés par l'École Nationale de Fayl-Billot (Haute-Marne) et ornés de coussins en application de toile et brodés, par M. Gampert.
De Mme Madeleine Zillhardt, deux jardi- nières en tôle peinte d'un beau jaune d'or, d'une forme exquise.
Enfin, de-ci de-là, les maquettes d'un théâtre de verdure par M. Paul Alaux, d'un jardin en Andalousie par M. Blocus, d'un décor de jardin, ciment, grès, mosaïque, avec pergolas, statues, bassins, vases, d'un fort agréable plan, par MM. Deverin et Popineau; des croquis, aquarelles de barrières, de berceaux, d'arcades par M. Georges Robert, dont certains meubles et certaine arcade pour plantes
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L'Art du Jardin à Bagatelle
petitmonument.
Rappelez-vous, d'ailleurs, l'autre fontaine : la Chanson de l'eau, qu'expose M. Blondat au Salon des Artistes Français, composition pleine de fraîcheur et d'esprit et où s'affirment tous les rares dons de ce précieux statuaire.
L'ensemble décoratif en grès, à pylônes portant des vases et réunis par des jardinières de M. Majorelle, représente, dans ce genre, l'effort le plus important de l'exposition; effort estimable, certes.
Quant au cerf de M. Gardet et à celui de M. Froment-Meurice, ils sont, à n'en pas douter, l'œuvre de deux excellents animaliers, passés maîtres dans l'art très spécial qu'ils pratiquent.
Les sièges et l'arceau en bois de M. Georges Robert me causent plus de joie; du moins ont-ils l'avantage d'être utiles. Quel dommage, d'ailleurs, que les objets simplement usuels ne soient pas ici plus nombreux ! Quand donc nos artistes décorateurs se convaincront-ils de la nécessité absolue qu'il y a, pour le public, de se procurer desobjetsusuels bien conçus, bien fabriqués, artistiques de ce fait seul, et que, chaque fois qu'ils travailleront dans ce sens, ils seront assurés du succès.
Mais, voici les trois pièces de résistance de l'exposition de Bagatelle: le petit temple de M. Poiret, l'ensemble décoratif, roseraie, banc et vases, de M. Guimard, le kiosque de M. Wybo.
J'ai aussi peu de goût que possible, on le sait peut-être, pour les créations de M. Poiret et de la maison Martine. Je ne puis cependant m'empêcher de trouver un certain agrément, et de reconnaître certaines qualités architecturales à cette rotonde à arcades. Les proportions en sont assez heureuses et si