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$\text{A. et D. deuratur}$ $9^{\text{e}} \text{Semestre}$ $1909$

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ART et Décoration Revue mensuelle d'Art Moderne 1909 2ème Semestre --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS

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Art et Décoration Revue Mensuelle d'Art Moderne Publiée sous la direction de: - MM. VAUDREMER, GRASSET, - J.-P. LAURENS, FREMIET, ROTY, L. MAGNE, L. BÉNÉDITE, - ROGER MARX, DAMPT --- JUILLET - DÉCEMBRE 1909 Tome XXVI --- EMILE LEVY, ÉDITEUR LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 13, RUE LAFAYETTE, 13 PARIS

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La Peinture aux Salons --- Il n'est plus, à notre époque, — ou il n'est pas encore, — de gouvernement des esprits. Il n'est point de vérité ni de dogme artistique. Nul accord, fût-ce entre ceux qui, de même âge et d'égal renom, cèdent à l'urgence de se grouper pour défendre les positions acquises. Nous voyons tout ensemble prôner un académisme désuet ou vanter la barbarie envahissante. Certains, trop menacés dans leurs lâches certitudes, déclarent ironiquement ne pouvoir estimer les travaux des Indépendants sans consentir du même coup à la destruction du Musée du Louvre. En écrasant Cézanne sous Chardin et M. Matisse sous M. Ingres, ils pensent tenir pour la saine tradition. Et de cette tradition, pourtant, se réclame une nouvelle génération encore indisciplinée. Tout artiste conscient, pour peu qu'il ait d'intelligence et de sensibilité, se ressent de l'inquiétude générale. Seuls, les Carolus Duran, les Gervex, les Bonnat, les Flameng, etc., ne doivent leur flegme qu'à l'ignorance ou à l'infatuation. Partout où il y a de la vie l'esprit de dispute a remplacé l'esprit d'école, et des perturbateurs (dont je ne sais sil'influence sera salutaire) se sont substitués aux maîtres. Plus d'élèves. Chacun, rebuté par les principes, entend assumer pour son propre compte, en se fiant aux suggestions du tempérament et de l'instinct, les expériences professionnelles qu'un enseignement raisonné lui eût épargnées. Aussi avons-nous à enregistrer moins d'œuvres que de tentatives, et celles-ci prennent-elles moins souvent la forme d'affirmations harmonieuses et désintéressées que celle de démonstrations partielles et agressives. Car, la loi faisant défaut, les théories abondent. Si bien qu'en présence d'une toile peinte nous aurons à nous enquérir d'intentions formulées plus encore que de résultats acquis. La tradition rompue, tout manieur de pinceau dédaignant de se référer au passé ou prétendant l'interpréter à sa façon et à son profit, la moindre esquisse comporte une préface et des justifications. Depuis vingt ans, les mouvements qui traversèrent la vie artistique furent rapides, et les réactions promptes. Elles laissèrent après elles des individus isolés, désorientés, — dans une agitation d'esprit qui n'est pas sans grandeur, — et tout frémissants de poursuivre, d'atteindre enfin cette « vérité » dont ils voient bien qu'on ne peut se passer. Comprendre et concilier les extrêmes, accueillir et éliminer, oser toutes les démarches que permet une franche curiosité ancrée dans une solide culture, — sous le faix de cette culture même, trop lourde et trop compliquée, qui est la nôtre, conserver l'aisance du style et la vivacité de l'inspiration, — telle serait désormais la tâche d'une forte personnalité, d'un maître nouveau dont nous n'aurions qu'à constater la maitrise, d'un affirmateur dont la vie et les œuvres, acceptées par tous les hommes de son temps, leur referaient une quiétude féconde, leur recréeraient une riche inconscience. --- Ce réservoir de forces, ce n'est point encore cette année, à la Société Nationale ou aux Artistes Français, que nous le rencontrerons. Le premier de ces deux Salons abrite cependant quelques artistes de haute volonté et qui