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ART et Décoration Revue mensuelle d'Art Moderne --- 1909 1er Semestre --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS

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Art et Décoration

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Art et Décoration Revue Mensuelle d'Art Moderne Publiée sous la direction de: - MM. VAUDREMER, GRASSET, - J.-P. LAURENS, FREMIET, ROTY, L. MAGNE, L. BÉNÉDITE, - ROGER MARX, DAMPT --- Janvier - Juin 1909 Tome XXV --- Emile Lévy, Éditeur Librairie Centrale des Beaux-Arts 13, Rue Lafayette, 13 Paris

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Les Papillons Leur Étude Leur Interprétation Décorative C'est le soir, en septembre. La journée fut chaude, orageuse et lourde. Le soleil vient de disparaître à l'horizon, et la nuit tombe, peu à peu; l'ombre estompe déjà les fleurs du jardin, dont les masses sont encore visibles, et qui prodiguent les fortes senteurs indiquant seules leurs espèces. Voici près de nous les chèvre-feuilles et les belles de nuit, et voilà plus loin les pétunias et les tabacs odorants dont les cornets pourpres ou blancs se devinent vaguement encore. Pas un souffle dans l'air chaud et parfumé; rien que l'ombre qui peu à peu se fait plus épaisse et plus obscure. Les étoiles une à une paraissent au ciel assombri. Cependant, près de nous, un bourdonnement MÉHEUT

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Art et Décoration profound et grave vient de se faire entendre, mystérieusement, dans le grand silence crépusculaire. Ce fut comme un passage rapide, le frôlement, presque, d'un être invisible, étrange, inexplicable. Et voici que fleurs aux senteurs brusquement une apparaît, se main-suspendue, im-soutenue en l'air inexplicablement. Ombre à dans l'ombre, aux yeux allumés d'une cence rouge et sombre, et qu'enve-il, l'étrange bourdonnement en rapides et invisibles. parmi les lourdes, ombre tient mobile, peine visible phosphores loppe, semble-t-basse continue des ailes Si émus, apeurés presque un mouvement trop rapide, le paraît, se fond dans dans la rapide, loin du danger pressenti, à la recherche de fleurs nouvelles débordant d'enivrantes senteurs, des sucs capiteux dont il se gorge longuement. Quel contraste entre cet être mystérieux, furtif, et le brillant papillon de jour, étalant au soleil, parmi les floraisons éclatantes, son vol capricieux, sa joie de briller et dant sont de même espèce, et appartiennent des Papillons, des Lépidoptères disent mologistes. Combien le nom vulgaire cependant mieux que ce vocable petits êtres légers, immatériels, les classifications des savants naturalistes réserve encore bien d'autres surprises pour le moment où nous allons examiner quelques-uns des plus caractéristiques parmi les papillons de nos pays. Car c'est à ceux-là seuls que nous bornerons notre étude, estimant que le champ est assez vaste qui est ainsi ouvert à nos curiosités et à nos recherches. Et de même qu'il semble plus logique de porter nos études florales sur les plantes qui nous entourent, sur la flore indigène qui nous est familière, au milieu de laquelle nous vivons, de même la faune de notre pays doit être préférée à la faune exotique, aux formes trop étranges, aux colorations trop violentes, qui nous surprennent plus qu'elles ne nous charment. Nulle orchidée ne vaut tine ou un lis; et mouche aux reflets téresse moins que aux coloris plus en harmonie avec Interprétations géométriques du papillon. M. P.-VERNEUIL

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Les Papillons notre soleil plus rare et plus froid, notre lumière plus douce. Les ornementsations que nous tire- rons de ces études nous seront plus proches et plus facilement compréhensibles. Nous y retrouverons des fleurs, des êtres familiers, miracles, en l'être brillant et léger qu'est une phalène ou une noctuelle. La vie du papillon est une vie véritablement que nous connaissons de longue date, et que sans nul effort nous pourrons rapidement re- connaître malgré les stylisations qui les orne- manisent. Avant d'aborder l'étude des individus, merveilleuse, une suite de métamorphoses étranges qui confondent l'imagination. Que l'être rampant et repoussant qu'est la chenille se transforme, après un sommeil profond et prolongé, en l'insecte léger, gracieux et char- nous allons, en quelques mots, rappeler l'étrange vie du papillon, véritable conte de fée où les transformations se succèdent, où l'être humble et rampant qu'est la chenille se trans- mue peu à peu, par une suite de véritables mant qu'est le papillon, cela tient en vérité du prodige. Cette vie brillante, mais brève, de l'insecte parfait, semble être le couronnement magnifique d'une existence toute de labeur et de peines, la revanche prise sur des jours Bordures. M. P.-VERNEUIL