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ART et Décoration
Revue mensuelle d'Art Moderne
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Sommaire
- Exposition de Portraits à la Bibliothèque Nationale
FRANÇOIS COURBOIN
- Un livre d'Études Florales
M. P.-VERNEUIL
- The Glasgow School of Art
M. P.-VERNEUIL
- La Statuaire et le Costume moderne
HENRY MARCEL
- Planches hors texte : Portrait d'Anne de Bretagne BOURNICHON Renée de Rieux-Châteauneuf FRANÇOIS CLOUET
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AVRIL
1907
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LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS
13, RUE LA FAYETTE PARIS
Prix de la Livraison : 2 fr. — Étranger : 2 fr. 50
11e Année, N° 4
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Art et Décoration
Revue Mensuelle d'Art Moderne
COMITÉ DE DIRECTION :
MM. VAUDREMER, GRASSET, LUCIEN MAGNE,
JEAN-PAUL LAURENS, FREMIET, ROTY,
LÉONCE BÉNÉDITE, ROGER MARX, DAMPT
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ABONNEMENT ANNUEL
PARIS & DÉPARTEMENTS . . . . . . . . . . . . . . . 20 francs
ÉTRANGER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 francs
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L’Année parue ...
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Exposition de Portraits
À la Bibliothèque Nationale
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Portraits enluminés
Lors de l'Exposition des Primitifs Français (avril 1904), le public, en face des miniatures de la Bibliothèque Nationale, eut le sentiment d'une révélation devant ces œuvres pleines d'imagination, de sentiment et de verve tellement complètes qu'un manuscrit enluminé peut équivaloir, aux dimensions près, à une galerie de tableaux. Comme pour accentuer cette impression, le regretté Henri Bouchot dans une conférence à l'Ecole des Hautes Etudes Sociales, fit projeter photographiquement avec un grandissement considérable quelques miniatures tirées des Grandes Heures du duc de Berry : l'effet produit fut saisissant et l'expérience montra, mieux que tous les discours, avec quelle intensité l'artiste avait concentré dans les étroites limites qui lui étaient imposées les qualités d'un grand peintre.
Les miniatures ont encore un autre attrait : au milieu de tourmentes dans lesquelles des monuments considérables furent anéantis, elles ont eu la bonne fortune d'être protégées par leur exiguité même et d'être maintenues à l'abri des causes de destruction normales : air, lumière, humidité ; ce sont presque les seuls documents auxquels ils soit possible de recourir aujourd'hui pour l'histoire de la peinture en France, au moyen âge; mais ces documents sont intacts, l'esprit de nos pères s'y épanouit en créations encore pleines de fraîcheur et il s'en dégage, net et irrésistible, le charme de la sincérité. Dans les portraits, cette sincérité éclate, les gens ne sont pas flattés et, la joie de les représenter tels qu'ils étaient, a peut-être été comme une détente pour les peintres du moyen âge ; on prêterait volontiers à ceux-ci l'état d'esprit de l'homme qui, n'ayant pas souvent la faculté de dire librement ce qu'il pense, en saisit passionnément l'occasion.
Les limites de cet article ne permettent de donner que des indications sommaires sur les portraits exposés rue Vivienne ; le catalogue
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Art et Décoration
dressé avec toute l'érudition de M. Camille Couderc permettra de les étudier plus à fond. Il faut également renvoyer le lecteur, désireux de s'instruire plus complètement au livre de M. Henry Martin: Les Miniaturistes Français (Paris, 1906), où les œuvres, l'histoire, la technique, l'industrie et l'art des Miniaturistes sont étudiés avec autant de science et de clairvoyance que de circonspection.
L'Exposition ne comprend aucun spécimen des époques mérovingienne et carolingienne; on n'a pas cru devoir y mettre la Bible de Charles le Chauve ou l'Evangéliaire de Lothaire avec les figures hiératiques de ces deux princes, images curieuses où se devine un dernier reflet de l'art antique mêlé au système décoratif des calligraphes anglo-saxons: le plus ancien portrait exposé est celui de Charles I° d'Anjou, roi de Naples, mort en 1282; le plus récent, est celui de Louis XIV, dans un de ses livres d'Heures exécuté en 1682.
Entre ces deux dates on peut suivre à l'Exposition de la rue Vivienne, toute l'évolution de l'art du portrait dans les manuscrits enluminés: au xiii siècle, les figures se dégagent petit à petit de la formule stylisatrice, sous Philippe VI de Valois, la représentation d'une chambre de justice (procès de Robert d'Artois en 1332), nous offre de véritables portraits, et nous pouvons suivre, dans les manuscrits du sage roi Charles V, les transformations successives causées par l'âge et la maladie, dans la physionomie du souverain. A la fin du xiv siècle, au commencement du xv siècle, à l'un des moments où la France fut le plus bouleversée, l'art du manuscrit atteint son apogée, on pourrait dire la perfection, dans les ouvrages commandés par Jean, duc de Berry, frère de Charles V. Ce prince réalisait au xiv siècle le type du grand collectionneur, ayant à sa solde une pléiade d'artistes: ses comptes nous ont conservé les noms de quelques miniaturistes: André Beauneveu, Pol de Limbourg et ses frères, et Jacque-mart de Hesdin, qui fit vers 1409, les miniatures des Grandes Heures d'où est tiré le portrait reproduit ici. (Bibliothèque Nationale, manuscrit latin 919.) Le charmant petit portrait de femme agenouillée est celui de Marguerite de Clisson, peinte en son livre d'Heures, après son mariage avec Jean de Blois, comte de Penthièvre, en 1387. (Bibliothèque Natio-
Louis XI tenant un chapitre de l'Ordre de Saint-Michel.
JEAN FOUQUET
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Exposition de Portraits à la Bibliothèque Nationale
nale, manuscrit latin 10.528).
Sous Charles VII et Louis XI, le nom de Jean Fouquet, éclipse ceux de ses contemporains, peintres et miniaturistes. C'est le grand maître, et parmi les miniatures qu'on lui attribue, celle que nous reproduisons ici : Louis XI, tenant un chapitre de l'Ordre de Saint-Michel (Bibliothèque Nationale, manuscrit français 19.819), est l'une des œuvres les plus remarquables du xvi siècle. Comme l'a dit très justement M. Henry Martin, avec Jean Fouquet, ce n'est plus l'enluminure qui fleurit, c'est la grande peinture qui se rapetisse au format du livre. Au xvi siècle, les miniaturistes pris d'abord comme collaborateurs des imprimeurs dans l'illustration du livre, sont bientôt évincés, et nous donnons ici la reproduction du portrait d'Anne de Bretagne, tiré des célèbres Heures exécutées pour cette princesse, par Bourdichon, qu'on peut considérer comme le dernier des grands enlumineurs français.
Il est impossible, dans un aperçu aussi rapide, d'étudier, même sommairement, l'existence et la technique des enlumineurs au moyen âge. Disons brièvement que les nécessités commerciales avaient imposé, là comme ailleurs, la division du travail et que, dans les marges des manuscrits, des esquisses rapides, des notes heureusement échappées au nettoyage final prouvent que les vignettes étaient distribuées par un chef d'atelier à des exécutants qui recevaient chacun quelques feuillets destinés vraisemblablement à être revus par le patron. Les rôles de la taille (l'impôt sur le revenu du temps) prouvent que certains miniaturistes étaient ce que nous appelons de notables commerçants, ayant leur installation, leur personnel et vraisemblablement aussi leurs secrets professionnels.
Il n'existe pas à proprement parler de Traité ancien de Miniature : le moine Théophile, au
ÉPOQUE DE FRANÇOIS CLOUET
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Portrait du Marquis de Ragny.
ÉPOQUE DE QUESNEL
xii siècle, dans son Traité de Divers Arts, Jean le Bègue, au xv siècle, ont recueilli des recettes qu'il ne faut pas accepter aveuglément, les maîtres de métier, au moyen âge, gardaient jalousement leurs secrets, et les gens « qui n'étaient pas de la partie » n'ont dû savoir que ce qu'on a bien voulu leur dire. On voit que les couleurs étaient très nombreuses, que beaucoup avaient une origine végétale, un vert, par exemple, obtenu en broyant des « herbes et diverses fleurs des blés », avec du plâtre additionné de chaux, un azur, tiré des pétales de bleuets, une laque rouge tirée de la sève du lierre au mois de mars, etc. L'une des couleurs les plus employées, la mine (minium d'aujourd'hui), donna naissance aux mots miniatura, miniator (miniaturiste) qui est traduit dans un texte cité par Du Cange, par : escriveau de vermeillon. De là, pense M. Henry Martin, viennent les locutions : être peint de bonne ou de mauvaise mine, suivant qu'on a le teint plus ou moins coloré, avoir bonne mine, etc.
Les fonds d'or des miniatures ont donné lieu aux hypothèses les plus fantaisistes : Jean le Bègue nous dit que l'or était appliqué en feuilles, sur une préparation de plâtre broyé avec du cina-bre et additionné de colle de poisson « qui soit fondue avec très bon vin blanc », le mélange appliqué au pinceau devait être raclé, lissé avec une améthyste (travail de brunissoir) légèrement humecté de colle de poisson au moment de l'application de l'or. Celui-ci était bruni légèrement, d'abord, puis, graduellement, avec assez d'énergie pour que, dit le vieil auteur, la sueur nous vienne au front. Jacques Cône, peintre flamand à la solde de Jean, duc de Berry, préconise comme dessous, pour l'or, un mélange de craie, de safran, et de bol d'Arménie, détrempé avec de la colle de gants, il faut en superposer trois couches, égalisées, raclées, brunies avant d'y appliquer la feuille d'or qui sera fixée par un mélange de colle de gants et de blanc d'œuf.
Il n'est pas douteux qu'en employant judi-
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Exposition de Portraits à la Bibliothèque Nationale
cieusement les procédés transmis par Théophile, Jean le Bègue ou Jacques Cène, on arrive à des résultats analogues à ceux des enlumineurs d’autrefois. Ceux-ci, qui mettaient jusqu’à cinq couches de couleur sur vélin pour obtenir une nuance, étaient des gens volontaires, soigneux, et il faut bien dire que pour exprimer des sentiments dont la fraîcheur nous ravit, des observations dont l’intensité nous étonne, ils usaient surtout d’une patience dont ils ne paraissent pas nous avoir transmis la recette.
PORTRAITS DESSINÉS
L’histoire des portraits dessinés du xvie siècle français offre, elle aussi, peu de certitudes et, malgré les savants travaux, de MM. Bouchot, Dimier, Alph. Germain, J. Guiffrey, Etienne Moreau-Nélaton, on peut encore dire que les œuvres appartenant indiscutablement à un Clouet ou à un Dumontier, bien déterminé, sont de la plus insigne rareté. Il est donc nécessaire d’imiter, à ce sujet, la circonspection avec laquelle le regretté Henri Bouchot écrivait, dans son avant-propos des Clouet (Paris 1890): « On s’est habitué à écrire des Clouet, chez nous, comme si l’on connaissait les moindres détails de leur existence. Or, en dépit de cette popularité, nous en sommes toujours réduits à supposer et à induire. »
Portrait de Madame de Saint-Aignan.
ÉPOQUE DE QUESNEL
C’est ce sentiment de réserve qui a guidé les organisateurs de la première exposition de « crayons » du xvie siècle, offerte au public. Comme beaucoup d’œuvres très caractéristiques de l’art français, les « crayons » ont passé par les alternatives du succès, de l’engouement et du dédain, avant qu’on leur rendit justice. Qu’il suffise de rappeler, en songeant aux prix d’aujourd’hui, qu’en 1825, Jean-Adrien Joly, conservateur du cabinet des Estampes, achetait pour cinq cents francs
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Art et Décoration
Portrait de Louise de Lorraine.
ÉPOQUE DE FRANÇOIS CLOUET
un lot de 58 dessins attribués à Jannet. Il importe de préciser qu'au xvi^ siècle les crayons jouaient à peu près le rôle de nos photographies. Catherine de Médicis demande fréquemment au cours de ses voyages qu'on lui envoie des portraits de ses enfants; dans une lettre de 1552, elle recommande à M^ de Humières qu'on les peigne au vif, « ainsi qu'ils sont, sans rien oublier de leurs visaiges, mais il suffit que ce soit au créon pour avoir plus tost faict... » Henri II écrit de son côté : « A ce que j'ai vu par leurs
« pourtraictures, mes enfans sont en tres bon estat, Dieu mer- cy. » Le portrait rapidement exécuté qui servait parfois à étayer un projet de mariage princier équivaut ici à un bulletin de santé.
La mode étant d'avoir ce que nous appelons des albums de célébrités contemporaines, le peintre en conservait chez lui les prototypes, extrêmement soignés pour attirer les commandes, et le dessin remplissait le rôle de nos clichés d'aujourd'hui. A l'Exposition de la Bibliothèque deux portraits de M^ de Montrevel, l'un terminé, l'autre à moitié fait et montrant dans les parties inachevées le calque exact du premier, nous fournissent la meilleure démonstration de cette pratique commerciale.
Les crayons servaient enfin, et c'est dans ce cas qu'ils offrent, au point de vue de l'art, le plus grand intérêt de notes pour les peintres: le Charles IX, l'Elisabeth de Valois du Louvre, la reine Margot de Chantilly, la Catherine de Médicis de la collection d'Albenas, sont peints d'après des crayons de la Bibliothèque Nationale; en revanche, les peintures du manuscrit de la guerre Gallique à la Bibliothèque Nationale sont faites d'après les dessins de Clouet conservés à Chantilly. D'autres dessins, le portrait de Claude de Rieux, par exemple, portent des indications manuscrites prises devant la nature en vue d'un travail d'atelier.
Est-il besoin d'ajouter qu'on faisait au
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Exposition de Portraits à la Bibliothèque Nationale
xvie siècle des crayons de toutes qualités et que les indications sobres, précises, nerveuses des dessins attribués à Jean Clouet, le modèle savant et serré des dessins finis de son fils, les touches caressantes, mais volontaires de ses esquisses, n'ont aucun rapport avec l'exécution des « cahiers » destinés aux amateurs désireux de montrer à bon compte dans leur province les portraits du roi et de sa cour accompagnés, suivant la mode du temps, de l'image d'Agnès Sorel, remise en vogue. François Ier avait, en effet, jugé opportun de créer une légende de patriotisme et de poésie autour de cette maîtresse royale.
Un de ces recueils est célèbre, c'est celui qui se trouve à la bibliothèque Méjanes, d'Aix-en-Provence, recueil dont tous les portraits auraient été annotés de la main de François Ier, pendant un voyage du souverain à Oiron, chez son ancien précepteur, Arthus de Boisy. La légende aurait voulu que les dessins fussent de la main de Mme de Boisy, mais on a découvert, par malchance, le nom d'un certain Pierre Foullon, beau-frère, croit-on, de Jean Clouet et peintre au service de M. de Boisy, dont la présence pourrait bien faire tort à la légende. Si l'on veut prendre la peine de songer que des albums analogues ont été à la mode en France, pendant plus de cent ans,
on conviendra que la facilité avec laquelle on attribue aux Clouet, aux Quesnel, aux Dumonstier, les portraits dessinés de leurs contemporains, a quelque chose d'excessif. On a fait tellement de ces portraits qu'on en a fait trop, la mode en est passée beaucoup pour cela et beaucoup aussi parce qu'on a progressivement demandé au procédé plus qu'il ne devait donner et qu'en voulant forcer les qualités du genre on l'a rendu déplaisant. Les dessins de Jean Clouet sont des modèles de sobriété, ceux de François Clouet ex-
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Portrait de l'amiral Gaspard de Coligny.
ÉPOQUE DE FRANÇOIS CLOUET
priment la maîtrise du procédé appliqué avec la plénitude de ses ressources, ceux de Daniel Dumonstier sont quelquefois trop chargés et ceux de Lagneau, souvent lourds, sont exécutés avec une facilité désagréable qui empêche au premier abord de rendre justice aux qualités du physionomiste. C'est une évolution facile à suivre dans les portraits de la Bibliothèque Nationale qui sont groupés chronologiquement : les crayons exécutés primitivement à la pierre noire et à la sanguine avec un peu de pastel ocré se chargent de tons variés au fur et à mesure qu'ils approchent de la décadence.
Nous avons dû nous borner, parmi les 250 crayons exposés par le Cabinet des Estampes, à un choix très restreint, les portraits de Renée de Rieux, du Marquis du Guast, de Louise de Lorraine, attribués à Clouet, du Marquis de Ragny et de Madame de Saint-Aignan par Quesnel, reproduits ici, donneront du moins une idée des crayons de la meilleure époque.
L'exposition devait, primitivement, ne comporter que des miniatures et des portraits dessinés, M. Henry Marcel a eu l'heureuse idée d'ajouter un panneau de petits portraits peints du xvie siècle, qui sont là, à leur place logique et constituent entre les deux sections une transition savoureuse; pendant qu'un choix de beaux dessins de Dürer, Holbein, Lucas de Leyde, Lucas de Cranach, prêtés obligéamment, comme la plupart des peintures par des collections particulières, offrent, à côté des dessins français du xvie siècle, un élément de comparaison du plus haut intérêt.
FRANÇOIS COURBOIN.
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UN LIVRE D'ÉTUDES FLORALES
C'est un nouveau livre d'études florales, que nous devrions dire; aussi bien ce nouveau volume de Miss J. Foord est-il la suite d'un premier paru il y a quelques années déjà. Son titre exact : Decorative Plant and Flower Studies nous renseigne sur le but visé par l'auteur. Prendre de belles plantes et de belles fleurs d'allures décoratives, et nous en donner des études simples et sobres, sincères surtout.
Comme le premier, ce nouveau volume comprend les études de quarante plantes différentes. Nous en nommerons les principales tout à l'heure.
Mais dans ce nouveau volume, les détails sont plus nombreux; et l'auteur a toujours ajouté à l'étude même un ensemble de la plante, en donnant ainsi le port et l'aspect général. C'est là une excellente idée.
La documentation qui nous est offerte, en général, est trop fragmentaire. Or, le caractère d'une plante découle en grande partie de l'aspect d'ensemble de cette plante. Le port d'un arbre est essentiellement caractéristique: la silhouette d'un peuplier ne ressemble en rien à celle d'un saule, ni celle d'un chêne à celle d'un bouleau. Certaines fleurs sont trapues, d'autres élancées; les unes sont grimpantes, les autres se trainent lourdement. Avoir les détails de la feuille, de la fleur et du fruit, c'est très bien, mais c'est insuffisant. L'ensemble s'impose, qui donne le caractère véritable. C'est ce que l'auteur a fort bien compris. Son choix est, lui aussi, très varié: plantes des champs ou des jardins, arbres même se mêlent sans ordre préconçu.
Nous citerons: le pommier et la belle de jour, cette dernière d'une présentation assez pittoresque; une renoncule de montagne, un peu lourde d'aspect, et la cardamine des prés; l'iris germanique jaune, que l'on voudrait traiter plus légèrement, et la jacinthe des bois, balançant ses petites cloches bleues sur une tige d'un galbe si gra-cieux; le poirier vient ensuite, et nous reproduisons ici son étude d'ensemble.
Le narcissus à bouquet et le porillon, encore appelé narcissus trompette ou jonquille, mais ce dernier nom est donné à tort à cette plante, sont