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ART et Décoration Revue mensuelle d'Art Moderne Sommaire - Figures d'Extrême-Orient. - LÉONCE BÉNÉDITE. - Le Métal dans le Mobilier et la Décoration. - R. D. - La Photogravure. - M. P. VERNEUIL. - L'Exposition de la Miniature et des Arts précieux. - GUSTAVE KAHN - Planches hors texte : - Musicienne Annamite. - Danseuses Cambodgiennes. - MARIUS PERRET. MARS 1902 --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS 13, RUE LOFAYETTE PARIS Prix de la Livraison : 2 fr. 6e Année, N° 3

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Art et Décoration Revue Mensuelle d'Art Moderne COMITÉ DE DIRECTION : MM. VAUDREMER, GRASSET, JEAN-PAUL LAURENS, FREMIET, ROTY, LUCIEN MAGNE, LÉONCE BÉNÉDITE, ROGER MARX, DAMPT --- Abonnement annuel : PARIS & DÉPARTEMENTS . . . . . . . . . . . . . . . 20 fr. ÉTRANGER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 fr. Prix de la Livraison : 2 francs L’Année parue ...

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Musicienne Annamite. Figures d'Extrême-Orient A propos de l'Exposition posthume des œuvres de MARIUS PERRET $\bullet \bullet \bullet$ A Société des Peintres Orientalistes organise à cette heure, au Grand Palais, à côté des envois de ses voyageurs ou de ses missionnaires, une exposition posthume des œuvres du regretté peintre Marius Perret. Avant même qu'on ait commencé à lire ces lignes, on sera déjà éclairé sur le caractère de cet artiste par les images singulièrement exotiques et savoureuses que publie notre revue. Et comme il a été possible pour deux d'entre elles de les présenter à peu près sous leur physionomie complète en leur conservant le prestige de la couleur, ces peintures attachantes suffiraient peut-être à intéresser le public sur un nom qui lui est presque inconnu, et quin'a pas encore été consacré pour la badauderie des amateurs par les spéculations des marchands. Ces commentaires pourraient donc paraître inutiles ou superflus. La biographie de Marius Perret ne comporte point, d'ailleurs, de développements littéraires très étendus; son portrait physique et moral a été tracé récemment avec une sympathie très perspicace par M. Paul Radiot (1), et l'étude intégrale de son œuvre sous les différents aspects de son inspiration orientale et extrême-orientale doit être entreprise prochainement, d'une façon toute spéciale, sous les auspices de la Société qui était devenue pour lui une véritable famille. Mon rôle aujourd'hui est donc limité à l'expression d'un hommage de pieux souvenir, et à quelques brèves explications destinées à accompagner les reproductions de sa dernière manière indo-chinoise. Jusqu'en 1898 Marius Perret, dont les débuts furent très obscurs, avait attiré l'attention des artistes clairvoyants et des amateurs d'esprit attentif et libre, par une suite très restreinte de tableaux ou d'études, empruntés aux pays d'Afrique. C'était d'abord des paysages et des scènes de l'Algérie du Sud, d'El Aghouat ou du (1) La France de demain, 15 décembre 1901 — 1er janvier 1902.

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Art et Décoration Mzab, entourés d'une série d'admirables dessins publiés par la maison Hachette dans le Tour du Monde; ensuite des scènes de la campagne du Dahomey, qu'il avait suivie près du général Dodds, alors colonel, ou encore du Sénégal. Il en était sorti quelques tableaux définitifs, en très petit nombre, cinq ou six environ, qui furent très remarqués. J'ai souvenir encore de l'émotion de Marius Perret, lorsqu'il envoya au Salon sa Barre de Guet N'dar, ses Tirail- leurs Senégalais, ses Piroguiers, qui tous trois furent acquis par l'État pour les musées nationaux, et dont l'un est exposé au Luxembourg. Le brave artiste, dans sa modestie et dans son étonnement de voir des sympathies s'éveiller autour de son talent, attribuait, avec une reconnaissance qui n'était pas entièrement méritée, à l'influence de mon amitié tous ces succès, acquisitions, prix, médailles, qui se répétaient. Mais je me rappelle l'impression profonde que produisirent ses œuvres sur les commissions et les jurys, les paroles encourageantes, certes, qui me furent dites à ce sujet par des artistes comme Cormon et comme Benjamin Constant, et que je répétais à Perret qui ne pouvait y croire. Les scrupules exagérés de sa probité artistique, qui répondaient entièrement à sa haute probité morale et l'avaient fait surnommer dans notre petit cercle : « la Conscience », lui montraient toujours ce qu'il considérait comme les insuffisances et les lacunes de son œuvre, sans lui laisser la joie d'en sentir les beautés et la grandeur. Et pourtant, le dernier des maîtres que je citais tout à l'heure me disait, au lendemain de la mort solitaire et lointaine de notre malheureux ami : « Ne manquez pas de faire une exposition de son œuvre. Ce sera une fière leçon pour beaucoup. Et surtout ne laissez pas partir ses ouvrages; il faut les garder pour le Louvre, car, sûrement, celui-là ira! » Si le pauvre Perret avait pu entendre ce jugement porté sur lui ! Il est vrai que, sans douter de la sincérité du juge, il ne l'eût pas accepté. Perdu dans cette existence à la fois morne et agitée de Paris où il vivait avec la nostalgie quotidienne des grands ciels purs d'Afrique, des vastes solitudes propres à la pensée et au rêve, où l'on échappe aux bavardages, aux mensonges, et aux vilaines comédies des faux camarades, des jaloux et des sots, frappé en même temps par un deuil récent, Perret résolut de satisfaire une fois encore sa soif d'in-

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Figures d'Extrême-Orient connu, ses jouissances infinies de l’œil, les seules auxquelles il s’attachât désormais dans la vie, à part quelques rares et solides affections, et il profita d’une occasion qui se présentait assez subitement, d’étendre dans des pays d’un Orient nouveau, le champ de ses explorations picturales. Le succès des dernières expositions des Orientalistes avait, en effet, encouragé le Ministre des Colonies — c’était alors M. André Lebon — à se servir de ce petit groupe d’observateurs réfléchis, de narrateurs véridiques, pour compléter l’enseignement du public sur les aspects de notre lointain empire, jusqu’à ce jour si faussement ou si arbitrairement interprétés. Six missions furent accordées à la Société des Peintres Orientalistes, en même temps que Gabriel Bonvalot, qui organisait une expédition avec M. de Bonchamps pour aller au devant du commandant Marchand, emmenait avec lui un de ses membres les plus distingués, Maurice Potter, qui devait y trouver la mort après avoir planté le premier, 18 jours avant l’arrivée du commandant Marchand, le drapeau français sur les bords du Bahr-el-Gazal, à Fachoda. Les missions furent partagées; toutes d’ailleurs ne furent pas accomplies. Marius Perret choisit pour son lot l’Indo-Chine. Il était très désireux de constater sur place tout ce qu’un vrai peintre pourrait tirer de ces pays qu’on n’avait décrits que sous leur caractère de curiosité ethnographique, lorsque même on n’avait pas dénaturé leur physionomie par de mauvais souvenirs d’école. De plus, il considérait, avec cette probité étroite et je dirais même stoïque qui faisait le fond de sa nature, qu’ayant été un des premiers fondateurs de ce petit groupe des Orientalistes, il devait aux jeunes un exemple, quelque sacrifice qu’il exigeât de lui. Malgré son état de santé fort délabré, ses sombres pressentiments que venaient encore réveiller la nouvelle de l’assassinat de Potter, Perret se décida à partir. Il voulait visiter l’Indo-Chine, Java, le Japon, et aux heures où l’espoir lui revenait, il assignait à son séjour lointain une durée de deux ou trois années. Musicienne Annamite.

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Art et Décoration Il ne put accomplir qu'une partie de ses projets, se fixa assez longuement au Cambodge, passa quelque temps dans le Royaume de Siam, autour du temple d'Angkor, et mourut à Java des suites de la fièvre pernicieuse, après un séjour très court, pendant lequel il ne put réaliser que quelques aquarelles, dont une ou deux, cependant, malgré les altérations profondes de sa santé, sont d'une grande beauté. De ses travaux au Cambodge et au Siam, il l'illustration, la description de vêtements, de meubles et de milieux; c'est toute une âme obscure et lointaine, séparée de la nôtre par des abîmes, que nous pénétrons dans son rêve mystérieux. Car c'est par là que Perret diffère de tous ses devanciers, dans ces pays de l'Extrême-Orient : narrateurs à côté, amplificateurs ou traducteurs plus ou moins fidèles, qui n'avaient saisi dans ces mœurs et dans ces aspects que leur singula- reste deux catégories d'études. Les unes sont des paysages, des vues de villages de pêcheurs, des bonzeries, des scènes de fêtes sur les grands lacs, et des jonques étranges, monstrueuses, bariolées, qui se meuvent avec un aspect de féerie, sous un ciel d'une finesse extrême; les autres sont des fragments, à la peinture à l'œuf, d'une composition dont il reste un croquis, et qui devait former une scène très orientale et en même temps pittoresque au bon sens du mot, d'un orchestre indo-chinois. Il y a d'abord deux Danseuses cambodgiennes, que nous reproduisons ici, et dont on admirera le charme exotique, en même temps que le grand style. Ce n'est plus ici de rité géographique, leur intérêt de curiosité. Et encore! lorsqu'ils n'y voyaient pas des sujets banals de composition de «genre», un renouvellement des turqueries et des chinoiseries des décorateurs amusés du XVIIIe siècle. Ceux-ci, du moins, restaient dans leur rôle en concevant leur Orient et leur Extrême-Orient comme un pays de mascarade et de décor, qui permettait à leur aimable imagination de réveiller nos architectures géométriques et symétriques par toutes sortes d'inventions d'un joli caprice, d'une fantaisie ingénieuse, toute de désinvolture et d'élégance. Les Boucher, les J.-B. Huet, les Pillement, n'ont point eu tort de regarder ces prodi-

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Figures d'Extrême-Orient gieuses régions des Indes et de la Chine à travers leurs magots de porcelaine. Mais, depuis, ce qui avait compromis longtemps les sujets d'Orientalisme auprès du public, c'était, d'un côté toutes les sultaneries de romances, à peine rajeunies depuis la conquête de l'Algérie et auxquelles le succès d'Horace Ver- net avait infusé une vie nouvelle, les essais de peinture biblique à la mode arabe, dus également au peintre popu- laire de la Prise de la Smala,tous les paysages faciles de palmiers et de marabouts faits en chambre, et, d'autre part, l'abus criard de japonaiseries qui a sévi dans nos intérieurs, pour déchoir dans nos bazars à treize sous. Marius Perret, est-il besoin de le dire, avait vu dans l'Extrême- Orient tout autre chose. Il reprenait la grande tradition des Belly, des Fromentin, des Guillaumet, et de son cher camarade Dinet qui avait été son ami si fidèle, son compagnon de voyage et, on peut le dire avec reconnaissance, sans froisser la modestie de ce dernier, son initiateur. Tous ces maîtres avaient senti ce qu'il y avait dans ces pays exotiques de richesses inexplorées qui appartenaient à l'art. Ils s'étaient dit qu'il y avait là un ciel incomparable, une lumière à nulle autre semblable, qui permettait à leur goût d'analyse l'étude des phénomènes lumineux sous toutes leurs formes les plus exceptionnelles, depuis la constatation des excès les plus imprévus, jusqu'à la notation des reflets les plus délicats. Ils s'étaient dit qu'il y avait le décor de féerie sans la mascarade, la splendeur du costume sans le déguisement ; une humanité restée héroïque et primitive, belle par la race, préservée, dans son attitude et dans ses gestes, de la contagion de notre civilisation sans Chef d'orchestre Chinois. tenue, dégradée par les vices ou déprimée et déformée par le travail, une humanité, dans tous les cas, noble et ayant du style, tout en étant à l'abri des mauvais souvenirs d'école, en dehors du vocabulaire banal et conventionnel de gesticulations qui courent les académies et les ateliers.

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Art et Décoration Belly, Fromentin, Guillaumet, et tous les fondateurs de la Société des Peintres Orientalistes, avaient réalisé ce programme dans les pays de civilisation musulmane, d'Algérie, du Maroc et d'Egypte. Les plus jeunes, même, avaient montré dans la recherche de la vérité une audace et une volonté que n'avaient pas eues quelques-uns de leurs précurseurs. On se souvient, notamment, des scrupules de Fro- mentin envers tout ce qu'il considérait comme exceptionnel et excessif dans la peinture de ces races et de ces pays. Son esprit classique et traditionnel, dans sa délicatesse un peu subtile, avait cru devoir faire un départ entre ce qu'il croyait devoir appartenir au tableau et ce qui devait revenir au livre. Perret, lui, était loin d'être animé de tels scrupules. Il ne concevait que la vérité, non pas certes la vérité étroite, courte et banale qu'on appelle l'exactitude; mais la vérité artis- tique qui voit plus haut, plus profondément et plus loin. Après s'être longuement grisé de cette splendeur magique et souveraine des ciels de l'Afrique du Nord, il voulut porter la méthode de son examen que j'appellerais scientifique, tant il y apportait de rigueur, de calcul, de réflexion, d'observation et de conscience, sous des cieux mal connus et des régions qu'il considérait comme inexplorées pour l'art. C'est alors que, Perret entreprit ses explorations au Sénégal et au Dahomey, puis en Indo-Chine. Ce programme, on peut voir comme, ici encore, il l'a réalisé. Les races nègres d'Afrique l'avaient passionnément intéressé par leur dessin particulier, leur mimique simiesque, tout leur aspect extérieur, révélateur de la vie confuse du dedans. Qu'on se rappelle ces silhouettes si expressives de tirailleurs portant leurs fusils couchés sur l'épaule, et leurs femmes chargées de lourds ballots. Regardez maintenant toutes ces musiciennes accroupies dans leur grâce enfantine et sauvage, leur joli aspect de petit animal doux, farouche et inconscient, le vieux chinois bronzé qui conduit l'orchestre, regardez ensuite avec quelle delicatesse a été comprise l'harmonie intense de ces verts, de ces jaunes et de ces roses qui pouvaient si facilement devenir criards et canaille! Est-ce là des souvenirs de touriste, des bariolages de peintre amateur en vacance? Est-ce là de simples notes documentaires et ethnographiques? Et n'y voyez-vous point, au contraire, de précieux morceaux de musée, hautement expressifs par tous leurs côtés artistiques et humains? LÉONCE BÉNÉDITE.

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LE METAL DANS LE MOBILIER ET LA DECORATION NE visite au très intéressant musée du mobilier, au Louvre, montre d'une façon probante le rôle qu'a joué le métal dans le mobilier à toutes les époques. Au premier étage, à droite de l'escalier d'accès, au milieu de bustes et de vases antiques, un siège de bronze. Les pieds sont en métal fondu, les ornements et ceintures en feuilles de bronze appliqué sur forme de bois; la ceinture supérieure, percée de trous, devait supporter un dessus de cuir; à côté, un petit trépied également en bronze. Pénétrant dans les salles affectées au mobilier des xviiie et xviiiie siècles, on trouve peu d'exemples de meubles sans revêtement de métal. Dans les meubles de Boulle, toutes les lignes principales de décoration, car c'est bien un décor, sont en métal; les angles, les pieds, sont revêtus de feuillages ou de volutes, les panneaux, souvent incrustés, sont encore couverts d'appliques en métal. Sous le règne de Louis XV, les formes ont changé, mais le procédé demeure. Dans le bureau du roi, par Riesener, le bronze forme l'élément principal de la décoration. Dans les meubles de Carlin, faits pour le château de Bellevue, le métal, cuivre ou argent, joue le principal rôle. Enfin, sous le règne de Louis XVI, les décorateurs Riesener, Levasseur, Weisweiler, Benneman, ont presque sans exception garni leurs meubles de métaux. La Révolution a tout bouleversé, mais les meubles nouveaux, inspirés des formes antiques, sont, eux aussi, recouverts d'ornements en métal. Il faut conclure sans doute de cette persistance, que l'emploi du métal dans la décoration du meuble est rationnel, et je ne crois pas que la démonstration en soit nécessaire. Tous les meubles exposés au Louvre dont je viens de parler, sont des pièces de musée et ont tous été des meubles de palais. Ils ont été faits pour compléter l'architecture; ils en font partie et ne peuvent en être séparés. Ils représentent un art, un style, mais ils sont l'évocation des mœurs. Le Roi et la Cour, voilà la France. La Ville suit de loin la mode de la Cour. Aussi, leur aspect, pour la plupart, a-t-il N° 2

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Art et Décoration un caractère de noblesse, rarement d'utilité ou d'intimité. Ce sont des bahuts, des consoles, des cabinets. Leur aspect est ou joli ou gracieux. L'harmonie des lignes est savante, la matière précieuse, l'exécution parfaite. Ils sont faits pour décorer des intérieurs, ils les décorent. Ils remplissent leur but et à juste titre ils sont admirés. Le malheur est qu'ils sont copiés, éternellement copiés; de mieux en mieux copiés; on a vainement essayé de s'en inspirer, on les a dénaturés, déformés, et on est revenu à les copier sans interprétation, ce qui est encore préférable. Déjà, en 1867, le rapporteur de l'Exposition du mobilier disait: «Ce qui manque à notre époque, c'est un véritable style. L'invention nous fait défaut; nous copions habilement, mais ce n'est pas assez; on dirait que notre époque ne peut ou ne veut pas faire les frais d'une création nou- velle. Comme si nos devanciers avaient épuisé toutes les ressources de l'invention.» Les Expositions de 1878 et de 1889 n'ont pas révélé de modification à cet état. Je ne voudrais pas dire qu'aujourd'hui la question est résolue, d'abord parce qu'elle ne comporte pas une définitive solution. Mais la transformation a commencé; la dangereuse invention lutte avec la banale et parfaite copie. Tout se transforme, c'est la loi naturelle, et on finit par reconnaître aujourd'hui que, si parfait et si français que soit le style Louis XIV, son emploi est

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Le Métal dans le Mobilier et la Décoration un illogisme, un anachronisme, un aveu d'impuissance. Je ne crois pas que les arts aient une grande influence sur les idées sociales, mais le contraire paraît être vrai, et nous ne demandons qu'une chose simple en réclamant l'harmonie entre les uns et les autres. Je me suis peut-être un peu éloigné du sujet, mais je voulais montrer que les artisans des oxydes, il est bleu ou vert, il prend et fixe toutes les patines, il reçoit les émaux, les minces dépôts précieux d'or et d'argent. Voilà pour sa couleur. Cependant, les artistes modernes, si j'ose employer un mot aussi bizarre et d'un sens aussi dénaturé, ne paraissent pas l'utiliser beaucoup dans la décoration intérieure. Il y a peut-être une raison. Le fer et le cui- N° 3 d'aujourd'hui ne sont pas les démolisseurs que l'on prétend, et que, notamment en employant le métal, comme nous allons le montrer par des exemples, ils n'innovent pas complètement. Le métal prête à la décoration de multiples motifs; lui-même revêt des parures variées : il est blanc, ou jaune, ou gris; par l'emploi vre, dont l'usage est le plus courant, sont des matériaux durs, résistants ; dans l'intérieur et dans leur fonction décorative ils doivent être plutôt fins; le fréquent défaut dans l'emploi du métal à l'extérieur c'est d'être grêle, au contraire ce qu'il faut redouter dans son usage intérieur c'est la lourdeur.