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ART et Décoration Revue mensuelle d'Art Moderne --- Sommaire - Un Dernier Mot sur les Salons, THIÉBAULT-SISSON, RENÉ BINET. - L'Arbre dans le Dessin d'Ornement Anglais, GLEESON WHITE. - L'Art décoratif en Autriche-Hongrie, WILLIAM RITTER. - La Plante et ses Applications Ornementales, GUSTAVE SOULIER. - Nos Concours, E. GRASSET. - Planche hors texte: Un Sous-main, M. SIMAS. --- JUIN 1897 --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS 13, RUE LA FAYETTE PARIS Prix de la Livraison : 2 fr. N° 6

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Medaille d'Or à l'exposition Universelle d. 1839 Henry à la Pensée Travaux à Laiguille Tapisseries Décoratives Style Moderne Fournitures pour rou. Ouvraces 5 Rue du Faubourg S'Honore, Paris --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 13, rue Lafayette, PARIS Vient de paraître : LA PLANTE et ses Applications ornementales Publiée sous la direction de M. E. GRASSET L'ouvrage complet se compose de 722 Planches coloriées à la main avec le plus grand soin. Il est accompagné d'une préface de M. B. GRASSET. PRIX, en carton : 120 ff. Prospectus illustré envoyé sur demande. Imp. de Vaugirard, O. de Malherbe & Cie., 155, rue de Vaugirard, Paris. M.H.L. Lévy, Librairie Générale.

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Art et Décoration Un Dernier Mot sur les Salons L'ÉTAIN — LE CUIR — LA FAIENCE L'est difficile d'épuiser en un jour une matière aussi dense que celle de nos Salons annuels d'art décoratif. Trop de formes d'art s'y cultivent et des talents trop variés s'y essayent pour qu'il ne soit pas indispensable d'y revenir, même après les études séparées où nos collaborateurs se sont plu à mettre en relief l'effort personnel et à déterminer la valeur d'ensemble des travaux exécutés par des artistes spéciaux dans chaque genre. A mesure qu'on prend plus de recul, on juge ces manifestations de plus haut. L'analyse à laquelle on a soumis au début toutes les pièces marquées d'une note d'art fait place à un instinctif besoin de synthèse : on résume ses idées, on les pèse, on les fond dans une appréciation motivée. Il est rare que cette revision n'entraîne pas quelque utile réflexion, et qu'il ne s'en dégage pas peu ou prou d'observations générales. C'est ce que je vais essayer de faire pour l'étain, le cuir et la faïence. L'étain est une matière à la mode et, comme il arrive toutes les fois qu'une matière est à la mode, on en abuse. Le succès des jolis plats de Desbois, des pichets de Charpentier, de quelques-uns des modèles de Baffier, a lancé nos sculpteurs dans une voie où l'exagération côtoie le mauvais goût. Nous avons vu des surtout de table en étain, des bustes en étain; nous verrons sous peu des statues coulées dans le même métal. Déjà des industriels, trop habiles à profiter d'un engouement passager, se préoccupent de trouver des patines qui donnent le change à notre œil et qui suppléent, par des colorations mensongères, à la monotonie des effets que la matière, employée à l'état naturel, peut fournir. L'étain, en effet, s'encrasse vite, et l'oxydation, loin d'ajouter à son charme, lui enlève rapidement tout attrait. Il se plombe, et les jolis effets de lumière auxquels il se prêtait au début s'évanouissent. De là vient que nos ancêtres, gens pratiques, ne se sont jamais avisés de l'employer qu'à l'usage de gobelets ou d'assiettes, de pots, de plats ou de fontaines, tous objets qu'on nettoie sans cesse et dont le poli, par conséquent, ne s'altère pas. Ils se seraient bien gardés de s'en servir, comme nous le faisons aujourd'hui, dans une multitude de cas où le bronze est seul indiqué. Matière éminemment malléable, l'étain s'accommode à merveille des plus faibles reliefs. Où le bronze aurait besoin, vingt fois, d'être repris et travaillé par une main habile au ciselet, l'étain donne du premier coup le résultat. Le modèle garde à la fonte ses finesse, sans réclamer de l'artiste autre chose qu'un imperceptible travail de finissage. L'étain perd de ses avantages à mesure que le relief s'accentue. Il ne donne ni l'impression de solidité que laisse le bronze, ni les lumineuses souplesses de l'argent : mou M. GALLÉ.

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Art et Décoration et terne, savonneux et lourd, il n'a droit ni à l'attention des orfèvres, ni à celle des sculp- M. CLERMONT. teurs amis de la ronde-bosse. Il n'en est point pour cela méprisable, et sur son domaine limité, il y a place, comme du temps des Briot, non seulement pour l'œuvre d'art, mais bien pour le chef-d'œuvre. Il serait difficile en effet, de désigner par un autre terme les purs bijoux dont Desbois nous a offert aux Salons précédents le régal, dans son plat de la Vague, par exemple, et ceux dont nous sommes redevables, cette année, dans une série de gobelets, à Brateau. Maintes fois déjà, depuis que le Champ de Mars s'est ouvert à l'art décoratif, nous avions goûté ce talent délicat, pondéré, à la fois si ingénieux et si pur ; nous n'avions pourtant rien vu de lui, avant ses gobelets, qui dénotât d'une manière absolue la maîtrise. Dans toutes ses inventions, si le travail se faisait admirer sans réserve, la personnalité restait toujours un peu hésitante. On ne passe pas impunément toute une vie, toute une moitié au moins de sa vie, à rééditer pour des fanatiques d'art ancien les modèles que nos maîtres de la Renaissance ont créés. (1) Voir page 121. Plus de gêne, cette fois, plus d'effort, plus de souvenir intempestif du passé. Dans ces go- belets ovoïdes ou coniques dont les panses ont pris pour décor, tour à tour, la vigne évo- catrice du vin, l'orge et le houblon dont le mariage est l'indispensable prélude de la bière, le pommier dont la fleur est l'emblème obli- gatoire du cidre, l'olivier dont le fruit don- nerà l'huile, une aisance inconnue se manifeste, un tact exquis a fait sentir à l'artiste l'exacte proportion dans laquelle le motif et la forme se convenaient. Ici, de franches saillies atté- nuées par le gras et le fondu de la facture, là des reliefs légers, faits de modulations insen- sibles, et toujours, entre l'ornement et la surface à orner, une heureuse et douce har- monie. Je ne vois à relever, dans l'ensemble, qu'un imperceptible détail dont la présence me choque : la division du gobelet à cidre en panneaux dont l'encadrement se relève en moulures et se complique, par places, de charnières destinées, dans la pensée de l'artiste, à rappeler nos armoires normandes. Complica- Gobelet à la fleur de pommier (étain). M. BRATEAU. tion inutile et fâcheuse; puérilité, sinon mauvais goût. Mais n'attachons pas à une erreur, en somme

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Un Dernier Mot sur les Salons aussi mince, plus d'importance qu'il ne faut. Elle n'enlèvera rien de sa spontanéité à l'éloge de passer à un autre sujet, d'observer l'analogie frappante qui existe, pour la mode de Banquette d'antichambre (Voir page 108). M. LAMBERT. que tout homme de goût, dans son for intérieur, a porté sur ces produits d'un art raffiné. Je n'insiste donc pas. Je me contenterai, avant composition et d'interprétation de la nature, entre ces gobelets et ceux du trésor d'argenterie trouvé, il y a deux ans, à Bosco-Réale

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Art et Décoration dans les ruines d'une villa pompéienne. Le retour à la simplicité que nous saluons avec une joie sans mélange chez Brateau, et qui est pour nous l'indice le plus sûr de son affranchissement, ne lui a-t-il pas été dicté par les pièces exquises que des orfèvres grecs ont modelées, voilà dix-huit cents ans, pour un riche Romain contemporain de Tibère ou de Néron? à une renaissance des industries artistiques du cuir. Je crains bien que cette renaissance, à laquelle nous avons tous applaudi, n'ait eu la durée d'un feu de paille. A vrai dire, elle s'est bornée à la reliure, et c'est peu. Par cela même qu'elle est artistique, une reliure est un travail d'exception, accessible seulement au petit nombre. La production en Paravent. M. CHANTEAU. Je serais bien surpris si l'inspiration du gobelet à l'olive et celle du gobelet à la vigne ne venaient en droite ligne du Louvre, où ces merveilles d'art antique ont pris place, et je féliciterais volontiers M. Brateau d'avoir pris cette leçon des anciens. Jamais il n'a existé d'art plus libre et en même temps plus réglé, plus fantaisiste et en même temps plus choisi. La recette la plus sûre pour faire neuf est encore de prendre exemple sur eux. *** On avait pu croire, il y a quelques années, est donc forcément limitée. On relie d'ailleurs de moins en moins. Plus le goût de la lecture se répand, plus on achète de livres, moins on s'inquiète de les faire habiller solidement. Les ouvriers expérimentés se font rares. Ils se font d'autant plus rares qu'entre la reliure et les autres métiers où l'on travaille le cuir, il n'existe plus aujourd'hui le plus léger point de contact. La reliure, dès qu'elle est faite avec soin, devient un art: où voyez-vous, dans la maroquinerie, dans la gainerie d'à présent, quoi que ce soit qui évoque l'idée d'art? Il en était jadis autrement.

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Un Dernier Mot sur les Salons Quand on examine, à Cluny ou dans les belles collections d'amateurs, les trousses, les Garde de livre (modelée à la main). M. SAINT-ANDRÉ. coffrets, les étuis, les boîtes à livres, à hosties, aux Saintes-Huiles, que d'humbles artisans, au xve ou au xvie siècle, décorèrent de si précieux cuirs gaufrés, on ne pense pas sans tristesse aux horribles travaux en cuir brut qui constituent l'unique ressource des maroquiniers et des gainiers d'aujourd'hui. Pour les ouvrages de luxe comme pour ceux de pacotille, même matière dénuée d'ornement. Elle est plus choisie dans les uns, elle s'encadre dans des montures plus riches, — et c'est tout. Il me semble pourtant que jamais le moment n'a été plus propice pour essayer de faire renaître quelques-unes de ces industries artistiques jadis si florissantes, et d'un effet si original et si franc. Le cuir est à vil prix. Des pampas de la République Argentine et des plaines du Farwest, la dépouille des bœufs, des vaches, des moutons arrive sur nos marchés, chaque année, par centaines de milliers de douzaines. Pourquoi n'en pas profiter pour remettre en honneur la matière et l'appliquer aux mêmes usages décoratifs qu'autrefois ? Sans doute, il n'y a plus de raison, de nos jours, pour ressusciter les tentures de cuir à sujets dont on se servait couramment au xive siècle, et que les tapisseries flamandes détrônèrent; mais qui nous empêche de renoncer, pour la fabrication de l'article de luxe, aux cuirs de Cordoue en carton et de les remplacer par un cuir naturel ouvert ? Il ne serait nullement nécessaire de tendre en entier de ce cuir les murs d'une antichambre, d'un fumoir ou d'une salle à manger ; il suffirait, pour obtenir l'effet désiré, d'exécuter des panneaux de dimensions moyennes, qui s'encadreraient dans des moulures de bois. Je ne serais pas moins heureux de voir revivre les tapis de pied en cuir. Au lieu des Gobelet à l'olive (étain). M. BRATEAU. moquettes à la mode qui emmagasinent si bénévolement la poussière pour nous la restituer, assaisonnée de microbes, au moindre de nos pas, je trouverais agréable et logique de

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Art et Décoration marcher sur un tapis de cuir facile à entretenir, depuis trois ans pour ouvrir au travail du cuir à nettoyer, à balayer, à laver. Ces tapis, au xive siècle, étaient d'un usage constant dans les habitations princières et royales; on les décorait de motifs de feuillages, encadrant l'écusson du maître. Ce serait une industrie productive à recréer. Les procédés de décoration ne manqueraient pas. Le fer chaud dont on se servait au MoyenAge pour imprimer les silhouettes d'hommes et de bêtes ou les rinceaux de feuillages, serait avantageusement remplacé par la pyrogravure dont on est arrivé à tirer, pour le cuir aussi bien que pour le bois, des effets particulièrement larges. Pour l'article à bon marché, l'estampage donnerait des résultats pratiques, peu coûteux et d'une très belle tenue. Quant à la maroquinerie, elle gagnerait infiniment à revenir aux anciennes traditions du cuir repoussé. Le succès obtenu au Champ de Mars par les spécimens de boîtes et de coffrets que Mme Waldeck-Rousseau a revêtus d'une décoration de ce genre, ne me laisse aucun doute à ce sujet. Il suffirait qu'un magasin parisien un peu achalandé mit en vente quelques jolies pièces du même ordre, pour éveiller la curiosité générale. En huit jours, l'article serait lancé. Nous n'avons malheureusement pas revu, cette année, l'équivalent des beaux panneaux de cuir martelé, repoussé et teinté, exposés les années précédentes par Lepère et par Victor Prouvé. Ces essais avaient ravi le public; ils n'ont pas ému le fabricant, et les artistes mêmes qui les avaient entrepris paraissent y avoir renoncé. Seul, Saint-André continue, avec la même conscience, la même persévérance, la même perfection de main-d'œuvre, les études auxquelles il s'est livré Encadrement de panneau décoratif. M. BIGAUX. des voies nouvelles et pratiques. Tout en exécutant toujours, pour des gardes de livres, quelques-uns de ces motifs délicats en cuir de couleur, modelés à la main, par lesquels il a débuté, mais qui ne sont, comme tout ce qui concerne la reliure, que des travaux d'exception, il a étendu sa fabrication, cette année, à tout ce qui peut servir à la décoration. Sa série de bibliophores et de panneaux en cuir incisé, martelé, nous montre des modèles d'une conception large et franche, que l'industrie utiliserait à merveille. Il a ouvert, pour propager ses idées, un atelier d'élèves. Souhaitons-lui, dans son enseignement, tout le succès que sa courageuse initiative mérite. A noter aussi, pour la perfection du travail, le buvard et les deux coffrets de Meunier. Cet artiste a compris, lui aussi, qu'autre la reliure, où il est passé maître, un vaste champ d'activité peut s'ouvrir à ceux qui connaissent le cuir et qui savent l'ouvrer. Peut-être ses ouvrages, exécutés presque tous en peau de bœuf, d'une très grande épaisseur, gagneraient-ils à être exécutés en peaux plus légères. Ils y perdraient cet aspect un peu dur qui caractérise toujours le travail sur peau de bœuf et qui rappelle parfois la sculpture sur buis. Il lui suffirait de changer sa matière pour obtenir des effets qui auraient toute la souplesse désirable. En dehors des travaux que nous venons d'énumérer, nous n'avons vu, cette année, aux Salons, aucun essai de cuir ouvré applicable à des usages courants. Il faut aller rue de Provence, à l'Art nouveau, pour en voir. Dans un ameublement de salle à manger, que vient de faire exécuter M. Bing, on trouve des chaises dont le siège

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Un Dernier Mot sur les Salons et le dossier, revêtus de cuir de vache, ont été décorés par Mmo Thaulow d’un motif largement conçu de nénuphars, emprunté, si mes Gobelet à la vigne (étain). M. BRATEAU. souvenirs ne me trompent pas, à Ranson. Les contours, fortement stylisés, sont dessinés en creux par la pyrogravure. L’effet, rehaussé de couleur, est charmant. Il serait à désirer que ce procédé si peu coûteux et si simple entrât dans la pratique. Il est pénible de se dire que la plupart des cuirs employés par nos fabricants de meubles, pour leurs sièges, nous viennent tout faits de l’étranger; il est plus pénible encore de s’avouer que nulle part on ne travaille le cuir, industriellement, comme en Allemagne et que, même parmi les objets d’art exposés sous des noms français au Salon, il s’en voit qui ont été fabriqués outre Rhin. Ce ne sont pas les meilleurs, et la raison qui en a fait adresser la commande à des ateliers allemands ne saurait être qu’une raison de bon marché. Le fait n’en est pas moins regrettable. Nous le signalons sans trop espérer qu’il ne se renouvellera pas. On n’a pas suffisamment insisté, dans le compte rendu des Salons, sur le bel ensemble de pièces céramiques exposé aux Champs-Élysées par M. Charles Robalbhen. Ce sont des faïences au grand feu, des vases de formes très simples, comme on en peut juger par les reproductions insérées dans notre dernier numéro et par celle qui accompagne cet article. La décoration, très simple également, est d’une note absolument neuve. L’artiste semble avoir été préoccupé, avant tout, d’enlever à la faïence cet aspect trop brillant qui nous choque dans la plupart des ouvrages exécutés depuis dix ans, même par nos meilleurs céramistes. Sur des fonds légèrement granulés, de manière à empêcher la lumière de se concentrer sur un point, ce qui arrive dans les surfaces trop lisses, M. Robalbhen a posé des décors exclusivement végétaux, feuilles et fleurs, soigneusement adaptés à la forme du vase, feuilles élancées de roseaux pour les formes allongées, fleurs épanouies et largement exécutées pour les formes ventrues. Coffret au Zodiaque. Mme WALDECK-ROUSSEAU. Les émaux employés sont très mats. La décoration est, le plus souvent, ton sur ton. Les effets obtenus sont exquis. On ne saurait trop en signaler l’aspect savoureux, la fraîcheur, la sobre et harmonieuse richesse. Nous avions

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vu de M. Robalbhen, l'an dernier, une demi-douzaine de plats qui dénotaient déjà un goût HEATON. sûr et des recherches vraiment personnelles mais qui ne faisaient en rien présager le décisif envoi de cette année. C'est une magistrale et brillante réussite. Il serait injuste d'omettre, parmi les céramiques, les plats en faïence de M. Viat qui, pour être traités dans la même note que ceux dont je parle plus haut, n'en méritent pas moins d'attirer l'attention. Mêmes qualités que chez M. Robalbhen; le décor en est simple comme la composition; la couleur en est savoureuse, l'aspect gras. La richesse en est réconfortante et douce à notre œil. J'aurais tenu à pouvoir ajouter quelques mots sur les peintures et sculptures décoratives, auxquelles nous n'avons pu, jusqu'ici, consacrer qu'un espace trop mesuré. Les chefs-d'œuvre n'y sont pas en majorité, mais les œuvres bien conçues et charmantes y abondent. On y reviendra dans le prochain numéro. THIÉBAULT-SISSON. ORFÈVRERIE ET BIJOUX L'objet d'art, tel que nous l'entendons, est d'une création tout intime: le potier modèle, colore et cuit lui-même ses grès; l'émaillleur ne quitte pas un seul instant son œuvre qui s'achève dans la fournaise, et le relieur pyrograve, patine et colore lui-même ses cuirs. C'est l'intimité absolue; l'objet achevé est bien le reflet de la volonté, des craintes ou des doutes de l'artiste. A la somme des soucis que notre société si mouvante rend encore plus vifs, un autre est venu s'ajouter, comme à plaisir: celui d'être original. On pense à tort que l'originalité est l'effet d'une grande imagination, qui fait de grands efforts, et à tout prix on cherche à se créer une personnalité. On n'est pas soi-même dans la recherche, comment le serait-on dans le résultat? Cette remarque faite, entrons dans le détail des objets d'art exposés aux Salons, et commençons par le plus ancien, celui des Champs-Élysées. Un bronze nerveux, à patine dorée, nous y attire: c'est un Bonaparte en Égypte. Le jeune conquérant, sec, rongé par la fièvre, est fièrement campé dans un riche costume, sur un M. GALLÉ.

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cheval couvert de broderies d'Orient et d'un tapis de selle d'une incomparable beauté. Le cheval a conscience du triomphe de son maître; il trépigne gaiement sur les lauriers dont la route est jonchée. Bonaparte salue, le chapeau geux et sans amour..... son œil est celui des condottieri du xve siècle... sa vie fut une longue fièvre. » L'observateur, à la vue de la Victoire qui hurle sous le revers de l'habit, saurait quelle Bonaparte entrant au Caire (statuette bronze). M. GÉPOME. dans la main droite. A son visage et à son geste hautains, on sent qu'il prend possession de ses vaincus. C'est la conquête définitive qui s'opère. Un phrénologue dirait, en voyant le buste placé à côté: «Cet homme était doué d'une mémoire prodigieuse, d'une âpreté et d'une ambition au delà de ce qu'on peut rêver, il était organisateur, volontaire, envahissant, égoïste, coura-fut la fonction de cet homme étrange, et apercevant, dans l'ombre du torse, un aigle prêt à s'élançer, il dirait: «Ce fut Bonaparte.» Ce buste est moins un portrait qu'une synthèse. Nous devons à M. Gérôme ces deux œuvres. Tout auprès, un petit groupe, Odette et Charles VI, où M. Théodore Rivière affirme définitivement sa maitrise. Il y fait un emploi