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Plaisir de France JANVIER 1968
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
Plaisir de France JANVIER 1968
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ces ensembles prestigieux portent le label GRIFFON s.a. Ensemble bibliothèque décalé en L. XVI craquelé à coins grès; les panneaux des portes sont décorés d'un tissu exclusif M. G. aux teintes pastel, qui fournit également des tissus exclusifs en harmonie pour sièges, dessus de lit et rideaux. A droite, tableau de Jacques Voyet. Il garantit des éléments de grande finition et vous apporte la solution "Rangement Décoration" la plus personnelle. Ensemble Régence craquelé avec portes à panneaux plates-bandes. A droite de l'élément d'angle, meuble avec TV - électrophone incorporés. Chaque appareil est monté sur tablette télescopique et orientable (pour TV). A gauche, le même meuble tel qu'il se présente fermé: un meuble-secrétaire avec 4 tiroirs. L E label MG, apposé sur chaque élément vous apporte la garantie de posséder des ensembles d'une grande finition, aux lignes pures et harmonieuses, qui par leur seule présence, créent cette ambiance luxueuse et confortable où il fait si bon vivre et recevoir. Grâce aux principales cellules de base — armoire de rangement, d'angle, lit escamotable (sommer tapissier et matelas Dunolillo) vitrine-bibliothèque, secrétaire... — vous pouvez constituer living-room, chambre, bureau-bibliothèque, dressing-room, etc. Chaque élément MG (1, 1,5 ou 2 m) se suffit à lui-même : vous pouvez l'utiliser séparément ou ensemble. Le rangement d'édition MG s'exécute en style: Regency, Régence, Louis XVI ou en moderne: chêne naturel, teck, acajou. De nombreux accessoires permettent d'équiper rationnellement les intérieurs. Finition vernis mat impeccable. Cellioise BP n°5. Pierre Bénite (Rhône) et nouvelle finition laquée craquelée dans les séries Régence et Louis XVI. 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André-Morizet bourg-laverie. ARVIC-Décoration, pl. du Métro. charenton. Club du Meuble, 35, Av. de Lattre-de-Tassigny courbevoie. Meubles Moyse, 16, rue de Brézère juinville le pont. Améublement de Joinville, 59, av. Gallieni kremlin-bicêtre. Leclerc Meubles, 88, av. de Fontambleau le raimoy. La Maison du Meuble, 9 à 13, av. de la Résistance la garenne-colombes. Meubles Charvet, 6, rue Voltaire levaillis-perret. Levallois Mobilier, 2, rue Baspel neuilly-sur-seine. Meubles Feist, 2, pl. Parmenier noisy-le-sac. Ragagrot, 105, r. J.-Jaurès serrouille. Le Hir, place de la Gare suresnes. Baralle, 50 bis, bd Henri-Seller versailles. Lévitan, 26, av. de St-Cloud PROVINCE aix-en-provence. Art et Bois, 27, rue Papassandi ajaccio. Améublement Jérôme PERI. Suce. Mathilde Bastelica, 36, cours Napoléon albi. Mas Décoration, 139, av. Gambetta alençon. Meubles André Goron amiens. Et. Lévitan, 104, rue des Trois-Celloux anecy. Legon, 21, rue Vaugelas armenières. Barbry, rue Louis-Bouquet à Fleurbax a rigoureux-rédone. Meubles Olivier Bon-toux, route de Carpentras bastia. P.M. Luciani ; Teck Email », rue César-Campichi bayonne anglet. Balion Beaupreau, Ballard-Blanchard, place du Grain-d'Or beausoleil. Giribaldi, 21, av. du Général-de-Gaulle belfort. Lhote Jeune, 33-35, fg de France beziers. Monsarrat, av. G.-Clemenceau blois. L'Ensemblier, 18, rue du Palais bordeaux « Au Bucheron d'Albert, 59, cours d'Albert bourganeuf. Pierrot, Décorateur brest. Améublement Moderne, 31, rue Aurès cagoutte. Meubles Soublin (dép. n° 29) cahors. Dasquie, 11, rue Foch canne. Maison de l'Ameublement et la Palma, 3 et 9, rue des Etats-Unis châlon-sur-marne. Harder Maugin, 9 et 11, av. Thierren, 29 chalon-sur-saône. Couchet, 32, rue aux Féveres châtellerault. Chuit, R.N. 10 cholet. Héllard-Blanchard, 1, rue Savary fers. Meubles et Dirces, 6, av. de la Gare fodabich. Galbo Freres, 80, rue Nationale gorron. Meubles Décoration Maurice Pannard grenoble. Ayrai, 50, rue Abbot-Gregoire lans. Tubatou, 4 et 6 rue du Change la rocheille. Lechène, 7, rue des Merciers le havre. France-Ameublement, 122-124, bd de Strasbourg libre. Leroy, 119, rue Nationale. limoges. County, 27, bd Louis-Blanc lyon. Unico, 26, cours de la Liberté lyon. Crepet Style, 145, cours Lafayette marselle. Elvol, 21, rue Coignan marseille. Randall, 123, bd de la Libération melun. Guiller, 2, rue Saint-Etienne metz. Gerstenhaber, 19 à 21, place du Quartier montceau-les-mines. Ambiance Meubles, Lazzarotto, 5 à 9, r. Docteur-Jeanin monte carlo » beausoleil. Giribaldi, 21, av. du Gal de Gaulle montpellier. Cayzac, 42-44, r. St-Guilhem mulhouse. Rapp, 14, av. de Colmar nancy-laxon. Rolland Meubles, 26, rue de Marcetille nantes. Trigalet, 7 et 8, r. J.-J.-Rousseau nice. André, 33, bd Raimbaldi nice. Corbella Meubles, 30, bd Corbella nimes. Meubles Serre Jovani, 16 et 18, bd Gambetta niort. Simon, 52, rue V.-Hugo orange. Magnet, 19, rue de la République pau. Hall du Meuble, » Maison Houmeu, 6, cours Bouquet perpignan. Meubles de la Gare, 3, rue Courteline poitiers (région). Garnaud, Neuville-de-Poitiers pontivy. Gardien, 30, r. du Gal-de-Gaulle quimper. Lévitan, 193, route de Pont-l'Abbe redon. Meubles Décoration, Mme René Billard, 15, rue Saint-Michel reims. Salles des Ventes de l'Est, 70, rue de Veillé renees. Dj Kalondero, 14, pl. Ste-Anne rochaix. Debeynr, 89, Grande-Rue rouen. Leblond, 14, rue de la Seille sallanches. Meubles Boursin, Domancy saint-etienne. Art et Bois, 2 et 4, rue des Muilles-du-Travail saint-jean-de-mauroienne. Gaden, 8, rue de la Libération saint-nazaire. Terriou, 71, av. de la République santerpghald. Meubles « Au Bucheron », 108, rue de la Garonne toulouse. Sicre Jeune, à la place Dupuy valenciennes. Marchal, carrefour de Marie vernon. Rocquelin Meubles, place du Parking vierzon. Patrigon, 32 et 14, rue Romain-Rolland vergi. Meubles Besse SUISSE Agent général . Ets J. Pedretti et Gie, 50, Grande-Rue, Porrentny genève. Clausen Meubles, r. de Lyon, 16 lausanne. Clausen Meubles, av. Ru-chamin, 2-10 la chaux-de-fond. Carlo Birri, av. Léo-pold Robert BELGIQUE charleroi. Trigalet, 19, rue Jules Henin --- GRIFFON s.a. rangement d'édition M.G. 85-Chambretaud. Tél. 11 et 29 Livret gratuit sur vos productions. Merci. Adresse PF
Plaisir de France Images de France REVUE MENSUELLE 40, RUE DU COLISÉE - PARIS-VIIIe BAL. 34-90 - ÉLY. 78-83 --- NOTRE COUVERTURE. Parmi les premiers nus de l'histoire de l'art, figure la personification de la Vie ou de la Vanité que le peintre flamand Memlinc peignit, sans doute avec le concours de ses élèves, dans un retable portatif singulier, exposé au musée de Strasbourg et reproduit ici pour la première fois en couleur. Voir en page 38 l'article de René Briat et l'ensemble du retable, dont nous avons extrait le détail de cette première « Femme au miroir ». (Photographie Pierre Jahan.) No 351 --- sommaire Pages 1 Editorial Le bonheur? Connais plus! par Olivier Quéant. 3 L'Académie de France en 1968 Les prix de Rome ont trouvé la liberté, par Gilles Quéant. La Villa Médicis raconte son histoire, par le Professeur Salerno. 14 Dans l'esprit du XVIIIe siècle « Les Douves », demeure ni rustique ni citadine, par Anne Fourny. 20 Strasberg et les acteurs français Une enquête par Léone Laisner. 27 Le nouveau Grenoble Avant les Jeux d'hiver, le jeu des formes. 32 Chez Florence Gould Des collections inestimables, par Marie Pellé. 38 Le Polyptyque de Strasbourg Une œuvre peu connue de Memlinc, par René Briat. 43 Un visionnaire de la jeune gravure Jean Velly, par Waldemar George. 46 La faïence des Islettes Le triomphe de l'imagerie, par Arnault-Plessis. 50 De Breughel à Picasso Commandez vos bouquets aux grands peintres. 58 Aux Artistes Décorateurs Le mur à l'honneur. 62 Actualités des Arts Théâtre, Cinéma, Télévision, Musique, Danse, Livres, Arts, Ventes en France et à l'étranger. Disques classiques et contemporains. --- OLIVIER QUÉANT : DIRECTEUR GÉNÉRAL, RÉDACTEUR EN CHEF. Paul Lorenz : Rédacteur en chef adjoint. Marie Pellé : Directrice artistique. Gilles Quéant : Secrétaire général de la rédaction. René Briat : Rédacteur. Anne Fourny : Adjointe à la direction artistique. Simone Toboul : Secrétaire de la direction. Gilles Tassigny : Mise en pages et Fabrication. Yves Marescot : Conseiller commercial. Gilles Mahé et Gilbert Milhorat : Publicité. --- CONSEIL D'ADMINISTRATION : PRÉSIDENT-DIRECTEUR GÉNÉRAL : FRANÇOIS OLLIVE, ADMINISTRATEURS : EMMANUEL OLLIVE, OLIVIER QUÉANT. --- PLAISIR DE FRANCE JANVIER 1968 - 34e ANNÉE --- NOTRE NUMÉRO DE FÉVRIER Un grand chapitre sur la ville de Tours, ancienne et moderne : Tours et alentours, par René Briat, la Grange de Meslay, par Marcel Schneider et les Antiquaires de Tours. Deux études d'art contemporain : l'évolution de Paul Klee à travers ses paysages, par Alain Bosquet, et le Portrait dans la médaille moderne, par Pierre Dehaye. Deux hommages : l'un à Paul Claudel, témoignage d'Edwige Feuillère recueilli par Jeanine Delpech, l'autre, rendu par Roger Régent à un maître du cinéma japonais : Mizoguchi. Une surprise : « Picasso avant Picasso » dans un manuscrit du XIe siècle, par Régine Pernoud. Une grande collection, chez M. Jacques Helft. Décoration : l'esprit nouveau dans un appartement ancien et un meuble rare, par Anne Fourny. --- « PLAISIR DE FRANCE » EST ÉDITÉ PAR LE « RAYONNEMENT FRANÇAIS » S.A.
NOS INFORMATIONS Pour la défense de la qualité. Au cours du déjeuner offert le 8 novembre à la Presse, l'allocation prononcée par M. Chaumet, président de la Haute Joaillerie de France, fut très remarquée. En effet, deux importants événements vont marquer, dans les années à venir, l'activité des maisons de ce groupement (Boucheron, Chaumet, Cartier, Mauboussin, Van Cleef & Arpels) qui totalisent à elles cinq 617 années d'existence. Le premier de ces événements est l'extension du marché de leurs productions résultant, d'une part, de la hausse générale du niveau de vie et, d'autre part, du désir de la clientèle d'échapper à la standardisation des bijoux. A ce propos, le groupement a compris qu'il devait attirer à lui la jeune génération; à cela deux conditions : que les prix soient abordables, que l'esthétique soit d'esprit délibérément moderne. Le second événement qui va s'imposer à la Haute Joaillerie de France est la réalisation du Marché commun. Ces créations risquent pourtant d'être concurrencées par des produits étrangers qui seront souvent des copies des pièces originales nées « Place Vendôme ». Il est donc plus important que jamais que le renom attaché aux créations parisiennes soit défendu. Pour sauver vos bois. En mai 1967, Xylochimie, filiale de Progil et de Pechiney-Saint-Gobain, organisait une vaste opération destinée à la protection des bois contre les insectes, les champignons, les moisissures. A cette occasion, le public était invité à désigner un chef-d'œuvre que Xylochimie s'offrait à traiter. Après une première sélection, le jury, présidé par Mme Louise de Vilmorin, a sélectionné la maison du Grand Carroi à Chinon. Aux numéros 38-42 de la rue Voltaire s'élève une maison du xve siècle classée à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques et appartenant à la ville de Chinon depuis 1868. Elle comporte, comme l'indique la photo, de nombreux bois dont Xylochimie va offrir la restauration et le traitement. Remise en état, la maison sera consacrée aux Arts et Traditions Populaires, comme annexe du musée dont le transfert est prévu dans la maison voisine, au numéro 44. Pour la décoration florale. « Bouquets décoratifs », tel est le titre du livre que vient de publier Colette Baumann, spécialiste de l'art floral. Trente-huit reproductions photographiques de grand format, dont sept en couleurs, donnent un aperçu des nombreuses possibilités de cet art : travail des feuilles, utilisation du feuillage, bouquets secs originaux, modèles classiques et de caractère, présentation avec des plantes vertes et des plantes fleuries, etc. Dans un texte clair, l'auteur donne quelques conseils techniques précieux pour tous ceux qui désirent mieux comprendre les fleurs et renouveler les moyens de les utiliser. En vente chez l'auteur : 98, boulevard du Montparnasse, Paris-14e. Prix : 25 F (27 F franco de port). Pour choisir vos tissus d'ameublement. A la fin de 1967, Romanex a inauguré, au cours d'une réception dans ses vastes salons de la rue Poissonnière, son exposition permanente de tissus d'ameublement. Les visiteurs peuvent examiner à loisir les 1 800 modèles de sa collection, caractérisée par sa variété et sa richesse. En dehors des exhibitors de 2 mètres de haut, les tissus sont présentés dans des décors luxueusement aménagés où ils prennent toute leur valeur. Il faut remarquer, en particulier, la création par Romanex du tissu mural qui se colle aussi facilement qu'un papier peint. La laize de 130 permet en outre d'éviter de nombreux raccords. Pour suivre les Jeux Olympiques. Le 8 novembre, à l'altitude 59 mètres (premier étage de la tour Eiffel), le premier livre des Jeux Olympiques d'Hiver a été remis à M. Missoffe, ministre de la Jeunesse et des Sports. Ce livre servira de guide à ceux qui voudront suivre les compétitions de Grenoble et présente l'histoire du ski, des origines à nos jours. Comprenant 200 pages dont 140 planches couleurs, il sera un cadeau à offrir aux petits comme aux grands en souvenir « de cette fête la plus pure et presque la plus ancienne du monde : les Jeux Olympiques » (prix du livre 38,50 F). Rappelons que cette manifestation se déroulera du 6 au 18 février 1968. Pour vos étrennes : chez Christian Dior, « l'eau de Satin ». Une peau à la fois délicatement parfumée, hydratée et satinée, tel est le résultat que vous pourrez obtenir grâce à une même application de « l'eau de Satin » créée par les laboratoires des parfums Christian Dior. Ces derniers ont constaté que le bain élimine les lipides naturels protecteurs de l'épiderme. C'est la raison pour laquelle ils ont conçu un produit qui supprime les inconvénients du calcaire. Cette solution lubrifie la peau sans la graisser et permet de la bien frictionner. Chez Jean Patou « trois robes Caline ». Robe du matin : atomiseur « Eau de Caline » diffuse les frais effluves de cette eau de toilette. Robe d'après-midi : atomiseur de sac d'extrait « Caline », véritable bijou guilloché d'or et d'argent. Robe du soir : atomiseur de coiffeuse d'extrait « Caline », modèle agrandi de l'atomiseur de sac. Ces trois atomiseurs rechargeables sont bleu pâle, ceinturés de marine. Pour le décor de votre maison. Dans le passage du Commerce, qui relie le boulevard Saint-Germain à la rue Saint-André-des-Arts, John et Alice Pole, animateurs de la boutique « Au Troubadour », viennent d'inaugurer, en face de celle-ci, un second magasin baptisé « Mademoiselle Troubadour ». Ils ont ainsi complété leur collection de tapis de Casa Pupo, tissés par des artisans espagnols, en pure laine vierge, par un grand choix de lampes, de verrerie et de céramiques. --- Plaisir de France
NOS INFORMATIONS Pour vous aussi. Cette commode, exécutée par les ateliers du Grand Trianon, présente un intérêt particulier. Elle est le reflet fidèle de l'original que possède S.M. la reine d'Angleterre et dont la seule réplique appartient à S.S. le Pape. Son décor est le symbole bouddhiste du Tao. Rocaille et bronze doré, dessus en marbre rose de Roumanie. Trois essences : chêne massif, macassandre des Indes et bois de violettes massif. Ornée d'un décor de laque exécuté en relief sur assiette rouge, travaillé à la feuille d'or 22 carats. Pour vos réceptions. De nombreuses personnalités ont toujours gardé leur faveur au champagne Veuve Clicquot depuis que celui-ci existe. C'est ainsi : que Béatrix de Hollande et Claus von Amsberg se sont mariés au « Veuve Clicquot 55 », que Orson Welles, au cours du tournage d'un de ses films, a exigé de boire du « Vrai Clicquot ». Le succès de ce champagne est tel que dernièrement le comte Bertrand de Vogüé, président de la société Veuve Clicquot Ponsardin, a reçu l'Oscar 1967 du Commerce Italien (Mercure d'Or). Pour la première fois, une entreprise française recevait cette distinction « qui récompense l'expansion de l'entreprise et sa collaboration à l'économie de son pays et de l'Europe ». Pour mieux connaître la Corse. Éditée par Jérôme Martineau et conçue par Jacques Gregori, « la Nouvelle histoire de la Corse » vient de paraître. Ce volume de 432 pages dont 48 hors-texte comprend dix grands chapitres relatant en détail l'aventure d'un petit peuple qui s'est joint à la France et lui a donné quelques-uns de ses grands hommes. Il est en vente à l'Annuaire Mondial des Corses, 100, rue Saint-Lazare, Paris. Pour vos vacances. L'Alaska deviendra bientôt, avec l'évolution des prix sur les transports, un des pôles d'attraction du tourisme international. L'exposition photo organisée au mois d'octobre par Alaska Airlines au Centre Culturel Américain a permis aux nombreux visiteurs de constater que l'Alaska était un pays vierge, aux paysages variés, une oasis de calme presque aussi grande que l'Europe, un paradis pour les touristes sportifs : pêche, chasse, ski, escalade, safari-photo... Outre ses photos noir et blanc, pleines de vie, la présentation audiovisuelle de diapositives de Bernard Lanquetot était une merveilleuse incitation au voyage. Pour votre salon. Dans le cadre de son exposition permanente de tapis, Louis de Poortere a présenté une collection prestigieuse d'objets et d'œuvres d'art turco-islamiques du XVIe au XVIIIe siècle. La céramique, les tissus, l'orfèvrerie, l'argenterie, les émaux, la verrerie, les armes, les miniatures, les tableaux à partir de caractères calligraphiques, les broderies, bref tout ce qui a fait de cette époque un moment privilégié de l'Art de vivre dans l'histoire de l'humanité est représenté. L'art ture du siècle « magnifique » de Soliman a su établir le lien entre les traditions asiatiques et la civilisation musulmane. C'est pourquoi son rayonnement a éclairé tour à tour le Moyen-Orient et l'Europe. Rectification Dans les pages « Cadeaux de Noël » de notre numéro de décembre dernier, la légende de la photographie illustrant l'annonce de la Maison Crinoline indiquait, par suite d'une erreur d'impression : sièges et éclairage Louis XII et Louis XIV, au lieu de Louis XIII et Louis XIV. --- UNE NOUVELLE FORME DE PLACEMENTS COMPTES A TERMES AVEC PRIME D'ÉPARGNE Les banques ont toujours accepté des dépôts à vue ou à terme; les récentes dispositions relatives au crédit, si elles interdisent de servir des intérêts aux comptes à vue, permettent, par contre, de rémunérer librement les comptes à terme à plus de 2 ans. Quels sont les avantages que devrait présenter un compte à terme? — taux d'intérêt similaire à celui des obligations; — possibilité de retrouver tout ou partie du capital avant échéance; — plus-value du capital lorsqu'il s'agit notamment d'investissements à long et moyen terme. Ces conditions exceptionnelles ont été réunies par une banque, spécialiste du crédit hypothécaire, qui ouvre à sa clientèle des comptes bloqués et à terme avec ou sans prime d'Epargne. Suivant le contrat choisi par le déposant, le taux d'intérêt est fixe ou progressif (de 6 à 10 % l'an); en outre, les investissements souscrits pour une durée de 7 ans 1/2 bénéficient de la prime d'Epargne. Par la SOCIETE DE BANQUE ET D'INVESTISSEMENTS, S. A. M. au capital de 8 000 000 de F, inscrite sur la liste des banques sous N° LBM 7 (loi du 13 juin 1941), dont le siège est à MONTE-CARLO (Principauté de MONACO), 26, boulevard d'Italie, téléphone lignes groupées 30-56-46, vous pourrez investir vos capitaux à tout moment, par fractions de 5 000 F (ou multiple de cette somme) en comptes bloqués et à terme avec ou sans prime d'Epargne. Cette banque adressera sa nouvelle documentation 01 PF sans aucun engagement, à toute personne qui désirerait la recevoir. --- Institut international de jeunes filles fondé en 1880 LA CHATELAINIE SUISSE 2 internats ouverts toute l'année à SAINT-BLAISE (Lac de Neuchâtel, alt. 460 m) et à MONTANA VERMALA (Alpes Valaisannes, alt. 1600 m). Nombre d'élèves limité. Certificats et diplômes pour les langues vivantes, le secrétariat, le commerce. Art ménager. Lower & Higher Cambridge. American High School. Sport. Musique. Voyages facultatifs. Études sérieuses dans une atmosphère élégante et confortable. Rentrées scolaires : Janvier, avril, septembre. Cours de vacances en juillet, en août et en hiver. Rens. et inscriptions : Dr R. A. Dupuis Président de LA CHATELAINIE, CH 2072 - St-Blaise-Neuchâtel (Suisse) --- La Quetsch Une bonne table Une cave réputée Un cadre élégant entièrement renouvé DÉJEUNERS D'AFFAIRES - SES DINERS très PARISIENS SOUPER après le SPECTACLE 6, rue des Capucines Parking place Vendôme OPÉra 06-91 FERMÉ LE DIMANCHE --- PLAISIR DE FRANCE
d'un mois à l'autre Pourquoi Cain a-t-il tué ? Tel était le thème original du colloque organisé par l'Institut International d'Études Humanistes, que préside Mme Amédée Ponceau, et le Collège théologique (président : le pasteur Marchal). Après que M. Gabriel Marcel, de l'Institut, eût ouvert la séance, Mr Nédoncelle, doyen de la Faculté théologique de Strasbourg, déclarait : « Cain n'a pas tué pour se défendre, mais par jalousie... » Le professeur Pierre Burgelin, de l'Université de Strasbourg, affirma que « Cain fonde l'Humanité sur le sang, mais sous le signe du pardon de Dieu ». Jacques de Bourbon-Busset donna cette formule très pertinente : « La foule commence à deux, et la violence aussi » Enfin, pour le pasteur Marchal : « La vie, c'est souvent la mort des autres. Paradoxalement, c'est l'assassin Cain qui a donné naissance à la race humaine. » En conclusion, Gabriel Marcel posa cette question : « N'est-ce pas Dieu qui envoie la souffrance et la mort ? » Priorité aux cathédrales ! Des sept monuments nationaux pour lesquels d'importants travaux de sauvegarde avaient été décidés en 1962 par la loi-programme sur les monuments historiques et la protection des sites, il n'en reste plus que cinq : Chambord et Vincennes ont malheureusement été retirés de la liste; mais trois autres monuments les remplacent : Notre-Dame de Paris, la cathédrale de Strasbourg et l'abbaye de Fontevrault. Budget total prévu : 25 millions (2 milliards et demi d'anciens francs). Les cathédrales seront sauvées. L'État reçoit un beau cadeau de fin d'année : le Musée Fernand-Léger à Biot. Moins de deux ans après la disparition de l'artiste, Nadia Léger, aidée de Georges Bauquier, faisait poser la première pierre du premier musée d'art moderne privé en France. L'architecte André Svetchine avait été chargé de réaliser cet édifice, que nous avons présenté à nos lecteurs dans notre numéro de juillet 1959. Les expositions et manifestations culturelles se sont succédé sans arrêt à Biot depuis 1960. C'est donc un musée en pleine activité que M. Chatelain, directeur des Musées de France, a reçu au nom du ministre des Affaires culturelles. Les donateurs — qui continuent d'animer le musée — n'interrompent pas là leur effort. Ils créent une salle de documentation et de travail accessible à tous ceux qui s'intéressent à la peinture (une bibliothèque réunit déjà toute la littérature romanesque, poétique et picturale de l'époque). Ils triplent la surface des bâtiments pour permettre des présentations plus vastes encore : quarante-quatre œuvres importantes de Fernand Léger seront enfin placées. Ils élargissent la vente des reproductions et estampes. Charlotte Perrian a été appelée à apporter son concours aux travaux d'architecture, qui doivent s'achever en 1970. D'ici là aura lieu la rétrospective Fernand Léger annoncée au Grand Palais. Expositions Du 28 novembre au 12 décembre, Danielle Thirion a exposé à la Galerie du Centre Culturel Saint-Séverin des portraits, des natures mortes, des paysages traités dans un style décoratif, inspirés d'un contact direct avec la nature. Jacques-Henry Perrin a organisé dans sa galerie la première exposition européenne d'un artiste américain : John Balassi. Ses sculptures en fer, violentes, déchirées, sont l'œuvre d'un combattant qui a passé par l'enfer de Corée. De vastes compositions, souvent monochromes, bleues, rouges, noires et blanches, projettent puissamment les contorsions et les falbalas du Flamenco sur la cimaise de la Galerie Iris Clert. Ce sont les dernières œuvres de Michel Warren. A seize ans, trouver une cimaise qui accueille vos dessins n'est pas chose Saint-Luc : Rodrigo Ferreira. Vagues, nuées, plumages et feuillages, sa vision est toute en mouvement. (Notre photographie.) En présentant les aquarellages et les dessins d'Hervé Baille, beau « traducteur d'horizons » (Galerie André Weil), André Salmon nous donne cette heureuse formule : « Le figuratif bien compris a tant d'aspects ! » DANS L'ÉDITION À l'occasion des fêtes de fin d'année, la Librairie Larousse vient d'édition cinq nouveaux ouvrages. Dans la collection « Musées et Monuments », le Rijksmuseum d'Amsterdam, le plus riche musée d'Europe pour la peinture flamande et hollandaise ; les œuvres sont représentées par ordre chronologique. Dans la collection « le Monde de l'Art » : l'Art de l'Islam, par David Talbot Rice, où l'auteur montre l'évolution de l'art musulman à travers les âges. Dans la collection « les Plus Grands Peintres », le Greco, par André Amiliari, dont le grand mérite est de présenter d'une façon objective et méthodique le « dossier Greco ». Dans la collection « Monde et Voyages », un ouvrage, la France, où se lit comme un magazine. Dans la série « Livres-Cadeaux », la Recherche des mondes perdus, par H.-P. Eydaux, synthèse des grandes découvertes arachéologiques, avec de nombreuses photographies inédites de chantiers de fouilles et de trouvailles récentes. Enfin, complétant inlassablement la gamme des dictionnaires, un Nouveau Petit Larousse en couleurs dont on peut dire qu'il constitue une véritable innovation. --- disques classiques et contemporains Enfin voici constitué cet orchestre d'excellence et de prestige qui manquait à la France : l'Orchestre de Paris — tel est son nom — a donné son premier concert au Théâtre des Champs-Elysées le 14 novembre dernier, devant le tout-Paris de la musique et de la haute administration, et il a reçu la consécration des applaudissements et des éloges. S'il n'est pas encore le meilleur du monde, comme on l'a dit avec une hâtive ferveur, il peut le devenir ; pour l'instant il se présente comme un ensemble d'une rare virtuosité et qui sonne à merveille, ce qui est déjà beaucoup. Son président-directeur, Charles Munch, l'a fait travailler, l'a assoupli, l'a rendu un merveilleux instrument. On en jugera par cette Symphonie fantastique que « la Voix de son Maître » mettait en vente — pour 16 F ! — le jour même du concert (CVAP 2037) et qui surprendra ceux-là mêmes qui croient connaître Berlioz par cœur. Charles Munch a obtenu du nouvel orchestre une transparence de son, une poésie féerique, une intensité extraordinaire. Il a su donner à la quatrième partie une allure de délire, inquiétante et fascinante à la fois, et à la cinquième partie, ce fameux Songe d'une nuit de Sabbat, une dimension vraiment fantastique. On songe à un cauchemar d'Hoffmann, à une épouvante des bords du Rhin, quand ceux-ci sont dessinés par Victor Hugo. Nous restons dans le même climat avec le Schumann gravé par Géza Anda (Deutsche Grammophon 139-199). D'un côté un chant d'amour, les Danses des Compagnons de David, qui sont les joies et les extases et les danses de Schumann autour de Clara, de l'autre les Kreisleriana, une des plus hautes manifestations du fantastique dans le domaine musical. Kreisler est ce maître de chapelle que son génie et l'incompréhension de la société ont rendu fou et dans lequel Hoffmann a vu son double. Schumann s'est projeté dans Kreisler, et non par hasard, puisque sa raison a sombré dans la lutte contre le destin et contre la vie. Géza Anda réussit mieux dans les chaleureuses affirmations et la grâce noble des Danses de David que dans les errances et les souffrances hagardes des Kreisleriana (on se souvient des accents sauvages et passionnés que savait rendre Yves Nat), mais le disque a beaucoup d'allure. Nous ne quittons pas le romantisme allemand avec deux quatuors de Schubert, le célèbre la mineur (1824) et le moins connu son mûre (1815), qui est une œuvre de jeunesse. Mais quelle précocité de dons, quelle originalité dans cet artiste de dix-huit ans qui cherche encore sa voie ! Si l'on décèle sans peine les influences de Mozart et de Haydn, on entend aussi le chant inimitable du futur Schubert. Le Quatuor Amadeus a exécuté ces œuvres avec la simplicité, la finesse grave et la poésie qu'il fallait (Deutsche Grammophon 139194). La même firme propose un coffret de Noël à prix réduit, les Saisons de Haydn (104940.42). Une éclatante distribution, Gundula Janowitz, Schreier et Talvela, la Symphonique de Vienne sous la direction de Karl Böhm, donne à cet oratorio célèbre le poids et la grandeur convenables. Le XVIIIe siècle a aimé la poésie descriptive et didactique, et aussi la musique descriptive et même le pittoresque musical. Haydn, après le succès de la Création, composa une œuvre du même esprit, aussi éloigné de l'oratorio haendélien, triomphal et de grande virtuosité, que de la cantate asservie au texte. Il arrive à combiner la musique pure avec l'éternel pittoresque d'un sujet qui avait inspiré à Vivaldi son chef-d'œuvre. Il utilise aussi bien les effets de la masse chorale que les subtilités des airs de bravoure, aussi bien des formes propres à la symphonie que des emprunts aux chants populaires, aussi bien la grande polyphonie que la douceur mélodique. Bref, du grand Haydn. La réalisation phonographique ne trahit pas cette grandeur : elle mérite tous les éloges. Les fils de Bach bénéficient de la gloire paternelle ; sans elle, ils auraient quand même attiré l'attention, surtout Charles-Philippe-Emmanuel dont Philips publie pour notre délectation les Concertos pour orgue et orchestre à cordes (835.794). A l'orgue, Jean Guillou et, dirigeant l'orchestre brandebourgeois de Berlin, René Klopfenstein. C'est un disque enchanteur, qui sort de l'ordinaire, qui incite à la rêverie, à la méditation, à la poésie de l'imagination. Charles-Philippe-Emmanuel sait fort bien allier le style italien à la sensibilité germanique : c'est l'époque de Werther, du prémorantisme. Le goût change, le monde aussi. Quelle différence avec l'époque de Corelli dont Philips a opportunément gravé les Concerti grossi op. 6 (802.761.3) avec I Musici. On connaît surtout le Concerto de Noël ; les autres sont de la même qualité : éloquente, aimable, savoureuse, variée, noble et simple à la fois. Puisque nous remontons les siècles, je signale un enregistrement rare de Lully et de Campra (CBS R 75 589). La cour de France entretenait deux ensembles d'instruments, « ceux doux à ouvrir », violons et flâtes, et « ceux qui font grand noise », trompettes, hautbois, cors, timbales, réunis sous le nom de « grande écure » parce qu'ils jouaient lors des chasses. C'est le répertoire de cette « grande écure » que nous propose le disque CBS : Airs de trompettes, timbales et hautbois, de Lully, qui a beaucoup plus qu'une valeur documentaire : il évoque, il suggère, il ranime les fastes d'autrefois. L'autre face réunit le Bal interrompu et le Ballet des âges de Campra. Cette fois la fête se transporte à l'intérieur du palais; le ballet de cour, avec ses entrées symboliques, ses costumes étincelants et ses artistes accomplis dans un art que la danse sur pointes nous a fait oublier, a été porté à Versailles à un degré de perfection et de raffinement que toutes les cours, grandes ou minuscules, du XVIIIe siècle ont envié à la France. MARCEL SCHNEIDER.
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L'ÉDITORIAL D'Olivier Quéant LE BONHEUR? CONNAIS PLUS! Pour pouvoir continuer à souhaiter une heureuse année, il faudrait que le bonheur, vers quoi aspirent nos vœux saisonniers, lui-même continuât. Le mot, tout à coup, me paraît vieilli. Est-ce à dire que la chose serait en train de disparaître ? Le bonheur est inséparable de la sérénité, laquelle implique un minimum de calme, à tout le moins de détente. Ces conditions me semblent incompatibles avec les deux caractères essentiels de la vie moderne qui sont l'encombrement et la bousculade. L'an 2000 verra naître l'âge de la fourmilière humaine. Les gouvernants britanniques viennent de pousser un cri d'alarme parce que le taux de la natalité dans leur pays est tombé en quatre ans de 18,9 à 18,1 %. La cause en serait qu'un million de femmes utilisent la pilule. La France vient de voir naître son cinquante millionième habitant. Notre gouvernement estime ce chiffre record tout à fait insuffisant. Croit-on que cet encouragement à la conception procède d'un sentiment religieux (« Croissez et multipliez! »), du souci du bonheur des familles ou de l'épanouissement des individus? Pas du tout. C'est, ici comme ailleurs, de la nation qu'il s'agit. De force, non de bonheur. Le nombre de soldats mobilisables était jadis le critère de la puissance d'un pays. Notion périmée, depuis l'avènement de la bombe. Maintenant ce n'est plus la guerre militaire, c'est la guerre industrielle qui est en question. C'est la lutte contre la concurrence, sur les marchés commerciaux, de l'Allemagne ou du Japon. On peut présumer qu'un jour, aux Jeux Olympiques, après le couronnement des lanceurs de javelot ou des sauteurs à la perche, on voie monter sur le podium, tandis que retentiront les hymnes nationaux, la Tchécoslovaque qui aura eu vingt-neuf enfants et la Danoise gagnante du second prix avec vingt-sept. Nouvelle forme d'athlétisme. Ce ne sont pas des hommes ou des femmes qu'il faut créer, ce sont des consommateurs et des producteurs. Une autre invite pressante est adressée aux jeunes ménages par une publicité massive pour l'achat d'une automobile. Ces deux fabrications intensives et concomitantes ont lieu à une époque où l'on ne sait plus quoi faire des voitures et des gens. Car malgré des travaux ruineux et tardifs — palliatifs provisoires car vite insuffisants — reconnaissons que, par vocation et par nature, notre pays n'est pas fait pour accueillir ce fourmillement. Un exemple. Vous êtes-vous déjà promené un dimanche entre Versailles et Saint-Germain, en passant par Marly-le-Roi et Saint-Cyr? Ce ne sont plus des plantations isolées d'immeubles neufs, c'est une forêt de pierre qui ceinture la capitale. Des centaines de milliers d'hommes et de femmes s'en vont de là chaque matin, pour la plupart, travailler à Paris et entendent rentrer diner à la maison. Comme l'achat d'une voiture a été leur objectif no 1, voilà donc cette gigantesque coulée à moteur déferlant matin et soir par quelques routes, par quelques ponts. Là, on touche à l'absurde. Un seul remède à cet embouteillage : la décentralisation, le peuplement de l'Ariège et de la Lozère, tous ces kilomètres carrés vides de tout habitant. Et voilà à nouveau l'absurde. Car quelle que soit la magnifique expansion de nos villes françaises (ne disons plus : de province) sur les plans économique et culturel, Paris restera la capitale de la France, Paris restera toujours Paris, pôle d'attraction et lieu de convergence des étrangers et des Français, banlieusards compris. On aura beau envoyer les bureaux de compagnies pétrolières dans des gratte-ciel à la Défense, les joailliers, pour ne citer qu'eux — et leur président vient de le dire fièrement : « Les cinq premières maisons de joaillerie de Paris, donc de France, donc du monde » — resteront non seulement à Paris, mais en son cœur, rue de la Paix et place Vendôme. Et c'est là qu'on viendra les voir : il est des choses qu'on ne peut pas « décentraliser ». Pas question d'ériger des succursales de l'Arc de triomphe ou des annexes de la Tour Eiffel, et si, de par l'Europe, on a construit pas mal de pseudo-Versailles, il paraît malaisé de multiplier les places de la Concorde ou les avenues des Champs-Elysées. Et c'est parce qu'il n'existe au monde qu'une place de l'Etoile, de plus en plus encombrée, que l'on projette de creuser sous cette place un passage souterrain prévu pour 40 000 voitures par jour! Lequel ne résoudra plus le problème dans dix-ans. Et c'est aussi parce qu'il n'y a à Paris qu'une seule gare de Lyon et dans l'année qu'un seul jour de Noël — pas encore décentralisé — que, durant les jours précédant cette fête annuelle, on voit, essayant de se frayer un passage jusqu'à cette gare, des milliers de taxis chargés de milliers de skieurs, produisant un embouteillage monstre. Et, dès son arrivée, cette foule asservie, sans même jeter un regard sur le paysage, sans perdre une heure, sans souffler un moment, se précipitera vers les téléskis et retrouvera sur la neige la bousculade et l'encombrement. Une semaine d'air pur, payée à ce prix, compensera-t-elle cinquante et une semaines de névrose? Car on ne peut considérer comme une détente la ruée estivale vers cet autre encombrement de la Côte d'Azur ou de la Costa Brava. Où voulez-vous en venir, me répondra-t-on? Empêcher le progrès? Oui, quand il mène à l'absurde. En tout cas, freiner une progression qui n'assure pas le bonheur ni en Inde, ni à Auteuil. Car cette loi de nature qu'est la reproduction de la race humaine conduit curieusement de nos jours à un mode de vie contre nature. Peut-être vais-je me faire critiquer, voire vilipender pour ce qui n'est, bien sûr, qu'une boutade. Comme l'hypothèse d'une émigration vers la lune paraît aléatoire, plus encore que le peuplement des fonds marins cependant étudié très sérieusement, je crois qu'il serait raisonnable de mettre la repopulation en vitesse de croisière, plutôt que d'en faire l'objet d'une course au Ruban Bleu entre pavillons. Après les étalages des arcades de la rue de Rivoli et du Palais-Royal, va-t-on, pour que la foule complète sa conquête, supprimer les bouquinistes des quais, voire les vitrines du Faubourg-Saint-Honoré devant lesquelles les passants s'agglomèrent parce qu'elles sont les plus belles du monde? Et ce ne sont pas les centres commerciaux des grands ensembles qui jamais pourront prévaloir contre elles. Le moment arrive où nous ne pourrons plus flâner : flâner, encore un mot qui se meurt. La culture est en marche et c'est joie de l'apprendre. Mais le charme va disparaître. Ce que nous voudrions, car je crois n'être pas le seul à le souhaiter, c'est qu'on nous... donne la paix, pas seulement au Viet-nam — la plus urgente — mais la paix chez nous, la paix dans nos nerfs, sans cesse agités par des bruits, la paix dans nos consciences, sans cesse violentées par des voix. Alors seulement nous pourrons reprononcer le mot « bonheur », nous pourrons, avec le cantonnier de Fernand Raynaud, être « heu-reux »! Ol. Q.

Ce numéro de "Plaisir de France" présente un éditorial sur le bonheur, un article sur les prix de Rome et l'histoire de la Villa Médicis. Il explore également la demeure "Les Douves", aborde la relation entre Strasberg et les acteurs français, et présente le nouveau Grenoble avant les Jeux d'hiver. Le magazine couvre aussi les collections de Florence Gould, une œuvre de Memlinc, la jeune gravure avec Jean Velly, la faïence des Islettes, et des thèmes artistiques variés allant de Breughel à Picasso, ainsi que la décoration murale et l'actualité des arts.