Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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Plaisir de France JUILLET 1967

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Plaisir de France revue mensuelle (IMAGES DE FRANCE) 40, RUE DU COLISÉE - PARIS-VIIIe - BAL. 34-90 - ELY. 78-83 --- sommaire JUILLET 1967 - 345 - 33e ANNÉE | Pages | |-------| | Éditorial | | La grande mutation, par Olivier Quéant | 1 | | Actualités des arts | 2 | | Chefs-d'œuvre français des collections suisses, par René Barotte | | Ventes : L'œuvre gravée de Dunoyer de Segonzac, par Raymonde Wilhélem | | Livres : La musique des anges, par Yves Gandon | | Télévision : Les enfants au petit écran, par Arnault-Plessis | | Le concours « Chefs-d'œuvre en péril » 1967, par Pierre de Lagarde | | Théâtre : Un Roi Lear sans délire, par Gilles Quéant | | Cinéma : Le Grand Prix du Festival de Cannes : « Blow-up », par Marcel Lasseaux | A l'heure de son XXe Festival : - Aix-en-Provence dans ses décors privés, par Marie Pellé | 12 - Aix à la croisée des chemins, par Gilles Quéant | 22 La collection Gulbenkian : L'Islam à Lisbonne, par Paul Lorenz | 28 Au Metropolitan Opera de New York : Mozart illustré par Chagall, par Léo Sauvage | 36 La Cristallerie de Saint-Louis : Deux cents ans d'éclat | 40 Les découvertes d'un amateur : L'art roman au village, par René Briat | 44 Cinquante ans après sa mort : Un Degas moins connu | 52 Décoration d'été : Maisons de soleil, par Anne Fourny | 58 Disques de jazz et de variétés. --- NOTRE COUVERTURE : un triton du XVIIIe siècle qui sourit au soleil, le jet rafraîchissant d'une fontaine sur un ciel pur... toute la séduction d'Aix-en-Provence dans le cadre de ce « petit Versailles » privé qu'est le jardin à la française, dessiné par Le Nôtre, du pavillon de Lenfant, aux portes de la ville. Voir les pages que nous consacrons dans ce numéro à la décoration intérieure de cette « folie ». (Photographie Pierre Jahan.) --- OLIVIER QUÉANT : DIRECTEUR GÉNÉRAL, RÉDACTEUR EN CHIEF Paul Lorenz : Rédacteur en chef adjoint. Marie Pellé : Directrice artistique. Gilles Quéant : Secrétaire général de la rédaction. René Briat : Rédacteur. Anne Fourny : Adjointe à la direction artistique. Simone Toboul : Secrétaire de la direction. Gilles Tassigny : Mise en pages et Fabrication. Yves Marescot : Directeur commercial et chef de la publicité. Gilles Mahé et Gilbert Milhorat : Chefs adjoints de la publicité. Gisèle Moignant : Publicité (exécution). « PLAISIR DE FRANCE » EST ÉDITÉ PAR LE « RAYONNEMENT FRANÇAIS » S.A. CONSEIL D'ADMINISTRATION : PRÉSIDENT DIRECTEUR GÉNÉRAL : FRANÇOIS OLLIVE, ADMINISTRATEURS : EMMANUEL OLLIVE, OLIVIER QUÉANT.

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L.BERNARDAUD & CIE B & CO LIMOGES FRANCE PORCELAINES LIMOGES Membre du Comité Colbert Forme Vannerie Décor "HORTENSE"

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881 000 CADRES SUPÉRIEURS ACTIFS 19 QUOTIDIENS ET PÉRIODIQUES FRANÇAIS REPRÉSENTENT UN ENJEU DE 45 MILLIARDS DE N. F. PAR AN » Savez-vous ce que lisent les cadres supérieurs? Ce que lisent leurs épouses, responsables d'une part importante des dépenses du foyer? Savez-vous comment choisir les supports spécifiques aux plans de campagne concernant les produits « leader » que les cadres achètent et consomment? Pour vous donner la réponse à ces questions « PLAISIR DE FRANCE », en même temps que dix-huit autres quotidiens et périodiques, a participé à une grande enquête de la SOFRES auprès des cadres supérieurs. Les résultats de cette enquête sont présentés sous forme de tableaux statistiques dans un volume qui vient de paraître sous le titre : Les lecteurs de 19 périodiques parmi les foyers de cadres supérieurs. Cette enquête relative à l'audience de « PLAISIR DE FRANCE » et d'autres journaux et périodiques a été conduite avec la collaboration technique du Centre d'Études des Supports de Publicité (C.E.S.P.). Les 19 participants ont décidé de mettre ces résultats à la disposition des milieux publicitaires intéressés. --- Reliez vous-même vos collections de PLAISIR de FRANCE avec les RELIURES MOBILES "ACLÉ" Pour permettre à nos lecteurs de relier eux-mêmes facilement et rapidement leurs collections de Plaisir de France, nous mettons à leur disposition des reliures en vente à nos bureaux ou envoyées sur demande. Chaque reliure comprend un semestre - Envoi franco de port à partir de 2 reliures - Clés de montage : F. 1.50 (fournies gratuitement pour une commande de 4 reliures) RELIURE N° 1 Cette reliure est pratique et bien présentée : plats en parchemin, dos et coins en simili-cuir bordeaux : titre frappé or au dos. PRIX - pour un semestre : F. 14 Dans un château de Seine-Marne, il a été dérobé courant mars, une toile de Maître attribuée à Marguerite GÉRARD, nièce de FRAGONARD. Ce tableau (0,45 m x 0,55 m) appelle « LA LETTRE » représente une jeune fille assise, habillée de satin blanc. Elle écoute la lecture d'une lettre que lui fait un jeune homme. Ce tableau, outre sa valeur objective, a pour son propriétaire une valeur subjective très grande. Aussi donnerait-il une très forte récompense à qui lui permettrait de retrouver cette toile. Écrire au journal qui transmettra --- PLAISIR DE FRANCE

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FRACASSANT! Culligan Aqua 1 Le nouvel appareil ménager de l'ère de l'espace! --- Plus pure et plus limpide qu'à la source : eau Culligan Buvez une eau pure, cristalline et délicieuse, chez vous... il vous suffit d'ouvrir le robinet. Culligan a vulgarisé à votre profit une révolution technique: l'osmose inversée, nouveau procédé de filtration qui permet d'éliminer les sédiments, impuretés, minéraux indésirables, goût désagréable, mauvaise odeur, détergents, composés organiques polluants. La qualité de l'eau pour votre santé et celle des vôtres est d'importance capitale. Comment fonctionne le Purificateur d'eau? Il suffit de le brancher à un point quelconque de votre arrivée d'eau. L'électricité n'est pas nécessaire. L'eau ordinaire est poussée par sa propre pression à travers une membrane semi-perméable. Celle-ci retient à la fois les minéraux dissous et non dissous et les impuretés organiques. Elle permet le passage de l'eau ainsi purifiée dans un réservoir incorporé à l'appareil. L'Aqua I purifie même l'eau saumâtre, chlorée, de mauvais goût ou odeur. Pour vous procurer ce nouvel appareil, téléphonez au distributeur le plus proche de votre domicile et dites simplement: "Hey Culligan man!" il se mettra immédiatement à votre disposition. L'Aqua I peut être installé en fonction de l'espace dont vous disposez. Il trouve sa place verticalement ou horizontalement, sous un élément de cuisine, ou dans votre salle d'eau. --- LE PURIFICATEUR D'EAU AMELIORE N'IMPORTE QUELLE EAU! Pour le biberon de bébé --- Pour le café, thé, toutes les boissons --- Pour la cuisine --- Pour les fers à vapeur --- les humidificateurs, les batteries de voiture --- Pour les plantes, les poissons. --- Culligan LE LEADER MONDIAL DU TRAITEMENT DE L'EAU CULLIGAN INTERNATIONAL, Northbrook, Illinois, U.S.A. Distributeurs en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique : - FRANCE: 4, av. du Président Kennedy - 78 - Les Clayes-sous-Bois. Tél. Le Chesnay 34-81 82 & 83. - ASSISTANCE TECHNIQUE DANS TOUTE LA FRANCE: - Allemagne: Planie 28, 741 Reutlingen. - Arabie Saoudite: P.O. Box 294, Er Riad. - Autriche: Handelskai 130, Vienne. - Bahrein: P.O. Box 86, Manama. - Belgique: 151, rue de Stalle, Bruxelles 18. - Chypre: 2 Arsinoe street, Nicosie. - Rép. Congo: P.O. Box 1195, Kinshasa. - Danemark: St. Kongensgade 68, Copenhagen K. - Espagne: Travesera de Gracia 220, Barcelone 12. - Finlande: Tehtaankatu 13B, Helsinki 14. - Grande-Bretagne: 152, Rye Lane, Londres S.E. 15. - Grèce: 10 Karysti Square, Athènes 124. - Iran: 39 Arfaa Street, Teheran. - Italie: Via Gandolfi 4, Cadriano di Granarolo Emilia. - Jordanie: P.O. Box 1, Amman. - Koweït: P.O. Box 1092, Koweït. - Liban: P.O. Box 351, Beirut. - Lybie: P.O. Box 490, Tripoli. - Malte: rue d'Argens, Msida. - Maroc: 9 Boulevard Abdellah Ben Yacine, Casablanca. - Nigeria: 8 Broad Street, Lagos. - Norvège: Fauchschladsgate 4, Oslo. - Pays-Bas: Plantage Middenlaan 60, Amsterdam. - Portugal: Rue Antiharia UM 104-A, Lisbonne. - Suède: Nordmarksvägen 1, Farsta 3. - Suisse: Zürichstrasse 130, Zurich 15. - Syrie: rue Izzat Eljoundi, Homs. - Tunisie: 17, rue de Besançon, Tunis. - Turquie: Yemenciler Cad n° 42, Karaköy-Istanbul. --- Plaisir de France

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Ville de FLORENCE 5e BIENNALE INTERNATIONALE DES ANTIQUAIRES Palais Strozzi 22 Septembre - 22 Octobre 1967 Renseignements : Secrétariat de la Biennale des Antiquaires Palais Strozzi - Florence --- A CAEN PARC DES EXPOSITIONS DU 13 AU 17 JUILLET Ier SALON RÉGIONAL DES ANTIQUAIRES ET BROCANTEURS Pour tous renseignements : Boîte Postale 227 - CAEN - Tél. 81-80-05 --- NOTRE SUPPLÉMENT THÉÂTRAL Nous rappelons à nos lecteurs que notre abonnement « T » comprend à la fois les douze numéros de Plaisir de France et douze suppléments théâtraux. Chaque livraison publie le texte complet d'au moins une pièce récemment représentée, ainsi que des critiques et commentaires illustrés sur l'actualité théâtrale. Des spécimens peuvent être envoyés gracieusement sur demande. Le prix de l'abonnement « T » est de 135 F. A titre d'exemple, nous indiquons les articles et pièces publiés dans le dernier supplément théâtral : - « Jules Renard », un écorché vif par André Billy ; - « Jouer Jules Renard », par Paul-Louis Mignon ; - et le texte intégral de trois pièces de Jules Renard : - « LE PLAISIR DE ROMPRE » - « POIL DE CAROTTE » - « LE PAIN DE MÉNAGE » --- Institut international de jeunes filles fondé en 1880 LA CHATELAINIE SUISSE 2 internats ouverts toute l'année à SAINT-BLAISE (Lac de Neuchâtel, alt. 460 m) et à MONTANA VERMALA (Alpes Valaisannes, alt. 1600 m). Nombre d'élèves limité. Certificats et diplômes pour les langues vivantes, le secrétariat, le commerce. Art ménager. Lower & Higher Cambridge. American High school. Sport. Musique. Voyages facultatifs. Études sérieuses dans une atmosphère élégante et confortable. Cour de vacances en juillet, en août et en hiver. Rens. et inscriptions : Dr R.A. Dupuis - St-Blaise-Neuchâtel (Suisse) --- TABLE DES MATIÈRES La table des matières de l'année 1966 a été imprimée. Elle sera envoyée gratuitement à tous les lecteurs qui nous en feront la demande. Nous signalons que les tables des années précédentes sont épuisées. Plaisir de France

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Une raffinerie moderne dans un cadre provençal : la raffinerie SHELL-BERRE est située en bordure de l'Étang, au cœur du complexe pétrolier et pétrolochimique SHELL et SHELL-BERRE ; sa production annuelle correspond, à elle seule, à un mois d'approvisionnement du marché français tout entier. PLAISIR DE FRANCE

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Après le Succès des Premiers Voyages Plaisir de France PLAISIR DE FRANCE Vous propose Le 2 septembre PARIS-VIENNE PAR LA ROUTE ROCOCO - FRIBOURG et les églises rococo de Zwiefalten, d'Ottobeuren. - MUNICH et les palais de Nymphenburg et de Schleissheim. - SALZBOURG et les abbayes baroques de la vallée du Danube, de Linz à Vienne. - VIENNE et ses palais. - RATISBONNE et BAYREUTH : le Théâtre de la Margrave. - WURZBURG et ses palais. - BADEN-BADEN. Le 4 septembre LE MONDE DU PACIFIQUE - AUSTRALIE : les territoires du Nord. Darwin et la terre d'Arnhem. Les peintures rupestres. Alice Spring. - LES NOUVELLES-HÉBRIDES : croisière aéromaritime au départ de Port-Vila. Tanna et son volcan. Erromange. Pentecôte. Espiritu Santo. Mallicolo et les tribus des Big Nambas. - LA NOUVELLE CALÉDONIE : de Nouméa. Yaté, la plaine des lacs. L'aquarium du Dr Catala. Poindiminié et les tribus calédoniennes. Uvéa et les îles Loyauté. - TAHITI : Moréa. Bora-Bora et les îles sous le vent. Le 23 septembre PROVINCES ET ROYAUMES DE L'HIMALAYA - Delhi - Benares - Khatmandou et la vieille cité de Patan. Pokhara. Le village moyenageux de Kirtipur. Thimi, le village d'artisans potiers et de peintres de masques rituels. Bhatgaon, l'ancienne capitale des rois Malla. Nagarkote. Darjeeling et les monastères tibétains de Bhutia Busty et de Allobari. Les bazars. Kalimpong et ses marchés tibétains. Amritsar, la ville des Sikhs. Srinagar. Pour tous renseignements et inscriptions s'adresser à : VOYAGES PLAISIR DE FRANCE 40, RUE DU COLISÉE, PARIS-8° 225-77-50 ou 225-34-90 Poste 440 --- Plaisir de France

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d'un mois à l'autre --- Maria Le Hardouin. Pour elle, l'art n'était pas une fin en soi : ses émissions, présentant dessins et peintures, toujours étaient animées par une pensée élevée, souvent mystique. Dans ses livres, le dernier surtout, on sentait en elle sinon la Foi, du moins un besoin de Foi, une soif d'infini. « Tu ne me chercheras pas tant si tu ne m'avais déjà trouvé. » La parole célèbre s'appliquait à cette amie que nous avons perdue. Ol. Q. --- Les Amis de Colette. Un beau jour de mai a rendu à Colette, non loin de sa maison natale, à Saint-Sauveur-en-Puisaye, l'hommage qu'elle eût aimé. La gardienne de son œuvre et de sa mémoire, sa fille, Colette de Jouvenel, était là et c'est à Christine de Rivoye que revenait le juste honneur d'évoquer l'écolière « à longues nattes et à menton pointu ». Elle le fit de manière à satisfaire la grande ombrageuse. Retenons au moins ce passage de son discours : « L'épicurienne devint une stoïcienne. Parce qu'elle avait su épuiser toutes les joies du soleil; elle entra, sereine, dans la période de la nuit... Et, de son regard incomparable, elle fixa le bout de la route, mais sans jamais le nommer. » --- Un bel ouvrage d'art. Dans notre numéro de mai 1966, au cours de notre chapitre consacré à Bordeaux, nous avions montré l'état des travaux de construction du nouveau pont suspendu sur la Garonne. Ce magnifique ouvrage d'art est maintenant achevé et a été inauguré le 6 mai par M. J. Chaban-Delmas, député-maire de Bordeaux, et par M. Ortoli, ministre de l'Équipement et du Logement. Rappelons que sa longueur totale, y compris le viaduc (1590 m), dépasse celle du pont de Tancarville (1401 m). Tourisme en Picardie. Le château de Bagatelle en Picardie est ouvert au public jusqu'au 3 novembre. Monument historique, ce château reçut le prix « Chefs-d'œuvre en péril » sous un titre qui en résume les origines : la Folie du Drapier des rois Louis XV et Louis XVI. Les Nuits de Bourgogne... et de Musset. Si vous passez par la Bourgogne et si vous aimez Musset, sachez que les Caprices de Marianne, mis en scène par Georges Vitaly, seront présentés le 6 juillet à Dijon, le 8 au château de Bussy-Rabulin et le 9 à Saint-Fargeau. Dans le cadre du même festival a eu lieu, le 10 juin, la troisième nuit du château de Ratilly, centre de création de céramique déjà présenté dans « Plaisir de France ». --- EXPOSITIONS L'hommage des heures au temps passé. Paris a vu pour la première fois, dans les salons de la Joaillerie Clerc, une centaine de montres anciennes appartenant à la fabrique suisse Oméga. Ces chefs-d'œuvre d'harlogers du XVIIe au XIXe siècle (1630-1850) proviennent de France, d'Angleterre, d'Autriche et même de Perse. La pièce que nous reproduisons est une montre suisse avec échappement à cylindre, qui date du début du XIXe siècle : elle offre le portrait de Louis XVI, tandis que sa châtelaine en or, avec brillants et émail guilloché, réunit les effigies de Marie-Antoinette, de l'infortuné Dauphin et de Madame Royale (document Oméga). De Marie-Laure à Marie-Ange. La troupe des peintres féminins comptait déjà une Marie-Laure; voici Marie-Ange, révélée à nous par une récente exposition (Galerie André Weil). Dessin châtié, coloris pur, fleurs recrées avec une science ornementale devenue assez rare, et quelques beaux coups de filet dans le monde des rêves. --- DANS L'ÉDITION - Si vous ne pouvez emporter qu'un seul livre en vacances, prenez le dernier roman de Louise de Vilmorin : l'Heure Maliciôse (Gallimard, édit.). Tous les dons du poète, la perspicacité du moraliste, et une invention burlesque qui emporte les regrets du cœur. - Une étude définitive sur le beau caractère et le règne maladroit de Charles X, par Jean-Paul Garnier (Fayard, édit.). Nombreux documents inédits, que l'auteur, ambassadeur de France à Prague, put obtenir des archives d'État et de la police. Le roi nous était connu. Nous découvrons le proscrit. - Notre collaborateur Yves Gandon nous fait découvrir le Portugal familier, titre d'un livre illustré par Robert Thuillier, de photographies magnifiques qui invitent au voyage. (Hachette.) - Toujours fidèle au théâtre, l'éditeur Olivier Perrin vient de publier presque simultanément trois ouvrages qui devraient trouver place dans la bibliothèque de tout amateur ou professionnel de la scène : Etre acteur, « Méthode psycho-physique du comédien », par Michael Chekhov, neveu d'Anton Tchékhov; Ces femmes de théâtre, par Rosamond Gilder, biographies passionnantes et documentées, de la première femme auteur dramatique, une religieuse du Xe siècle, à Mme Vestris; enfin un Dictionnaire des hommes de théâtre français contemporains, préfacé par Salacrou, Sauguet et Lifar. - Max-Pol Fouchet présente le recueil d'une débutante, Alarico Cassè, dont les nouvelles, très remarquables, ont été traduites de l'italien par Simone de Vergennes sous leur titre original : le Rat Chuchundra (Albin Michel, édit.). SOUS LE PARRAINAGE DE « PLAISIR DE FRANCE ». Il y a dix façons d'habiter, donc de décorer un appartement d'aujourd'hui : rigoureuse, amusante, classique, avant-garde, surchargée, dépouillée... Chacune a son charme, mais il ne suffit pas, pour un cadre de vie, de n'être admiré qu'un instant. En demandant à R. et M. Carlhian d'installer un six-pièces confortable à la Résidence Dauphine de Louveciennes, réalisée par l'O.C.E.F.I., notre équipe a souhaité illustrer une des tendances actuelles, celle qui consiste à marier le moderne et l'ancien sans que l'un ni l'autre souffre du voisinage. Le résultat : un appartement heureux où l'on aimerait vivre, répétait les premiers visiteurs qui affluaient le 25 mai dernier à la Résidence, lors d'une soirée très réussie. Si une promenade ou la pratique d'un sport vous conduit près de Louveciennes, peut-être serez-vous tenté vous aussi par un de ces immeubles de bonne qualité, bien implantés dans un parc classé, pourvu d'une piscine. Vous franchirez un étage pour accéder à « notre » appartement-témoin : une vaste entrée, et tout de suite un grand living-room en double L, qui ouvre sur un paysage que vous n'oublierez plus. Vous verrez que nous avons respecté la belle architecture intérieure, installé des meubles de style mais non prêtenieux, ceux-là même qu'un jeune ménage peut hériter; que nous avons choisi nos papiers peints et nos tissus dans des séries inédites; que nos harmonies de couleurs sont calmes pour le living-room, fraîches dans les chambres. Des accessoires? Ce qu'il faut pour éviter la surcharge, éviter aussi l'objet « dans le vent » qui, en six mois, fait dater tout un ensemble. Un couple et ses trois enfants peuvent, sans dépenses exagérées, s'inspirer de notre proposition et s'installer pour vivre et recevoir agréablement. On peut même modifier, suivant sa personnalité, ou ses possibilités financières (au-delà ou en deçà) ce décor de fond, assez souple, libre et vivant pour que l'apport d'un cendrier scandinave, d'un masque polychrome ou d'une commode signée Jacob n'amène pas de catastrophe. Nous remercions ici les maisons dont les noms suivent et qui nous ont aimablement aidés à parfaire notre décor : Chambre Syndicale des Papiers peints, Tissus Chotard, Editions Classiques Garnier, Boussac-Jalla, Deheselle, Michel Pignères, Lauer, Céralène, l'Hacienda, Janie Pradier et le Creuset. --- PLAISIR DE FRANCE

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Madame Veuve Clicquot née Ponsardin (1778-1866) - Tableau de Léon Cogniet (Détail) Cette femme est un grand homme Napoléon, Pouchkine et l’Empereur Alexandre l’avaient déjà célébrée. L’Empire qu’elle a créé en Europe s’étend aujourd’hui au monde entier. Etait-ce un présage ? Nicole-Barbe Clicquot, née Ponsardin, fut mariée dans une cave pendant les troubles du Directoire. Cinq ans plus tard, elle était veuve. Elle avait 27 ans. C’était en 1805. Pas question à cette époque qu’une femme ait des responsabilités d’homme. Pourtant, en dépit des protestations familiales, cette jeune veuve devait devenir le premier chef d’entreprise “qui fût coiffée d’anglaises et portât la charlotte”. Écoutez la définir la règle d’or de sa maison de Champagne : “Le palais doit avoir la surprise agréable du pétillant et un goût flatteur et velouté au premier abord et encore cet arrière-goût fruité duquel la bouche reste embaumée et qui vous tient un grand moment dans une méditation délicieuse sur l’aromatique de ce vin, après avoir replacé votre verre. Sans cela ce n’est qu’un cadavre de vin”. Avez-vous jamais goûté au “Vin de la Veuve”? Les princes de ce monde lui jurèrent fidélité. Avant de faire votre propre serment, laissez votre palais à la “méditation délicieuse” du Clicquot. CHAMPAGNE Veuve Clicquot-Ponsardin MAISON FONDÉE EN 1772 REIMS FRANCE THIRAUD-LINTAS CLS481-C

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l'éditorial d'Olivier Quéant LA GRANDE MUTATION Il m'est arrivé, ici, de sourire devant l'emploi maniaque et abusif de formules à la mode, telles que « le dialogue » ou « l'option ». Il est en revanche un mot, récemment consacré par une conférence de presse, qui me paraît exactement et complètement caractériser notre époque : ce mot, c'est « mutation ». Moins virulent que « révolution », qu'à plusieurs reprises j'ai utilisé à cette place pour souligner l'importance de phénomènes récents (la décolonisation, la promotion de la femme, la remise en question par les jeunes de tous les principes), ce mot de mutation s'applique de nos jours à tous les domaines, fussent-ils politiques, sociaux et économiques, spirituels et moraux, voire religieux. Le monde passe actuellement par une immense mutation. Jamais, à aucune époque, changements ne furent aussi rapides, aussi profonds. Pris dans ce flot à l'allure torrentielle, nous avons le choix entre deux attitudes (nos philosophes diraient : deux démarches) ; ou bien réagir en actes et en paroles, laisser en nous ronronner la nostalgie du passé, en bref nous cabrer en travers du courant, manœuvre dangereuse pour l'esquif que nous sommes; ou bien nous mettre dans le sens de l'événement — méthode naturelle de l'accouchement sans douleur — mais en tenant la barre ferme et gardant la tête froide. Je tiens que ceux qui ça et là essayent de « vivre comme avant » — avant la grande mutation — font un peu comme l'autruche qui se cachait la tête pour ne pas voir. Ainsi, pour prendre un premier exemple, fit-on longtemps en Egypte : tandis que des millions de fellahs ne mangeaient pas à leur faim, une aristocratie connaissait l'opulence; et la nation — qui ne méritait guère ce titre — était pratiquement dirigée par une puissance étrangère. La première fois que j'atterris dans ce pays, vers 1950, je me doutais que cela ne pourrait pas durer longtemps. La réaction vint et, comme toujours, implacable. Au lieu de la mutation à froid qu'on aurait pu prévoir et organiser, on eut l'opération à chaud. De ces situations larvées, devenues explosives, un second exemple est celui des nations d'Amérique latine placées sous l'obédience de l'United Fruit Company. La réaction, commencée naguère, est en cours. Chez nous, pour y venir, le moins qu'on puisse dire est que les avantages sociaux (durée du travail, congés payés, etc.) furent arrachés morceau par morceau. Et ceux qui tardèrent à comprendre ou à accorder furent responsables de l'extension d'un parti qu'ils vitupèrent. Une suite à cette évolution, irréversible comme les autres, est prochaine. Peut-être jettera-t-elle un pont entre deux régimes qui depuis cinquante ans se regardent en chiens de faïence quand ils ne s'entrent pas. Deux régimes politiques, deux modes de vie qui, l'un comme l'autre, comme toutes les créations humaines, ont leurs avantages et leurs inconvénients. Cette solution intermédiaire — je préférerais ne pas dire provisoire — consistant à nationaliser les entreprises non pas au profit de l'État mais au profit de la nation — c'est-à-dire des citoyens pris individuellement — on en peut trouver le principe et les modalités exposés dans la Réforme pancapitaliste de Marcel Loichot (1). Je conseille à certains de mes compatriotes de feuilleter ce livre entre deux tournois de bridge ou deux chasses aux tabatières Louis XVI. Si une réforme semblable ou apparentée à celle que suggère l'auteur était un jour appliquée, on assisterait au remplacement de l'actuelle structure horizontale — en haut les patrons, de France ou d'Europe, en bas les employés et les ouvriers — par une structure verticale : l'entreprise devenue un corps où le sang (l'argent) circule du cœur à la tête et aux pieds. Mutation sociale. Mutation économique. Mutation partout. Soit, mais à condition qu'une vraie civilisation soit maintenue et promue et non la fausse civilisation vers quoi tendent d'irritants abus. Car si l'on doit être ennemi du conservatisme, on peut admettre que, lisant leur journal quotidien, certains d'entre nous aient l'envie de crier : « Assez ! » Assez de chrétiens qui, ne voulant pas démodre de leur catéchisme, continuent de croire que le monde a été créé en un jour et l'homme en une seconde, et qui ergotent à longueur de journée, sans y rien comprendre, sur la pensée de Teilhard de Chardin ! Assez de catholiques qui âprement discutent du costume des prêtres, de l'usage à la messe du français ou du latin, et puis, au sortir de l'église, que ce soit en famille, au bureau, dans la rue ou sur la route, ne se conduisent pas en chrétiens ! « Assez parlé de la pilule ! » s'écriront d'autres auxquels je ne saurais donner tout à fait tort. La progression géométrique de la population — comparable à celle de la technique — pose un problème angoissant. Car, comme l'écrivait il y a peu le grand — aux deux sens du mot — Thierry Maulnier, il ne peut y avoir de développement infini dans un univers fini. Or, la Terre n'est pas extensible : ses dimensions ne progressent pas. La limitation des naissances apparaît donc une mesure raisonnable. A ce propos, j'ai lu dernièrement quelque part (impossible de me rappeler où ; que l'auteur veuille donc bien m'excuser de ne pas le citer en référence), cette sentence originale : la bonne formule — au lieu de n'exercer de « contrôle » que sur les femmes — serait de stériliser les hommes qui ne peuvent pas entretenir leurs enfants ! Assez de courses vers la lune tant qu'il y aura sur terre des milliards d'humains qui crèvent de faim ! Assez d'embrigadements de jeunes garçons dans le camp de la haine (ou du nihilisme) par des chefs politiques ou des professeurs de Facultés, que ce soit en Chine ou ailleurs ! Quant aux filles, l'une d'elles, m'avouait ces jours-ci : « Il y avait autrefois, pour nous garder, deux parapets : la religion, la famille. Les deux ont été plus ou moins abattus (sic.) Alors nous nous defoulons, dans tous les sens. » Je répondis : « Je comprends que chacun de nous, donc de vous, cherche à être heureux. Mais il ne faudrait pas que ce fut en fût les autres (parents, amis, enfants à naître) malheureux. Car on ne construit pas du bonheur sur du malheur. » Assez de ces chiens et de ces chiennes à l'apparence humaine, qui s'accoupent et jettent au monde des portées successives de pauvres gosses qui n'auront pas de parents ! Assez de divorces de gens qui n'auraient jamais dit se marier mais qui le font pour quelques mois, le temps que laisse l'enfant ! Assez de femmes de cinéma qui font croire à leur petit garçon de neuf ans, depuis sa naissance, qu'elles sont leur sœur et non leur mère, se dérobant ainsi à leurs responsabilités et faussant indignément, pour la vie, l'esprit et le cœur de cet enfant ! Assez de casernes-dortoirs, de tours d'habitation de vingt étages, alors qu'il existe des départements déserts (l'Ariège, le Gers, la Lozère, pour n'en citer que trois), alors que la France a largement la place de loger cinquante et même soixante millions d'habitants dans des immeubles de quatre étages, voire dans des maisons individuelles ! Si l'on avait écouté Le Corbusier, on aurait construit des villes nouvelles le long des trois axes parallèles de vie : la rivière, le rail, la route. Tout le monde aurait eu de l'air pur à respirer. Assez de barbituriques et autres soporifiques dont useront bientôt la totalité des gens. Un professeur au Collège de France déclarait récemment au cours d'un colloque que sa crainte d'une dégradation de l'humanité, d'une extermination de la race, ne venait pas de la bombe atomique mais de l'emploi croissant des tranquillisants. Les causes de cette intoxication quotidienne : la névrose, l'angoisse, l'anxiété, créées par le constant ébranlement des nerfs, par l'accélération du rythme de vie, par le bruit. On nous annonce que dans le futur avion Concorde une insonorisation parfaite isolera les passagers de tout bruit. Raffinement dans le ciel. Mais, à terre, dans les villes, pour les millions de gens qui y vivent ? Assez du marteau-piqueur, ce archétype d'une civilisation absurde, cette négation d'un progrès technique, ce cauchemar subi sans protester par bébîte ou par cacheté ! Un détail, dira-t-on ? Autant appeler détail le cancer. Voici une rue de Paris — ou d'ailleurs. Une équipe d'ouvriers arrive un matin et dès sept heures défonce avec cet instrument inhumain l'asphalte du trottoir ou de la chaussée, dans un vacarme assourdissant. Tout le jour, que vous soyez à votre bureau, dans votre salle à manger, ou bien frais opéré dans un lit de clinique, ce fracas venu de la rue — dans laquelle on a interdit l'usage du klaxon ! — exaspère vos nerfs, par moments à vous rendre fou. C'était pour l'électricité. Huit jours après, on rebouche avec de la terre, cette pauvre terre de ville qui n'a plus ni couleur ni consistance. Et l'on refait la carapace, la plus épaisse et la plus dure possible, avec beaucoup de soins. Un mois passe. Une autre équipe arrive. C'est pour le téléphone. Le marteau-piqueur redéfonce tout, nos oreilles comprises. On rebouche. On recimente. Encore un mois. C'est pour le gaz. Tout recommence. La rue redevient enfer. À l'époque où l'on envoie un satellite autour du globe, où l'on dirige une fusée vers la lune, nos techniciens n'ont-ils pas trouvé un moyen d'épargner ce supplice aux humains ? Ces canalisations d'électricité, de téléphone, de gaz, que l'on a besoin de souvent vérifier, de réparer, de multiplier, ne pourrait-on vraiment trouver autre chose pour les rendre accessibles ? On pénètre bien, aisément, dans les égouts. Ce n'est pas à moi de faire une suggestion. À chacun son métier. Des dalles amovibles peut-être ? Mais, de grâce, assez du marteau-piqueur quotidien ! Et puis, assez d'enquêtes par sondages électroniques qui donnent des résultats incomplets ou faux ! Gardons-nous que la grande mutation ne substitue partout la machine à l'homme, à la nature l'artifice. Sans quoi viendrait bientôt la réaction du naturel, la revanche de l'humain. Ol. Q. (1) Robert Laffont, éditeur.