Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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PLAISIR de FRANCE Arts AIGUIÈRE ET SON BASSIN DE LÀ « MANUFACTURE ROYALE DE VINCENNES », A FOND BLEU TURQUOISE, DÉCOR DE RÉSERVES AVEC FLEURS. MARQUÉS ANNÉE 1754. EXPOSÉS AUX « CHEFS-D'ŒUVRE DE LA CURIOSITÉ DU MONDE », AU PAVILLON DE MARSAN. NUMÉRO HORS SÉRIE : 550 fr.

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PATEK, PHILIPPE MAITRES HORLOGERS GENÈVE PLAISIR DE FRANCE

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SCULPTURES ANCIENNES DU XIIe AU XVIIIe SIÈCLE marbre, pierre, terre cuite, plomb, plâtre, bronze PAUL GOUVERT EXPERT DEVANT LA COUR D'APPEL ET LES TRIBUNAUX DE LA SEINE EXPERT PRÈS LES DOUANES FRANÇAISES 1, avenue Jules-Janin, Paris-XVIe — Trocadéro 51-76 --- CIE DE LA CHINE ET DES INDES GALERIE D'ART ART ANCIEN DE CHINE 39, avenue de Friedland, Paris — ELY. 93-28 --- OLIVIER LE CORNEUR JEAN ROUDILLON ARTS PRIMITIFS Afrique, Amérique, Océanie HAUTES ÉPOQUES ARTS POPULAIRES 51, rue Bonaparte, Paris-6e Danton 90-06 Vase-portrait, terre cuite Pérou precolombien --- GALERIE SEGREDakis N. KOUTOULAKIS ART SUMÉRIEN, ÉGYPTIEN, GREC 4, rue de l'Échelle, Paris-Ier — OPéra 65-63 --- Comment transformer et embellir votre intérieur avec lustres, appliques, torchères visitez l'exposition LUMINAIRE et ferronnerie d'art H. DELISLE FABRICANT 4, rue du Parc-Royal, Paris-IIIe Près du Musée Carnavalet. Arc. 21-34 --- Galerie Rive Droite Jean LARCADE Directeur ARTS CONTEMPORAINS ARTS ARCHAÏQUES ET PRIMITIFS 82, Fg-SAINT-HONORÉ PARIS-8e ANJ. 02-20 --- STRICH 5, rue d'Arcole Paris 4e près Notre-Dame ANTIQUITÉS DÉCORATION CADEAUX Vieux fers sur coffrets... pièces anciennes et bijoux originaux — entre 1.000 et 1.800 francs. --- MEUBLES SIGNÉS DU XVIIIe SIÈCLE BOIS DORÉS ET CHÉRUBINS RUE DE BEAUNE PARIS VIIe au 5 - « CHEZ SWANN » au 24 - MARGUERITE FONDEUR --- PLAISIR DE FRANCE

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CARON PARFUM STIMULANT ET PENETRANT --- POUR UN HOMME CARON POUR UN HOMME LES PLUS BELLES LAVANDES CREATION SPECIALE DE CARON --- PLAISIR DE FRANCE

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PLAISIR DE FRANCE DIRECTEUR-RÉDACTEUR EN CHEF : OLIVIER QUÉANT DIRECTRICE ARTISTIQUE : MARIE PELLÉ SOMMAIRE Août 1954 21e année n° 192 bis Pages - LE RETABLE PORTUGAIS, par Paul Claudel, de l'Académie française ... UNE DES GRANDES FORMES DE L'ART BAROQUE, esquisse de son évolution, par Germain Bazin, conservateur en chef des peintures au Musée du Louvre ..... 3 - ANTOINE CARON, peintre français du XVIe siècle, par Jean Ehrmann ..... 8 - ANDREA PALLADIO et son influence en Europe, par J.-Ch. Moreux, architecte en chef des Monuments civils et Palais nationaux ..... 14 - PORTRAITS DES ROIS CAROLINGIENS dans les manuscrits à peintures, par Jean Porcher, conservateur des Manuscrits à la Bibliothèque Nationale ..... 21 - BIBLIOPHILIE : DE BAUDELAIRE A MONTHERLANT, par Maurice Toesca ..... 25 - PICASSO AVANT PICASSO, par Claude Roger-Marx ..... 33 - ARTISTES AU TRAVAIL : Louis Leygue et la toreutique, par René Barotte ..... 38 - UN GRAND ÉVÉNEMENT ARCHÉOLOGIQUE: la tombe princière de Vix, par René Joffroy, directeur des fouilles de Vix ..... 41 - UN TRÉSOR ROYAL DÉPAYSÉ ..... 44 - L'ART DU TAPIS D'ORIENT, par Robert de Calatchi ..... 47 - CHEFS-D'ŒUVRE DE LA CURIOSITÉ DU MONDE ET GRANDES VENTES ET COLLECTIONS, par Raymonde Wilhélem ..... 55 - BIBLIOGRAPHIE DES LIVRES D'ART, par Marcel Brion ..... 62 - ON POURRA VOIR EN FRANCE jusqu'à la fin de septembre (expositions, Paris et province), par René Barotte ..... 64 Droits réservés pour tous les articles de ce numéro (textes et gravures). Copyright by « Plaisir de France » 1954. Les manuscrits, insérés ou non, ne sont jamais rendus et ne pourront en aucun cas faire l'objet d'une réclamation. --- Vantail de bois à pentures de fer qui appartint à un portail catalan du XIIe siècle, exposé aux « Chefs-d'œuvre de la curiosité du monde ». Phot. P. Jahan.

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E RETABLE PORTUGAIS par PAUL CLAUDEL, de l'Académie française Paul Claudel ayant bien voulu honorer de son attention une étude que j'avais écrite sur la Morphologie du retable portugais, il s'est trouvé que mes sécères classifications ont eu la bonne fortune de stimuler l'imagination du poète. A son commentaire lyrique, Plaisir de France m'a prié d'ajouter quelques lignes pour esquisser l'évolution d'une des grandes formes de l'art baroque, trop peu connue en France. — GERMAIN BAZIN, Conservateur en chef des peintures au Musée du Louvre. J'ai sous les yeux un travail remarquable de M. Germain Bazin, conservateur en chef des peintures au Musée du Louvre, avec de nombreuses illustrations, sur le retable portugais. Tout ce qui concerne l'église, celle qui est faite de pierre aussi bien que celle qui est faite d'esprit, l'une à l'image de l'autre, mérite l'intérêt passionné d'un chrétien. L'édifice fournit témoignage dans le temps à un mode particulier du culte, à une attitude particulière de l'adoration. C'est une confession. La confession d'une époque et d'un pays. Par rapport à Dieu, c'est un état d'esprit solidifié. Le mystère central du christianisme, je veux dire la transformation en pain et en vin du sang et de la chair du Christ, a eu longtemps pour traduction extérieure le voile dont la liturgie et l'architecture l'ont entouré. Chez les orthodoxes le prêtre opère à l'abri de cette cloison qu'est l'iconostase. En Occident l'éloignement, la surélévation du chœur, l'obscurité l'ont soustrait longtemps au contact intime des fidèles, que seul le clergé représentait autour de l'autel. Il y eut même un essai de restauration de l'iconostase sous la forme du jubé (comme à Saint-Etienne-du-Mont à Paris). Dans le même esprit longtemps se prolongea l'interdiction de traduire en langue vulgaire les prières du canon. Le protestantisme vint changer tout cela. La messe, qui, aux yeux attentifs, avait eu tendance à ne pas se distinguer de l'office, le moment était venu, répondant au défi des négateurs, qu'elle reprit son caractère transcendant et vital. Le grand jour se fit dans les églises. Tout s'ouvrit, s'arrondit, s'illumina, se dilata. Tout s'aplanit sous les pieds de la Présence réelle. Le peuple tout entier fut convié à la fois à un spectacle, à un sacrifice et à une communion. Il y eut un hôte pour le recevoir. L'autel, le tabernacle, le crucifix prirent une importance centrale, organique, dont tout l'édifice eut à s'accommoder. Or au xve siècle une invention considérable avait été faite aux Pays-Bas. Le mystère sacro-saint devant lequel dans nos grand'messes solennelles le sous-diacre se voile le Détail de l'autel majeur de Nossa Senhora da Pena, à Lisbonne, que l'on peut dater de 1725 (à gauche).

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visage, parti fut pris de concentrer sur lui l'attention des fidèles, de l'encadrer d'une adoration permanente, de lui donner contour, contenance et élévation, d'empêcher, par une paroi, l'œil qui se lève vers son Dieu de passer outre. Ce fut le retable. Tout le monde connaît l'Agneau mystique de l'église Saint-Bayon de Gand, le fameux polyptyque de Jan Van Eyck. Cette invention nordique, ce fut dans la péninsule Ibérique, bizarrement rattachée aux Flandres par les caprices de l'histoire, qu'elle prit tout son développement. La hâte impie d'un voyageur ne m'avait permis jadis que d'entrevoir des merveilles. Aussi, avec quelle joie ai-je accueilli l'album de M. Germain Bazin, savamment commenté par un technicien et par un artiste. Quatre photographies, ici reproduites, ont spécialement retenu mon attention Le numéro 1 explicite une idée architecturale qui, évitant au regard le choc dur d'une surface verticale, lui permet, au lieu d'être repoussé, de s'enfoncer et de s'élargir en s'élevant. Nous avons devant nous, pas seulement devant nous, autour de nous, un édifice de peintures où rien n'empêche de voir les zones superposées et les compartiments juxtaposés de la révélation et de la foi. Le prêtre officie enveloppé d'une concavité de regards attentifs à ce qu'il fait. A Saint-Nicolas de Prague l'attention d'une assistance virtuelle était figurée, comme au théâtre, par quelques loges vides. Ici, dominé par huit statues prophétiques, c'est tout le canon entre le double memento des vivants et des morts qui s'associe à l'élévation du calice jusqu'à la croix suprême, Communicantes! Le numéro 2 est d'une simplicité magnifique. C'est le crucifix tout seul au-dessus de l'autel, entouré du cadre le plus sobre, qui occupe toute la place. Derrière lui la photographie ne montre qu'une tenture vague (peut-être concave elle aussi ?), aux figures effacées. Une idée me vient en la contemplant. Au lieu de cette tenture, si l'on supposait un écran transparent ou un panneau de verre peint ? illuminé, bien entendu, de la clarté la plus sourde, une sorte d'émanation, sans précisions désobligeantes, et en tâchant d'éviter, comme le soleil lui-même pourrait s'en charger, l'uniformité de l'éclairage. Le numéro 3 s'empare, pour les magnifier et les enrichir superbement, des trouvailles du numéro 1 et du numéro 2. Au numéro 1 il emprunte l'excellente idée, devant le prêtre, au lieu d'une surface plate, de l'enfoncement comme d'une grotte. L'entrée de chaque côté en est solennisée par un échelonnement d'avant en arrière de trois colonnes de marbre tacheté. Et ce regard collectif, que nous avions tellement apprécié dans le prototype de Guarda, qu'est-il devenu ? Le croiriez-vous ? Nous sommes en 1660, et c'est à l'architecture romane que l'auteur génial de l'autel de Salvaterra est venu demander son inspiration. Nous connaissons tous ces portails en plein cintre formant des espèces d'entonnoirs, un berceau de baguettes recourbées, une voûte comme triomphale d'humanités l'une à l'autre accrochées et suspendues. Aperite portas, principes, vestras! Porte vraiment royale, digne d'ouvrir au Souverain qui prend naissance chaque matin entre les doigts du prêtre l'abîme récupéré ! Il est là isolé comme dans le numéro 2, mais la poutre horizontale du gibet s'est allongée jusqu'à toucher les montants de la porte pour bien montrer qu'il n'y a passage que par elle seule, et le corps du crucifié s'est allumé, projetant de toutes parts des rayons dans le vide. Le numéro 4, datant des dernières années du xviim^e siècle, est bien inférieur, et je ne l'aurais pas retenu, déçu par ce fronton rhétorique et embarrassé, si je n'y avais trouvé un exemple des subtilités raffinées dont l'architecture est capable aussi bien que la poésie et la musique. Fermons les yeux et rouvrons-les. Pendant une fraction de seconde nous avons l'impression que les colonnes qui gardent l'entrée ne sont pas droites : elles s'inclinent vers l'intérieur. Elles n'ont pas, dirait-on, résisté à l'attraction que dessinent pour notre œil ces lignes obliques comme des rideaux entr'ouverts, ces accolades savantes et ces encadrements successifs autour d'une luminosité vague au fond sur laquelle se détache le crucifix. Tout est mouvement dans cette architecture baroque qui répond tellement à mes goûts. Rien ne plaît tellement à l'artiste que ces colonnes qui ne restent pas droites et inflexibles sous la charge qu'elles supportent. Elles plient en une spirale qui nous donne une impression d'effort et de puissance, quelque chose comme une flamme victorieuse de la matière. Mais non, elles ne plient pas, elles soulèvent. C'est comme le ressort d'un corps musculieux. Ici les colonnes sont restées rigides, mais c'est leur disposition trois par trois qui leur donne mouvement. Celle qui est en avant, on dirait qu'elle s'est, en arrière, d'un côté et de l'autre, comme dédoublée. Elle invite, et ses deux sœurs en arrière se chargent d'introduire. Il n'y a pas tristement immobilité, il y a continuité dans le mouvement, dans une attitude solidifiée. Il y a drame. Par derrière, les écrans obliques créent une perspective qui rétrécit, pour l'aiguiser, l'attention. Et nous autres, pauvres gens du xx^e siècle, pouvons-nous rêver, contre toute attente, un moment où les artistes, ayant retrouvé avec la foi, l'enthousiasme, retrouveront en même temps, dans cette mesure débordante et surabondante qui glorifie les siècles passés, l'imagination et le génie ? PAUL CLAUDEL, de l'Académie française. Le lion, symbole du Christ, détail de l'autel N.-D.-de-la-Bonne-Mort, dans l'église du Saint-Esprit, à Evora (1705-1711).

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1. Autel majeur de la cathédrale de Guarda (1552-1553), véritable édifice de peinture où rien n'empêche de voir les zones superposées... de la révélation et de la foi. Phot. Mario Novaés. 2. Provenant de l'ancienne église des Carmélites, aujourd'hui au musée de Lisbonne, autel du crucifix d'une simplicité magnifique.