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IMAGES de FRANCE PLAISIR de FRANCE NOVEMBRE 1940 LE NUMÉRO : 15 FRANCS 13, RUE S'GEORGES, PARIS
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
IMAGES de FRANCE PLAISIR de FRANCE NOVEMBRE 1940 LE NUMÉRO : 15 FRANCS 13, RUE S'GEORGES, PARIS
A nos Abonnés, à nos Lecteurs Dès qu’un peu de calme fut revenu, après la douloureuse épreuve, une voix, puis deux, puis trois s’élevèrent, de Paris et de la province ; et ces voix nous disaient : « Faites reparaître Images de France. » C’est fait. Images de France (Plaisir de France), qui avait continué sa publication régulière de septembre 1939 jusqu’à mai 1940, réparait aujourd’hui à Paris avec la même équipe, le même esprit, le même programme ; avec la même confiance dans l’avenir et dans la survivance du génie français. Nous allons donc à nouveau mettre en valeur chaque mois les beautés naturelles de notre pays, ses sites, ses paysages, ses châteaux, ses musées, ses riches traditions régionales, les manifestations colorées de son folklore. Nous traiterons d’art, d’ameublement et de décoration, de mode et de parure, de musique et de théâtre, de livres et de cinéma, et aussi de la vie à la campagne. Revue très féminine, mais qui intéressera, comme avant, beaucoup d’hommes de goût. Revue destinée à une élite véritable, celle de l’esprit, celle qui, en toutes choses, aime et admire l’élégance et la beauté. Il ne nous a pas été possible dans ce numéro, mis rapidement sous presse, de donner des pages en couleurs, si appréciées de nos lecteurs ; mais que ceux-ci se rassurent : bientôt ils en retrouveront. En raison de la grande migration de cet été, nous prions tous nos abonnés de nous faire connaître au plus tôt : 1° leur adresse actuelle ; 2° l’adresse à laquelle nos fascicules leur parvenaient avant Juin 1940 ; 3° si possible, le numéro de 5 chiffres figurant en bas à gauche sur la bande. Les abonnés résidant en zone occupée voudront bien adresser leur lettre : 13, rue Saint-Georges, à Paris ; les abonnés résidant en zone non occupée : 87, cours Gambetta, à Lyon. A ceux dont l’abonnement se continuait au delà du mois de mai 1940, nous enverrons immédiatement le fascicule de novembre. Les abonnés n’ayant pas reçu les numéros de juin, juillet, août, septembre, octobre verront l’échéance de leur abonnement automatiquement prolongée d’une durée de cinq mois. « IMAGES DE FRANCE. » --- NOVEMBRE 1940 — N° 70 "IMAGES de FRANCE", REVUE MENSUELLE 13, RUE SAINT-GEORGES, PARIS-9e Téléphone : Trudaine 82-54 Chèques postaux : Paris 178.705 R. C. : Paris 261.513 B (Seine) TARIF DES ABONNEMENTS : FRANCE ET COLONIES FRANÇAISES : un an, 100 francs ; 6 mois, 55 francs.
IMAGES de FRANCE PLAISIR de FRANCE N° 70 7e ANNÉE — 1940 SOMMAIRE DE NOVEMBRE Olivier QUÉANT, Directeur; Roger BASCHET, Rédacteur en Chef; Anne PIERRY, Secrétaire de la Rédaction. Pages --- NOUVEAU DÉPART. --- LA CLÉ DES CHAMPS, par L. BRÉTIGNIÈRE --- CHATEAU DE MONTGEOFFROY.. --- DEUX PIÈCES... par FÉLIX DAVIN et FRANÇOIS TOCHÉ. --- FEMMES CHEZ ELLES, par ROGER BASCHET --- A PARIS... TOUS LES CLOCHERS DU MONDE, --- par MARINA PAUL-BOUSQUET --- POUR UN «CINÉMA FRANÇAIS» --- VEDETTE CHIEN. --- Pages --- L'ACTIVITÉ THÉÂTRALE, par L.-E. THÉSSEE --- LA HAUTE MODE DE PARIS, par MARCEL LASSEAUX. --- LES COLLECTIONS D'HIVER : --- RETOUR A PARIS --- PREMIERS PAS VERS L'ÉLÉGANCE --- DINER AU RESTAURANT --- LE SOIR AU COIN DU FEU. --- ROBES DU SOIR EN LAINAGE --- LES LIVRES, LA MUSIQUE, --- LES SOINS DE BEAUTÉ, LE CINÉMA --- Droits réservés pour tous les articles de ce numéro (texte et gravures). Copyright by «Images de France», 1940. Les manuscrits, insérés ou non, ne sont jamais rendus et ne peuvent en aucun cas faire l'objet d'une réclamation. Phot. Schall TAXI PARISIEN
NOUVEAU DÉPART > « Tous les Français fiers de la France; la France fière de chaque Français; tel est l'ordre que nous voulons instaurer ». > > MARÉCHAL PÉTAIN. Nous avons besoin d’apaisement, d’intelligence, de beauté — de vérité surtout. Un coucher de soleil sur la mer, un vieux château couvert de lierre, un bon vin dans la cave ; un bébé qui sourit, une comédie de Molière, un roman de Balzac, un prélude de Chopin ; une robe bien dessinée, un bijou véritable, un meuble au galbe pur... sont des réalités qui ne trompent pas et sont à l’abri des dépréciations, des engouements ou des mots d’ordre. Nous avons faim d’idées, de bons livres, de bonne musique, de bonnes comédies, de bons films... On ne se nourrit pas que de beurre, de viande et de café : on peut faire aussi la queue pour entendre une pièce de théâtre ou se priver de diner pour aller au spectacle ou au concert ; le moment n’est-il pas venu de pratiquer cette saine prédominance de l’esprit? Aux joies de l’intelligence et du cœur, beaucoup d’entre nous, depuis nombre d’années, ont préféré les satisfactions matérielles et les plaisirs superficiels. Or, il n’y a pas de honte à reconnaître franchement ses erreurs. Il est temps que nous rétablissions les valeurs et que nous redevenions ce que nous n’eussions jamais dû cesser d’être : le peuple de la mesure. Il ne s’agit pas pour nous de dénigrer ici tout ce qui fut dit, écrit ou fait en France avant notre grande épreuve. On abuse en ce moment des confessions, comme si certaines erreurs d’hier devaient anéantir des siècles de culture, de prestige et de gloire, comme si chaque peuple n’avait pas son lot de qualités et de défauts qui lui confèrent sa personnalité propre, ardente. Sans qu’il soit besoin de « faire table rase du passé », travaillons simplement à nous guérir de ce laisser-aller d’avant guerre dont notre langage lui-même avait subi les atteintes. Allons dans nos campagnes : on sera surpris d’entendre des paysannes parler, avec leur accent de terroir, un français plus vrai, plus pur que le verbiage haché, cahotant de beaucoup de citadines. Notre revue, qui, d’une part, a ses racines solidement enfoncées dans la terre de nos champs et puise sa sève dans nos riches traditions régionales et qui, d’autre part, emprunte à Paris, où elle naît chaque mois, son éclat inégalé et son culte du goût, aura donc un double programme : Elle soutiendra la thèse qu’à Paris seulement, dans leur cadre et leur climat, nos couturiers, nos modistes, nos joailliers et tous nos artistes peuvent créer ces œuvres délicates que tous les étrangers admirent, comme on admire universellement une sonate de Beethoven ou un tableau de Botticelli. Ce qui ne voudra pas dire que nos artisans de luxe ne trouveront pas dans la nouvelle Europe apaisée, détendue, des marchés nouveaux. Des articles documentés donneront des conseils pratiques à ceux qui vivent ou iront vivre à la campagne pour se livrer à la culture ou à l’élevage : nous tâcherons, ce faisant, de leur éviter quelques faux pas. S’il nous fallait exprimer par une formule notre plan d’après guerre, nous dirions : « Le retour à la culture » : celle de l’esprit et celle de la terre, deux richesses qui ne déçoivent jamais. --- IMAGES DE FRANCE
M AIS pourquoi tant de villageois évolués ont-ils quitté leur maison, pourquoi tant de citadins hésitent-ils à aller s'installer à la campagne? Soyons encore sincères : on trouve dans trop de bourgs, dans trop de petites et même de grandes villes l'inconfort, la malpropreté, la laideur ; on a un salon bien encaustiqué, mais pas de cabinet de toilette ; un piano ou une « T. S. F. », mais pas d'eau courante. Nous en appelons à tous ceux qui ont séjourné ces temps derniers dans tel chef-lieu de canton : les jeunes filles y ont appris à se coiffer gentiment ; elles portent le dimanche des robes charmantes. Mais dans quels locaux, sans confort et sans hygiène, passent-elles une bonne partie de leur vie! Et que penser de la lugubre laideur de tant de chambres où des générations trop conservatrices ont entassé des objets de mauvais goût : bronzes d'art et cadres de peluche, garnitures de cheminée prétentieuses, tentures sombres propices aux cauchemars, nids à poussière et à araignées ? Et beaucoup d'hôteliers n'ont pas encore compris que la première exigence des voyageurs est la propreté, la netteté de toutes les pièces. Dans une préfecture, une place célèbre était bordée de cafés auxquels on n'avait rien changé depuis un quart de siècle : mêmes tables de marbre jauni aux pieds de fonte inélégants, mêmes moulures de plâtre sale au plafond, mêmes banquettes de moleskine verdâtre perdant leur crin par des crevasses — et même orchestre médiocre jouant de la musique de cirque à l'heure de « l'apéritif ». Or, ces cafés ont brûlé : il faudra les reconstruire, mais autrement. Aérons, éclairons. Il faut reconstruire ou restaurer la France sur des principes nouveaux, tirer parti de notre désastre pour faire mieux au dehors et au dedans. L A France a des paysages admirables, ne les gâchons plus par des panneaux-réclame. Respectons le pittoresque, la couleur locale. Laissons en place, dans son décor traditionnel, tout ce qui a une valeur archéologique ou un caractère symbolique : le vieux marché au toit de tuile moussue, le lavoir patiné par le temps, le moulin plein de souvenirs, mais exerçons un contrôle strict sur toutes les bâtisses nouvelles : façades de « cinémas-palaces » en stuc, édicules honteux adossés à l'église. Donnons aux boutiques, aux auberges un aspect coquet. Réformons les estaminets fumeux, les gares sales, les bureaux de poste crasseux. Et créons entre villes et villages une saine émulation vers ce renouveau de l'harmonie et du goût. Images de France va entreprendre une campagne en faveur de l'urbanisme, de la rénovation intellectuelle et artistique dans le cadre de la province. F T souhaitons que dans d'autres domaines encore les Français ajoutent aux solides et fécondes vertus de leur race des qualités moins communément mises en pratique : réagissons contre les tendances au débraillé et contre toutes les petites formes de l'indiscipline et de l'égoïsme. Soyons unis et soyons de bonne humeur ! A MOUR du beau, du vrai, du sain ; amour du métier ; amour du foyer ; amour de la petite et de la grande patrie : ainsi se définit aujourd'hui — faisant écho à une grande voix — le programme d'Images de France. IMAGES DE FRANCE.
Les chevaux sont les principaux auxiliaires du fermier. LA CLEF DES CHAMPS Répondant à l'appel du maréchal Pétain, un grand nombre de Français vont s'installer à la campagne... Ils y goûteront des joies saines, des satisfactions profondes ; mais ils y apprendront un métier nouveau, hérisssé de difficultés. Et c'est parce qu'ils auront besoin d'être guidés qu'Images de France ouvre une chronique nouvelle consacrée à l'habitation rurale, la culture et l'élevage. Nous avons demandé à un spécialiste, M. L. Brétignière, d'écrire le premier article de cette rubrique et d'étudier le problème général du retour à la terre. Les photographies qui illustrent son texte ont été prises dans une ferme qui, pour n'être située qu'à 60 kilomètres de Paris, n'en est pas moins un modèle d'exploitation agricole, sérieuse et bien « équilibrée ». « LE RETOUR A LA TERRE » — PROJETS ET RÉALISATIONS Depuis juillet ce furent les journées de dur labeur. Il fallut remettre de l'ordre aux champs, faner, biner, moissonner. Il semblait que jamais l'on n'aurait suffisamment de bras pour venir à bout de tout cet ouvrage. L'automne est arrivé. Aux champs sont rentrés ceux qui en avaient la possibilité ; mais beaucoup manquent encore. Quant aux travailleurs occasionnels, ils sentent que leurs heures de présence à la ferme sont comptées maintenant et leur angoisse est grande en pensant qu'il n'y aura bientôt plus d'occupation pour tout le monde. Un arrêt viendra qu'il importe de retarder, d'éviter, si possible, même au prix de sacrifices provisoires de la part des privilégiés du moment, dont la place est assurée parce qu'ils ont été fidèles à la terre. Que faire ? Devant un problème aussi vaste, il est indispensable de barrer la route aux illusions et d'envisager Les bœufs ont repris la place des tracteurs.
froidement la situation. Seulement, il est urgent de donner du travail à tous les hommes de bonne volonté. La solution peut venir de la terre par deux voies différentes, s'appuyant, d'une part, sur les exploitations agricoles en marche, d'autre part, sur les récupérations, les mises en valeur, les améliorations foncières, les travaux d'intérêt collectif. DE MEILLEURES TECHNIQUES Dans le cadre des exploitations en marche s'inscrivent des techniques meilleures. Un fait est certain : malgré les efforts poursuivis par les pouvoirs publics, l'instruction œuvre d'intérêt national, même dans les régions dévastées. Une mesure immédiate s'impose, non pas en alléguant un fonctionnement plus commode des machines, mais en songeant à l'économie de temps, à la disparition du chiendent entre les parcelles, à l'atténuation des difficultés entre voisins, à la diminution des prix de revient. Un effort sérieux doit être fait pour rendre tous les travaux moins pénibles, pour rendre l'alimentation plus complète par la ferme. A ce dernier point de vue, on reste étonné de l'incohérence des hommes. Ceux-ci ont la prétention d'établir des rations impeccables pour le bétail ; et à côté de cela ils laissent les gens professionnelle des cultivateurs laisse à désirer. Quelle que soit la dimension des exploitations, l'insuffisance éclate aussi bien chez le fermier disposant de 100 à 200 hectares que chez le petit paysan travaillant en famille sur quelques lopins de terre. Entendons-nous bien : il ne s'agit ni de la manière de labourer, ni de la conduite du tracteur, ni de la traite des vaches ou même des soins généraux à la basse-cour, mais tout simplement de l'emploi rationnel des engrais, de l'adaptation des variétés de plantes au milieu, de l'équilibre convenable des rations, de la sélection animale. Une ferme dont le rendement général est augmenté par la mise au point de tous les facteurs de la production fait vivre un plus grand nombre d'hommes et les nourrit mieux. Autre point capital : les conditions mêmes du travail sont défectueuses. Par exemple, que n'a-t-on dit et écrit sur les inconvénients du morcellement des champs et sur l'éparpillement des parcelles ! Un petit effort avait bien été tenté après la grande guerre ; mais on n'avait pas eu le courage d'ordonner le remembrement comme IMAGES DE FRANCE Le porc utilise les déchets, mais exige des locaux très salubres.
L'expédition des semences sélectionnées. aller à la dérive, supprimant les saisons pour les légumes et les fruits, contribuant ainsi à arracher chaque jour un peu plus à la terre voisine des hommes dont les ancêtres, moins exigeants, se contentaient des ressources locales. Que de choses précieuses nous aurions à notre portée si la vie facile n'avait pas tout désaxé ! En vue de développer la connaissance professionnelle, des cadres doivent être formés et un effort sérieux fait en faveur de l'enseignement agricole. Pour les aménagements indispensables, il faut prévoir des guides, du crédit. La collectivité doit faire les avances utiles gagées sur les rendements meilleurs qu'obtiendront les générations futures. EXPLOITATIONS ABANDONNÉES ET TRAVAUX D'AMÉLIORATION Empruntant la seconde voie dirigée vers la terre, il faut d'abord envisager la remise en marche des exploitations abandonnées, dont le nombre est moins élevé que celui des parcelles en friche. Les moutons gagnent les champs après la moisson. Le troupeau est l'objet d'un tri attentif.
Si l'on veut entreprendre de faire revivre les centres morts, la question doit être bien étudiée afin que soient réalisées des conditions d'existence analogues à celles que dispense la cité : il doit « faire bon vivre à la campagne ». Pour repeupler, il importe de s'adresser avant tout aux éléments plus cohérents que constituent les familles nombreuses — leur courage, leur compétence ont pu être éprouvés — et de les doter assez largement pour qu'elles ne connaissent ni la misère dans l'attente de la récolte, ni l'ennui et le désenchantement par les soirs d'hiver. Parallèlement viennent les grands travaux : réfection et aménagements des bâtiments de ferme et des chemins d'exploitation, assainissements, arrosages et, sur un autre plan, détermination de ce qu'il serait puéril de vouloir cultiver à tout prix ; le pacage en ordre et la saine exploitation du bois ont leur place dans une sage économie agricole. Enfin, notons la besogne pour la garde et les soins du bétail d'élevage en été, pour l'abatage et le travail au bois en hiver. Afin de mener à bien des projets d'une telle enver- gure, il convient d'encourager les producteurs, d'accrocher les hommes, les femmes, les enfants à la terre et de faire des prix sérieux, équilibrés pour les besoins réels du pays ; le programme comprend également la répartition équitable des produits, la réduction de la marge entre le coût à la production et le coût à l'achat. Il tend à forcer la consommation par l'abondance et le prix raisonnable et à écouter le supplément sur les marchés Photographies « images de France ». des pays dont le sol et le climat sont moins favorables. Notre France offre tant de possibilités ! UN EXEMPLE A MÉDITER Les photographies qui illustrent cet article ont été prises en Seine-et-Oise, dans une région dont les ressources naturelles étaient très médiocres il y a trois quarts de siècle. Un homme courageux, à forte ascendance agricole, s'y installa ; il connaissait son métier et fut aidé par un professeur d'agriculture remarquable ; il multiplia les semences de choix d'une maison possédant une haute réputation. Il y a quarante ans, son neveu vint le remplacer ; et cette seconde génération, encouragée par l'exemple, formée à la grande école paternelle et par les maîtres de Grignon, plus hardie encore, dérocha, draina, remua la terre profondément, créa des variétés remarquables de blés. Aujourd'hui, à Moyencourt, M. Camille Benoist attend le retour de captivité de son fils, ingénieur agricole et lui aussi créateur de nombreuses variétés de blés et d'avoines. Est-ce tout ? À la ferme, un excellent troupeau, des vaches laitières inscrites au herd-book ; des porcs et une basse-cour. En un mot, l'équilibre, la marche en avant soigneusement ordonnée, les arrières assurés. Cela permettant à un personnel plus nombreux de vivre plus heureux. Evidemment, on a commencé depuis longtemps ; mais à Moyencourt la progression du rendement en blé a été de 50 kilos par hectare et par an ; pour la France entière, il n'avait été que de 5 kilos par hectare et par an au cours d'un siècle : 1820-1920. Pourquoi donc ne pas commencer tout de suite en s'inspirant d'un exemple aussi démonstratif ? Pour entreprendre, pour espérer, pour réussir, il suffit de savoir, de vouloir et de posséder avec des ressources suffisantes un grain de bon sens. À cette condition, le retour à la terre peut ne pas être une utopie. L. BRÉTIGNIÈRE, professeur à l'École de Grignon, membre de l'Académie d'agriculture. Le potager est un appoint important de la ferme.
Château de Montgeoffroy Appartenant au Marquis de Contades, à Mazé (M.-et-L.) Le bon artiste relieur d'Angers André Bruel, consacrant un essai au sentiment de la patrie dans l'œuvre de Joachim du Bellay, poète angevin tout comme Marc Leclerc, cite justement ces vers : > Quant à moi, tant que ma lyre > Voudra les chansons élire > Que je lui commanderai, > Mon Anjou je chanterai. Un maréchal de France, ses ascendants, ses descendants se sont entendus pour le chanter, eux aussi, mais avec des pierres, au château de Montgeoffroy, qui est situé à Mazé, en Maine-et-Loire. Sitôt qu'on aperçoit sa blanche architecture à travers les barreaux et les entrelacs d'une grande porte de fer forgé, on discerne les deux époques qui l'ont marqué de leur empreinte. Le robuste appareillage des deux tours rondes et trapues qui « câlent » les deux extrémités, la rangée de consoles en doubles volutes placées sous le larmier de leur corniche fortement moulurée, leur toit en éteignoir qui s'éclaire par des lucarnes solidement entourées de pierre, de même que la chapelle sise en arrière d'une Photographies « Images de France ». IMAGES DE FRANCE
La tour et la chapelle du XVIe siècle. Prix Illustration des diverses sculptures et statues de 17ème siècle.

La revue "Images de France" (Plaisir de France) reparaît en novembre 1940 avec la même équipe et le même programme. Elle mettra en valeur les beautés naturelles, les sites, les paysages, les châteaux, les musées, les traditions régionales et le folklore de la France. Elle traitera également d'art, d'ameublement, de décoration, de mode, de musique, de théâtre, de livres, de cinéma et de la vie à la campagne. La publication s'adresse à une élite cultivée et féminine, tout en intéressant les hommes de goût. Le numéro de novembre, mis sous presse rapidement, ne comporte pas de pages en couleurs, mais promet leur retour prochain.