Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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MOBILIER DÉCORATION REVUE MENSUELLE DES ARTS DÉCORATIFS APPLIQUÉS ET DE L'ARCHITECTURE MODERNE ÉDITIONS EDMOND HONORÉ 76, AVENUE DE SUFFREN - PARIS (XVe) Avril 1940 20e ANNÉE Prix 14 fr.

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ÉTOFFES D'AMEUBLEMENT UNIS — SOIERIES — VELOURS — IMPRESSIONS MODERNE et REPRODUCTION D'ANCIEN - TAPIS - MOQUETTES - CARPETTES - FOYERS - POINT NOUÉ - ORIENT --- Anc. Établ. E. NEVEU BRUNET & Cie P. MEUNIE & Cie 13, RUE D’UZÈS — PARIS TÉL. GUTENBERG 88-20 — 4 LIGNES GROUPÉES

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MOBILIER & DÉCORATION L'ACTUALITÉ ARTISTIQUE Le Salon 1940 a lieu du 5 au 25 avril, au Palais de Chaillot, place du Tracodéro. *** Le cabinet de M. L.-O. Frossard. — M. L.-O. Frossard, ministre de l'Information, a composé son cabinet comme suit : Chef de cabinet : M. Delseriès, inspecteur des Finances ; chefs adjoints : le lieutenant J.-J. Morère et le colonel Tassion ; chef du secrétariat particulier : Mme Sully ; conseiller technique : M. Labarthe, docteur ès sciences ; chargés de mission : MM. Benassy, Naegelen, Nau ; attachés : MM. Colin, Escaiche, Sallé. *** Ministère de l'Information. — M. Frossard, ministre de l'Information, vient de nommer M. Julien Cain secrétaire général de ses services. *** L'Entr'aide aux artistes. — Une série de conférences au bénéfice de l'entr'aide va avoir lieu à la Fondation Salomon de Rothschild. La première conférence sera faite par le président de la Fédération d'Entr'aide, M. de Monzie, ministre des Travaux publics, le mercredi 10 avril à 17 h. 30. M. Edouard Herriot se fera ensuite entendre, le 24 avril, et parlera de tous les artistes qu'il a connus. *** Musée du Louvre. — A la suite d'un accord avec le Musée du Louvre, la vente des moulages des Musées nationaux et des gravures de la chalcographie se fera pendant la guerre au profit de l'Entr'aide aux artistes. *** Musée Cognacq-Jay. — L'exposition de cartes postales qui a lieu actuellement au Musée Cognacq-Jay sea remplacée par une exposition composée d'un choix de moulages et de gravures. *** Les artistes de l'Argentine envoient une contribution hebdomadaire au Comité France-Argentine pour venir en aide aux artistes français blessés au front. — Dans un esprit de solidarité, les artisans de l'Argentine ont constitué à Buenos-Ayres un Comité pour réunir des fonds destinés à venir en aide aux artistes peintres, sculpteurs, décorateurs et graveurs français blessés au front. Le Comité France-Argentine comprend : MM. Rodolfo Alcorta, Aquiles Badi, Hector Basaldua, Alfredo Bigatti, Lila Bosch, Horacio Butler, Carlos de la Carcova, Emilio Centurion, Pablo Curatella Manes, Cayetano Donis, José Fioravanti, Raquel Forner, Rodolfo Franco, Alredo Gonzalez Garano, Juan Carlos Guerrero, Gonzalo Leguizamon Pondal, Alberto Lagos, Prospero Lopez Bouchardo, Anibal Noceti, Martin Noel, Ignacio Pirovano, Enrique Prins, Roberto Ramaugé, Tito Saubidet, Jorge Soto Acebal, Pedro Zaballa (Pelele). Une circulaire a été distribuée aux artistes de l'Argentine par les soins du Comité, en vue d'obtenir des contributions pour cette œuvre. 25 cents par semaine sont demandés aux artistes. Les fonds sont envoyés à l'ambassade d'Argentine à Paris ou à l'hôpital argentin en France, pour leur distribution. Le représentant de cette œuvre généreuse à Paris est M. Pablo Curatella Manès, chancelier de l'ambassade de la République argentine. *** Le nouveau pont de Saint-Cloud. — M. de Monzie, ministre des Travaux publics, a inauguré le nouveau pont de Saint-Cloud. Le nouveau pont servira d'amorce à la voie nouvelle qui doit rejoindre, par Rocquencourt, les routes allant sur la Normandie et la Bretagne. *** Les Artisans de France. — Dans une vaste galerie de la rue de la Boëtie, aura lieu, du 10 avril au 10 mai, une exposition des Artisans de France, les artisans travailleront sous l'œil du visiteur. *** Galerie Kaganovitch. — M. Kaganovitch vient d'acquérir quinze œuvres qui seront offertes à l'Etat. Ces œuvres proviennent de l'exposition des peintres mobilisés, qui a eu lieu à cette même galerie. Les peintres dont les œuvres ont été retenues sont MM. Brianchon, Boussard, P.-E. Clairin, J. Despierre, Hosiasson, Lasne, Maguet, Malvaux, J. Moreau, Mac Avoy, Planson, Païlès, Savreux, Worms et Zendel. *** Pour les mobilises des îles. — M. Georges Mandel, ministre des Colonies, assisté de M. Gratien Candace, vice-président de la Chambre des députés et président du Comité d'aide et d'assistance aux mobilises des îles, vient d'inaugurer, à la galerie Schoeller, rue de Téhéran, une brillante exposition organisée au profit de cette œuvre. On y voit les plus récents ouvrages des peintres de Tahiti : Jacques Boullaire, Anne Hervé, Maurice Jean-Bart. Paul Mascart y expose des paysages de Nouvelle-Calédonie, et Roland Mouillot, peintre, et Pierre Christophe, sculpteur, évoquent Madagascar,

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MOBILIER ET DÉCORATION Revue mensuelle des Arts décoratifs appliqués et de l'Architecture moderne PARAISANT TOUS LES MOIS Nous déclinons toutes responsabilités au sujet des indications de provenance qui nous sont données sur les articles que nous insérons. Les modèles publiés dans cette revue sont et demeurent la propriété de leurs auteurs ; toutes reproductions ou imitations, même partielles, sont interdites et seront poursuivies par leurs auteurs. Les photos et manuscrits restent la propriété de la revue et ne sont pas rendus. Tous droits de reproduction et de traduction réservées pour tous pays. --- SOMMAIRE Salon 1940 (groupant le Salon d'automne, la Société des Artistes décorateurs et le Salon des Tulleries). — Leleu, par André Fréchet. — Actualité artistique. --- ABONNEMENT L'abonnement annuel (11 numéros par an, août excepté). France ………………………………………… Fr. 125. Belgique ……………………………………… Fr. 160. Pays à tarif postal réduit : Afrique du Sud (Union de l’I), Albanie, Argentine, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Congo Belge, Cuba, Egypte, Équateur, Espagne, Estonie, Éthiopie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hongrie, Italie, Lettonie, Libéria, Lituanie, Luxembourg, Maroc (Zone espagnole), Mexique, Paraguay, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et ses colonies, Roumanie, Salvador, Suisse, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, U. R. S. S., Uruguay, Venezuela, Yougoslavie ……………………………………… 190. Pays à tarif postal plein : Australie, Danemark, États-Unis, Grande-Bretagne, Japon, Indes, Norvège, Palestine, Suède ……………………………………… 200. ADMINISTRATION, RÉDACTION, PUBLICITÉ 76, Avenue de Suffren - PARIS (XVe) C. Ch. Postaux PARIS 678-19 • Téléphone : SÉGUR 24-05 --- Visitez LE SALON 1940 au PALAIS DE CHAILLOT Du 5 au 25 Avril

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MOBILIER & DÉCORATION SALON DE 1940 GROUPANT: - LE SALON D'AUTOMNE - LA SOCIÉTÉ DES ARTISTES DÉCORATEURS - ET LE SALON DES TUILERIES --- GERNEZ — FLEURS LE SALON DE 1940 ET LA CRITIQUE Le Salon d'automne, la Société des Artistes Décorateurs, le Salon des Tuileries sont réunis cette année au Palais de Chaillot en un seul Salon intitulé Salon de 1940. Le vernissage a eu lieu le 2 avril. M. Sarraut, ministre de l'Education nationale, a inauguré le Salon le 3 avril en compagnie de M. Herriot, président de la Chambre des Députés et du Salon des Tuileries, et de M. de Monzie, ministre des Travaux publics et président de la Société des Artistes Décorateurs. Accompagné de M. Georges Huisman, le ministre a été reçu par MM. Georges Desvallières, Montagnac, Valtat, et par les membres des Comités des trois groupements artistiques. Le Salon de 1940 groupe sa triple expression sous un minimum d'exposants puisqu'on ne compte que cinq cents artistes. Suivant le critique du journal « Le Matin », chacun conserve ses tendances, aucune nouvelle révélation ne s'y manifeste. Ce qu'il y a de plus caractéristique dans ces trois manifestations fondues en une seule, c'est qu'on n'y est point opprimé par l'ambiance douloureuse dont nous souffrons depuis septembre dernier. A part quelques images de guerre, le Salon de 1940 s'évade des tristesses présentes pour rappeler qu'il y a encore de pittoresques paysages, des corps harmonieux, des fleurs magnifiques. En parcourant ces cimaises bien éclairées, on a l'exacte sensation que la France doit toujours une partie de son incomparable prestige à la gloire des arts plastiques et l'on retrouve l'harmonie et la mesure des expositions artistiques de notre capitale. Dans le journal « Le Temps », M. René Jean publie un très important et remarquable article. Il envisage les tendances que l'on peut dégager du Salon de 1940. « Sommes-nous, dit-il, dans une période où se dessine une courbe ascendante de l'art français... audacieux qui l'affirmerait. Notre époque fragmente au lieu d'assembler, pousse l'analyse à l'extrême sans grand souci des constructions majestueuses. On n'imagine pas un peintre d'à présent assemblant les couples pour un « Embarquement pour Cythère » qui pourrait faire pendant à celui de Watteau, et l'on ne voit pas l'artiste capable de donner, des misères de la guerre, un équivalent aux blessés de la « Bataille d'Eylau ». Sans doute un court sonnet peut valoriser un poème, mais si maint artiste auprès de nous est capable d'assembler les couleurs dans

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MOBILIER & DÉCORATION un sonnet de subtil raffinement, aucun nom ne surgit à l'esprit quant à la possibilité d'un ample poème pictural, pareil à l'un de ceux que nous a légués le passé. Notre sensibilité visuelle s'est peut-être affinée, mais en se matérialisant. Elle a porté son attention sur les phénomènes lumineux et oublé les élans du cœur. Elle a regardé les plantes et les arbres, les plaines et les montagnes à toutes les heures du jour, mais elle semble avoir oublié que l'âme a ses remous qui se marquent sur le visage des hommes. Elle a cru rejoindre les sources grecques en se préoccupant surtout de l'étude des formes extérieures, mal comprises souvent, mais elle a oublié le christianisme qui nous façonna et nous indiqua la douleur comme « divin remède à nos impuretés ». Toutes les tentatives d'art religieux faites au Salon d'automne ces dernières années ont avorté lamentablement. Nos artistes ne savent plus prier dans la pierre, ni s'humilier en assemblant les couleurs sur la toile. Ils sont surtout préoccupés des spectacles extérieurs, de ce qui se passe autour d'eux et hors d'eux. Ils ne savent plus faire oraison. M. Dejean, par exemple, sculpte dans la pierre, avec un beau talent, une jeune femme agenouillée, mais il se soucie peu de ce qu'elle pourrait penser. Il ne cherche pas si une prière peut monter à ses lèvres. « Sois belle et tais-toi », dirait-il volontiers. Il ne songe pas à pénétrer le sens mystérieux de cette forme qu'il glorifie et qu'il associe à la pérennité du marbre. Cette insensibilité est une force, diront les uns, mais d'autres penseront qu'elle est une faiblesse et que l'expression des figures, si dédaignée qu'elle soit autour de nous, est un domaine que l'artiste n'a pas le droit d'aliéner. Malgré cette critique, M. René Jean reconnaît l'intérêt que présente le Salon de 1940, lequel réunit quelques-uns des meilleurs artistes de ce temps, et l'on pourrait dire du monde entier puisque Paris conserve sa primauté et son attrait dans ce domaine. Si l'on passe un peu vite dans les galeries du Palais de Chaillot on éprouve une impression harmonieuse et agréable ; tout y apparaît de bon goût dans un ensemble clair, reposant et calme. Le Salon de 1940 est, pour M. Charensol, le meilleur de ceux que nous avons vus depuis longtemps ; l'exiguité des cimaises a contraint les comités de l'Automne et des Tuileries à n'accepter que les envois des sociétaires de ces sociétés. Les amateurs de découvertes étaient certes mieux à leur affaire dans les innombrables salles du Grand Palais, mais les amateurs tout court préféreront un ensemble où se trouvent confrontés quelques-uns des grands noms de la peinture contemporaine avec les meilleurs représentants de la jeune génération. Les circonstances sont peu favorables aux décorateurs. La Société des Artistes Décorateurs est présentée seulement par quelques œuvres de ses artistes, des meubles isolés et des vitrines. Les céramistes cependant ne sont pas restés inactifs et l'on est heureux de rencontrer ici des pièces rares d'artistes tels que Lenoble, Massoul, Luce, Mayodon. Tel est aussi l'avis de René Chavance, qui loue les céramiques de Massoul, vêtues de tons subtils, celles de Mayodon de richesses ornées, celles de Jean Besnard, aux ingénieux traitements. Jean Sala expose des cristaux aux transparences précieuses, et les œuvres de Decorchemont scintillent de mille feux. René Chavance apprécie d'Alexandre Noll des objets façonnés tirés du bois ou de la pierre, de curieux objets, où subsiste comme l'invention prime-sautière de la nature. Il note encore, de Subes, une grille d'intérieur en fer forgé discrètement luxueuse, de Perzel les appareils d'éclairage, les orfèvreries de Puiforçat, les bijoux de Templier et de Jean Després, et enfin les meubles uniques et isolés de Leleu, de Dominique, d'Arbus, de Suzanne Guiguichon, de Jeannette et de Maurice Pré. Léandre Vaillat, dans un article sur l'Art Décoratif, signale de façon élogieuse la technique de la laque appliquée avec bonheur par M. Serge Rovinski, et avec maîtrise par MM. Jean et Bernard Dunand ; les cretonnes imprimées de Mme Paule Marrot, les reliures de Mme Anita Conti, de M. Cretté et de Mme Lucie Edgar Faure. JEAN DESPRÈS — BIJOUX OR ET ARGENT Photo Marc Vaux

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MOBILIER & DÉCORATION HENRI DE WAROQUIER — ÉGLISE DE FRANCE MAURICE SAVREUX — NATURE MORTE Photo Marc Vaux

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PIERRE MONTAGNAC — SANGUINE Photo Marc Vaux C'est encore M. Léandre Vaillat qui loue M. Gaston Poulain d'avoir demandé à quelques artistes des vignettes de timbres destinés à la franchise militaire. Dunoyer de Segonzac a composé le timbre de l'infanterie, Eric Gill celui des troupes anglaises, Daragnès celui des troupes coloniales, Sourret celui des chasseurs alpins, à Gromaire on a demandé le timbre de la Croix-Rouge, à Serge le timbre de l'aviation, à Maurice Denis le timbre des aumôniers militaires... et à Claire Vallière le timbre des prisonniers, à qui elle envoie des bouquets de fleurs pour éclairer leur exil... Le talent de chaque artiste a été bien accordé au thème demandé et l'album de ces vignettes sera l'un des plus beaux livres de la guerre. Georges Poupet, qui a longuement parcouru les galeries de peinture du Salon de 1940, fait remarquer que dès que les visiteurs ont franchi le seuil du Palais de Chaillot, ils sont attirés par des paysages nombreux et variés. C'est Brianchon qui a peint les verdures soignées du Bois de Boulogne, c'est Roland Oudot qui réussit ce tour de force de conférer une espèce de poésie à un réservoir en ciment, dans une campagne austère. C'est Planson qui donne tout son éclat à un « beau dimanche ». Les drapeaux tricolores, joie des peintres, flottent sur la plage d'Etretat peinte par Darel. La « Croisée des Chemins » est le titre donné par Othon Friesz à son tableau. Selon M. René Jean, c'est un simple carrefour où aboutiront des allées sous des arbres luxuriantes. Une femme s'éloigne au fond de l'allée centrale. L'ombrelle de la promeneuse dans le lointain est rouge, d'un rouge qu'eût affectionné Corot ; elle donne une note discrète et subtile qui fait vivre tout le tableau. Yves Alix, dans un paysage que termine des collines d'un bleu sonore, fait jaillir ou exploser des verdures luxuriantes. L'inclémence de l'hiver dernier nous vaut le grand nombre des paysages de neige exposés en ce Salon. Paris est célébré par quelques excellents tableaux : celui de Albert Marquet : un coin de Seine où les eaux coulent glauques et puissantes ; de Robert Lotiron, la Seine et ses quais vus d'Auteuil ; de Maurice Bouillot, le tournant d'une route neigeuse non loin de l'église de Lévy-sans-Nom ; André Barbier a peint la Seine charriant des glaçons, et Zingg l'âpre atmosphère d'un val jurassique sous les neiges de décembre. De Waroquer, note M. René Jean, a peint une église de France (l'église de Brou), massive et légère à la fois, avec ses arcs-boutants, ses longues fenêtres, son clocher. Tout proche, s'élèvent les bâtiments de l'ancienne abbaye. Les couleurs s'interpellent en un colloque que saisit un esprit sensible. Les gris multiples en leur apparence uniforme : gris de la pierre, gris du ciel, se pénètrent, s'accostent avec douceur. L'air circule autour des édifices, s'incorpore à lui dans un poème tout de méditation profonde et calculée. La raison fut ici au service de l'instinct ; on lui doit cette matière profonde, lisse, solide comme un émail qui promet à cette peinture lutte victorieuse contre l'usure des siècles. On a demandé à M. Charensol quel était le chef-d'œuvre du Salon. « Il est bien impossible, dit-il, de répondre à une telle question. » Cependant, il désigne : le « Beau dimanche » de Planson : une jeune femme mélancolique, assise à une table, et qui semble délaissée en ce beau jour ; ou encore le paysage de Roland Oudot ; l'intérieur au tapis rouge de Cavailles ; l'audacieux portrait de Georges Kars. D'autres collègues de M. Charensol ont beaucoup apprécié la plage bretonne de Ceria, ou encore, de cet artiste, une salle de bal à Saint-Guénoëlé ; la jeune fille au mantelet rouge jouant au clavecin une œuvre de Couperin ; le Bois de Boulogne de Brianchon, ou encore la chatoyante odalisque de Limouse. M. Raymond Cogniat apprécie de Jeanne Laillard une nature morte où chantent les verts, le bleu et le gris. Les natures mortes sont nombreuses au Salon de 1940, et l'on a loué un magnifique bouquet de fleurs ordonné par Gernez, un bouquet somptueux de Valtat, de Gritchenko : une fenêtre ouverte sur un jardin de Provence. Entre les salles de peinture, on a rassemblé quelques gravures et dessins. Les pièces groupées dans ce Salon ne peuvent sans doute prétendre à représenter l'école de la gravure française ; elles apportent cependant des épreuves dues à Jacques Bel-

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MOBILIER & DÉCORATION RAYMOND SUBES — GRILLE D'INTÉRIEUR EN FER FORGÉ BROSSE À 2 VANTAUX. Photo Chevjon --- DOUBLE CLIP OR RAYMOND TEMPLIER CLIP OR ET CABOCHON ÉMERAUDE CLIP ARGENT ET ÉMERAUDE

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MOBILIER & DÉCORATION trand, Jacquemin, Achille Ouvré, Boullaire, Friedberger. Parmi les dessins peu nombreux, M. René Jean signale ceux de Montagnac, qui délaisse un instant le mobilier pour tracer à la sanguine « la fille de l'onde amère, élancée comme une fleur, debout et tordant ses cheveux » ; les lavis de Mlle de Coster et quelques aquarelles de M. Bertrand. Pierre Noël décrit avec une verve amusée quelques scènes de la vie aux armées et non loin des dessins aimables et subtils composés par André Marty pour le cinéma. Yves Brayer expose une composition colorée, un parfait reportage d'une gare régulatrice, tandis que Mlle Jouclard, dans une toile aux vives couleurs, décrit le tumulte de la foule du pesage au Concours Hippique. Par exception, dans la dernière salle de cet important Salon, ont été présentées deux grandes compositions du peintre Quelvée, destinées à l'Ecole des textiles de Roubaix. *** Ce résumé de quelques-unes des critiques qui ont été écrites à l'occasion du Salon de 1940 montre tout l'intérêt de cette exposition de guerre. M. Raymond Escholier achevait ainsi son article rédigé le jour du vernissage : « On trouvera, au Palais de Chaillot, d'autres belles images consolatrices. Comme le dit encore M. de Monzie, l'un des grands animateurs de ce Salon 1940 : « La beauté console en exaltant. Notre pays a présentement besoin d'exaltation. » GRÈS, PAR Mme DEM R. LOTIRON — PAYSAGE

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MOBILIER & DÉCORATION ROLAND OUDOT — LE RÉSERVOIR DU VILLAGE Photos Marc Vaux CERIA — SALLE DE BAL