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MEUBLES DU TEMPS PRESENT PRÉSENTÉS PAR MAURICE DUFRENE CHEZ EUGENMOREAU 28 FAUBYSANTOINE
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
MEUBLES DU TEMPS PRESENT PRÉSENTÉS PAR MAURICE DUFRENE CHEZ EUGENMOREAU 28 FAUBYSANTOINE
MEUBLES DU TEMPS PRÉSENT --- Présentés par Maurice Dufrené Chez Eug. Moreau 28bis, Faub. St-Antoine Paris (XIIe)
INTRODUCTION Au temps passé de nombreux lustres étaient nécessaires pour classer une formule dans l'enchaînement traditionnel de l'Art. Le désir d'une transformation esthétique ou d'une expression nouvelle ne se faisait jour, assez logiquement, qu'avec les changements d'opinion, de politique ou selon le goût de modernisme qu'éprouvait tout successeur à un trône de quelque nom qu'on le qualifie. Au temps présent on n'attend plus de tels événements. Si le Régime Français demeure avec un grand R. F., les régimes artistiques tombent avec facilité. En deux ou trois années on voit régner avec une faveur aussi ardente que passagère un genre, un matériau, un procédé. La foule et surtout l'Elite ont tôt fait de brûler ce qu'ils adoraient pour adorer ce qu'ils avaient brûlés. Les hommes ne changent point en demeurant d'éternels changeants. L'agitation que certains prennent pour de l'activité, le désordre que les uns prennent systématiquement pour un effet de l'Art, l'extravagance que d'autres appellent originalité arrivent, poussés par le snobisme, à créer une excitation vers la nouveauté qui entraîne les plus indolents. On n'a plus le temps de vivre selon soi, paisiblement, en amateur pourrait-on dire. La douce vie au ralenti n'intéresse qu'au cinéma et encore quelques rêveurs attardés. Et voici que l'on trouve d'accord, à chaque salon, critiques d'Art et Public averti pour décréter que tel Meuble sent « le déjà vu », que tel tapis « ne se porte plus » ou que tel ensemble « ne nous apprend rien » parce que les uns et les autres se rattachent à des formules par eux réclamées lors de l'Exposition de 1925 ou admirées au dernier Salon d'Automne. L'Ameublement avance en quatrième, comme les autos, et beaucoup de gens aimeraient à en changer comme ils changent de voitures, pour le plaisir de « gratter » leurs amis.
Ce ne sont pas les décorateurs qui devraient s'en plaindre, mais pour être marchands d'idées de quelque façon que ce soit, ils n'en sont pas moins consciencieux et conscients, quoique non organisés, et ils déplorent du fond de leur sensibilité d'être amenés à une création intensive et de voir leurs ateliers transformés en « forceries » d'inventions comme il y a les forceries de primeurs. Les fruits hâtifs ont-ils la même saveur, contiennent-ils les mêmes vitamines que ceux que la rosée a gonflés, que le temps a mûris et que le soleil patiemment a dorés ? L'avenir le dira, et peut-être aux auteurs jardiniers mêmes, car l'avenir se hâte lui aussi et l'Histoire met l'accélérateur. Si les œuvres d'aujourd'hui, enfants d'un siècle pressé, libre et net, ont perdu le charme romantique, les sujets faciles à rêveries, à amusements et à souvenirs, elles ont gagné en intelligence, en ingéniosité, en pratique, en bon sens, en confort, en propreté esthétique et hygiénique ; ainsi solidement d'accord avec les besoins présents, elles ont les vertus fondamentales sans lesquelles le style n'est pas. Donc aujourd'hui un style existe. La preuve en est fournie non seulement par les querelles qu'il soulève, mais par la communauté de tendances et de principes dans laquelle ils travaillent. Allant généreusement jusqu'à sacrifier leur individualité, les créateurs se rapprochent les uns des autres. Il y a vingt-cinq ans, chaque artiste se cramponnait à son genre, c'est-à-dire au petit mode de décor le plus souvent superficiel, qu'il avait inventé, qu'il croyait surtout avoir inventé. Il avait plus souci de sa satisfaction propre que du Beau et du Bien-Etre qu'il a mission de dispenser. Ayant immolé un égoïsme pourtant légitime, sur l'autel de l'Art National, qui devient l'autel du Salut de l'Esthétique publique, il met son émotion et sa personnalité au service du Style et par là il le renforce et le fait viable. Sans doute il devient plus difficile au grand public de reconnaître une œuvre et de se départager en partisan de Jacques ou de Paul, mais combien il lui est plus aisé de comprendre et de choisir n'étant plus égaré dans des styles différents et personnels. Les styles vrais, classés, respectés aujourd'hui, sont tous sortis du Creuset où se sont fondus généreusement les talents divers des artistes, œuvrant dans un même sens, avec les mêmes moyens pour les mêmes buts. Le choix des formules proches voulu en ce recueil n'a d'autre prétention, et encore l'a-t-il fort humblement, que de fournir une preuve de l'unité du Style présent et d'exprimer le désir d'une stabilisation... jusqu'au prochain. MAURICE DUFRÈNE.
Cet ouvrage présente des meubles contemporains, illustrant l'évolution du style dans le mobilier. L'introduction discute du rythme rapide des changements stylistiques dans l'art et le design actuels, contrastant avec les époques passées. Elle souligne l'importance de l'intelligence, de l'ingéniosité et du confort dans la création de meubles modernes, affirmant l'existence d'un style contemporain unifié.