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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART VASES ET COUPE DE MADELEINE SOUGEZ ENGOBES SUR TERRE ROUGE ÉDITÉS PAR LES ATELIERS "PRIMAVERA" DES MAGASINS DU PRINTEMPS --- N°22 MAI 1927 8 frs.
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART VASES ET COUPE DE MADELEINE SOUGEZ ENGOBES SUR TERRE ROUGE ÉDITÉS PAR LES ATELIERS "PRIMAVERA" DES MAGASINS DU PRINTEMPS --- N°22 MAI 1927 8 frs.
DELVAUX 18, Rue Royale, PARIS - VERRERIES - PORCELAINES - DÉCORATION MODERNE r.d. --- Les Meubles de SAO SADDIER ET SES FILS 29 et 31 RUE DE BOULETS PARIS XIème GRAND PRIX EXPOSITION DES ARTS DECORATIFS PARIS 1925 --- COMPAGNIE ROYALE ASTURIENNE DES MINES FONDÉE EN 1833 ZINCS 1 RUE DU CIRQUE, PARIS --- JEAN DUGRENOT ABAT-JOUR - COUSSINS PARAVENTS CARTONNAGES DE LUXE MEUBLES - POTICHES 161, FAUBOURG SAINT-HONORÉ - PARIS ÉLYSÉES.33-84 R.C.SEINE 100.795
Vve.J.DUCHESNE & P. BINET 27_ RUE DES JEÛNEURS TÉL.GUTENBERG PARIS ADR.TÉLÉGR 29-97 & 70-38 (2e ARRT) DUCBIN-PARIS TISSUS D’AMEUBLEMENT & TAPIS CRETONNES TOILES DE JOUY VELOURS, ETC SUCCURSALE A PARIS : 39bis, Rue du Faubourg Saint - Antoine. — Téléphone : Diderot 05.46
REVUE DES ARTS DÉCORA- TIFS ET APPLIQUÉS MODER- NES, PARAISSANT TOUS LES MOIS, PUBLIÉE PAR "LES ECHOS" LA GRANDE REVUE COMMERCIALE FRANÇAISE LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART RÉDACTION ET ADMINISTRA- TION: 2 ET 4, RUE MARTEL PARIS (10° ARROND). TÉLÉ- PHONE: 8 LIGNES PRO- VENCE 04-04 ET LA SUITE N DU CHEQUE POSTAL 5559 Le Numéro: 8 Francs — Troisième Année — Le Numéro: 8 Francs ABONNEMENT FRANCE et Colonies Françaises … … … … … … … … … 80 francs par an ÉTRANGER, selon le pays destinataire … … … … … … … 120 ou 160 francs par an --- SOMMAIRE CÉRAMIQUE ET VERRERIE D’ART --- PAGE --- Aug. Delaherche (p. 6 et 7). — Émile Lenoble (p. 8). — Émile Decœur (p. 9). — Felix Massoul (p. 10). — Henri Simmen (p. 11). — Georges Serré (p. 12). — Jean Mayodon p. 13). — Fernand Rumèbe (p. 14). — Charles Catteau - Jean Besnard (p. 15). — Julia Ariès-Thiébaut - Cécile Baillot-Jourdan (p. 16). — André Fau (p. 17). — Robert Lallemant - Jean Luce (p. 18). — Marcel Guillard (p. 19). --- LES SCULPTEURS --- Paul Moreau-Vauthier - Malvine Tcherniak - Geneviève Granger (p. 20). — J. et J. Adnet - J. et J. Martel - M. Bouraine (p. 21). --- LA CÉRAMIQUE RÉGIONALE --- Paul Jacquet - Renoleau-Roulet (p. 22). — Augé-Laribé - Jacques Aublet - Faïencerie Saint-Jean-du-Désert (p. 23). — C. Tharaud (p. 24). --- L’ART DU VERRE --- Maurice Marinot (p. 25). — François Décorchemont (p. 26). — Jean Sala (p. 27). — Daum Frères (p. 28). — Henri Navarre (p. 29). — Marcel Goupy (p. 30). — Marcelle Wahl - Théo Berst (p. 31). — Le verre de Murano: Cappelin - Les émaux sur verre de Delvaux (p. 32). --- | ÉCHOS ET NOUVELLES | 33 | --- La Lumière dans les Intérieurs modernes Comparez ses émaux grand feu translucide et sa verrerie gravée au jet de sable dans le goût moderne EXPOSITION INTERNATIONALE DES ARTS DÉCORATIFS PARIS 1925 MÉDAILLE D’OR 78, Avenue de la Reine BOULOGNE-SUR-SEINE TÉLÉPHONE 0-02 --- une révolution en céramique les porcelaines grand feu de tharaud marque lemovices méthode nouvelle d’émaux en relief décor inaltérable (voir reproductions dans ce numéro, page 24) c. tharaud 2, rue du calvairelimoges représentant exclusif: louis ménigault(salles d’échantillons) 26, rue de paradis :: téléphone: provence 45-77 ---
LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART CÉRAMIQUE ET VERRERIE D'ART EN réunissant dans ce Numéro, comme dans une Exposition, les Maîtres Céramistes, les Maîtres Verriers ainsi que leurs émules, et ceux qui, grâce aux progrès de la technique industrielle, répètent à de nombreux exemplaires les très belles pièces sorties de leurs mains, nous avons voulu montrer à nos lecteurs et, surtout, faire connaître à l'étranger, où ce numéro est attendu, l'état actuel d'un art qui, en France, a pris sur les autres une prépondérance magnifique. La réalisation de notre intention était particulièrement délicate, car la présentation photographique d'œuvres d'art où la forme et le décor, pour les amateurs éclairés, ne sont qu'accessoires de second plan, a le défaut de les unifier. Ainsi, tel vase d'un céramiste novice ressemble comme un frère à ceux de tel illustre artisan du feu dont les œuvres sont disputées par les collectionneurs et les Musées. Mais les connaisseurs ne s'y trompent point que seule émeut l'âme des purs artistes qui frémit sous la couverte de leurs pièces uniques. Certes ils seront sensibles à la grâce des formes, à la qualité d'un émail, à l'heureux effet d'une coulée, à la perfection des couleurs, au charme et à l'originalité d'un décor, mais ce qu'ils rechercheront surtout c'est, à travers la cristallisation de la matière, ce que le feu n'a pas fixé : la vie qu'en modelant son œuvre l'artiste lui a communiquée. Tout le monde ne peut avoir un Musée chez soi, mais tout le monde désire contempler de belles potiches, de gracieuses coupes, de jolis vases qui, sur les meubles, semblent en émaner comme s'ils en étaient les fleurs. Nos intérieurs modernes surtout, avec leur mobilier aux lignes sévères, ne sauraient se passer de céramiques ou de verreries. Leurs courbes, comme celles d'un sourire dans un visage austère, en rachètent la monotonie. Et l'éclat de leur émail ou de leurs couleurs fixe la lumière lasse de s'éparpiller sur des surfaces planes. Pour ceux-là qui ne peuvent songer à la possession de pièces uniques des Maîtres, quelques-uns de ceux-ci consentent des rééditions de certaines de leurs œuvres à des prix raisonnables. Mais ces amateurs peuvent aussi s'offrir les œuvres originales d'artistes moins notoires dont le talent est plein de promesses. Enfin, spécialement pour eux, des céramistes, qui ont compris les besoins de notre époque, ont formé des ouvriers qui reproduisent en série des pièces qu'ils ont modelées eux-mêmes et dont ils surveillent la cuisson. Maîtres notoires, artisans qui suivent leurs traces tout en pratiquant des techniques personnelles, céramistes et verriers de série sont ici réunis pour la plupart. Quelques-uns manquent, comme Damouse récemment enlevé à son art par la mort, comme Cazaux et Butheaud que la maladie ou le deuil ont momentanément éloignés de leur four, comme d'autres, cachés en Province, qui ne suivent pas les manifestations artistiques, et qui ont, par modestie, négligé de répondre à notre appel. Si notre étude est incomplète, elle constitue néanmoins un document utile qui pourra figurer dans les bibliothèques auprès des ouvrages consacrés à la Céramique et à la Verrerie d'art de notre époque.
Photo Germain LE DOYEN DES CÉRAMISTES FRANÇAIS A. DELAHERCHE Vous me demandez quelques notes sur mes travaux et sur moi-même : mon métier d'abord. Je me suis exclusivement occupé de céramique de grand feu, grès et porcelaines, d'abord parce que j'aime les belles matières, serrées, imperméables, sonores — ensuite parce que les métaux employés pour les émaux, ne donnent toutes leurs qualités qu'à de hautes températures. Au point de vue de la forme, je me suis toujours attaché à la simplicité. J'ai réagi dès mes débuts contre les formes compliquées que l'on voyait partout, formes imitées du bronze, de la pierre, du marbre ; tout cela semblait avoir été fait à l'outil dans une matière dure. Rien ne rappelait le travail de la main, sur le tour, dans la matière molle qui est la glaise. Je crois avoir été le premier à revenir aux formes simples. « Enfin, voilà l'art du potier remis dans la vraie voie », disait Paul Desjardins en 1889. « Un vase, ai-je écrit un jour, c'est quelque chose d'expressif, de vivant, un vase dirige une fleur, retient une masse de feuillages, supporte un arbuste. Et c'est l'idée de direction, de resserrement, de soutien qui poussera le potier à allonger le col du premier vase, à resserrer l'ouverture du second, et dans le troisième à exprimer l'effort par des séries de courbes et de ressauts. » C'est toujours ce principe que j'ai suivi, simplifiant de plus en plus les profils. Quant à la couleur j'ai toujours cherché à l'approprier à la forme ; couvertes plus claires et plus minces pour les petits vases auxquels je demande
de l'élégance, émaux plus épais et plus sombres pour les grosses pièces où je veux exprimer la force. Mes travaux se divisent en quatre périodes : Celle de mes débuts à la fabrique de l'Italienne où M. Ludovic Pilleux m'avait permis de faire des essais (1883-1886) à ma sortie de l'Ecole des arts décoratifs. Grès, décor sur englobe sous couverte, grès salés, émaux gris, bruns, bleus, verts ; objets usuels, vases, brocs, gobelets, très bon marché, réclamés, si souvent depuis par la critique, et qui n'ont du reste aucun succès. Je me vois obligé d'interrompre et collabore pendant dix-huit mois à une maison d'orfèvrerie. En 1887, je reprends à Vaugirard l'atelier que Chaplet quittait pour s'installer à Choisy-le-Roi et j'y travaille jusqu'en 1894. C'est l'époque des vases décorés de fleurs, de fruits, de plumes de paon, la période des couleurs vives, des flambés, des rouges, des blancs et des verts de cuivre. Pendant quelques mois d'été de 1890 à 1894 je travaille aussi à Méricourt dans l'Oise : grès mats, bruns, roux, gris, sans autre décor que des côtes, des coups de pouce, des dépressions. Enfin en 1894, je suis obligé de quitter la rue Blomet et viens m'établir définitivement à Armentières, hameau de la Chapelle-aux-Pots dans l'Oise. Nouvelles recherches avec le fer, le litane, etc. Série des cristallisations, des roses, des jaunes, des bleus, des céladons. C'est là aussi que je commence à faire de la porcelaine, après quelques essais à Paris. Porcelaine gravée et ajourée. Dans la pâte crue, très fragile, je sculpte et ajoure mes coupes. Au feu, l'émail translucide bouchera les vides. C'est ici aussi, en 1904, que je me suis mis à tourner moi-même tous mes vases, ne créant plus que des pièces uniques — depuis 23 ans, je travaille seul, sans aucun collaborateur. A côté de mes vases, j'ai toujours été entrainé vers la décoration extérieure ou intérieure. Dès l'Italienne c'est un épi de faîtage (maintenant au musée de Limoges). A Paris, à Méricourt ce sont des cheminées, des encadrements de portes (musée du Luxembourg), des frises pour des façades (hôtel de Baudat, lycée Victor Hugo) puis aux Sables Rouges, une grille ajourée dissimulant un radiateur et la décoration de toute une salle à manger — je viens de terminer une grande cheminée. J'ai pris part à beaucoup d'expositions en France et à l'étranger. En 1890 j'ai été le seul et le premier artisan admis au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts. En 1907 l'Union Centrale des Arts Décoratifs me donnait toute une salle du Pavillon de Marsan et me permettait de faire une exposition d'ensemble. Près de cinquante musées de France et de l'étranger ont acquis de mes œuvres. La plus importante collection est au Musée de Beauvais dans une salle qui porte mon nom. Cet ensemble est dû à l'initiative et à la persévérance de mon ami Jean Ajalbert et à la générosité de mes compatriotes. De moi-même que vous dire ? Que j'ai près de 70 ans, que je suis né à Beauvais et que je continue à travailler à 15 kilomètres de cette vieille et curieuse cité, dans ce charmant pays de Bray aux collines boisées et dont les herbages sont semés en ce moment d'arbres en fleurs. Les amateurs de céramique qui m'y rendent visite me trouvent sur le tour, façonnant un vase, ou gravant une coupe de porcelaine, modelant une frise, trempant mes pièces dans l'émail ou chargeant de bois les alandiers de mon four. Et je continuerai, tant que mes forces me le permettront mon dur et passionnant métier Auguste DELAHERCHE. PORCELAINE GRAVÉE ÉMAIL IVOIRE Photos Gatelet PORCELAINE AJOURÉE ÉMAIL IVOIRE
POTERIE DE GRAND FEU Brun verdâtre mat, frise brun roux ÉMILE En regardant Lenoble, le bien nommé, puis son œuvre, on comprend que l'une soit issue de l'autre. Même force, même caractère, même équilibre et, influence du nom, même... noblesse. L'art de Lenoble est classique et pourtant il est inimitable. Il consiste à harmoniser le décor, la couleur et les proportions dans un mariage idéal. Élève de Chaplet, Lenoble n'a rien emprunté à son maître que des procédés techniques. Mais en scrutant la céramique des potiers chinois, il a découvert leur science et c'est elle qui le dirige. On s'en rend compte à la profonde beauté de ses Photo G.-L. Manuel frères LENOBLE couleurs. Celles-ci sont toujours unies. Il excelle dans les bruns chauds dont sa palette possède toute une gamme. Il a réalisé des bleus magnifiques d'éclat et de perfection, des rouges, des verts, des jaunes, etc. Pour lui, le feu n'est point un auxiliaire, mais un serviteur. Son rôle est strictement limité comme il l'est presque toujours entre les mains des maîtres. De cette parfaite possession des éléments de son métier, d'une imagination saine et d'un amour ardent sont nées ces œuvres où « tout est ordre et beauté, calme et volupté ».
ÉMILE DECOEUR PORCELAINE GRAND FEU Pour définir l'art d'Emile Decœur, nous ne pouvons mieux faire que d'emprunter quelques beaux passages à l'étude que notre collaborateur, M. Guillaume Janneau, lui consacrait naguère : « Emile Decœur occupe une place toute particulière parmi les maîtres céramistes. On pouvait présumer qu'à l'Exposition des Arts Décoratifs de 1925, où les arts de terre, comme on disait jadis, se manifestèrent avec un exceptionnel éclat, il rencontrerait des émules. Il n'en fut rien. Son art demeure unique, sa technique lui reste propre, la profonde personnalité de son œuvre conserve son caractère exclusif. Le grand goût français, fait de choix, de mesure, et d'objective raison s'y concrétise avec une incomparable autorité, avec, aussi, la sérénité et l'égalité qui excluent toute intervention du hasard. Il n'y a pas de trouvaille fortuite, pas d'improvisation, — on ose dire : pas d'inspiration, — dans les œuvres d'Émile Decœur : elles sont la cristallisation d'un savoir et d'une réflexion qui, rarement, se sont alliés d'une manière plus heureuse. » D'abord faïencier, Decœur s'essaya ensuite dans les grès, auxquels il applique le procédé d'engobage employé pour les faïences. Puis il vint à la porcelaine. Dans cet art complexe et délicat, qui propose tant de problèmes techniques, il s'est fait une place unique. Créateur de la poterie de porcelaine il est le maître incontesté d'un genre renouvelé de la Chine. Ses porcelaines « ne sont pas seulement des chefs-d'œuvre d'équilibre, de belle compréhension de l'effet de masse, en un mot d'architecture. Elles valent surtout par ce sentiment profond avec lequel Emile Decœur associe le décor à la forme. Avec quelle délicatesse joue cet émail monochrome sur la rondeur puissante ou l'épaulement élégant d'un vase ! Un léger motif décoratif, collier de perlettes, semis de graines de maïs, guirlandes de fleurs stylisées en souligne-t-il la forme ? A ce motif l'artiste ne demande que d'accrocher une touche de lumière, heureux accident qui intéresse et qui plaît. » Photo Laure-Albin Geillet Photos Salaün PORCELAINE GRAVÉE GRAND FEU
FÉLIX La connaissance des diverses techniques que j'emploie m'a été révélée par une étude approfondie des céramiques exposées dans les Musées. Je suis convaincu, en effet, que l'on ne peut rien faire de complet et de définitif en art appliqué, si l'on ignore les phases successives de la Tradition. En nous apprenant de quelle façon ils ont résolu les problèmes qui leur étaient posés, les anciens nous aident, en effet, à trouver des solutions pour les problèmes présents. J'estime que leurs travaux doivent nous guider et nous seconder dans notre effort vers plus de beauté et que, de la sorte, tous les tâtonnements, toutes les peines et, aussi, toutes les angoisses qui furent le lot pénible des générations qui nous ont précédés, peuvent nous être épargnés. N'est-il pas évident que la connaissance complète d'un métier, depuis ses origines jusqu'à nos jours, permet à l'artisan de se servir de la matière comme d'un instrument docile qui serait dans ses mains pour traduire ses sensations et fixer ses émotions ? Aidé de ma femme, j'ai commencé ma carrière par des recherches sur les reflets métalliques comme ceux des Hispano-Arabes. J'ai continué par des travaux sur certains émaux mats donnant l'apparence de marbres jaspés. Parallèlement à ces recherches, je reconstituai la technique des anciennes faïences pharaoniques et je retrouvai le bleu des statuettes égyptiennes. En 1913, chargé de mission, je me rendis en Egypte afin de compléter mes observations sur les poteries anciennes. Au cours de ce voyage, j'étudiai MASSOUL les traditions des céramiques orientales (Perse, Arabie et Egypte Musulmane). Des recherches sur des couleurs possédant le même éclat que celles de l'ancienne Egypte suivirent : j'obtins ainsi des verts frais, des violets aubergine, des jaunes éclatants. En résumé, ma femme et moi, nous recherchons la luminosité dans la couleur et nous nous interdisons les tons louches. Nous aimons les couleurs vibrantes, comme celles que l'on trouve dans les verrières de nos cathédrales, dans les émaux limousins ou bien encore dans les céramiques orientales ou extrême orientales. Magnifier la couleur est pour nous le rôle le plus important des arts du feu. Un décor rythmé sur une forme simple avec une belle harmonie de couleurs, tel est l'idéal en céramique que nous avons cherché à réaliser en travaillant tous deux sans aucune aide et sans la participation d'ouvriers d'aucune sorte. Des travaux sur les porcelaines du XVIIIe siècle, sur l'émail stannifère des faïences françaises, sur les céramiques grecques et romaines furent exécutés entre temps. Enfin, des études et des publications d'archéologie sur les céramiques orientales grecques, gréco-romaines et gallo-romaines vinrent s'ajouter à notre œuvre commune. Des conférences nombreuses sur les mêmes sujets furent faites par nous, à Paris et en province. Félix Massoul. CÉRAMIQUES A PATE SABLEUSE Photo Odiorne
H. SIMMEN COUVERTE VIEIL IVOIRE J'ai allumé mon premier four il y a une vingtaine d'années. Inspiré des techniques primitives asiatiques je n'emploie que des produits d'origine naturelle (roches, minerais, laves, basaltes, cendres de chêne, camélia, bambou, etc.) sans emprunt à la chimie moderne. Depuis quelques années j'ai même renoncé au tour du potier pour ne plus faire mes pièces qu'entièrement à la main, ce qui me donne, avec une plus complète satisfaction créatrice, des formes plus vivantes, plus émotives. Il ÉMAIL CÉLADON m'a été reproché de faire « trop chinois ». Critique de surface. Je ne sacrifice pas à la mode. Aucune de mes pièces comme forme décor, couverte n'est chinoise — à la lettre. On n'en retrouve jamais le modèle dans un Musée. J'ai étudié auprès de Maîtres potiers, au Japon et en Chine, et ma culture générale est essentiellement asiatique. Aussi mes œuvres sont-elles la traduction d'une mentalité et d'un esprit extrême-oriental, guidé peut-être aussi par un lointain atavisme. — H. Simmen. ENGOBE ROUGE Couverte aventurine sur terre noire, bouchon ivoire de O Kin Simmen. COUVERTE BLANC ROUGE

Cette publication mensuelle, "Les Echos des Industries d'Art", présente un panorama de la céramique et de la verrerie d'art en France. Elle met en avant les œuvres de maîtres céramistes et verriers, ainsi que les productions industrielles de pièces d'art. L'accent est mis sur l'importance de ces arts décoratifs pour les intérieurs modernes et sur la diversité des créations, des pièces uniques aux rééditions et productions en série.