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LES ARTS N° 51 PARIS — LONDRES — BERLIN — NEW-YORK Mars 1906 CIMAISE ANDREA DELLA ROBBIA (Attribué à). — TÊTE DE FEMME (faïence émaillée) (Musée National, Florence)
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LES ARTS N° 51 PARIS — LONDRES — BERLIN — NEW-YORK Mars 1906 CIMAISE ANDREA DELLA ROBBIA (Attribué à). — TÊTE DE FEMME (faïence émaillée) (Musée National, Florence)
La COLLECTION de M. PAUL GARNIER I. — L'HORLOGERIE ET LES MONTRES Rien n'est plus intéressant qu'une collection d'objets d'art formée par un homme du métier; nul snobisme n'y a présidé. Depuis la première jusqu'à la dernière pièce, toutes ont été recherchées, soit pour leur curiosité technique, soit pour la beauté de leur décoration. Poursuivie avec la volonté tenace d'un homme décidé à constituer la plus complète des séries, attirant comme un aimant, par un phénomène mystérieux, toutes les pièces qui passent à proximité de sa convoitise, résolu aux plus grands sacrifices pour la possession d'un objet capital quand il se présente, une telle collection arrive un jour ainsi à être absolument représentative de l'industrie artistique à laquelle a été vouée une si ardente passion professionnelle. Telle est la collection de M. Paul Garnier. Elle est célèbre pour être, quoique restreinte, une des plus charmantes collections du Moyen âge et de la Renaissance que Paris nous ait conservées. Nous verrons une autre fois quels chefs-d'œuvre elle recèle en ivoires, en émaux peints, et surtout en plaquettes de bronze des xve et xvie siècles italiens, parmi lesquelles se trouvent même quelques exemplaires uniques que convoiteraient bien des musées; l'Orient musulman même y est représenté par quelques charmantes pièces de cuivre incrusté d'argent, dont le goût vint à M. Garnier par l'intime fréquentation de son ami le grand amateur E. Leroux, qui légua une grande partie de sa collection au Musée du Louvre. Mais le « réduit » même de la collection, ce qui la fait unique sans doute dans le monde, c'est l'extraordinaire série des horloges et des montres, où s'est si bien manifestée la double compétence artistique de l'horloger et de l'amateur. Les études consacrées à l'art de mesurer le temps ne datent pas d'hier, et quand Pierre Dubois écrivit, en 1858, son Abrégé historique de l'Horlogerie au moyen âge et à la Renaissance, en s'appuyant sur les objets de la collection du prince Pierre Soltykoff, il le fit suivre d'un index bibliographique très étendu de tout ce qui avait été écrit sur ce sujet. C'était déjà l'emploi d'une bonne méthode, qui consistait à s'occuper de l'histoire d'un art industriel par les monuments. Mieux adaptée encore à son objet, cette méthode fut celle de Léon Palustre, quand il assuma la tâche d'étudier les horloges et les montres de la collection Spitzer. Nous ne pourrions mieux faire que de nous réclamer d'un tel modèle. LES HORLOGES Il faut remonter jusqu'au règne de Philippe le Bel pour trouver trace de modifications l'horlogerie, qui permirent de horloges sportatives un mouvement assez sûr pour leur permettre de dans les appartements. Ce fut sort moteur en forme de spirale, remplaçant le poids, force motrice horloges, qui permit de donner à les positions en ne nécessitant qu'un espace fort restreint. A quelle époque cet immense progrès fut-il réalisé ? Dans son savant rapport sur l'Exposition universelle de 1889, M. Paul Garnier avait indiqué approximativement l'année 1500. D'autres ont fait remonter cette découverte au règne de Charles VII. Si l'on s'en rapporte à une horloge conservée au musée de Bourges, dont tous les caractères sont bien importantes dans loger dans des d'une précision prendre place l'invention du res- ou grand ressort, des premières l'horloge toutes HORLOGE DE TABLE EN FORME DE LIVRE Marquee Hans Schnier, 1483 Art allemand (Collection de M. Paul Garnier) HORLOGE Aux armes de Phélypeaux de la Vrillière Art français, fin du xve siècle (Collection de M. Paul Garnier)
LA COLLECTION DE M. PAUL GARNIER du xve siècle, on pourrait assez judicieusement placer entre ces deux dates, vers 1450, l'apparition de cette innovation, qui allait rendre possible la fabrication des montres. Tant que les pièces dont se composaient les horloges avaient été assez volumineuses, aucune distinction ne s'était établie entre ceux qui y travaillaient et les simples serruriers. Dans un compte de 1407, cité par Laborde (Notice des Emaux, t. II), se trouve la mention : « A Jehan d'Alemaigne, ser-rurier, pour un mouvement ou petite orloge acheté de lui pour mettre en la chambre de Madame. » Mais les progrès si rapides accomplis durant le xve siècle, et l'invention des montres à peu près contemporaines de la fin du règne de Louis XII, rendirent nécessaire l'apprentissage et la maîtrise pour se livrer à une industrie aussi compliquée. Tout un règlement fut élaboré en 1544, sous François Ier, devant assurer l'habile pratique d'un métier qui allait produire de véritables chefs-d'œuvre, d'une union étroite entre le mécanicien et l'orfèvre. C'est à partir du xviie siècle qu'une décoration précieuse et soignée s'appliqua plus particulièrement aux horloges de table, meubles délicats, d'un volume réduit et dont on exécuta une infinité de modèles charmants. Déjà, au xvie siècle, nous voyons le roi René payer 50 florins à Guilhem de Carpentras une horloge « en forme de pomme ronde », et Louis XI, en 1481, en acheter une autre à l'orlogueur Jehan de Paris. L'importance qu'on attacha au xvie siècle à celles de ces horloges que distinguait un art plus raffiné, nous est fournie par ce fait qu'on les donnait alors comme Art allemand. — Commencement du xvie siècle (Collection de M. Paul Garnier) Horloge de Table Art allemand, commencement du xvie siècle (Collection de M. Paul Garnier)
LES ARTS Gravure par Jacqart PAGES GRAVÉES POUR LES MONTRES PAR LES MAÎTRES ORNÉMANISTES DU XVIe SIÈCLE cadeaux diplomatiques. — C'est certainement en Allemagne que la fabrication des horloges fut le plus active au xvie siècle. La collection Spitzer, qui contenait 72 horloges, en comprenait 61 allemands. Du reste, il suffit de visiter certains musées allemands, notamment ceux de Dresde, de Brunswick et de Nuremberg, pour juger à la quantité vraiment extraordinaire d'horloges exposées, qu'on se trouve en présence d'un art national. Les principaux centres furent Augsburg, dont le poinçon bien connu est un chapiteau antique, surmonté d'une pigna ou pomme de pin. Nuremberg et même Munich eurent aussi de nombreux ateliers. La variété des formes est très grande. La plus commune est certainement l'une des plus disgracieuses. Moins les rayons, on croirait se trouver devant un ostensor. L'une des meilleures formes adoptées fut celle d'un édicule soit carré, soit hexagonal, orné de colonnes ou de pilastres, le plus souvent se terminant en dôme, avec les cadrans disposés verticalement sur les faces latérales, les moindres parties subissant un travail de gravure, de ciselle et de dorure. En France, les horloges de ce genre étaient de dimensions beaucoup plus réduites qu'en Allemagne. Dans d'autres horloges, dites de table, le cadran n'était plus vertical, mais présenté horizontalement. Ce ne Gravure par Étienne Delaune sont plus des édifices, mais de simples boîtes, tantôt carrées, tantôt rondes. Le cadran remplace le couvercle, et les armoiries, quand il le fallait, étaient gravées en dessous. Enfin, une dernière catégorie d'horloges affectait la forme d'un livre muni de fermoirs. Le cadran était alors contenu à l'intérieur ou rapporté sur un des plats. * Toutes ces formes sont éminemment représentées dans la collection de M. Paul Garnier. Les horloges allemandes, par ce beau monument des anciennes collections Benda et Spitzer, aux fines colonnettes d'angles, dont le cadran est accosté de deux figures assises en haut relief sur un beau fond gravé de rinceaux, surmonté d'une frise d'entablement où courent des chevaux et des chiens; le couvercle, bombé et ajouré, surmonté d'un groupe de trois personnages se tenant adossés, est orné de médaillons à bustes se détachant en ronde bosse, d'un très grand caractère. D'un art plus merveilleux encore, et peut-être la plus belle horloge que nous connaissions, est celle en forme de boîte ronde, à cadran horizontal, qui appartint jadis à Gravure par Michel Le Blon M. Ed. Foulc. Portée sur trois tortues, elle présente une large frise circulaire divisée par des monstres en gaines en Gravure par Jacqart PAGES GRAVÉES POUR LES MONTRES PAR LES MAÎTRES ORNÉMANISTES DU XVIe SIÈCLE
LA COLLECTION DE M. PAUL GARNIER deux compositions de haut relief, une chasse au lion et le triomphe d'un héros, toutes deux inspirées de l'antique. Le poinçon porte une tête de marotte entre les deux lettres G. S., marque qu'il serait intéressant d'identifier et qui existe sur quelques autres pièces. Une petite horloge sphérique à sonnerie, en forme de chauffe-mains ajouré de croissants, est signée de Jacques de la Garde à Bloys et datée de 1551. C'est une des très rares horloges du xvie siècle d'origine bien sûrement française que nous connaissons. La petite horloge en forme de livre de prières provient de l'ancienne collection Fau. Ornée de fines gravures, elle porte la signature et la date « Hans Schnier in Speir, 1483 », marque de la cathédrale de Spire. Une horloge en forme d'édicule carré, gravée d'ornements si élégants, dont le couvercle ajouré est surmonté d'un guerrier antique, et qui passa par la collection Spitzer, porte l'écusson de la famille Phelypeaux de la Vrillière; un membre de cette famille qui en fut peut-être le possesseur, 1. MONTRÉ OR REPoussé, art allemand XVIIe siècle. — 2. MONTRÉ CARRÉE, époque de Louis XIII. — 3. MONTRÉ, époque de Louis XIII 4. MONTRÉ, art allemand XVe siècle. — 5. MONTRÉ MONTÉE AVEC UNE PLAQUETTE DE VALERIO BELLI, XVIe siècle. — 6. MONTRÉ, art allemand XVe siècle (Collection de M. Paul Garnier) était premier ministre de Henri III. — Enfin, une horloge carrée, dont tout le mécanisme est apparent derrière une glace et contenant à la partie supérieure un cadran horizontal avec astrolabe, est intéressant par la marque Nicolas Feau à Mercelle (Marseille). Ce monument d'horlogerie, de l'ancienne collection Stein (n° 217, Catalogue de vente de 1886), est une des rares horloges françaises, et fut étudiée dans la Chronique des Arts du 1er mai 1886 par Edmond Bonnaffé, qui y retrouva le nom d'une famille marseillaise connue. LES MONTRES Si, comme nous venons de le voir, les horloges, pour la grande généralité, ont été fabriquées en Allemagne, les montres sont en majorité du xvie siècle, d'origine française et
LES ARTS de quatre principaux centres: Paris, Lyon, Blois et Rouen. La collection Garnier possède deux raretés en ses deux montres rondes du xve siècle, en bronze doré (sans doute allemandes), dont l'une porte des ornements encore tout à fait gothiques dans les rinceaux de l'un de ses plats, et une sortie du tombeau tout à fait dans le style du xve siècle, avec un poinçon aux lettres V. S., accompagné d'une tête de marotte; et l'autre, dont le médaillon central relié aux bords par des gaines ajourées, porte un cavalier traversant les flammes, sujet sans doute tiré d'une scène du Roman de la Rose. Un des caractères des montres primitives est d'avoir les platines des mouvements généralement en fer. Les formes adoptées au xvie siècle sont assez variées. C'est tantôt une croix de Malte ou une croix pastorale, tantôt une coquille de Saint-Jacques ou une fleur de lis, tantôt une tête de mort. Cette dernière fantaisie, d'un goût douteux, eut du succès sous Henri III, qui, après la mort de la duchesse de Condé, avait fait graver la funèbre image sur la plupart des objets à son usage. A l'origine, on préférera à la forme ronde les formes ovale et octogonale, qui permettaient au graveur de disposer plus diversement ses sujets. La décoration se répand sur toutes les parties de la pièce, enveloppe ou boîtier, cadran et même coq et cliquet. Toutes les matières concourent à la décoration, la gravure et la niellure au premier rang; plus tard, l'émail prendra la première place. Le cristal de roche taillé joua au xvie siècle un rôle très important. Un des grands intérêts de l'étude des montres du xvie siècle, c'est que, dans les très précieux exemplaires, on retrouve les compositions gravées que nous ont fait connaître les recueils de gravures des petits maîtres de l'époque: Étienne Delaune, Théodore et Jean de Bry, Pierre Wairiot, Jacquart et Michel Le Blon, si bien étudiés par Guilhard dans ses Maîtres Ornemanistes. Et quand on a affaire à un amateur aussi éclairé que M. Paul Garnier, tout à côté de la vitrine des montres se trouvent, dans une petite bibliothèque à portée de votre main, les beaux livres habillés de maro- 1. Signée : Jean Vallier à Lyon 2. Signée : Denis Bordier 3. Anonyme 4. Signée : Jean Vallier à Lyon 5. Signée : Pierre Cuper 6. Anonyme MONTRES EN ARGENT GRAVÉ ET À BOITIERS DE CRISTAL DE ROCHE. — Art français. — xvie siècle (Collection de M. Paul Garnier)
1. MONTRE signée Morgan, à Fleet Street. Gravée d'après une gravure d'Étienne Delaune. Art anglais XVIe siècle. 2. MONTRE signée J. Barberet, d'après Étienne Delaune et Th. de Bry. 3. MONTRE, art français XVIe siècle. 4. MONTRE octogone signée P. Durand, à Bouen. 5. MONTRE signée Noytolon, à Lyon. 6. MONTRE signée Salomon Chresnon, à Blois, d'après Étienne Delaune. 7. MONTRE signée Jacques Sermaud. 8. MONTRE signée James Vantrollier. Art anglais. 9. MONTRE anonyme, d'après Étienne Delaune. MONTRES EN ARGENT GRAVÉES. — XVIe siècle (Collection de M. Paul Garnier)
LES ARTS quin, qu'on n'a qu'à feuilleter pour y retrouver toutes les charmantes gravures que les plaques des montres viennent de vous présenter. Les artistes de l'époque de Louis XIII conservèrent encore les traditions des maîtres exquis de la Renaissance. Mais, avec Louis XIV, tout change; le noble métal, l'or, impose partout sa richesse, et dès lors la gravure est remplacée par la ciselure et l'email, les compositions étant exécutées en relief au lieu de l'être en traits subtils, et, avec le temps, ces compositions devinrent de plus en plus compliquées et comportant de nombreux personnages. L'email prend une importance plus grande encore sous Louis XV et Louis XVI, et se prête à la représentation de sujets tirés souvent d'œuvres peintes. Il alourdit alors les boîtiers qui n'ont plus l'élégance ni la finesse de ceux que la ciselure enrichissait de fins sujets gravés au siècle précédent. On retrouvera le style charmant d'Étienne Delaune dans ces montres ovales de la collection Garnier, où d'élégants personnages gravés d'un trait sur s'enlèvent sur un fond de rinceaux déliés. Tirés d'une de ses suites les plus charmantes de gravures sont les sujets des jolies montres signées J. Barberet à Paris, Salomon Chresnon à Blois, ou des deux montres anglaises signées Morgan et James Vantrollier, ces deux dernières si faciles à identifier, grâce à l'admirable régularité avec laquelle ont été tenus à Londres, depuis 1631, les registres de corporation de la Clockmaker's Company. L'une de ces montres est intéressante en ce que son boîtier est formé d'une plaquette de Valerio Belli représentant un sacrifice, indiquant bien par là le goût qu'on avait à cette époque pour les plaquettes de la Renaissance italienne. Les formes un peu bizarres se trouvent ici remarquablement charmantes. Montres Montre signée Ch. Perras, à Blois, 1609 Montre de Marguerite du Navarre, femme de Henri IV (Collection de M. Paul Garnier) Signée Loys Vautier, à Blois - Signée Jacob Forfect, à Sedan Montres en argent gravé, boîtiers de cristal de roche - Art français xvie siècle (Collection de M. Paul Garnier) --- Anonyme Montre, argent emballé, signée Paulus Bengg, à Zugg (Suisse) Montres émaillées, fin du xviie siècle (Collection de M. Paul Garnier) ---
ment représentées, et le cristal de roche y joue un grand rôle, en y apportant le prestige de son incomparable éclat. L'une de ces montres, d'une superbe gravure, a appartenu à Marguerite de Navarre, la femme de Henri IV, celle qu'on appela la reine Margot. A l'intérieur du couvercle sont gravés un tournesol et la devise « Non inferiora sequor » (sie), les deux C entrelacés de Catherine de Médicis et l'S barrée. Les merveilles les plus rares de la collection se trouvent dans la série des très petites boîtes en or émaillé de la fin du xvie siècle, où le travail le plus précieux s'accompagne du prestige de la matière. Soit que les boîtes soient en cristal de roche fumé, en grenat côtelé, en ambre, ou ornées d'une entaille en cornaline, comme la pièce rarissime signée Ribart à Blois. Peut-être Catherine de Médicis possédait-elle les deux admirables montres, l'une émaillée sur or, l'autre en verre émaillé sur résille d'or, signées de J. Jolly et de Garandeau, tous deux horlogers, valets de chambre de la Reine. Cette petite merveille, qui se trouvait jadis dans la collection Lafaulotte, n'a de rivales, dans ce fin travail de verre émaillé sur résille d'or, que la montre du musée du Louvre et celle de la collection Alphonse de Rothschild. Parmi les montres émaillées en plein, du temps de Louis XIII, où certain ton rouge significatif domine, l'une signée Jehan Augier à Paris, est décorée d'une vision de saint Hubert, une autre offre la prise de Byzance par Constantin, d'après Jules Romain; une troisième, une Adoration des Mages par Lambrecht d'Anvers, est d'après une estampe de Vauquier. Sur les montres de l'époque Louis XIV, la parure d'émail prête à mainte composition de sujets mythologiques. La signature des frères Huaut y revient très fréquemment; on sait qu'ils travaillèrent pour l'Électeur de Brandebourg, à Berlin. Deux jolies montres d'époque Louis XV portent, l'une une toilette de Diane signée Dufalga, une autre l'Ecole des Vieillards, d'après Boucher, de l'atelier de Musson, à Paris; une troisième, un sujet de la Comédie italienne d'après un Watteau du palais d'Été de Saint-Pétersbourg, délicieusement traité par Julien Leroy à Paris, qui y a fait passer tout le charme de la composition du maître. 1. OR ÉMAILLÉ ET CRISTAL DE ROCHE FUMÉ. — 2. VERRE ÉMAILLÉ SUR RÉSILLE D'OR, signé Garandeau, horloger de Catherine de Médicis. — 3. GRENAT COTELÉ, signé Cailliatté. — 4. AMBRE signé Johan Mundschler. — 5. ÉMAILLÉ haut relief, Nuremberg. — 6. ÉMAILLÉ SUR OR, signé J. Jolly, horloger de Catherine de Médicis. — 7. OR ÉMAILLÉ avec intaille de cornaline, signée Ribart à Bloys. — 8. ARGENT signé Draque à Nérac. MONTRÉS ÉMAILLÉES. — Art français et allemand, fin du xvie siècle (Collection de M. Paul Garnier)
LES ARTS Telle est la collection de montres de M. Paul Garnier, sans rivale, je pense, dans le monde, dont une étude analytique complète, ou un catalogue détaillé, pourraient seuls faire connaître totalement les richesses, travail que nul ne pourrait mener à meilleure fin que le possesseur lui-même. Et l'on pense avec mélancolie que, d'un si bel effort de volonté, de tant d'esprit de suite et de tant de goût, il se peut que rien ne subsiste, si la dispersion d'une si incomparable collection rejette à la communauté tant de merveilles qu'un véritable amateur avait su réunir. GASTON MIGEON. 1. Signée : Musson à Paris (l'émail d'après Boucher). — 2. Signée : Dufalga à Paris. — 3. Signée : Julien Leroy à Paris (le sujet d'après Wattcau) 4 et 5. Anonymes. — 6. Signée : Gibert à Paris MONTRES ÉMAILLÉES. — Art français, époques Louis XV et Louis XVI (Collection de M. Paul Garnier)
LA COLLECTION DE M. PAUL GARNIER 1. Signée : Jehan Augier à Paris. 2. Le sujet d'après J. Romain. 3. Signée : Lambrecht à Anvers, le sujet d'après Vauquier 4, 5, 6, 7, 8 et 9, signées par les deux frères Huaut MONTRES ÉMAILLÉES. — Art français. — XVIIIe siècle (Collection de M. Paul Garnier)

Ce numéro de la collection "Les Arts" présente la collection d'objets d'art de M. Paul Garnier, avec un accent particulier sur l'horlogerie et les montres. L'article explore l'évolution historique de ces objets, leurs origines géographiques (notamment allemandes et françaises), et les différents styles artistiques qui les ont caractérisés au fil des siècles, du Moyen Âge à la Renaissance et au-delà. Il met en lumière la double compétence de M. Garnier en tant qu'horloger et amateur d'art. Le numéro aborde également la découverte de deux tableaux de jeunesse de Rembrandt, jusqu'alors inconnus des historiens de l'art.