Extrait

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LES ARTS N° 22 PARIS — LONDRES — BERLIN — NEW-YORK Octobre 1903 Clickt Brown, Clement & Co. REMBRANDT VAN RIJN. — LE PORTE-DRAPEAU (Collection de M. le baron Gustave de Rothschild)

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« L'Aurore et Géphale. » — « Vertumne et Pomone » SUR FOND DAMASSE JAUNE. — MOBILIER NATIONAL (Présidence de la Chambre) LES TAPISSERIES DES GOBELINS SUR LES CARTONS DE F. BOUCHER MÉDAILLON DE « VERTUMNE ET POMONE » SUR FOND DAMASSE ROSE (Musée du Louvre) Le 1er juin 1749, M. d'Isle, contrôleur des bâtiments et directeur de la Manufacture des Gobelins, était invité par le Directeur général à mettre à la disposition de Boucher la salle de la bibliothèque des Gobelins, occupée par Pierre-Josse Perrot (1). Boucher en prit possession le 1er mai 1750, pour y exécuter les tableaux-modèles de deux pièces de tapisseries destinées à la Muette. Le Lever et le Coucher du Soleil furent donc ses œuvres de début aux Gobelins. Dans un mouvement d’admiration, Madame de Pompadour obtint du Roi que tableaux et tapisseries fussent traités pour elle, et à ses propres frais. En 1753, les tableaux étaient retirés des mains des tapissiers des Gobelins et exposés au Salon (2) avec le bienveillant assentiment de la marquise, ainsi qu’en témoigne une lettre de M. de Vandières à Cozette, au 31 juillet 1753 : « Vous préviendrez, Monsieur, le sieur Boucher que ma sœur a consenti que ses deux tableaux représentant le Lever et le Coucher du Soleil fussent exposés au Louvre. Conciliez-vous les moyens nécessaires pour que cela vous fasse perdre le moins de temps possible. — Signé : VANDIÈRES. » Le Lever et le Coucher du Soleil ont été exécutés en tapisserie, de 1752 à 1757, dans l’atelier de Cozette, et Jacques, le peintre de fleurs et (1) Perrot était peintre des Menus-Plaisirs du Roi et peintre d’ornements aux Gobelins. En raison de son grand âge, il avait résigné ses fonctions de peintre des Menus depuis 1734. Il a exécuté pour les Gobelins les Portières de Diane et aux Armes de France, de nombreuses bordures. Il fit, pour la Savonnerie, des modèles de tapis. (2) En 1764, on les vendait 9,800 liv. à la mort de Madame de Pompadour, et, en 1771, ils se trouvaient chez M. de Sainey. Ils sont actuellement dans la collection publique de Richard Wallace, à Londres. > “J’ai entendu plusieurs fois dire par l’auteur qu’ils étaient du nombre de ceux dont il était le plus satisfait. Ce jugement d’un artiste aussi modeste et aussi peu prévenu de ses talents que l’est M. Boucher, doit être cru.” C’est un expert qui écrivait ces lignes en 1760.

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TENTURE ET MEUBLE DE F. BOUCHER SUR FOND DAMASSE ROSE (Alentours de Jacques et Tessier), MANUFACTURE DES GOBELINS (Collection particulière)

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LES ARTS d'ornements, fut chargé en 1757 de fournir un modèle de bordure (1). Ces pièces ont servi quelque temps à Bellevue, puis l'échange en fut demandé au Roi contre six pièces des Enfants jardiniers. La Manufacture des Gobelins ne les recommença pas. Quel collectionneur, quel château royal possède de nos jours ces rarissimes exemplaires qui faillirent appartenir à Madame Geoffrin (2)? Boucher qui conservait ses fonctions de peintre à la Manufacture de Beauvais et qui avait aux Gobelins l'appui d'Oudry et de Madame de Pompadour, ne parait pas y avoir pu travailler librement, malgré le grand succès de ses tableaux, et bien qu'il fût nommé inspecteur en 1755, à la mort de son ami Oudry (3). En dehors des deux pièces citées plus haut, il n'a donné aux ateliers des Gobelins qu'un tableau original: Vénus chez Vulcain, que nous pouvons voir au Louvre et qui faisait partie d'une suite des Amours des Dieux, commandée à quatre peintres différents: Vénus chez Vulcain, à Boucher; l'Enlèvement d'Europe, à Pierre; Pluton et Proserpine, à Vien; Neptune et Amimone, à Van Loo. Ce minimum de travail a lieu de surprendre, d'autant plus que Boucher avait, en 1750, projeté de faire pour cette manufacture une suite de huit pièces sur Renaud et Armide (4): Renaud tombe dans les pièges d'Armide — Renaud dans le palais d'Armide — Renaud et Armide dans les jardins du palais d'Armide — Renaud délivré des enchantements d'Armide par les chevaliers danois — Renaud fuyant Armide (1) Une lettre de Cozette à M. de Vandieres (3 juillet 1753) relate un accident survenu au sieur Farcy, 49 ans, ouvrier de tête, qui aurait été frappé de paralysie en travaillant à la pièce du Lever du Soleil, d'après Boucher. (2) 1765-1766. État des pièces demandées à acheter, sans bordures, par Madame Geoffrin: Le Lever du Soleil, 25 sur 2.108; carré, 6.2 sur 4.8. Le Coucher du Soleil, 23 sur 2.108; carré, 5.14 sur 4.12. Monsieur Soufflot fera délivrer les pièces dites à Madame Geoffrin. — Versailles, 27 décembre 1766. — Signé: Marigny. Madame Geoffrin avait offert 4.800 liv. Le comte de Chorvalon proposait 7.000 liv. avant Madame Geoffrin pour les mêmes pièces avec bordures; mais il quittait la France précipitamment sans en prendre livraison. Il faut croire que Madame Geoffrin changea d'avis, puisque, le 6 septembre 1768, un nouvel ordre du marquis de Marigny enjoignait à Soufflot de remettre ces deux tentures à Neillon. (3) Cette installation du nouveau directeur eut le plus vif succès auprès des entrepreneurs, qui remercièrent publiquement le surintendant des Bâtiments d'un choix aussi heureux. (4) Voir notre article sur les tapisseries de Beauvais sur les cartons de Boucher (Les Arts, no 7). Une des pièces des Amours des Dieux, qui représente Renaud dans les jardins d'Armide, est signée: BOUCHER, 1752. TAPISSERIE A MÉDAILLON D'ENFANT SUR FOND DAMASSÉ ROSE (Alentours de Jacques et Tessier) (Musée des Arts Décoratifs de Berlin)

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LES TAPISSERIES DES GOBELINS SUR LES CARTONS DE F. BOUCHER — Armide, furieuse, quitte les îles Fortunez après avoir détruit le Palais enchanté — Renaud défait les Sarrasins armés pour venger Armide — Renaud, ayant suivi Armide après le combat, la trouve au moment où elle allait se donner la mort. Les seules tentures qui aient assuré sa réputation aux Gobelins furent exécutées d'après lui par le tapissier en basse-lisse Neilson et pour le compte de ce dernier. C'étaient des tableaux accrochés sur un fond imitant le damas et plus ou "LA DISEUSE DE BONNE AVENTURE." — TAPISSERIE SUR FOND DAMASSÉ ROSE Collection particulière)

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LES ARTS moins chargés d'accessoires, d'ornements, de fleurs et d'oiseaux. Nous rappelons à ce sujet que la tente de Don Quichotte, qui se répétait aux Gobelins depuis 1717, avait été conçue d'après le principe analogue d'un tableau entouré d'un cadre et placé sur un alentour également plus ou moins riche. Audran avait depuis longtemps imaginé ces entourages dans les portières des Dieux. Il eut donc l'idée de placer les tableaux du maître dans des cadres ovales et sur des fonds entourés d'ornements et de fleurs. Après avoir exécuté ces tapisseries pour des particuliers — généralement des Anglais (1) — il en fit plusieurs suites qui servirent aux Présents du Roi. Les peintres des alentours : Jacques pour les ornements et Tessier pour les fleurs, qui avaient exécuté leurs modèles sous la direction de Boucher, remanièrent plusieurs fois ces tableaux d'alentours, et ajoutèrent comme accompagnement des entre-fenêtres, des dessus de portes, des encadrements de cheminées et des meubles qui sont de véritables merveilles. Boucher avait prêté et cédé à Neilson un certain nombre de ses tableaux, d'autres appartenant au Roi furent utilisés du même objet. Les plus connus sont : Ovales en hauteur : l'Amour et Céphale, au Louvre; Vertumne et Pomone, au Louvre; Vénus sur les eaux, au Louvre. Neptune et Amimone, Vénus demandant à Vulcain des armes pour Énée (2), la Pêche, la Diseuse de bonne aventure, ces quatre tableaux au Grand Trianon, Jupiter et Calisto, les Confidences ou le Secret. Deux pendants : Aminite délivrée par Sylvie, 2.90 × 1.30, Sylvie secourue par Aminite, au musée de Tours et au musée des Gobelins. Deux pendants: Sylvie fuit le loup qu'elle a blessé, au musée de Tours; Herminie secourant Tancrede, au même musée. L'Amour et Psyché, qui est souvent exécuté pour cette tente, n'est pas de Boucher, mais de Belle, peintre des Gobelins. Aux tableaux de Boucher, il faut ajouter deux médaillons d'enfants, dont les modèles existent encore aux Gobelins. L'un des deux : un Amour allumant sa torche au soleil au moyen d'une loupe (3) était le sujet d'une tapisserie qui fut brûlée en 1871. Le Garde-Meuble National possède deux suites de ces tentures, une sur fond rose, en quatre pièces : Vertumne et Pomone, l'Aurore et Céphale, Vénus sur les eaux, l'Amour et Psyché (de Belle). L'autre suite, à fond jaune, comprend les mêmes tableaux en trois pièces, l'une des tapisseries ayant les deux premiers sujets séparés par un vase de fleurs. Cette suite, dont le fond est très décoré, décore un des salons de la présidence de la Chambre. Les collections Impériales de Vienne possèdent une suite (1) Les Anglais étaient, à cette époque, les clients de Neilson. Nous avons retrouvé aux Archives cette curieuse lettre du marquis de Marigny, frère de Madame de Pompadour, au Directeur de la Manufacture : A M. Soufflot, le 29 juin 1764. — Il faudrait, Soufflot, tâcher de placer à quelque Anglais, ou autrement, les tapisseries que ma sœur avait fait ordonner aux Gobelins et qu'elle avait payées. Je vous demande sur tout cela le rôle et l'activité que vous mettez aux choses qui m'intéressent. Il faudrait aussi tâcher d'en faire autant pour les tapis de la Savonnerie. Alors on ferait remettre à la succession l'acompte de 1.200 l. qui a été donné. Ecrivez-moi une lettre séparée pour l'arrangement que vous proposez au sujet du nouveau tapis que le Garde-Meuble réclame. — MARIGNY. (2) Ce tableau appartenait à Madame de Pompadour. La tapisserie du tableau du cours de 5 autes 6, d'après ce tableau, fut exercée en 1774 par Cozette pour Madame la comtesse du Barry. Cozette représentait à Madame la comtesse du Barry que, pour des pièces de même importance, Madame la marquise de Pompadour lui avait donné en 1752 cinquante louis pour récompenses et honoraires. (3) Partie d'un tableau de l'Astronomie. de quatre pièces avec les tableaux de Vertumne et Pomone, l'Aurore et Céphale, la Pêche, la Diseuse de bonne aventure. Ces pièces furent données en présent, le 13 mai 1777, à l'empereur d'Autriche, qui voyageait en France sous le nom de comte de Falkenstein (1), avec d'autres cadeaux non moins précieux : un service de porcelaine de Sèvres, une tente en basse-lisse des Nouvelles Indes (Gobelins), un ameublement complet de douze fauteuils, deux canapés, un écran (Gobelins), quatre portières des Dieux, six feuilles de paravent et des tapis de la Savonnerie. En 1781, le 12 juin, le comte et la comtesse du Nord (grand-duc et grande-duchesse de Russie) recevaient également, lors d'un voyage en France, quatre pièces des Amours des Dieux. En 1784, le prince Henri de Prusse, qui voyageait sous le nom de comte d'Éls, était gratifié d'un service de porcelaine de Sèvres de 25,462 livres 16 et d'une tente de Boucher des Gobelins, dont il ne semble plus exister que la pièce exposée au musée des Arts décoratifs de Berlin. Nous la reproduisons ici. Les tableaux de la Diseuse et de la Pêche appartenaient à Neilson (2). Il les échangea contre une de ses propres tentures qu'il revendit en Angleterre. Ces deux tableaux sans bordures, qui furent exécutés pour Nicolas Beaujon par Cozette, sont actuellement dans le salon de la Chambre de commerce de Bordeaux. Ce même Cozette exécuta, en 1775, le Boudeur, d'après Greuze et certaine petite Laitière, d'après Boucher, dans l'intention de les vendre à la Reine, avec l'appui de Madame la maréchale de Mouchy. Il existe de nombreuses suites de Boucher sur fond rose cramoisi, fond jaune ou fond mauve, dans les collections particulières françaises et anglaises. Ces tentures sont presque toujours accompagnées de meubles pour lesquels Tessier a exécuté des bouquets noués de rubans d'une superbe facture. En 1792, il y avait sur les métiers, aux Gobelins, un certain nombre d'alentours pour les tableaux de Boucher. Une partie de ces alentours fut employée pour encadrer les tableaux de la suite de l'Histoire de France d'après Barthélémy, Brunet, Le Barbier et Vincent. Jacques exécuta pour les Gobelins des petits modèles d'alentours qui existent encore à la Manufacture. Les médaillons sont de la main même de Boucher. Nous croyons avoir catalogué aussi complètement que possible l'œuvre de Boucher aux Gobelins, comme nous l'avons déjà fait pour ses cartons de Beauvais. Si l'exécution en haute-lisse est supérieure à celle de Beauvais, si les alentours des tapisseries à fond jaune, mauve et rose complètent et encadrent plus magnifiquement les compositions de Boucher, cette œuvre admirable reste égale ici comme là-bas. MAURICE VAUCAIRE. (1) Voir notre article sur les tapisseries de Beauvais sur les cartons de Boucher (Les Arts, août 1902). (2) Monsieur Soufflot fera délivrer au sieur Neilson la tapisserie de Vénus sur les eaux, de 3 autes 7/8 sur 3 autes 5/8, ce qui, à 260 l. l'aune, fait la somme de 3.360 l. 6,0 et recevra de lui en échange de ladite pièce deux tableaux de M. Boucher, l'un représentant la Diseuse de bonne aventure et l'autre la Pesche. — Versailles, le 16 avril 1767. — Marquis de MARIGNY.

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La Collection Chabrière-Arlès Au milieu des collections si variées que M. Cha- brière-Arlès avait su, avec le goût le plus sûr et le plus patient, réunir au cours de sa vie, il nous a paru bon de grouper les meubles et les bois de la Renaissance, qui en forment véritablement la partie capitale, aussi bien par le nombre que par la qualité. Quelques-uns ont déjà figuré à diverses expositions rétrospectives : à celle de Lyon en 1877, à celle du Petit Palais en 1900 ; quelques autres n'ont jamais été publiés. Il paraîtra, je pense, intéressant de les trouver ici tous réunis. On se rendra mieux compte ainsi du merveilleux ensemble dont M. Chabrière tirait une juste fierté, dont il facilitait avec tant de bonne grâce l'accès aux amateurs ou aux artistes, et qui constitue un véritable musée des bois et des meubles de la Renaissance. Avant d'en aborder l'étude, consacrons quelques lignes aux trois dinanderies qui nous ont servi de frontispice. De caractères très différents, elles sont représentatives des époques auxquelles elles appartiennent, et sont des types parfaits de cet art qui a fleuri pendant plusieurs siècles du moyen âge. La première est une aiguière en forme d'oiseau, posant sur ses pattes de devant et en arrière sur la retombée de ses ailes. Le corps de la pièce est gravé d'ornements linéaires et d'une roue ornementale à l'attache de l'épaule, qui rappelle les lointaines et persistantes influences orientales. Ce même motif ornemental, nous le retrouvons fréquemment dans la décoration des tissus arabes ou d'esprit arabe. — Rappelant par quelque endroit une pièce analogue de la collection Martin Le Roy, où le corps de l'oiseau se termine par une tête humaine qui souffle dans une trompe, cette aiguière fait partie d'une série qu'on peut dater du xii° au xiii° siècle, époque où les ateliers de fondeurs de la vallée de la Meuse étaient déjà en pleine activité et produisaient en quantité ces ustensiles usuels qui sont parvenus jusqu'à nous. Parmi les nombreux objets usagers que cette industrie fournissait, les aquamaniles constituent une suite infiniment curieuse par la bizarrerie et l'inépuisable variété de leurs formes. Nous venons de voir un objet dont la forme avait été empruntée au règne animal. La figure humaine n'y fut pas non plus négligée. Un des deux aquamaniles dont nous voulons parler

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LES ARTS représente un cavalier tenant d'une main les rênes, de l'autre, un faucon sur le poing, l'épée au côté et coiffé, sur ses cheveux longs, d'une coiffure bizarre, d'une espèce de béguin ou de toquet rond avec un bouton au centre (assez semblable à ceux que portent les soldats anglais) et d'où s'échappe une queue de cheveux qui pend entre les deux épaules. D'après le type et le costume, quelque archaïque que paraisse une semblable pièce, il semble difficile de la faire remonter plus haut que le commencement du xvie siècle. Un peu antérieur semblerait le troisième aquamanile, représentant une femme assise sur le dos d'un homme à quatre pattes, dans lequel il faut rechercher la représen- tation du Lai d'Aristote; la jeune maîtresse d'Alexandre le Grand chevauche le vieux philosophe, glorieuse ainsi de l'avoir soumis à ses caprices, légende que le moyen âge a si souvent exploitée et dont il nous a laissé de si nombreuses figurations. La sculpture monumentale s'en est servie dans quelques-unes de nos cathédrales gothiques, notamment à Notre-Dame de Rouen, à Saint-Pierre de Caen et à la cathédrale de Lyon. L'aquamanile dont il s'agit, que les détails des costumes de l'homme et de la femme datent bien du xive siècle, est en cuivre et non pas en bronze, mais d'une très grande finesse de fonte. Deux petites statuettes de bois sont dignes de retenir TABLE EN NOYER. — Art français. — XVIe siècle (Collection Chabrière-Artès).

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LA COLLECTION CHABRIÈRE-ARLÈS DRESSOIR EN NOYER. — ART FRANÇAIS. — FIN DU XVIe SIÈCLE (Collection Chabriere-Arles)

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LES ARTS notre attention avant que nous ne parlions des bois et meubles de la Renaissance. Ce sont deux figures de saintes femmes qui, dans un grand retable, devaient faire partie d'une mise au tombeau ou d'une descente de croix. L'une d'elles, qui fut, au Petit Palais en 1900, l'objet d'une universelle admiration, et popularisée par la publication qui en fut faite dans mainte revue d'art, est vraiment une belle chose, non seulement par un grand charme d'exécution et une fine élégance, mais encore par la beauté d'expression qui en émane. Il est vraisemblable qu'elle dut faire partie d'un ensemble d'un art achevé, d'un des plus beaux retables flamands du xve siècle qui aient vu le jour dans la région occidentale des Flandres. Debout, les mains croisées et abaissées, elle est en proie à une douleur concentrée, qu'indiquent le raidissement de tout son corps et la contraction de son visage. Longue, mince et élégante, elle est vêtue à la mode de la fin du xve siècle ; et tous les détails de son costume, les longs patins de ses pieds, la ceinture lâche qui ceint ses reins et ne rompt pas la belle ligne des plis verticaux de sa robe, sa haute coiffe rigide et plissée, contribuent à nous captiver. De plus, le bois a conservé complète sa riche polychromie, les ors brunis de la robe, les laques fines et teintées de rose du visage et des mains. L'autre figure, un peu plus lourde et épaisse, ne manque cependant pas d'intérêt et de caractère. Le long manteau qui la drape complique un peu la disposition des plis cassés et mêlés. Complètement polychromée comme la précédente, elle porte entre ses mains une monstrance qui est une réelle et véritable orfèvrerie. Ce sont les bois et les meubles du xvie siècle, surtout français, qui triomphent dans la collection de M. Chabrière-

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LA COLLECTION CHABRIERE-ARLES ARMoiRE EN BOIS DE NOYER SCULPTE. — ART FRANÇAIS. — RÉGION LYONNAISE. — XVIe SIÈCLE (Collection Chabriere-Arles)