Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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LE FIGARO ILLUSTRE REVUE MENSUELLE - AOÛT-SEPTEMBRE 1934 - PRIX : 6 FRS BELGIQUE : 8 FRS BELGES

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34-512 Une eau de Cologne plus fraîche, plus subtile... Plus fraîche, plus subtile que toute autre, cette Eau de Cologne apporte au corps fatigué la joie, le délassement, le réconfort de ses principes vivifiants $\varphi \varphi \varphi$ Aux jours d'accablante chaleur, au terme des plus fatigants voyages, elle procure le repos, la détente, le bien-être $\varphi \varphi \varphi \varphi$ C'est une source de fraîcheur! . . . Produit de grande classe, l'Eau de Cologne “CORDON ROUGE”, de Coty, est composée d'alcools vieillis et affinés, idéalisés par un incomparable mélange d'essences rares de fleurs et de fruits $\varphi \varphi \varphi$ Immunisée par le “glaçage”, elle conserve, en dépit du temps, toute sa force et toute la finesse de son parfum délicat $\varphi \varphi \varphi \varphi$ NOUVEAU PRIX 18 FRS LE FLACON STILLIGOUTTE GRAND MODÈLE 1/4 LITRE --- "Cordon Rouge" EAU DE COLOGNE COTY --- 1/16 LITRE : 6 Fr. — 1/8 LITRE : 10 Fr. 1/2 LITRE : 30 Fr. — 1 LITRE : 55 Fr.

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LE FIGARO ILLUSTRÉ • SEPTEMBRE 1934 SOMMAIRE - L'heure du pacha .................................................. 381 - SEPTEMBRE ou les sympathies interrompues........................ par Gérard BAUER 382 - A travers les stations françaises : Reconnus à... .............. par René RICHARD 384 - — étrangères..................................................... par Gilles FAUROIT 389 - Deux « villes-décors » : Salzbourg et Venise.................... 392 - Introduction à la mode d'hiver................................... par CORINE 394 - Quelques caractéristiques pour l'hiver 1934. Tissus, fourrures et chapeaux par CATELAN 395 - La chasse est ouverte d'hier....................................... par James de COQUET 402 - Le chasseur à l'école.............................................. par Henri MINVILLE 404 - La pêche fermera demain.......................................... par Tony BURNAND 405 - Le pavillon de chasse............................................... par Michel KAMENKA, architecte, et Hila de HANN 408 - La bienfaisance, objet de musée................................... par Ivan GAUSSEN 410 - Salons, Galeries et Ateliers....................................... par Paul HERMANT 412 - Quelques livres pour lire à l'ombre................................. par André ROUSSEAUX 416 SUPPLÉMENT ÉCONOMIQUE - MARSEILLE : le Port................................................ 417 - — la Chambre de Commerce........................................ 418 - — la Foire.......................................................... 419 ABONNEMENTS D'UN AN - FRANCE, COLONIES ET BELGIQUE................................... 60 francs - EUROPE - Pays à tarif postal élevé........................................ 90 » - Pays à tarif postal réduit........................................ 80 » - COMPTE CHÈQUES POSTAUX : 242.53 PRIME AUX ABONNÉS D'UN AN Tout abonné d'un an à cette revue a droit, sur présentation de sa bande d'abonnement au siège du FIGARO ILLUSTRÉ, à un magnifique portrait photographique 24 × 30 d'une valeur de 150 francs exécuté par le Studio RODRIGUEZ, 117, avenue des Champs-Élysées. CHANGEMENT D'ADRESSE Pour tout changement d'adresse, nous prions nos abonnés d'écrire directement au FIGARO ILLUSTRÉ en joignant à leur bande d'abonnement 1 fr. 50 en timbres-poste pour les frais. ---

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HAVAS 34 - 152 V-8 1934 Quelle voiture pourrait, mieux que la V-8, s'associer avec grâce à la silhouette jeune et souple de Mlle Annabella ? Société Française Fird 36, Boul. des Italiens - PARIS 225, Quai Aulagnier - ASNIÈRES

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LE FIGARO ILLUSTRÉ SEPTEMBRE 1934 L'HEURE DU PACHA S. E. EL GLAOUI, PACHA DE MARRAKECH, EST UN HABITUÉ DE NOS STATIONS THERMALES. IL ÉTAIT CET ÉTÉ À VITTEL ET NOTRE CLICHÉ LE MONTRÉ SUR LA TERRASSE D'HARELOUP. LA MAGNIFIQUE PROPRIÉTÉ DE MME GERMAINE BOULOUMIÉ, APRÈS UN DÉJEUNER QUI RÉUNISSAIT S. E. SI MOHAMED BEN GHAMOUN, S. E. SI MOHAMED TAZI, VIZIR ET MENDOUB DE TANGER ; M. BOULOUMIÉ ; MMÉG. BOULOUMIÉ ; MME DE WITASSE ET M. DE WITASSE, MINISTRE DE FRANCE AU CAIRE.

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septembre ou les sympathies interrompues... par GÉRARD BAUER SEPTEMBRE : nul mois ne me rend si constamment à un petit monde de sentiments ou le présent ne contredit pas les souvenirs. D'année en année, les fins de vacances ne changent pas : elles demeurent en cet aujourd'hui difficile, ce qu'elles étaient lorsqu'elles nous reconduisaient vers nos collèges. Peut-être se produisent-elles plus tôt ; mais, à quinze jours près, les êtres, les choses, le ciel prononcent les mêmes adieux. Premières rafales, grandes marées, cabines et chalets clos les uns après les autres, abandon du casino, encombrement de la gare, je vous sais par cœur et vous retrouve avec une nostalgie que l'âge, en dépit de l'époque, a fait plus douce qu'elle n'était lorsqu'elle signifiait à l'adolescence la fin de ses plaisirs. Pourtant, septembre, nous est une échéance décisive : nous y comprenons qu'une année s'achève et une année de plus, quand on ne possède plus les trésors de la jeunesse devrait paraître lourde. Mais la grâce d'un certain âge est de mettre un plaisir d'esprit jusque dans les regrets. Septembre ramène ce frisson que Flaubert a si bien fait passer dans les derniers chapitres de l'Education Sentimentale quand Frédéric Moreau apprend à savourer avec les voyages « l'amertume des sympathies interrompues ». Les sympathies interrompues ! Ces « aux revoirs » prononcés contre le vent, le long des digues, promesses déjà pleines de retrait, d'indifférence parisienne, ces aux-revoirs ou le cœur retire le peu qu'il avait engagé, comme je leur trouve un bon accent humain ! Comme ils me plaisent les suprêmes rendez-vous du casino avec les croupiers devenus humbles appelant les derniers chalands et prêts à accepter n'importe qui dans leur chemin de fer essoufflé : comme je me sens indulgent pour la dernière chanteuse fantaisiste de la saison, dont l'affiche pâlie — on n'en collera plus d'autre — affrontera les pluies et le désert de l'automne. Cette faune et cette atmosphère m'enchantent. Chaque Septembre je pense qu'elles fourniraient le climat d'une jolie comédie à laquelle j'ai souvent songé, que je n'écrirai sans doute jamais, parce que précisément, j'y ai trop songé en septembre, qu'octobre l'espace, que Paris... enfin toutes les saisons qui font que j'écris des chroniques au lieu d'écrire des comédies. Je sais fort bien l'aventure qui l'animerait. J'en ai eu pour la première fois l'idée une fin de septembre où j'allais expédier une dépêche au bureau de poste d'un bourg balnéaire qu'octobre ne vidait pas, où il demeurait une population locale assez fournie après l'exode des Parisiens.

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Quand j'entrais, il y avait, dans le bureau, un « monsieur » en pantalon blanc, un homme de trente-cinq à quarante ans qui parlait avec la buraliste. Une buraliste d'une gentille grâce, visage délicat, yeux sombres aux paupières mouvantes (elle abaissait et relevait si souvent ses paupières que je m'étais demandé, un jour où elle me préparait un mandat, comment elle pouvait ne pas se tromper). A peine entré, je compris que la conversation dépassait les relations postales, qu'ils en étaient à ce moment où la gravité des propos échangés fait oublier les rites d'une fonction et jusqu'aux nécessités sociales. Leur attitude était correcte, cela va sans dire — d'autant d'ailleurs qu'une grille les séparait. Mais rien ne comptait plus pour cette gentille buraliste que les paroles de soudain adieu prononcées par ce séducteur balnéaire. Il était gêné, croisant ses jambes et ses souliers blancs (emplâtrés par le garçon d'hôtel comme il arrive toujours aux souliers blancs.) Il en était assurément aux consolations banales. J'avais entendu cette fin de phrase « ... mais si, je vous promets... » Mon entrée avait suspendu l'engagement ; et la buraliste baissait la tête, un peu pâle. Elle me tendit une formule télégraphique (la boîte était vide) d'un geste qui n'accordait plus aucun intérêt à la vie. J'allais écrire mon télégramme dans un coin du bureau le dos tourné, afin de ne pas la gêner, mais n'interprétant que trop leur silence. Il fallut bien régler la dépêche et offrir un au-revoir de sympathie à cette personne avec laquelle j'avais parfois bavardé. Elle me dit simplement, en un sourire que je n'ai pas oublié — « Vous partez aussi ?... Au revoir ! Monsieur... » Vous vous doutez que j'ai prolongé cette petite scène, que je l'ai transposée avec un délice d'imagination. Il y avait là un point de départ assez touchant. Quand nous quittons ces lieux où nous avons organisé nos plaisirs de l'été, nous n'avons aucune pensée pour ceux qui restent. C'est d'ailleurs naturel. Mais ils restent. Le baigneur qui a tenu de jolis corps entre ses mains retrouve, pour des mois, sa vieille femme ridée comme une pomme ; la servante de l'hôtel est réduite aux commis-voyageurs et aux plaisantins du dimanche ; la libraire n'a plus pour animer ses fins de journée que le timide jeune docteur « qui aime tant Duhamel », l'institutrice qui rêve sur le navire de Jules Romains, l'aide-pharmacien qui a servi, une fois, M. Dekobra et ne l'a jamais oublié. Une vie réduite, quoique plus vraie, s'établit pour des mois, une vie où les activités, les puissances du lieu redeviennent maîtresses et luttent contre les illusions de l'été. Voilà le second acte, après le premier acte des adieux multiples, des menus mensonges, des organdis las et des magazines trop feuilletés... Pour tout vous confier, je vois mieux la comédie se dérouler chez la libraire qu'au bureau de poste. Les possibilités y sont évidemment plus grandes. Et cette libraire, jeune fille déjà femme, intelligente, supérieure à sa province, comme il serait plaisant de la montrer durant ce second acte d'hiver, fidèle aux séductions de l'été, repoussant le présent — et le timide docteur — d'une main délicate mais ferme, sachant que la raison serait dans l'acceptation et toujours reprise par des songes aux premiers rayons du printemps. Le dernier acte : c'est la saison qui recommence, toute neuve d'illusions, de cahiers blancs, de romans non coupés, d'illustrés intacts, de promesses... C'est le docteur écarté pour ce passant de l'an passé, qui parle de Giraudoux avec tant d'esprit. C'est le triomphe de l'éphémère, des charmants et douloureux mensonges... Je sais. Il s'en faudrait de fort peu que cette comédie fût banale. C'est là son risque comme il est celui dès qu'on les isole de tant de petites vérités quotidiennes, de minces espérances, de menus chagrins disposés sur nos chemins. Voilà, à vrai dire, ce qui me justifie de ne pas l'écrire, de préférer l'imaginer chaque septembre quand la mer verdit aux premiers signes de l'automne et que la plage se vide, froide coquille... GÉRARD BAUER DESSINS DE RÉGIS MANSET.

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A TRAVERS LES STATIONS Reconnus à ... Laissons au docteur Gradus l'emploi de ces mots savants : thermalisme, climatisme, vains termes pour nos thermes efficaces. Croyez-vous qu'au 31 juillet de chaque année, les rois étrangers et les citoyens français s'interrogent sur leur besoin, pour « se refaire », d'eaux chaudes ou de climat sédatif ? Ils se décident selon bien d'autres raisons, qui sont fort simples : ceux qui se sont beaucoup amusés doivent se beaucoup reposer et ceux qui ont beaucoup travaillé doivent un peu se distraire. Les va- MOUGINS A VICHY : LE PRINCE DE TOUR ET TAXIS VA PRENDRE SON VERRE D’EAU. MME ANDRÉ MALLARMÉ, FEMME DU MINISTRE DES POSTES. cances, c'est un contraste ou ça n'est rien : que les laborieux dansent la rumba, que les exacts arrivent en retard, tandis que les soupeurs invétérés et les noceurs invertébrés s'en iront boire leur ration d'eau et bâiller sur la terrasse devant une orangeade et un paysage sublime, tel est l'ordre naturel, logique et social des déplacements et villégiatures. Si bien que dire où l'on va, pendant un mois, c'est un peu avouer ce qu'on a fait pendant les onze autres. C'est pourquoi, afin de brouiller les pistes et de démentir les pronostics, les gens subtils partagent en deux leur liberté, donnant l'une à la fête et l'autre à la béatitude. La béatitude thermale — la dixième, sans doute — voilà bien le mot que je cherchais. Les villes d'eaux sont des lieux où À GAUCHE : A VITTEL : MME FRANKLIN-SINGER ET LA COMTESSE DE CAIX DE SAINT-AYMOUR AUX COURSES. LEWCOFF A ÉVIAN : M. BEGHIN AU GOLF. l'on trempe le diable dans le bénitier et il faut voir la tête du Malin devant sa dose d'onde pure ! Les médecins savent qu'ils ne peuvent tenir Satan qu'en l'abrutissant de bien-être. Aussi, sevré d'alcool, gorgé et baigné d'eau, malaxé sous la douche, irrigué comme une plaine par tous ses canaux, tous ses filaments, le pauvre diable, ahuri de détente, se trouve pris dans la vague de sa réaction et se noie sous les somnolences qui montent de son être relâché, mis à plat et ouvert de tous ses pores à l'eau, à l'air et aux effluves balsamiques des forêts. La cure, qui n'est qu'organique, développe instantanément un extraordinaire égoïsme moral. On est aux eaux pour penser à soi. Et il en est temps, car fallait-il être malade pour avoir besoin du médecin trois fois par semaine, pour surmener l'infirmier, pour faire travailler le masseur à pleins bras et pour qu'on fasse ainsi silence autour de vous. On vous laisse au lit jusqu'à onze heures ; le maître d'hôtel prend à votre égard des précautions de nurse diplômée. Et le spectacle au Casino est généralement émollient et légèrement laxatif. Le docteur a prescrit : — Pour le dessert, huit pruneaux et, dans la soirée, deux chansons de Marie Dubas. Ce sont des caractères que l'on retrouve un peu partout où jaillissent des eaux minérales. Mais il y faut ajouter un autre détail caractéristique : la fierté de ces Thermes et soigner des néphrites diplomatiques, des

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FRANÇAISES par RENÉ RICHARD CI-DESSUS : A ÉVIAN : M. PIERRE GIROD, M. ET MME PAUL BURTIN AU CERCLE SPORTIF. hépathies royales, des phlébites administratives, des cordes vocales de ténors, des épanorthoses de vedettes de films ou des crampes de ballerines. Que M. Chamberlain aille en Egypte ou le Négus d'Abyssinie au Spitzberg, peu en chaut au Sphinx et à l'Ours polaire. Le Syndicat d'Initiative du Tropique du Cancer et celui du Cercle Arctique n'enverront pas, pour cela, des notes aux journaux. Mais songez au sort du prince de Galles, du maharajah de Kapurthala, de l'Aga Khan et de Mlle Mary Marquet qui vont aux eaux et aux plages. Le même numéro les annonce aux Courses de Vichy, au Bar du Soleil de Deauville et à la piscine marine du Touquet. Sitôt qu'ils prennent la voiture et un verre à trois kilomètres, on imprime : « Les rois à Cabourg » ou « Evian regorge d'altesses », ou bien encore : « Deux princes prétendent à la présence au Casino de Palavas-les-Flots. Qui l'emportera ? » La serveuse de la buvette des Célestins, à Vichy, offre, en même temps que sa coupe, un sourire céleste. Ce sourire me semble être celui de la France thermale et climatique, comme diraient nos Diafoiri. Et il attire ! A peine la saison commencée, nous voyons le prince de Galles à Biarritz, l'Aga Khan à Deauville, le maharajah de Kapurthala au Touquet, la reine Amélie à Evian et les jeunes archiducs d'Autriche à Vichy. Le Sultan du Maroc a bu de l'eau de Vittel et le Bey de Tunis du Vichy et de l'Evian. M. Baldwin fait des trous au Golf d'Aix-les-Bains ; M. Venizelos, qui a cessé d'avoir de la veine, soigne les siennes à Bagnoles, où fréquente aussi Edouard Herriot. Le rein d'André Tardieu réclame Vittel, le foie et la circonscription de M. Lamoureux exi- gent Vichy, Tristan Bernard aime les jeux de Deauville et Edmond Jaloux les courses de Vittel. L'Egypte, la Syrie remplissent les stations de l'Est, les colonies françaises campent dans le parc de Vichy, le romantisme anglais se cure à Aix et l'aristocratie française à Evian. Deauville dispute les Anglais au Touquet ; les Espagnes passent la Bidassoa ; l'Europe Centrale coule à flots sur la Riviera et la noblesse russe se A VITTEL : MME JACQUES FOULD ET SON FILS HENRY, AUX COURSES. LE COLONEL ET MME BALSAN VOIT FAIRE UNE PROMENADE EN AUTO. LEWKOFF