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LE NOUVEAU MUSÉE D'ART DE PHILADELPHIE. — VUE D'ENSEMBLE PRISE DE LA " SCHUYLKILL RIVER ". LE NOUVEAU MUSÉE D'ART DE PHILADELPHIE Ceux qui s'intéressent au développement des Musées d'art américains ont, en ce moment, leur attention fixée sur l'ouverture d'une partie du nouveau Musée de Philadelphie aménagé dans une somptueuse construction dont on a inauguré la première aile. Tout en réalisant, à l'extérieur, une des plus belles constructions érigées aux Etats-Unis à notre époque, on a tenu compte des derniers progrès de la « technique de Musée » tant pour le cadre que pour l'installation. Ce Musée constituera une galerie permanente pour l'Exposition des grandes collections d'art appartenant aux habitants de Philadelphie, et sera administré par le Musée de Pennsylvanie, organisé en société en 1876, comme suite de la Centennial Exposition et qui, depuis ce temps, a pris place parmi les premières collections publiques de Beaux Arts et d'Arts Décoratifs en Amérique. Quoique, dans cette dernière dizaine d'années, on ait vu se créer et s'enrichir d'innombrables nouveaux Musées d'art à travers ce pays entier, tout semble pro- Those who are interested in the development of the art museum in America are at present focussing their attention upon the opening of the first wing of Philadelphia's splendid new museum. Even as it represents externally one of the most beautiful buildings erected in modern times in the United States, so also the interior plans and the proposed scheme of installation typify the very latest aspects of museum technique. It will be the permanent gallery for the exhibition of the great art collections belonging to the citizens of Philadelphia, administered by the Pennsylvania Museum, a corporation that was founded in 1876 as an outgrowth of the Centennial Exposition and which has since then come to be among the foremost public collections of the fine and decorative arts in America. Although the past decade has seen the creation and endowment of scores of new art museums the country over, everything seems to indicate that both in mode of display and educational force the new Philadelphia

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LA RENAISSANCE DE L'ART mettre que, par ses moyens d'exposition ainsi que par sa vertu éducatrice, ce nouveau Musée d'Art de Philadelphie restera pendant de longues années le modèle pour tous les Musées américains. La construction elle-même, l'œuvre des premiers architectes associés de Philadelphie, MM. Trumbauer, Borie et Zantzinger, est d'une conception unique. Elle est entièrement du style grec classique et aucun édifice d'Europe ou d'Amérique ne forme une si complète reproduction de ce style ; cette reproduction se trouve réalisée non seulement par l'architecture, mais aussi par la couleur, car la construction est richement ornée de cette polychromie qui fit partie intégrale de l'architecture en Grèce classique. La reproduction de la polychromie antique fut une tentative audacieuse surtout à cause des siècles pendant lesquels elle était demeurée abolie, et à cause de la croyance devenue presque universelle que l'architecture grecque était complètement sans couleur — ainsi que le prouvent les innombrables édifices, du style classique, construits pendant les quatre derniers siècles. Mais le problème de concevoir un nouveau Musée d'art, qui devrait suffire à Philadelphie, offrait une belle occasion d'un retour à l'ancien, au vrai style grec, qui était trop séduisant pour qu'on s'en refusât à en faire l'essai. L'emplacement sur l'élévation de Fairmount est idéal, car il domine la ville à l'entrée du superbe Parkway avec la verdure de Fairmount Park s'étendant à l'arrière, et à sa droite la rivière Schuylkill. Cette situation permettait de construire un Musée esthétique, tout en communiquant à la ville un aspect imposant comme celui que donnait à Athènes le Parthenon. La première question fut donc de se rapprocher, autant que possible, du Parthenon, et c'est à ce moment que le projet de polychromie prit sa grande importance. Il n'était pas difficile de prévoir que la création, sur Fairmount, d'un édifice classique destiné à reproduire l'effet brillant et harmonieux de la vraie architecture grecque polychrome réussirait pleinement. Mais cette idée ne fut pas exécutée à la légère : des recherches sur place déterminèrent Museum of Art will be the standard of American museums for many years to come. The building itself, designed by Philadelphia's leading associated architects, Messers. Trumbauer, Borie and Zantzinger, is in its very concept unique. It is wholly in the classic Greek style and goes farther towards achieving a complete reproduction of this style than any building ever erected either in Europe or America; not alone in form and design is the reproduction achieved, but in colour also, for it is fully decorated in polychrome which was an inherent factor in the architecture of classic Greece. It was a bold step to attempt the reproduction of the polychrome of the ancients, particularly in view of the centuries during which the tradition was broken and virtually everyone had come to believe that Greek architecture was completely devoid of colour as the innumerable classic buildings erected in the past four centuries fully testify. But the problem of designing an adequate art museum for Philadelphia gave an opportunity for returning to the elder, the true Greek style that was too tempting to be neglected. The site selected upon the eminence of Fairmount was unsurpassed; it dominates the city at the head of the beautiful Parkway, with the great, green Fairmount Park stretching broadly behind it and the Schuylkill River flowing on its right flank. Here could be built a museum that would outwardly be a delight to the eye and command the respect and the reverence of the city even as did the Parthenon of the past. The initial problem therefore was to make it, if possible, as beautiful, as satisfying, as the Parthenon, and the idea of classic polychrome became most relevant at this point. It was not difficult to apprehend that the creation of a classic building upon Fairmount to reproduce the brilliant yet harmonious effects of true Greek polychrome architecture would most adequately fulfill the city's needs. Yet the idea was not haphazardly translated into fact: research in the field established the actual colours used by the Greeks, careful experiment determined the best

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LA RENAISSANCE DE L'ART les véritables couleurs dont les Grecs se servaient ; des expériences minutieuses affirmèrent les meilleures façons de reproduire la pierre qui puisse le mieux simuler la qualité chaude et vivante des constructions grecques. Peu à peu ces problèmes se sont trouvés résolus : les vraies couleurs classiques retrouvées, on créa des fours pour les fixer sur la tuile et sur la pierre, et, dans le Minnesota, on découvrit un marbre dolomitique capable de reproduire le plus heureusement possible les nuances de la pierre elle-même. La construction, qui est maintenant extérieurement terminée a, sous tous les rapports, atteint une parfaite harmonie : le style classique prête sa noblesse à l'ensemble, les tons chauds de la pierre de Minnesota donnent une vitalité vigoureuse aux marches, aux murs et aux colonnes, tandis que la polychromie constitue l'élan vital de la composition en methods of reproducing these tones in the permanent media of glazed terracotta and, perhaps most important, a stone was sought that would best simulate the warm and living quality of the Greek buildings. Little by little solutions were found for these problems : the true classic colours were rediscovered, kilns were developed to fire them in tile and on stone, and a dolomitic marble was found in Minnesota to reproduce most effectively the beautiful qualities and variations required in the stone itself. The building now outwardly complete is in every phase perfectly harmonious : the classic style gives dignity to the plan, the warmth of Minnesota's stone gives life and vigour to the steps, walls and columns, while the polychromy is the vital force that unites the whole composition and recreates the spiritual beauty of ancient Greece.

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LA RENAISSANCE DE L'ART SALON DE "TREATY HOUSE", A UPMINSTER, ANGLETERRE, ACTUELLEMENT AU NOUVEAU MUSÉE D'ART DE PHILADELPHIE. évoquant toute l'esthétique de la Grèce antique. La forme de la construction est celle d'un U, ayant une large partie centrale avec deux ailes qui forment un angle droit à leur départ, se terminant en pavillons qui se font face de chaque côté de la grande plaza qui s'étend entre ces deux ailes. De grandes marches, bordées par des fontaines en cascade, nous conduisent à la façade, et toute la rocaille de Fairmount s'étend pour former une base admirable à l'immense édifice qu'elle soutient. On ne peut s'imaginer une vision plus imposante que celle que nous offre maintenant cette construction. Du point de vue artistique et instructif le plan de l'intérieur est aussi réussi et répond parfaitement aux exigences d'un Musée de grande ville. La conception s'est développée selon cette compréhension qu'un Musée d'art doit aujourd'hui suffire à deux besoins différents : il ne peut plus être un grenier poussiéreux plein d'un fouillis d'objets, mais il doit servir aux intérêts In shape the building is that of a U, with a large central unit and two wings extending at right angles there from and terminating in pavilions that face each other across the broad plaza between these wings. Broad steps flanked with cascade fountains provide the front approach, while all the surrounding rockwork of Fairmount spreads out as the adequate base for the vast building it supports. It would be difficult to conceive a more imposing sight than the building now presents. Even as the exterior is significantly beautiful, so from an artistic and educational viewpoint is the plan of the interior successful and adequate for the needs of a great metropolitan museum. It has been developed from the complete recognition that an art museum today must fulfill two distinct purposes ; no longer can it be merely a dusty storehouse crowded with all sorts of objects, but must be active in serving the community that supports it. The first of these purposes is to pro-

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LA RENAISSANCE DE L'ART intellectuels de la communauté qui l'entretient. La première préoccupation est d'offrir au public une agréable exposition de beaux objets d'art, méticuleusement choisis et disposés avec une harmonie qui puisse procurer des joies esthétiques, tout en évoquant l'évolution et les aspects particuliers des beaux arts et des arts décoratifs de tous pays. Le deuxième but est de fournir d'importantes collections devant suffire aux besoins de l'élève, du collectionneur et du spécialiste dans leurs recherches variées. Les administrateurs de Musées ont mis longtemps à reconnaître la nécessité de cette double division, malgré la longue fatigue du public et du passant dans ces galeries qui offrent successivement une vitrine de faïences, d'argenterie ou de textiles — et quoique ceux qui viennent pour étudier aient trop longtemps été privés des facilités qu'exigent leurs recherches. Mais le nouveau Musée de Philadelphie, tel que l'a développé l'administration du Musée de Pennsylvanie, a divisé les collections sur les deux étages principaux du Musée, en donnant l'exemple de l'application de ce principe de double installation. Il y a un étage d'expo- vide the general public with an attractive display of fine objects, meticulously chosen and harmoniously arranged to give aesthetic pleasure as well as to illustrate the development and particular phases of the fine and decorative arts of all these countries ; the second purpose is to provide the student, the collector, the specialist with extensive collections of all available material in each particular field. Museum officials have been slow to understand this absolute dual division, in spite of the fact that on one hand the general public and the casual visitor have too long been wearied by those galleries that display case after case of pottery or silverware or textiles, and in spite of the fact, on the other hand, that the students have long been deprived of the proper facilities for carrying on their researches. So it is that the arrangement of Philadelphia's new Museum, as developed by the staff of the Pennsylvania Museum, recognizing these two essential and diverse services, has divided the collections on the two main floors of the museum and exemplified the application of this principle of dual installation.

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LA RENAISSANCE DE L'ART SALON DE "DERBY HOUSE", A SALEM, MASSACHUSETTS 1795, ACTUELLEMENT AU NOUVEAU MUSÉE D'ART DE PHILADELPHIE. --- There is an exhibition floor which the general public is encouraged to visit: here the objects are arranged sparsely and without useless duplication in period groups. Every means has been adopted to make these exhibition groups attractive and inviting and comprehensible to the most irresponsible or untutored visitor: comfortable surroundings, adequate lights, variations in gallery shape and wall colour, simple and legible labels — everything in fact that will serve to refresh rather than fatigue the visitor's interest in progressing from room to room. The plan of the exhibition floor consists essentially of a file of central galleries, each displaying the paintings, the prints, furniture, ceramics, textiles and metalwork of a particular artistic phase or period associated in harmonious groups; on either side is a file of period rooms which communicate with the central galleries and which are in every way authentic in every detail, from panelling, woodwork and draperies to furniture, rugs, fire-irons and ornaments. This combination, in almost equal proportion, of genuine period rooms and adjunct galleries for the display of overflow material, is surely the happiest way of displaying collections which are to be visited by the gene- --- sition où les objets sont disposés simplement de façon attrayante pour le public en général. Ici ils sont placés avec de la variété et sans souci technique. On a eu recours à tous les moyens pour que ces groupes d'exposition soient accueillants et accessibles aux visiteurs les moins sensibles ou les moins instruits : un décor agréable, une lumière suffisante, des changements dans la forme des galeries et dans la couleur des murs, des textes simples et lisibles — tout ce qui peut servir à délasser l'intérêt du visiteur plutôt que de le fatiguer pendant qu'il va d'une pièce à l'autre. Le plan de cet étage d'exposition consiste en une ligne de galeries centrales dont chacune montre les peintures, gravures, meubles, céramiques, textiles et métaux d'une seule phase ou époque artistique, le tout rangé en un harmonieux ensemble. De chaque côté se trouve une suite de galeries d'époques communiquant avec les galeries centrales et formant des intérieurs authentiques jusqu'aux derniers détails — depuis les boiseries, panneaux et tentures, jusqu'aux meubles, tapis, chenets et bibelots. Cette union, en proportions presque égales, de salles d'époques authentiques et de galeries contiguës réservées aux objets isolés — voici certainement la façon la plus

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LA RENAISSANCE DE L'ART opportune de présenter ces collections destinées à être visitées par le public ordinaire : les salles d'époques, reproduisant des pièces, ayant véritablement existé dans des maisons d'autrefois, donnent une impression saisissante de l'esprit de chaque époque ; les galeries simples, avec leurs étalages séduisants en groupes, permettent au visiteur de se faire une opinion générale autant qu'à lui faire sentir qu'une idée unique anime tous les produits artistiques d'une époque déterminée, sous la manière ou le moyen d'expression utilisés par l'artiste ou l'artisan. Ce mode de présentation n'est appliqué qu'à l'exposition proprement dite : l'étage au-dessous est consacré aux collections pour l'étude, et ici les objets sont assemblés suivant la matière, puisque c'est d'elle que se préoccupe principalement celui qui fait des études sérieuses. Ici se suivent les galeries, ou des séries de galeries, les unes consacrées aux tableaux, d'autres aux céramiques ou aux métaux, textiles, bijouteries, etc. Le spécialiste retrouvera aisément tous les objets capables de mériter son attention et de l'aider dans ses recherches. En outre, il existe des salles où les objets peuvent être transportés pour un examen plus détaillé, et ces salles d'étude communiquent directement avec les Bureaux des Conservateurs de chaque département, pour rendre les renseignements précis facilement accessibles ; et, en plus, fonctionnera à la bibliothèque du Musée des collections de documents photographiques. Quoique le passant soit principalement encouragé à se diriger vers les collections d'exposition, la collection d'étude ne lui sera pas fermée : quand son intérêt sera éveillé au point de le pousser à des recherches approfondies sur les objets qu'il a vus à l'étage au-dessus, il n'aura qu'à descendre pour obtenir l'aide et le concours que réclame son désir d'apprendre. Par conséquent, quoique la collection d'exposition et la collection d'étude servent apparemment à deux classes différentes de visiteurs, elles ont été néanmoins combinées étroitement pour fournir aux uns et aux autres des éléments pour une instruction. Sous ce rapport la collection d'étude forme les réserves pour la collection d'exposition. Là où le Musée possède une quantité suffisante de beaux objets, les œuvres ne sont pas entassées dans les galeries et les salles d'exposition, mais voyagent à tour de rôle entre celles-ci et les collections d'étude. Quand de nouvelles acquisitions sont faites pour les collections d'exposition, elles vont remplacer les objets moins intéressants, lesquels deviendront facilement accessibles dans la galerie des collections d'études. Ainsi la collection d'exposition, laquelle au nom de l'esthétique exige une disposition arbitraire, ne doit jamais se trouver entassée — quoique changée de mois en mois par le jeu des accroissements nouveaux et incessants ; tandis que la collection d'étude, qui est capable d'être presque indéfiniment comprimée, se développe continuellement par l'acquisition ral public : the period rooms, reproducing those in actual houses of past epochs, give a concrets impression of the atmosphere of each period ; the plain galleries with attractive group arrangements, crystallize the appreciation of the visitor and serve to complete his understanding of the single impulse animating all the artistic products of a given style, no matter what the material used or the medium of expression adopted by the artist or craftsman. This mode of display is, however, only applied to the Exhibition floor ; the floor beneath is devoted to the study collection and here the objects are assembled according to material, since it is with material that the student is chiefly concerned. Thus there are galleries or series of galleries devoted entirely to paintings, others to ceramics or metalwork, textiles, prints or jewelry and so on, and here the specialists will find immediately at hand all the objects that will merit his attention and assist his detailed study. Moreover, adjacent study rooms are provided where objects may be taken for closer inspection, and these study rooms are immediately connected with the curatorial offices of each particular department so that information or assistance can be easily obtained ; and further, the facilities of the museum library, with its subsidiary reference photograph collections, is without difficulty available to those interested in particular fields of research. While the casual visitor is encouraged chiefly to visit the Exhibition Collections, the study collection is not to be closed to him : when his interest is aroused to learn further about the objects he sees upon the floor above, he has but to descend and receive assistance and cooperation in proportion to his eagerness to learn. Therefore, although the exhibition collection and the study collection apparently serve two distinct classes of museum visitors, nevertheless they are importantly interrelated as an educational force in the community. They are, too, closely interdependent in respect to the mechanical details of display, for the study collection, in this aspect, is the storehouse — reservoir — of the Exhibition Collection : where sufficient fine material is in the possession of the museum, objects are not crowded together in the Exhibition galleries and rooms, but are constantly rotated between the exhibition and the study collections, and as new and better things are added to the exhibition collections these take the place of less significant objects which are nevertheless still easily to be seen in the galleries of the study collection. Thus the exhibition collection, which aesthetically demands a sparse arrangement, should never become overcrowded, while yet by constant rotation varying from month to month, and by constant addition increasing in merit, whereas the study collection which is capable of almost infinite compression is always developing by acquisition of a multiplicity of types.

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LA RENAISSANCE DE L'ART d'un plus grand nombre de types. La première aile du nouveau Musée d'Art de Philadelphie, dont l'ouverture aura lieu au mois de Mars, contient la collection d'exposition des Beaux-Arts et des Arts Décoratifs d'Angleterre et d'Amérique. Des intérieurs authentiques compris dans cette première aile, quatre sont américains et six anglais. Le fait que la ville de Philadelphie possède et que le Musée de Pennsylvanie est en train de restaurer une douzaine de vieilles maisons dans Fairmount Park, qui sont en parfait état de conservation et qui datent du commencement du xixe siècle, marque la place considérable réservée par le nouveau Musée aux Arts anglais, car ces maisons serviront, mieux qu'aucune galerie de Musée ne le pourrait, à montrer d'une façon parfaite les Beaux-Arts et les Arts Décoratifs de l'Amérique à l'époque des Colonies. Les intérieurs américains installés dans ce nouveau Musée ont été choisis pour éclairer les aspects géographiques et artistiques de l'Art Colonial dont il n'y a pas d'exemples dans les maisons de Fairmount Park. Les premiers sont deux pièces de la maison Millbach, construite en 1752 dans la vallée de Mill Run, Lebanon County, Pennsylvanie. Les pièces nous démontrent le caractère simple et « chez soi » du génie architectural dont étaient animés les habitants dits Pennsylvaniens-Allemands, dont il nous reste si peu et qui est tellement inhérent à l'histoire artistique et matérielle de la Pennsylvanie. Dans ces deux salles Millbach des collections sans égales d'arts et métiers Pennsylvaniens-Allemands seront installées. Au lieu d'innombrables vitrines de cette faïence appelée « slip-ware », de coffres peints alignés, ou de rayons d'étain, des exemples choisis en seront disposés dans ces pièces pour achever la parfaite représentation, non seulement de la vie de ménage de cette époque, mais aussi de l'esprit animateur et civilisateur du peuple qui forma le fond solide de la Colonie de Pennsylvanie, et de l'état qui porte aujourd'hui son nom. Après les salles Millbach se trouve la grande salle de la maison Powel, à Philadelphie. Tout comme les maisons de Fairmount Park, qui sont d'inimitables modèles de maisons de campagne, cette salle nous offre le plus bel exemple qui soit d'une maison de ville à Philadelphie, de l'époque immédiatement antérieure à la Révolution. Elle souligne l'élégance et la grâce de ce style Chippendale dont Philadelphie était empreinte à cette époque, et qui ne fut jamais égalé dans aucune des autres villes des colonies. Et, enfin, il y a la salle provenant de la maison Derby, construite en 1795 à Salem, Massachusetts, un curieux modèle d'architecte- The first wing of the new Philadelphia Art Museum, which will open in March, contains the exhibition collection of the fine and decorative arts of England and America. Of the authentic interiors included in this first wing, four are American and six English. The fact that Philadelphia possesses and the Pennsylvania Museum is in the course of restoring a dozen perfectly preserved old houses in Fairmount Park ranging in date from the early eighteenth to the early nineteenth century, justifies the greater accent upon the English arts in the new Museum, for these houses will, more fully than any museum gallery, serve to display ideally the fine and decorative arts of Colonial America. The American interiors installed in the new Museum, therefore, are included to illustrate geographical or artistic phases of Colonial art not exemplified by the houses in the park. First to be visited are two rooms from the Millbach house, built in the Valley of Mill Run, Lebanon County, Pennsylvania, in 1752. They illustrate the homely architectural genius that animated the Pennsylvania-German colonists, of which so little is preserved and which is so inherently a part of Pennsylvania's artistic and material history. In these Millbach rooms the unexcelled collections of Pennsylvania-German arts and crafts will be installed. Instead of many cases of "slip-ware" or rows of painted chests or shelves of pewter, selected examples of these will be arranged in the rooms and a perfect picture achieved not only of the household life of that time, but of the leavening and civilizing spirit of the people who made a background for the development of Penn's Colony and the state that today bears his name. Next to the Millbach rooms is the great drawing room from the Powel house in Philadelphia. Even as the houses in Fairmount Park are inimitable specimens of fine

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LA RENAISSANCE DE L'ART 139 **ture de la Nouvelle-Angleterre dans le style Adam. A sa valeur intrinsèque il faut ajouter son importance comme document, une des rares pièces existantes qui connurent la collaboration du dessinateur Charles Bulfinch, avec le sculpteur en bois Samuel Mc Intire. Elle constitue un fonds idéal pour les meubles de la Nouvelle-Angleterre, et tous les objets de ménage dans le style d'une époque qui a fait renaître le classique. Ces salles américaines montrent trois aspects importants de l'histoire des Arts Décoratifs dans ce pays, qui jusqu'ici manquaient dans la série des maisons coloniales ; elles serviront à mettre en valeur les objets principaux de leurs époques qui se trouvent parmi les collections du Musée. Les styles moins importants dans le domaine américain seront rangés dans les collections d'étude — et les collections actuelles du Musée sont déjà riches en portails, cheminées et autres objets semblables très intéressants à ce point de vue. Les six intérieurs anglais installés dans cette première aile de bâtiment se placent entre les dates 1730-1770 — un demi-siècle qui fut sous beaucoup de rapports l'époque artistique la plus riche de l'histoire anglaise. Il n'y a certainement pas d'autre ville américaine possédant autant de tableaux anglais du XVIIIe siècle. En plus des tableaux de cette École appartenant au Musée de Pennsylvanie, la ville possède dans les collections John H. Mc Fadden and William L. Elkins deux ensembles qui égalent — si en vérité ils ne surpassent pas — toute autre collection publique du même genre. Les six salles d'époques qui sont déjà installées pour la réception de ces superbes tableaux, en plus des objets d'arts décoratifs variés de la même époque, proviennent toutes de domaines anglais très connus. A part quelques salles encore intactes dans leurs lieux d'origine, il serait difficile d'égaler celles du Musée par la qualité de la main country houses, so this room is the finest example of Philadelphia city residence of the period just prior to the Revolution. It represents the elegance and grace of the Chippendale style that set its mark in Philadelphia at that time and which was never equalled in any of the other colonial cities. Lastly there is the room from the Derby house in Salem, Massachusetts, built in 1795, a fine example of New England architecture in the Adam style. To its intrinsic worth, there is added its importance as one of the few rooms extant upon which Samuel Mc Intire the wood-carver, and Charles Bulfinch the designer collaborated. It is a splendid setting for the New England furniture and household objects in the style of classical revival. These American rooms show three chief phases in the history of the decorative arts in this country which are lacking in the chain of colonial houses : they will serve to display the most important objects of their periods in the Museum's collections. Minor styles in the American field will, of course, be exemplified in their proper place in the study collections, and the present collections of the Museum are already splendidly equipped with doorways, mantels and similar smaller units important for these uses. The six English interiors installed in the first wing range in date from 1730 to 1770, a half century that is in many respects the richest artistic period of all English history. There is certainly no American city so well provided with eighteenth century English paintings. In addition to the Pennsylvania Museum's own pictures of this school, the city possesses in the John H. Mc Fadden and William L. Elkins Collections two groups that together certainly equal, if they do not actually exceed, any other public collection in this same field. The six period-rooms that are now installed to house these beautiful paintings in association with the diverse decorative art objects of the period, all come from well-known English houses. Apart from a few rooms still in situ it would be difficult to equal them in quality of workmanship or excellence of design. They are superb settings for paintings of unrivalled quality. Three rooms from Sutton Scarsdale, which was built in 1724, two of which are panelled in deal and one in oak, will be the backgrounds for such pictures as Gainsborough's Lady Rodney, Romney's Lady Hamilton, Hopner's portrait of his wife, Reynold's Master Bunbury and Edmund Burke, and Constable's The Dell and The Lock. Another room from Wrightington Hall (1748) will be hung with Constable's Hempstead Heath, Willson's Westminster Bridge, and Morland's Old Coaching

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LA RENAISSANCE DE L'ART d’œuvre. Elles forment un fond parfaitement adéquat pour des tableaux d’une si précieuse qualité. Trois pièces provenant de Sutton Scarsdale (construites en 1784), dont deux sont revêtues de bois blanc et une de chêne, seront les fonds choisis pour des tableaux tels que Lady Rodney de Gainsborough, Lady Hamilton de Romney, le portrait par Hopper de sa femme, Master Bunbury et Edmund Burke par Reynolds, The Dell et The Lock par Constable. Une autre salle provenant de Wrightington Hall (1748) sera ornée de tableaux tels que Hempstead Heath par Constable, Westminster Bridge par Willson, et Old Coaching Days par Morland. Les boiseries de Treaty House, à Upminster, et d’une maison sur Tower Hill, à Londres, supporteront dignement d’autres tableaux importants de l’époque appartenant à la Collection Elkins, tels que les portraits de Miss Linley et John Palmer par Gainsborough, et celui de Lady Temple par Reynolds. L’aile actuelle n’est qu’une indication des nombreuses possibilités latentes dans tout ce plan d’installation du Musée de Pennsylvanie. Peu à peu, se suivront les arts du continent d’Europe depuis le style Roman et le Gothique, jusqu’aux manifestations des styles des xviiie et xixe siècles. Et peu après, toutes les manifestations artistiques et essentielles de l’Orient et de l’Extrême-Orient y prendront place à leur tour. Aussi est-il nécessaire de ne pas oublier qu’au-dessous de l’étage consacré aux collections d’exposition se trouvent les collections d’étude formant, avec une classification supplémentaire, des réserves pour alimenter l’Exposition par époques, qui est au-dessus, et constituant une unité essentiellement instructive, toujours à la disposition de la communauté dans laquelle et par laquelle le Musée existe. HORACE H.-F. JAYNE. Days. Likewise the panelling from the Treaty House at Upminster and from a house on Tower Hill, London, will happily display other important paintings of the period belonging to the Elkins Collection, such as Gainsborough’s Portraits of Miss Linley and John Palmer, and Reynolds’ of Lady Temple. The present wing is but an indication of the possibilities latent in the whole installation scheme of the Pennsylvania Museum’s Exhibition Collection. The arts of the European continent ranging from the Romanesque and Gothic styles at one extreme to the eighteenth and nineteenth century expressions at the other will follow in due course. And all the vital artistic expressions of the Near and Far East with their particular problems of installation will come soon. Nor must it be forgotten that beneath the floor devoted to the Exhibition Collections, are the study Collections constituting a cross classification and a reservoir for the period exhibition above, and fundamentally forming an educational unit ever present to assist and benefit the community in which and for which the Museum exists. HORACE H.-F. JAYNE. LE NOUVEAU MUSÉE D’ART DE PHILADELPHIE, VUE PRISE DE FAIRMOUNT PARKWAY.

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DINANDERIE COLLECTION PHILIP LEHMAN NEW-YORK "LE LAI D'ARISTOTE". — COQUEMAR, XIIIe SIÈCLE. COLLECTION PHILIP LEHMAN. Il y a bien des paradoxes dans la destinée des humains. Il n'y en a pas moins dans celle des objets d'art. Tels de ceux-ci qu'on fabriquait à profusion, à certaines époques, et qui étaient d'un usage courant, autant que peu coûteux, sont devenus rarissimes et recherchés au point de valoir plus que leur pesant d'or. D'autres, au contraire, qui étaient estimés aux plus hauts prix et qui étaient des signes de richesse et d'élégance, sont dédaignés aujourd'hui par les arbitres du goût qui ont sans doute leurs bonnes raisons pour cela. L'étude serait curieuse à entreprendre de ces déclassements. On verrait qu'ils ne sont peut-être pas aussi arbitraires qu'on pourrait croire. Mais il est plus intéressant, je dirai même plus édifiant, en matière d'art, de voir exalter les humbles que détrôner les superbes. C'est tout à fait la morale des Ecritures ; elle s'ap- There are paradoxes without end in the destinies of human beings — and they are as frequent in the fate of objects of art. There are certain of the latter which were made in profusion at certain periods, were inexpensive and in current use, and which have since attained great rarity and a value far in excess of their weight in gold. Others, which on the other hand were once most highly considered as symbols of wealth and elegance, are to-day disdained by arbiters of good taste for reasons of their own. A study of such classifications could not fail to be of interest. These classifications might come to be recognized as less arbitrary than one might believe. But it is certainly more interesting — I might even say more edifying — to observe the exalting of the humble in matters of art than to dethrone the highly-placed. Such are of course the teachings of the Scriptures which