Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
Page 1
LES TRÉSORS DE MAXIMILIEN
EXPOSITION AUTRICHIENNE AU MUSÉE DU JEU DE PAUME (TUILERIES)
Parmi tous les Monarques de la Maison des Habsbourg qui marquèrent un vif intérêt pour les arts, Maximilien 1er occupe une des premières places. Il sortait d’un milieu assez fermé ; élevé à la cour de son père Frédéric III, le dernier Empereur qui reçut à Rome la couronne des mains du Pape, il vécut, sa jeunesse surtout, à Vienne. Cette ville, au xve siècle, a déployé une grande activité artistique. Notre Exposition en donne une preuve avec l’abécédaire richement illustré, dans lequel le jeune archiduc apprit à lire. Son père avait surtout la réputation d’un constructeur. Outre les nombreuses églises et chapelles qu’il fit édifier dans les différentes villes d’Autriche, son grand mausolée, œuvre d’un statuaire flamand, dans la cathédrale de Saint-Etienne, à Vienne, nous permet de nous rendre compte, encore aujourd’hui, du rôle de Mécène joué par ce souverain. C’est donc de ce milieu autrichien que sortait le jeune Archiduc Maximilien, lorsque, en 1477, il épousa la plus riche héritière d’Europe, Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire. Bien que le jeune prince n’ait jamais réussi à prendre pied solidement dans les Flandres, comme ses successeurs y parvinrent par la suite, son mariage avec Marie de Bourgogne eut une influence décisive sur le cours de son existence. Il considéra toujours les trop
Among the monarchs of the House of Hapsburg who have shown an intense interest in art, Maximilian I is an outstanding figure. His early environment was of an exclusive nature : brought up as he was at the court of his father Frederick III (last of the Emperors to be crowned at Rome by the Pope), he passed his youth for the greater part in Vienna — where there was, during the XVth Century, a notable artistic movement. An evidence of this revival to be seen at the Jeu de Paume Exposition is that finely illustrated A. B. C. in which the Archduke first learned to read. His father was known as a patron of building ; in addition to the numerous churches and chapels which he erected all over Austria his own immense mausoleum in St. Stephen’s Cathedral at Vienna — the work of a Flemish artist — is proof enough of this monarch’s role as a Mecenas. From this purely Austrian environment came Maximilian, who -in 1477 married the richest heiress in Europe — Marie of Burgundy, daughter of Charles the Bold. Although the young Prince never gained a foot-hold in Flanders equal to that achieved later by his successors, his marriage with Marie of Burgundy exercised a decisive influence upon his career. The brief years of his married life
ALBERT DURER.
COUPE D’ARGENT DORÉ
DE L’EMPEREUR MAXIMILIEN
EXÉCUTÉE PROBABLEMENT
D’APRÈS UN DESSIN D’ALBERT DURER.
SILVER-GILT CUP WHICH BELONGED
TO THE EMPEROR MAXIMILIAN
PROBABLY MADE AFTER A DRAWING
OF ALBRECHT DÜRER.
Page 2
LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE
brèves années de son bonheur conjugal comme les plus belles de sa vie. C'est à partir de cette époque que l'ambition lui vint de pratiquer une politique de grand style. Ses rapports, plutôt tendus, avec les Flandres empêchèrent l'influence heureuse de son premier mariage de se manifester dans les arts, comme on aurait pu s'y attendre. Toutes les années qui suivirent, jusqu'au début du xvi^e siècle, sont surtout remplies de guerres et d'expéditions, entre lesquelles Maximilien occupe ses rares loisirs à la chasse. Ce que nous possédons, encore aujourd'hui, des œuvres d'art faites pour l'Empereur Maximilien, entre 1480 et 1500, relève surtout des arts appliqués ; ce sont de merveilleuses cuirasses, des armes richement ornées pour la guerre, le tournoi et la chasse. La seule exception importante se rapporte à une œuvre d'orfèvrerie. Dans la patrie héréditaire de Maximilien, l'art de l'orfèvrerie connut, à la fin du Moyen-Age, une période de haute perfection. Une magnifique coupe en argent doré et ciselé nous a été conservée qui appartenait, nous le savons, au Trésor privé de Maximilien et qui fut très vraisemblablement dessinée par le plus grand des artistes allemands, Albert Dürer. Comme nous savons, d'autre part, que, à Nuremberg, le plus célèbre orfèvre de l'époque était le père de Dürer, on est naturellement tenté de lui attribuer la réalisation de ce chef-d'œuvre.
L'activité effective de l'Empereur comme protecteur des arts commence avec le nouveau siècle. Maximilien pensait à perpétuer le souvenir de sa gloire. Il envisagea trois grandes tâches. Rien ne saurait mieux caractériser la physionomie de Maximilien, représentant des temps modernes, de l'époque de l'humanisme et de la Renaissance, que la façon dont il conçut sa glorification pour la postérité. Il ne se sert pas de la pierre, il n'a pas recours à l'architecture ; ce sont les livres imprimés qu'il choisit. Toute une série d'ouvrages doivent retracer,
were to him always the happiest period of his entire existence, and from this time dates his ambition to play a political role on a large scale. His somewhat strained relations with the Flemish countries prevented the happy influence of his first marriage from exercising any artistic effect, as might have been expected. The following years — up to the beginning of the XVIth Century — were exclusively devoted to warfare, in the rare intervals of which Maximilian gave his few leisure moments to hunting. All that remains to us of the artistic treasures created for Maximilian between 1480 and 1500 belongs chiefly in the domain of the applied arts; wonderful breast-plates, richly chased weapons for war, tournaments and hunting — the only exception of importance being an example of the goldsmith's art. This art, at the end of the Middle Ages, had in Maximilian's native land reached an extraordinarily high stage of development. From his private treasure comes a beautifully chiselled silver-gilt cup, which was very probably designed by the greatest of all German artists — Albrecht Dürer. For as we also know that the most famous goldsmith of that period was Dürer's father, who lived in Nuremberg — we are naturally tempted to attribute to the artist himself a share in this masterpiece
The Emperor's effectiveness as patron of the arts began with the new century, for Maximilian — desirous of perpetuating the memory of his glories — conceived three great artistic undertakings for this purpose.
Nothing is more characteristic of Maximilian's personality — as representing at the same time modernism, the period of humanism, and the Renaissance — than his conception of posthumous fame. He does not resort to stone nor to architecture ; his choice is... books. He planned a series of volumes, which should — in prose or verse — recount and idealize his various ex-
L'ARMURE DE L'EMPEREUR MAXIMILIEN.
ARMOUR OF EMPEROR MAXIMILIAN.
Page 3
LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE
307
POUR LE TRIOMPHE DE MAXIMILIEN. — DESSIN MINIATURE DE J. KOLDERER.
SKETCH FOR THE “TRIUMPH” OF MAXIMILIAN.
ALBERT DÜRER.
LA VOITURE DU TRIOMPHE DE MAXIMILIEN. — DESSIN (1515).
MAXIMILIAN'S TRIUMPHAL CAR. — DRAWING (1515).
sous une forme allégorique, soit en prose, soit en vers, ses différents exploits, en les idéalissant. De nombreuses gravures sur bois, œuvres des artistes les plus célèbres, sont destinées à les illustrer. D'autres livres, également illustrés, seront consacrés à ses ancêtres et aux saints patrons de sa famille. En outre, il désire avoir un grand « triomphe » à la manière antique. Ce projet doit être également réalisé par la gravure sur bois. Il se subdivise en deux parties : l’arc ploits, illustrated with wood-cuts by all the greatest masters. Other illustrated volumes were to be devoted to his ancestors and to the patron saints of his family. He visualized in addition the conception of a great “Triumph” — after the antique fashion — this last project likewise to be carried out in wood engraving and divided in two parts : a gigantic wood-engraving of the triumphal arch itself — the three portals of which, magnificently decorated, should
Page 4
LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE
de triomphe, gigantesque gravure sur bois, dont les trois portes, richement décorées, accueilleront le défilé proprement dit, le «triomphe», où le char fastueux de l'Empereur occupe la place capitale. Pour tous ces ouvrages, on confia d'abord à des savants et à des poètes le soin de préparer des programmes soigneusement étudiés, auxquels Maximilien collabore de manière active et dont les manuscrits ont été maintes fois corrigés de sa propre main. D'après ces programmes, les artistes de la cour de Maximilien peignirent des miniatures à l'aquarelle, destinées à servir de base aux dessinateurs de la gravure sur bois. En 1512, lorsque l'empereur entra en relations directes avec Albert Dürer et lui confia la direction des travaux les plus importants, ces miniatures furent en partie abandonnées et Dürer dut faire de nouveaux dessins pour de nombreux points de détail. Un autre ouvrage de haute valeur, que l'Empereur voulait aussi réaliser, un Livre d'Heures, n'a pas été poussé plus loin que les dessins préliminaires.
DESSIN D'ITALIEN PAR ALBERT DURER.
ITALIAN BY ALBERT DÜRER.
ALBERT DÜRER. — L'EMPEREUR MAXIMILIEN.
DESSIN 1518.
admit the procession, or "Triumph", with the chief place of course devoted to the Emperor's own chariot. The care of preparing a program for this artistic work was entrusted to students and poets — with the active collaboration of Maximilian himself, as is evident from the many corrections which the manuscripts bear in his own hand.
In accordance with this program the artists of Maximilian's court painted water-colour miniatures, which were intended to serve as preliminary studies for the designers of wood engraving. When in 1512 the Emperor came into direct touch with Albrecht Dürer and turned over to him the supervision of the major portion of this undertaking, the miniatures were for the greater part laid aside and Dürer was called upon to make new designs for many of the details. Another choice volume which the Emperor wished to see perfected — a Book of Hours — was never continued beyond the preliminary drawings. The part illustrated by Albrecht Dürer is preserved in the Na-
Page 5
LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE
399
Maubrofghikim noqriifstuvvz
Ait vof terquies m cdis camhia air nomic numm Adum, it nomi numhat volimitas niafinit malo et in m la Dauin nosmin quot
---
LIVRE DE L'ARCHIDUC MAXIMILIEN OU IL APPRIT A LIRE.
BOOK, IN WHICH THE ARCHDUKE MAXIMILIAN LEARNED TO READ.
ÉCOLE VIENNOISE VERS 1465.
---
B. STRIGEL. — PORTRAIT DE MAXIMILIEN AVEC SA FEMME, SON FILS ET SES NEVEUX. — 1515.
PORTRAIT OF MAXIMILIAN WITH HIS WIFE.
HIS SON AND HIS NEPHEWS.
---
La partie illustrée par Dürer est conservée à la Bibliothèque Nationale de Munich ; l'autre partie, non moins précieuse, à laquelle ont collaboré les meilleurs contemporains de Dürer, se trouve à la Bibliothèque Municipale de Besançon. Le deuxième grand travail de l'Empereur est son mausolée, qui orne la « Hofkirche » (Eglise de la Cour) d'Innsbruck dans le Tyrol.
Le sarcophage est entouré de 28 figures géantes de bronze, les ancêtres de l'Empereur et les paladins les plus réputés de la chrétienté. Depuis l'antiquité, aucun plan d'aussi grande envergure n'a plus été conçu ni réalisé pour un monument funéraire. Seul un contemporain de Maximilien, le Pape Jules II, a eu l'idée d'un mausolée semblable. Dans le « Triomphe » on retrouve d'ailleurs le même motif. Les figures géantes de bronze précèdent l'Empereur sur de grands chars.
La troisième tâche que s'était imposée l'Empereur était son portrait.
Un excellent peintre souabe Bernhardin Strigel, semble avoir possédé longtemps le privilège, à côté d'artistes italiens et flamands, de « portraicturer » Maximilien Ier. A la Diète d'Augsbourg, en 1518, l'Empereur a posé devant Albert Dürer, qui a fait de lui un merveilleux fusain. Les traits déjà fatigués du tional Library at Munich ; the other and no less valuable portion, which was the work of Dürer's greatest contemporaries, is now in the Municipal Library at Besançon.
The Emperor's next greatest achievement is his mausoleum in the “Hofkirche” at Innsbruck; the sarcophagus is surrounded by twenty eight enormous bronze figures, representing the Emperor's ancestors and the most widely known Paladins of Christianity. No burial monument since the days of antiquity has ever been conceived or carried out on such a scale. Pope Julius II, Maximilian's contemporary, was alone in having the inspiration for a similar mausoleum. The same “motif” exists in the “Triumph”, in the gigantic bronze figures which precede the Emperor upon his triumphal car. The third project to which the Emperor devoted himself was the painting of his own portrait. The fine Suabian painter Bernhardin Strigel seems long to have possessed the privilege of portraying Maximilian I, in addition to other Italian and Flemish artists. In 1518, at the Diet of Augsburg, the Emperor posed for Albrecht Dürer who made a marvellous charcoal drawing of him. The elderly monarch's drawn features are here represented with conciseness and feeling.
Page 6
LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE
B. STRIGEL. — PORTRAIT DU ROI LOUIS II DE HONGRIE.
PORTRAIT OF KING LOUIS II OF HUNGARY.
HANS DAUSER. — MAXIMILIEN 1ER A CHEVAL.
MAXIMILIAN ON HORSEBACK.
Monarque vieilli y sont rendus avec une émotion concise.
Peu de temps après, Maximilien, qui n'avait point de résidence fixe, mais allait de ville en ville et gouvernait son empire à cheval, mourut au cours d'un de ses voyages. Beaucoup de ses projets n'aboutirent point. Mais ce qui nous a été transmis — et qu'on peut voir presque en totalité au Musée du Jeu de Paume — suffit à nous donner une idée exacte des plans artistiques de l'empereur, de la haute culture et surtout de la riche fantaisie des artistes qui travaillèrent pour lui et qui appartenaient à l'élite de leur temps. La gloire de Maximilien lui survécut. On l'avait surnommé le « dernier Chevalier » et c'est à ce souvenir que sont dues les célèbres tapisseries des « Belles chasses de Maximilien » que son petit-fils Charles Quint fit faire à Bruxelles et qui sont aujourd'hui l'orgueil du Louvre.
LUDWIG BALDASS,
Conservateur du Musée d'Art Historique de Vienne.
Not long after this, Maximilian — who had no settled place of residence but travelled from town to town governing his empire on horseback — died in the midst of one of his journeys. Many of his plans came to nothing. But what remains of them — and this may be seen almost in its entirety in the Musée du Jeu de Paume — is sufficient to give us a clear impression of the Emperor's artistic undertakings as well as an understanding of the high degree of culture and variety of imagination possessed by the artists who worked for him and who were indeed the elect of their time. He was known as “the last of the knights”, and to this memory of him we owe those famous tapestries, “the Hunts of Maximilian” which his grandson, Charles V had made in Brussels — and which are to-day the pride of the Louvre.
ÉLEONORE DE PORTUGAL,
MÈRE DE MAXIMILIEN.
MAXIMILIAN'S MOTHER.
LUDWIG BALDASS,
Curator of the Historical Art Museum of Vienna.
Page 7
LA FERRONNERIE FRANÇAISE AU XVIIIe SIECLE
NANCY. — GRILLES DE LA PLACE STANISLAS, PAR JEAN LAMOUR.
GATES OF THE PLACE STANISLAS.
Le xviiie siècle est l’âge d’or de la ferronnerie française. Sous le marteau de maîtres d’une habileté prestigieuse, rampes, balcons ou grilles s’épanouissent en contours d’un caprice et d’une variété sans précédents. Les sanctuaires des cathédrales, les entrées des édifices publics et hospitaliers, les allées des parcs, les cours des châteaux, les façades et les escaliers des nouveaux hôtels, que se font construire à l’envi la noblesse et la riche bourgeoisie, se couvrent d’une véritable broderie de fer.
L’ordonnance du Grand Siècle préside encore aux dispositions générales des ouvrages. Mais quels changements dans les détails ! Les lignes verticales ne subsistent plus que pour assurer la solidité de la charpente, l’encadrement des vantaux, le dessin des pilastres. Les formes en S, les courbes retroussées comme des vagues, les entrelacements sveltes et élégants, envahissent les panneaux partout où l’exécution matérielle le permet. Des rampes entières se déroulent sans la moindre barre d’appui verticale. Partout les ornements rapportés, fleurons, bouquets, folioles, étampés ou relevés au marteau, enlèvent au trait sa maigreur. Le sévère entablement classique lui-même s’infléchit en arc, entraînant parfois les traverses dans son galbe. Des amortissements demeurés, où les volutes d’acanthe et les rinceaux escaladent le traditionnel motif d’armoirie, constituent un couronnement d’une richesse et d’une fantaisie
The XVIIIth Century is the Golden Age of French iron-work. Beneath the magic hammer of skilled workmen, balusters, balconies or gates flowered in curves whose caprice and variety were without precedent. Cathedral sanctuaries, entrances to public buildings and hospitals, the paths of parks, the court-yards of castles, façades and staircases in new houses built to gratify a whim by the nobles and the rich middle class — all were covered with veritable embroidery in iron.
The ordinances of this great period still preside over the general disposition of such work. But what changes in detail! The vertical lines remain only to ensure the solidity of the frame-work, the framing of window-shutters, the design of pilasters. S-shapes, curves upturned like waves, a slim and elegant interlacing, invade the panels wherever the material execution permits. Whole balusters unroll without the least bar for vertical support. Inlaid ornaments, fleurons, bouquets, folioles stamped or raised by the hammer, everywhere relieve the meagreness of outline. The severe and classic entablature itself bends into an arc, sometimes dragging the cross bars with it in its graceful sweep. Enormous pediments on which the traditional coat of arms is overgrown by acanthus scrolls and foliage, crown the whole with unexpected wealth and
Page 8
LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE
inattendues. Comme pour les toitures des châteaux de la Renaissance, un second édifice se superpose au premier.
Mercier, dans son Tableau de Paris, ne manque pas d'admirer cet effort de son temps : « Un serrurier, dit-il (le terme de ferronnier n'existait pas au sens où nous fancy. As in the roofs of Renaissance castles, a second edifice is superimposed upon the first.
Mercier, in his Picture of Paris, is not lacking in admiration for these efforts of his time : " A locksmith ", he says (the term iron-worker did not then exist in the
SENS. — GRILLE PRINCIPALE DE L'ANCIEN PALAIS ARCHIÉPISCOPAL.
MAIN GATES OF THE OLD ARCHIEPISCOPAL PALACE.
l'entendons) est un artiste. L'art a travaillé le fer pour l'unir à l'architecture. Il s'est développé en de superbes grilles qui ont l'avantage d'orner le point de vue sans le détruire. Le fer est devenu aussi souple que le bois. On le tourne à volonté. On lui imprime la forme de feuillages légers et mobiles. On lui ôte sa rudesse pour lui donner une sorte de vie ».
sense in which we understand it) " is an artist. Art has so worked in iron as to unite it to architecture. It has been developed into superb gates which have the advantage of ornamenting the view without destroying it. Iron has become as supple as wood, it is turned as one pleases. It is made into shapes like airy, mobile leaves. Its roughness has been eliminated
Page 9
LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE
En tête des grands serruriers promoteurs des formes nouvelles, la postérité a placé Jean Lamour (1698-1771), serrurier du roi de Pologne, à Nancy, auteur de la plus belle page de décoration ferronnière que le temps et le vandalisme des hommes aient respectée. Lui-même a and it has been endowed with a sort of life ”.
Foremost among the great locksmiths who promoted these new forms, posterity has placed Jean Lamour of Nancy (1698-1771), locksmith to the King of Poland and author of the most beautiful piece of decorative
BORDEAUX.
HOTEL DE LA BOURSE. — PORTE INTÉRIEURE FER FORGÉ ET CUIVRE REPOUSSE,
PAR DUMAINE 1773.
HOTEL DE LA BOURSE. — INTERIOR DOOR, WROUGHT IRON AND “REPOUSSE” COPPER.
pris soin d'en réunir les détails dans un somptueux album gravé, et sa mémoire profite de la notoriété que nous accordons trop volontiers aux artistes, comme Palissy ou Ph. de l'Orme, qui se racontent, aux dépens de rivaux d'un mérite souvent supérieur, mais moins prodigues de confidences. Sa décoration de la place iron-work which time and the vandalism of mankind have respected. He himself was careful to assemble all its details in a sumptuous, engraved album, and his memory profits from the same notoriety which we accord all too willingly to artists like Palissy or Ph. de l'Orme — who talk about themselves at the expense of
Page 10
LA RENAISSANCE DE L’ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE
Royale n’en reste pas moins un chef-d’œuvre. Nulle part les caprices de la rocaille ne montrent plus de souplesse et de hardiesse que dans ces grilles, dans ces lanternes, dans ces fontaines mythologiques qui semblent sorties d’un paysage de Watteau. Ces travaux demandent huit ans, suivis, jusque dans l’atelier, par la curiosité
rivals often superior as to merit, but who are less generous with their secrets. Nevertheless his decoration of the Place Royale remains a master-piece of rocaille: Nowhere are the caprices of such-work bolder or more supple than in these railings, these lanterns, these mythological fountains which seem to have come
VII CH. SCHMIDT, ÉD.
PARIS.
GRILLE DU PALAIS DE JUSTICE PAR BIGONNET, 1785. — GATES OF THE “PALAIS DE JUSTICE”.
d’un roi détrôné, à qui le destin ne laissa plus d’autres armées à commander que des bataillons de serruriers.
La gloire de ce décor, qui, malgré quelques restaurations se présente à nos yeux dans son intégrité, ne doit pas nous faire oublier les maîtres parisiens ou provinciaux qui nous ont laissé tant de beaux ouvrages. La rampe de communion de Saint-Germain l’Auxerrois est
straight from out a Watteau landscape. This work, required eight years to accomplish, and was followed, even in the workshop, by the curiosity of a dethroned monarch to whom Destiny had left no armies to command other than battalions of locksmiths.
The splendour of this decoration, which despite certain restorations presents itself in its integrity, must
Page 11
LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE
encore en place pour attester le mérite de Pierre Dumier, rue du Carrousel, serrurier des Menus Plaisirs du Roi (1767) et aussi le magnifique escalier du Palais Royal, construit par Jean Corbin, en 1763, et enrichi de bronzes par Caffieri. Autres merveilles : les grilles et la rampe d'escalier que l'architecte Gabriel commande pour not lead us to forget the Parisian or provincial masters who have left us so much beautiful work. The Communion rail of Saint-Germain-l'Auxerrois still bears witness to the merit of Pierre Dumier, rue du Carrousel, locksmith for the King's Petty Pleasures (1767) and also the magnificent staircase of the Palais Royal,
CHARTRES.
GRILLE DE L'HOTEL-DIEU. — GATES OF THE " HOTEL-DIEU ".
l'École Militaire à Claude Fayet, rue du Chantre (1773) et la superbe grille du Palais de Justice exécutée par Bigonnet, sur les dessins de Desmaisons (1783-1785).
A l'instar de Paris, la France entière revêt une véritable dentelle de fer. Joseph Perès, le serrurier de la Monnaie, forge les grilles de la cathédrale de Bourges et celles de la cathédrale de Chartres ; Nicolas Flambart, built by Jean Corbin in 1763, and enriched with bronzes by Caffieri. Still other marvels are the gates and the banister ordered for the Ecole Militaire by the architect Gabriel from Claude Fayet, rue du Chantre (1773) and the superb gates of the Palais de Justice carried out by Bigonnet from Desmaisons' drawings (1783-1785).