Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'EXPOSITION DU MOYEN AGE A LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE EXALTATION DE DAVID. PSAUTIER BYZANTIN Xe SIÈCLE.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE P OUR la première fois, depuis 1878 et parallèlement à celle des « Primitifs français », dont le titre seul évoque un prestigieux souvenir, la Bibliothèque Nationale organisa, en 1904, une Exposition de manuscrits à peintures. Constitué par Léopold Delisle et Th. Mortreuil, cet ensemble fut le digne complément de l’œuvre qu’avec MM. P. A. Lemoisne, Metman et ses collègues du Louvre, Henri Bouchot conçut et réalisa. La manifestation du Pavillon de Marsan et de la Bibliothèque marqua une date dans l’histoire de l’Art ; elle consacra, en la restaurant, la gloire de nos vieux Maîtres. Plus tard, les expositions de 1906 et de 1907 permirent encore à M. Henry Marcel et à ses collaborateurs, de réunir un certain nombre de miniatures, choisies parmi nos manuscrits. Dès lors qu’elle revenait à une tradition, avec laquelle la guerre l’avait obligée de rompre, il était naturel que notre Bibliothèque consacrât aux séries du Moyen-Age, une de ses nouvelles expositions. Celle qui vient de s’ouvrir, constitue une simple préface, dans le genre qui lui est propre. Nous sommes, en effet, obligés, mes collaborateurs et moi, de nous adapter aux circonstances. Notre premier soin tend à rouvrir le chemin un peu oublié de la Bibliothèque Nationale. C’est en combinant les préoccupations d’ordre scientifique avec le légitime souci de créer un sujet de divertissement profitable, que nous pensons rendre nos collections accessibles au plus grand nombre possible de visiteurs. Nos choix ne sont pas arbitraires ; ils procèdent, simplement, d’un libéralisme opportun. Dans le large cadre d’époques données et sous la forme, en quelque sorte, de portiques somptueux d’aspect, nous plaçons successivement, sous les yeux du public, nos chefs-d’œuvre et les pièces, dont la valeur historique séduit l’imagination. La formule que nous appliquons comporte, du reste, un avantage : elle autorise l’harmonieuse collaboration des quatre Départements, trop isolés jusqu’alors les uns des autres. Depuis mai 1924, le succès nous fut toujours fidèle. Cette fois encore, il consacrera, je l’espère, l’effort dont nous nous sommes imposé de fournir régulièrement la preuve. Cependant l’erreur serait grande d’affirmer que les expositions organisées par nous manquent d’originalité. Nous cherchons, au contraire, à révéler des ouvrages qui ne sont jamais sortis des fonds, où ils sont conservés. Ainsi la plupart des miniatures, des xylographes et des monnaies actuellement exposés rue Richelieu, ont la qualité d’une présentation originale. Nous avons, en outre, substitué aux peintures trop célèbres, que renfermaient plusieurs manuscrits, celles qui nous permettaient une faveur justifiée. Dans son cadre de tapisseries et d’objets précieux, l’Exposition du Moyen Age offre un spectacle plein de faste et d’enseignements. Sa richesse égale sa beauté. Elle contient un très grand nombre d’œuvres que les érudits, les amateurs eux-mêmes n’avaient pas eu, jusqu’ici, l’occasion de voir rassemblées. Elle propose les plus nobles motifs de plaisir et d’intérêt. Le Département des Manuscrits possède un fonds ancien, qui n’a pas d’égal, tant au point de vue de l’Art que de l’Histoire. Si réduite soit-elle, lorsqu’on la compare aux collections qu’elle représente, notre exposition le prouve. Elle offre, aussi, un vaste champ de méditations sur les rapports qui existèrent, durant le Moyen-Age, entre la miniature, la statuaire, l’ivoire, le vitrail, la tapisserie et finalement le xylographe. Remarque devenue presque banale, qu’illustrent beaucoup d’exemples, soit que les artistes aient cherché leur inspiration dans des modèles communs, soit qu’ils n’aient point hésité à se copier les uns les autres : la reliure du Psautier de Charles-le-Chauve rappelle une miniature de celui d’Utrecht ; la tapisserie de l’Apocalypse d’Angers, qui, en partie, servit récemment de décor à l’Exposition du Livre, évoque nettement les peintures, dont s’orne l’Apocalypse de Cambrai. Il convient d’ajouter qu’en évoluant, depuis le VIIe siècle jusqu’à la Renaissance, la miniature nous offre une inépuisable source de documents, soit qu’elle constitue d’abord l’expression même de la foi, où s’aliamentait l’ardeur spirituelle et morale de nos ancêtres, soit qu’elle devienne, plus tard, le miroir, dans lequel se reflète, dès lors, la société médiévale, avec ses guerres, ses fêtes, ses scènes officielles et familières, urbaines et champêtres, ses modes, ses costumes, ses moeurs et ses travaux. D’autre part, elle nous apprend comment les princes et les grands étaient instruits par l’image : la Bible moralisée (XIIIe siècle) le démontre et la substitution de la traduction française aux inscriptions latines paraît le confirmer. C’est, enfin, dans les miniatures que l’on trouve les plus anciens portraits. À l’exception de quelques manuscrits, dont le Missel de Saint Magloire, le Térence des Ducs, la Chronique de Primat, le Title Live et les Heures de Charles de Guyenne empruntés à l’Arsenal, à Sainte-Geneviève et à la Mazarine et de deux manuscrits de Dijon, spécimens curieux des ouvrages enluminés à Citeaux, toutes les autres œuvres exposées appartiennent à la Bibliothèque Nationale. Celles du fonds grec n’ont jamais été présentées encore et quelques-unes de leurs miniatures, pour la gloire de Byzance et de Ravenne, évoquent, dans une majesté roide, l’art mésopotamien. L’Occident et l’Orient y marquent leurs influences différentes. Certaines peintures en fournissent alternativement la preuve, telle la

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LE ROI DAVID. BIBLE DE CHARLES LE CHAUVE, IXe SIÈCLE. décollation de saint Jean-Baptiste de l'Evangile de saint Mathieu (VIe siècle), image archaïque peinte, comme plusieurs autres, au bas d'un feuillet et l'une des plus anciennes miniatures que possède le Département des Manuscrits ; tel le David d'un psautier fameux, dont les figures enluminées rappellent d'une façon frappante, celles de l'antiquité classique ; telles encore les peintures d'un célèbre manuscrit de saint Grégoire de Nazianze. La suite du fonds latin, qui commence au Pentateuque de Tours (VIIe siècle) comprend des manuscrits carolingiens, comme l'Evangéliaire de Charlemagne, l'Evangéliaire de Lothaire, la Bible de Charles le Chauve. et quelques spécimens de la période monastique, l'Apo-calypse de Saint-Sever, par exemple ; puis les œuvres les plus magistrales, que l'art du XIIIe siècle ait produites, entre autres la Bible moralisée et le Psautier de saint Louis ; enfin un nombre considérable de ces magnifiques ouvrages des XIVe et XVe siècles, dont les derniers furent exécutés pour les bibliophiles connus, Mathias Corvin et Louis de Bruges. Ces manuscrits, en raison du choix dont ils ont fait l'objet, permettent de discerner et de comprendre l'évolution de la miniature, tant en France qu'en Flandre et en Italie. Dans les premiers, malgré une insuffisance de dessin évidente, lorsqu'il s'agit des personnages, une science

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RELIURE IVOIRE DU Ve — VIe SIÈCLE. ÉVANGELIAIRE DE SAINT LUPICIN. IXe. SIÈCLE.

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LA RÉSURRECTION DE JÉSUS-CHRIST. ÉVANGÉLIAIRE DE LA SAINTE-CHAPELLE XIIIe SIÈCLE.

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AIGLE TENANT UN SERPENT, APOCALYPSE DE SAINT SEVER. XIe SIÈCLE. ornementale se révèle, qui combine la force antique, l'imagination anglo-saxonne, l'équilibre de notre race. Des concordances manifestes existent, d'autre part, entre l'étrange et ardente illustration de l'Apocalypse et les figures décoratives de Souillac, de Moissac et de Saint-Savin. Quant à la Bible et au Psautier, les traits aigus, les minces sourires, les attitudes, les gestes pleins de courtoisie, les vêtements drapés à longs plis, tout y correspond au prodige des cathédrales, qui montaient alors, dans leur blancheur première, vers le ciel de l'Ile de France. Aussi bien, une description est ici impossible, qu'il s'agisse de ces chefs-d'œuvres ou des Heures d'Anjou, des Grandes Heures du duc de Berry, des Heures de Laval, de Nevill et du Roi René. Comment ne pas s'arrêter, néanmoins, devant ce tableau plein d'un intense réalisme, des Conseillers de Charles V (Heures d'Anjou), au milieu de qui se distingue Du Guesclin ; devant la scène des Grandes Heures, où le duc de Berry apparaît, au seuil du Paradis, en face de saint Pierre, qui le prend par la main ; devant ce tableau de famille où Ralph Nevill, dont il est si souvent parlé dans l'histoire d'Angleterre, au xve siècle, est représenté avec ses douze enfants ; devant ce portrait de Louis de Laval, dont la technique impeccable se rehausse de couleurs, que l'âge n'a pas ternies ? Pour le fonds français, quelques notations brèves

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LA BIBLE MORALISÉE. XIIIe SIÈCLE. ne sauraient caractériser tant d'ouvrages, où le réalisme plein de grâce et d'esprit s'harmonise progressivement avec la conception religieuse du monde. On déplore, en vérité, de se voir réduit à citer seulement la Vie de saint Denys, l'Histoire de Joinville et sa miniature de présentation au roi Louis X ; les Statuts de l'Ordre du Saint-Esprit au droit désir (xive siècle), offerts, plus tard, à Henri III par la République de Venise, où figurent Louis de Tarente, roi de Jérusalem, et sa femme Jeanne de Naples, dans un décor manifestement italien ; le Livre des Merveilles (seconde moitié du xive siècle) ouvert sur la relation d'Hayton et dont celui-ci fait hommage à Jean-sans-Peur ; le plus bel exemplaire du Livre de la Chasse de Gaston Phebus (fin du xive siècle) ; les fameuses grisailles des Miracles de Notre-Dame et le Psautier illustré par André Beauneveu, grand artiste, attaché au Duc de Berry, qui fut, tour à tour, peintre, architecte et sculpteur ; le Roman de la Violette (rédaction en prose de l'œuvre de Gilbert de Montreuil), avec la si jolie miniature qui représente une fête au xve siècle ; enfin, la Cité de Dieu de saint Augustin (fin du xve siècle), dont les peintures sont de maître François, considéré, par certains érudits, comme le fils même de Jehan Fouquet Quant aux Antiquités juives de Josèphe, chacune des miniatures qu'y peignit ce dernier est une pure merveille de composition et de style, qu'il s'agisse des figures nobles, élégantes ou robustes, des architectures et des

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--- LOUIS DE TARENTE ET JEANNE DE NAPLES. STATUTS DE L’ORDRE DU SAINT ESPRIT AU DROIT DÉSIR. XIVe SIÈCLE.

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ST. MATHIAS, APOTRE, PSAUTIER D'ANDRÉ BEAUNEVEU. FIN XIVe SIÈCLE.

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JEAN MIÉLOT. LES MIRACLES DE NOTRE-DAME, XVe SIÈCLE. paysages si représentatifs de ceux de la France (Jéricho est devenu un village de Touraine), avec leurs plans nets, leurs lignes douces et sobres, leurs charmantes tonalités, leur fine lumière. Mais, antérieur à la plupart de ces œuvres, l’Album de dessins de Villard de Honnecourt (xiiie siècle) s’affirme comme un ouvrage unique ; l’artiste s’enveloppe d’une ombre profonde, mais il domina son époque, par la pénétrante intelligence, la curiosité, la variété de goûts, dont ses moindres croquis témoignent et que servait la technique la plus savante, la plus sûre. Quelques pièces d’un intérêt historique supérieur complètent l’exposition des manuscrits à peinture. Deux manuscrits de Grégoire de Tours (viie siècle), les Serments de Strasbourg (842), une Bulle du Pape Benoit VIII, sur papyrus (1017) et l’exemplaire original de l’un des interrogatoires du Procès des Templiers (1309-1311), une expédition authentique du Procès de condamnation de Jeanne d’Arc, prêtée, comme une «montre» des hommes d’armes de Du Guesclin, par la Chambre des Députés, le Traité d’Arras (1435), que signèrent les Ambassadeurs de Charles VII et du Duc de Bourgogne, une Charte des Barons et des Communes d’Angleterre, aux nombreux sceaux, provoquent une curiosité légitime. Les magnifiques reliures qui, dans plusieurs vitrines murales, attirent le regard, appartiennent également au Département des Manuscrits. Toutes de métal ou d’ivoire, elles datent de la haute époque ; leur composition s’apparente à celle des premières miniatures. L’Evangéliaire de Saint-Lupicin (ixe siècle) et les Evangéliaires de Melz (viiie, ixe, xe, xie siècles), de Saint-Denis (ixe et xe siècles) et de la Sainte Chapelle (xiiie siècle) forment une suite d’ouvrages splendidement ornés, presque intacts. La richesse de leur matière et la qualité de leur exécution les placent parmi les plus rares ouvrages de ce genre, qui existent aujourd’hui. Si les manuscrits à peintures constituent l’élément capital de l’Exposition du Moyen-Age, les xylographes qui ont été empruntés, au Département des Estampes, offrent, cependant, un intérêt de tout premier ordre. Ils furent achetés pour la plupart à

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--- PRISE DE JÉRICO. ANTIQUITÉS JUIVES DE JOSÈPHE, XVe SIÈCLE. --- Que que moye le feut aumy part des homme et le pleur en fu faulh et que les lebueur eu rent mise toute lehrance quale a uorent a luy en tohue. Johie com --- manda que le peuple feut appurel he a kuteiller et emoya espeurs en therico pour sennor leur noulé w et leur uern ad ce que ils en enf sent cognosance, et il dispoit so cost auch comme sil nouslit trephal ---