Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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LA VILLA MÉDICIS, SIÈGE DE L'ACADÉMIE DE FRANCE À ROME.
CL. ALINARI
À LA GLOIRE DE LA VILLA
Voici revenus les jours de Rome. Toute une légion d’élèves des deux sexes, de maîtres, de curieux, de critiques, va, comme d’usage, se presser devant les ouvrages des logistes, pronostiquer leurs chances, discuter leurs qualités, protester contre le sujet donné, ou contre quelque autre point, l’important étant surtout en cette saison de protester contre quelque chose. Il y aura peut-être un incident. Les passants, l’« homme de la rue », et aussi la femme et la jeune fille viendront regarder avant et après le jugement, et nullement par hasard, parce que, quoi qu’on en dise, l’institution du Prix de Rome a conservé tout son prestige dans le public qui ne fait pas partie des cénacles, et qui ne connaît que vaguement les étiquettes, quelque bruit que fassent ceux qui les collent. En même temps, nous reverrons dans la presse les mêmes tirades obligatoires sur la nécessité de réformer — ou de fermer l’École, de supprimer l’Institut, et de vendre la Villa Médicis. Toutes choses plus faciles à dire qu’à exécuter.
On disait autrefois que la France était « assez riche pour payer sa gloire ». Serait-elle, après la victoire, devenue assez pauvre pour la vendre !
En réalité ce sont lieux-communs que ces attaques, et, lorsqu’on aura lu le considérable et passionnant travail que notre Directeur, M. Henry Lapauze, vient de consacrer à l’Histoire de l’Académie de France à Rome, on sera convaincu que la défense de l’institution est infiniment moins banale et mieux fondée.
Ces deux excellents et beaux volumes arrivent à l’heure, non pas seulement en considération de la passagère, quoique périodique actualité des Concours de Rome dont nous disions à l’instant l’indestructible et presque populaire faveur, mais parce que nous sommes à une époque où l’on remet toutes choses en question — tout en ignorant toutes choses.
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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE
CANALETTO. — VUE DE SAINT-PIERRE-DE-ROME ET DU PONT SAINT-ANGE. — COLLECTION HENRY LAPAUZE.
Le jour où la destinée de l’École et de la Villa, ce qu’aux dieux ne plaise, — et il est encore des dieux, — serait menacée sous prétexte de quelque mesquine façon d’interpréter le budget d’une nation telle que la France, ou de quelque système soi-disant artistique qui aurait été condamné par la Révolution Française elle-même qui, loin de détruire l’Académie de Rome, la consolida, il faudrait tenir compte du livre de M. Lapauze, des motifs de fierté qu’il nous donne, des gloires qu’il nous rappelle ou qu’il nous révèle, des arguments les plus vrais et les plus nobles qu’il groupe en un faisceau lauré.
On ignore bien des choses, disions-nous ; mais une fois publiée cette histoire, on n’aura plus le droit de dire des sottises sur la Maison qui eut à sa tête des Coypel, des J.-F. De Troy, des Vien, des Horace Vernet, des Ingres, des Hébert, des Guillaume, et en laquelle vécurent, se cherchèrent et se formèrent Coustou, Bouchardon, Lemoyne, Caffieri, Pajou, Pigalle, Clodion, Houdon, David d’Angers, Rude, Carpeaux, Boucher, Fragonard, Hubert Robert, David, Girodet, Gérard, Ingres, Cabanel, Henri Regnault, Henner, Besnard, ce Devambez à l’émeuvante peinture, de qui le Salon de cette année doit une des œuvres qui le sauvent; Berlioz, Bizet, Charpentier, Claude Debussy, Soufflot, Duban, Lefuel, Tony Garnier, Patrice Bonnet, Paul Bigot, Pontremoli, et tant d’autres !
Non, non, on peut dire des lauriers de Rome ce que le renard de la fable disait des raisins. S’ils sont si verts, c’est parce que l’idée qui les planta était heureuse, et le terrain où ils poussèrent, d’une assez riche fertilité, pour que les autres nations aient essayé d’en acquérir d’analogues. L’Allemagne, entre autres, au lendemain de la guerre de 1870, était toute disposée à « se procurer » la terre et l’habitation.
Elle n’aurait pas pu, en tout cas, s’approprier en même temps le prestige, fruit de plus de deux siècles et demi, dont l’Histoire de l’Académie de France à Rome, nous fait suivre avec tant d’éloquence et d’harmonie, l’exceptionnel développement.
Cette Histoire présente tant d’aspects, soulève tant d’idées, expose tant de questions, met en scène tant de personnages qu’il est plus facile de donner envie de la lire que de la résumer dans les limites d’un article de Revue.
Il faudrait tout d’abord se promener le long d’une galerie de portraits étonnamment divers ; portraits de directeurs, d’élèves, de secrétaires perpétuels ou non, tous vivant avec beaucoup de relief parce que ce sont leurs actes et leurs écrits qui parlent pour eux. Ensuite, on devrait suivre les vicissitudes de l’institution et les drames ou les comédies qui parsèment ses éphémérides.
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DEMACHY. — ROME VUE DU PONTE SISTO. — COLLECTION HENRY LAPAUZE.
Et, lorsqu'on aurait discuté certains problèmes qui se posèrent dès la fondation et qui sont encore loin d'être résolus à la satisfaction de tous les intéressés — ou de tous les intéressants, — on serait encore loin d'avoir rempli sa tâche.
C'est qu'aussi, ces deux volumes, formant plus de mille pages tour à tour documentaires, enthousiastes, humoristiques même parfois, et toujours dans le ton du véritable historien français, sont le résultat de vingt années de recherches dans les archives, chez nous et au dehors, de lectures innombrables, et constatation qui serait certainement la plus chère à l'auteur, de relations affectueuses avec les Maîtres ou avec ceux qui détiennent les témoignages de leur carrière, les souvenirs de leurs ainés, les attestations de leurs disciples. Lorsqu'on a commencé cette lecture, on s'attache aux triomphes ou aux misères de l'Académie de Rome comme aux aventures d'un personnage de roman, autour duquel fourmillent et s'évertuent maints types de tout acabit, séduisants ou fantasques.
Considérée comme personnage, elle peine sous Louis XIV à fabriquer des copies de l'antique pour Versailles, et, tenue sous le joug d'une rigoureuse discipline, elle est loin de vivre dans l'aisance et le luxe ; elle s'émancipe sous les règnes suivants ; plie et ne rompt pas sous la Révolution et même la Terreur ; elle se relève à partir de l'Empire ; ne manque point de brillant ni d'animation jusqu'à notre temps. Et, insistons là-dessus, c'est justement de notre temps qu'elle est l'objet de plus d'attention, le sujet de plus de discussions, de plans réformateurs, qu'elle attire le plus d'élèves, qu'elle tend le plus vers des renouvellements qui sont le gage à la fois et la preuve de sa prospérité et de sa durée.
Nous divertissons-nous, d'autre part, à regarder vivre ceux qui assumèrent la redoutable tâche de conduire la barque à travers tant d'écueils ? Nous voici en présence d'hommes dont nous ne soupçonnions pas, soit l'existence, soit la valeur, soit le contraire.
Voici Charles Errard qui ouvre la marche et qui est chargé de commander la maison de Sant'Onofrio (premier séjour de l'Académie) comme une escouade. Voici Noël Coypel qui ose déclarer un jour que les élèves « sont dégoûtés de faire des copies », question qui reviendra plus d'une fois sur le tapis. Après Errard, qui reprend une seconde fois le gouvernail, voici un personnage unique, imprévu, d'une originalité supérieure, et que M. Henry Lapauze semblerait, tant il est différent des autres, avoir inventé, si les documents n'étaient pas là, tout frais sortis de l'ombre.
Le personnage c'est La Teulière, le seul homme de lettres et amateur d'art qui ait jamais dirigé l'institution, laquelle ne s'en porta pas plus mal. Ce lettré que parfois les grands personnages rabrouent, ne se laisse pas faire. Il dirait volontiers comme d'Alembert : « Puisque les qualités sont connues, alors je passe le premier ».
Ecoutez-le défendre ses opinions sur les ouvrages que l'on se permet de critiquer à Paris et dire de son jugement « je ne le donneray jamais légèrement et j'examine (les travaux) avec plus de soing que ne le font ordinairement les gens de même profession qui peuvent avoir des vues moins désintéressées que les miennes. » Et encore : « Je puis, sans sortir de mon cabinet, donner
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des secours que peu de gens peuvent donner, les peintres et les sculpteurs moins que les autres, ces choses demandant des connaissances et plus de loisir que les ouvriers ne sauraient guère avoir. »
En somme, toute la question des directeurs et de la direction est là.
La Teulière défend ses élèves et rien n'est mieux quand il s'agit d'un statuaire comme Le Gros. Il voit et dénonce nettement la décadence de la peinture italienne par rapport à la française. Il émet déjà l'idée d'une école à Athènes... Ce grand confrère valait-il point la peine (et nous passons encore plus d'un de ses mérites et plus d'une de ses initiatives) d'être remis définitivement en lumière ?
Voici ensuite le rôle sauveur du duc d'Antin sous le directorat du bonhomme Poërson qui ne croyait d'autre moyen de tirer l'Académie d'une crise, que de la fermer.
Wleughels (1727 à 1737) ne méritait pas moins d'être apprécié, dans son habile et bienveillante gestion. Déjà sous lui se pose la redoutable question du mariage des pensionnaires. Le providentiel, mais féroce duc d'Antin la tranche en ces termes : « La maison doit être un couvent. » Nous voici loin des discours sur la famille et la repopulation, mais les Prix de Rome doivent-ils, par-dessus le marché, repeupler ?
Une très belle direction est celle de De Troy. Il a de l'allure, et il préside avec autant de distinction aux travaux des pensionnaires, à l'accueil des jeunes pèlerins éventuels, tel Pigalle, qu'à une des premières mascarades organisées par ses jeunes gens, la Caravane des Pèlerins de la Mecque. Pour l'achever de peindre, De Troy ne meurt-il pas d'amour à soixante et onze ans, pour les beaux yeux d'une jeune dame romaine.
Vous voyez que nous avions raison de dire que le sourire n'était pas banni de cette histoire. D'ailleurs ne voilà-t-il pas, après Natoire, qui tient plus au travail qu'à la discipline, et qui est en butte au procès que lui intente un de ses élèves, véritable tragi-comédie ; après Hallé et après Vien, le comique Lagrenée, qui relève de la meilleure espèce de comique, celui qui s'ignore. Le Palais Mancini, autre résidence de l'Académie avant que Bonaparte ait mené tambour battant l'échange contre la Villa Médicis, est le théâtre de scènes bouffonnes que je m'en voudrais de déflorer.
Les drames suivent de près la fantaisie. Les scènes révolutionnaires, qui vont jusqu'au sang ; la rivalité de David et de Suvée ; la sage direction de Guérin qui, une fois le calme rétabli, prononce ces judicieuses paroles qu'il faudrait graver en lettres d'or à l'entrée de la Villa : « On n'apprend pas son art en Italie ; on l'épure, on le dirige, on l'exalte, » — tout cela ne vous donne-t-il pas l'avant-goût d'une lecture passionnément intéressante, et instructive dans le sens le plus élevé du terme ?
Le lecteur ne sera point déçu dans l'attente de ce que pouvait tirer M. Henry Lapauze des directorats d'Horse Vernet, de Ingres, de Schnetz, comme aussi d'Hébert et de Guillaume, Maîtres de qui il fut l'ami et le confident. Il s'arrête après Carolus Duran, en pleine évolution de l'École, mais après avoir conclu avec la plus énergique franchise et la foi la plus sincère, et sans avoir omis une seule des questions qui se posent encore.
Deux d'entre elles préoccuperont toujours les esprits, mais c'est justement pour cela que l'École de Rome est une fondation vivante et susceptible d'évolution car on ne discute point l'opportunité de réformer ce qui est mort. L'une d'elles est le point de savoir si les jeunes hommes et jeunes filles qui remportent les Prix de Rome sont encore des élèves, ou déjà des Maîtres. De là découlent bien des incidents, mais qu'y a-t-il de plus amusant et de plus utile que les incidents ? On peut d'ailleurs répondre en Normand que cela dépend de la valeur du sujet. S'il est un Maître cela se verra bien ; s'il n'est qu'un élève qui joue au Maître, il sera vite oublié. Nous en avons trop connus pour nous en émouvoir.
L'autre question est celle du mariage des pensionnaires. A Dieu ne plaise que nous finissions ceci en mettant le doigt entre cet arbre et cette écorce.
Il est certain que ces dernières années ont vu la Villa passer de la notion du couvent selon le cœur du duc d'Antin à la plus large tolérance. Il est certain également que la discussion recommencerait sur de nouveaux frais le jour où une lauréate prendrait un époux parfaitement étranger au monde des arts. En viendra-t-on alors à un régime mixte, mais nettement acquis, de l'externat ou de l'internat suivant option, comme à l'Ecole Normale ?
Laissons le temps travailler pour la glorieuse institution, car il ressort du livre de M. Henry Lapauze qu'il ne peut plus, ni ne doit travailler contre elle. Et, en véritables amis de l'art français, faisons notre la conviction qui anime ses dernières lignes : « L'Académie de France reste debout, après plus de deux siècles et demi d'histoire... Quelle main oserait s'abattre sur elle ? Que sèche à l'instant la main qui tenterait ce geste sacrilège ! »
Nous ne craignons pas de penser que le geste ne serait suivi d'aucun effet, et de présager, étant donnés les signes actuellement visibles d'une Renaissance, encore de belles et longues destinées à ce « lieu véritablement divin » qui couronne le Monte Pincio, et sur lequel tous les pays civilisés, quels que soient les sentiments qui les animent envers nous, gardent fixés les yeux.
ARSÈNE ALEXANDRE.
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PROJET DE PLAFOND POUR L'HÔTEL DU PRINCE BIBESCO.
CL. RENAISSANCE
QUINZE TABLEAUX INÉDITS DE RENOIR
PARIS est une ville extraordinaire, autant par les merveilles qu'elle renferme que par les découvertes que l'on y fait. Savants, artistes, flâneurs ou artisans y trouvent chaque jour quelque sujet nouveau propre à satisfaire leur curiosité. Personnellement, j'ai, il y a quelques semaines, éprouvé la satisfaction d'une pseudo découverte. J'étais sorti de bon matin, pour voir la Seine et les Palais qui la bordent embellis par les premiers rayons du soleil de mai, quand j'aperçus... un prince ou un manant, peu importe, mais un homme de goût;
CL. RENAISSANCE
PORTRAIT D'ENFANT.
cela me suffit amplement.
— Où allez-vous de si grand matin ? m'écriai-je.
— Dans un quartier perdu.
— Il y a des merveilles à voir ?
— Peut-être.
— Alors je vous suis, dis-je d'autorité.
Nous voilà donc de compagnie partis, moi, du moins, à l'aventure. N'est-il pas vrai que la route que l'on fait paraît interminable quand on en ignore le terme. Nous arrivons enfin devant une petite maison dont l'allure malgré sa modestie, se distingue de ses voisines. Mon ami sonne et nous pénétrons dans une demeure
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CL. RENAISSANCE
PORTRAIT D'UN AMI.
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LA BELLE LISON.
CL. RENAISSANCE
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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE
charmante, où, le moindre objet révèle la présence d'un artiste averti, demeure où l'absence des bruits du dehors donne la vision de la douceur de vivre. Du salon où nous de ces tableaux dont mon ami s'était refusé à me parler, chemin faisant.
Dans le courant de notre visite, j'apprends que Renoir,
CL. PAUL BARON
BOUQUET DE PRINTEMPS.
sommes nous apercevons un jardin fleuri et ombragé.
Le maître de céans paraît bientôt et dit à mon ami,
en souriant :
— Vous venez encore voir les Renoir ?
Plein d'amabilité, il voulut bien nous conduire près alors qu'il était inconnu ou méconnu, avait été le famili- lier aimé et apprécié des hôtes de cette maison dont Wisthler, Fantin-Latour, Bracquemond, Sisley, Bazille avaient été les commensaux. J'apprends aussi que les ta- bleaux que je voyais avaient été peints dans cette de-
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meure même ou dans la maison de campagne que pos- sédaienl aux environs de Paris ces amis de Renoir. Quelle réunion pleine de charme !
Je ne dissimulai pas à notre aimable hôte mon admiration devant un bouquet de fleurs blanches et rose tendre se détachant sur un fond gris et s'échappant
FLEURS DES CHAMPS.
Le XVIIIe siècle s'est envolé emportant Fragonard dans l'immortalité, le XIXe siècle vit naître Renoir qui, semblable à son illustre prédécesseur, apportait en lui une nouvelle joie pour traduire avec son brio, le cha-toiement des couleurs de la chair, des fleurs, des étoffes.
d'un vase de Chine aux teintes claires. J'appriis alors que ce tableau fut peint en 1866 dans le jardin que nous avions sous les yeux. Puis, en opposition, voilà des fleurs des champs qui, plus modestes trempent dans un vase de grès. Ce tableau-là fut peint à la campagne,
CL. PAUL BARON
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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE
PROJET DE PLAFOND POUR L'HÔTEL DU PRINCE BIBESCO
Fontenay, dans l’École Normale de jeunes filles. Plus loin me retient une tête d’amazone. Je ne me trompe pas, c’est le portrait pour le grand tableau de la collection Henri Rouart et, à côté, voici la tête d’enfant pour le jeune cavalier qui figure dans le même tableau. Tout à l’heure j’évoquais la vision de Fragonard ; un portrait de jeune fille, un nœud dans les cheveux, un collier noir au cou, est là pour me donner raison. Puis voilà le portrait de celui qui fut le chef de la famille, tout en blanc, peint en 1874, un dimanche d’été, à Fontenay-aux-Roses.
— Et cette dame, en blanc ?
— C’est, me répond-on, la belle Lison, un modèle, Renoir a fait ce tableau à Fontainebleau.
— Et ce paysage ?
— Ce paysage a été peint à Moret, près d’une tour en ruines,
où Renoir et des camarades venaient prendre leur déjeuner, quand ils travaillaient en forêt ; pendant un de ces repas, la tour s’écroula et l’un des convives trouva la mort dans cet accident.
Puis, ce sont des portraits que, comme d’autres tableaux, Renoir, tout à la joie de peindre, négligea de signer.
— Mais qu’est-ce que cette tête de femme âgée ?
— Ce portrait, nous répondit notre aimable cicerone en souriant, a été peint en quelques heures, à l’insu du modèle qui se refusait à se laisser portraicturer. Il ne partira du reste d’ici que pour entrer dans un Musée.
Nous allions nous retirer quand je vis trois aquarelles.
— Des aquarelles, m’écriai-je ?
— Oui, et leur histoire ne manque pas d’intérêt.
SOUS-BOIS (MORET)
CL. RENAISSANCE
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CL. RENAISSANCE
PORTRAIT DE FEMME.
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CL. RENAISSANCE
PORTRAIT D'HOMME.
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CL. RENAISSANCE
PORTRAIT DE FILLETTE.
CE TABLEAU VIENT D'ENTRER AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE STRASBOURG,COMME DON DE LA SOCIÉTÉ DES AMIS DES MUSÉES DE CETTE VILLE.
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CL. RENAISSANCE
PORTRAIT D'ENFANT.
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