Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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31e ANNÉE - TOME XXXII Nouvelle Série FONDATEUR ARMAND DAYOT L’ART ET LES ARTISTES UN MUSÉE DE LA GRAVURE LA COLLECTION EDMOND DE ROTHSCHILD NUMÉRO 170 OCTOBRE 1936 REMBRANDT. — PORTRAIT DE L’ARTISTE DIRECTEUR : Magdeleine A-DAYOT 8, Bd Flandrin, Paris-XVIe ADMINISTRATION : 39, rue du Général-Foy Paris-VIIIe Revue mensuelle d’Art de France et de l’Étranger

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L'ART ET LES ARTISTES Revue Mensuelle d'Art ancien, d'Art moderne, d'Art décoratif Compte Chèques postaux : 603.69 Registre du Commerce Seine 58.503 (PARAISSANT DIX FOIS PAR AN) Tous droits réservés. Fondateur ARMAND DAYOT Directeur Magdeleine A-DAYOT COMITÉ DE PATRONAGE - Louis BARTHOU, de l'Académie Française, ancien président du Conseil des Ministres. - Philippe BERTHELOT, Ambassadeur de France. - Albert BESNARD, de l'Académie Française, peintre, membre de l'Académie des Beaux-Arts. - Antoine BOURDELLE, sculpteur. - Maréchal LYAUTEY, de l'Académie Française. - Raymond POINCARÉ, de l'Académie Française, ancien président de la République. - Robert de la SIZERANNE, critique d'art. M. Léon BÉRARD, de l'Académie Française, ancien garde des Sceaux. M. Raoul DAUTRY, Directeur général des Chemins de fer de l'État. M. Henri FOCILLON, critique d'art, professeur d'histoire de l'Art à la Sorbonne. M. Edouard HERRIOT, ancien président du Conseil des Ministres. M. Georges HUISMAN, Directeur général des Beaux-Arts. M. Paul LANDOWSKI, sculpteur, Directeur de l'école de Rome. M. Jean-Julien LEMORDANT, peintre. M. Paul LÉON, de l'Institut, Directeur général honoraire des Beaux-Arts, professeur au Collège de France. M. Louis LUMIÈRE, de l'Institut. Gouverneur Général OLIVIER. M. André TARDIEU, ancien président du Conseil des Ministres. COMITÉ D'HONNEUR M. D. DAVID-WEILL, membre de l'Institut, président du Conseil des Musées Nationaux, vice-président de l'Union Centrale des Arts Décoratifs, vice-président de la Société des Amis du Louvre. M. Maurice FENAILLE, membre de l'Institut, vice-président du Conseil des Musées Nationaux. † Comte M. de CAMONDO, vice-président de l'Union Centrale des Arts Décoratifs, membre du Conseil des Musées Nationaux. Mme Pierre GOUJON, née REINACH, amateur d'art. † Julien SCHWOB D'HÉRICOURT, amateur d'art. M. H. EBRARD, amateur d'art. --- 31° ANNÉE — TOME XXXII — SOMMAIRE DU NUMÉRO 170 (Octobre 1936) UN MUSÉE DE LA GRAVURE : la collection Edmond de Rothschild . . . ANDRÉ BLUM (48 ILLUSTRATIONS) professeur à l'Ecole du Louvre L'ACTUALITÉ ET LA CURIOSITÉ. — La technique dans l'Art. La gravure à l'eau-forte et la pointe-sèche, par ANDRÉ JACQUEMIN (1 Illustration). — Les Échos des Arts, par J. M. (1 Illustration). — Les Livres, par M. A.-D. En hors-texte : JÉSUS-CHRIST GUÉRISSANT LES MALADES, par REMBRANDT Prix de ce numéro : 15 francs. — Abonnement pour la France : Un an (dix numéros) 100 francs. (Demandes de changement d'adresse : 1 fr. 50. — Numéro spécimen : France 5 fr. — Étranger : 7 francs.) ABONNEMENTS POUR L'ÉTRANGER : 1° PAYS AYANT ADHÉRÉ À LA CONVENTION DE STOCKHOLM (Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Rép. Argentine, Autriche, Belgique, Brésil, Bulgarie, Canada, Colombie, Congo Belge, Cuba, Danzig, Egypte, Espagne et Colonies, Estonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Guyane Hollandaise, Hedjaz, Hedjed et dépendances, Hongrie, Iraq, Lettonie, Libéria, Lituanie, Luxembourg, Maroc espagnol, Mexique, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et colonies, Roumanie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, U.R.S.S. (Russie), Uruguay, Vatican, Vénézuéla, Yougoslavie : Un an (dix numéros) : 130 francs. Le numéro ordinaire : 15 francs. Le numéro spécial : 18 francs.— 2° PAYS N'AYANT PAS ADHÉRÉ À LA CONVENTION DE STOCKHOLM : Un an (dix numéros) : 150 francs. Le numéro ordinaire : 18 francs. Le numéro spécial : 20 francs. Administration : 39, Rue du Général-Foy Paris-8° Téléphone : LABORDE 76-34 Copyright by L'Art et les Artistes, 1936

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4975 --- TITANE ARGENT PERMANENT NEIGE A.O. --- les laques de garance à l’huile supportent tous les blancs Le souci de réaliser une œuvre dura- ble vous oblige à surveiller constam- ment vos mélanges de couleurs. Tel blanc couvre bien, mais risque d’altérer une teinte, tel autre a une grande fixité mais sèche lentement. Et vous hésitez... Libérez donc votre esprit de toute préoccupation en utilisant des cou- leurs solides. Les laques de garance LINEL suppor- tent tous les blancs qu’il s’agisse de blanc permanent, de titane, de neige ou d’argent. Elles se mélangent sans inconvénient avec toutes les autres couleurs et, quo- ique transparentes, ont suffisamment de corps pour être travaillées dans la pâte. De plus elles se conservent des années en tubes sans graisser grâce à leur broyage à la main avec des huiles de tout premier choix. --- COULEURS F.LINEL 1616 Publicité MALLERICH et VITRY --- “pour toutes les bourses” LES CIGARETTES --- CELTIQUES RÉGIE FRANÇAISE CAISSE AUTONOME D’AMORTISSEMENT ---

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MARCEL GUIOT 4, rue Volney — PARIS ESTAMPES DE MAITRES ANCIENS ET MODERNES DA BRESCIACAMPAGNOLACRANACHDURERLEYDEMANTEGNAZAIZINGER --- NANTEUILVAN OSTADEREMBRANDTRUYSDAELCANALETTOTIEPOLOGOYA --- CASSATTCOROTDAUMIERDEGASDELACROIXMANETTOULOUSE-LAUTRECetc... --- DESSINS DE MAITRES DU XIXe SIÈCLE Catalogue illustré envoyé sur demande --- Marque de G S Fabrique SENNELIER Frères 2 Magasins à Paris 3, Quai Voltaire, (VIIe)4bis, rue de la Grande-Chaumière, (VIe) --- CRÉDIT LYONNAIS SOCIÉTÉ ANONYME FONDÉE EN 1863 Capital entièrement versé : 400 millions Siège social : LYON, 18, Rue de la RépubliqueSiège central : PARIS, Boulevard des ItaliensR. C. Lyon B 732 Dépôts de fonds à vue et à échéance fixe:: Ordres de bourse (France et Étranger) ::Avances sur titres :: :: Dépôts de titres:: Escompte et encaissement de coupons ::Envois de fonds en France et à l’Étranger:: :: Change de monnaie étrangère :: ::Lettres de Crédit pour voyages :: Souscriptions:: Dépôts de bijoux, argenterie, etc. ::Assurances :: Garantie contre les risques:: :: de non vérification des tirages :: :: LOCATION de COFFRES-FORTS ---

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CH. LORILLEUX & CIE 16, Rue Suger PARIS - VIe DANTON 54-22 (4 lignes) ENCRES, COULEURS ET VERNIS pour tous procédés d'impression ROULEAUX D'IMPRIMERIE PATE VIGEO PATE NERVEX CAOUTCHOUC COLLECTION DES PROVINCES DE FRANCE TYPES ET COUTUMES ≡ GASTON ROUPNEL LA BOURGOGNE DESSINS ORIGINAUX DE LOUIS - W. GRAUX Le livre que l'on attendait sur la Bourgogne Un volume in-4° carré (22,5 × 28) de 150 pages dont 64 de dessins originaux en couleurs, reproduits en héliogravure; bandeaux, lettrines et culs-de-lampe, couverture remplie avec vignette ...

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PORTEMENT DE CROIX. (PIÈCE XYLOGRAPHIQUE DE LA FIN DU XIVe SIÈCLE) PRÉFACE L A collection d'estampes du Baron Edmond de Rothschild est universellement célèbre et encore inconnue. Tandis que, rue du Faubourg-St-Honoré, il la parachevait passionnément, un très petit nombre de privilégiés ont été admis à s'émerveiller de l'apparition de quelques épreuves. Certains jours, familièrement, à demi-allongé sur son canapé, le baron contait son dernier achat, s'enthousiasmait, s'agitait, et, soudain, comme malgré lui, réclamait la " pièce " nouvelle. Un moment le visiteur pouvait manier la matière choisie d'une monture où les traits du burin, les morsures de l'eau-forte apparaissaient, encadrés et protégés avec soin. Parfois les comparaisons critiques et admiratives engageaient l'ardent amateur à montrer les proches parents du chef-d'œuvre dernier venu, ou les témoins de la famille opposée. Mais très vite le trésor préféré retrouvait sa place, dans les cartons, confortablement couchés sur des rayons. Le baron se reprenait à mener la conversation, avec toute la fougue persuasive dont l'âge atténuaît à peine l'expression. Et cependant, à travers les cercles noirs de ses longnons tombant, il ne cessait pas de parcourir du regard l'extérieur des vitrines bien fermées. Il semblait encore évoquer toutes les vivantes images, désormais endormies pour tous, mais que lui connaissait une à une si bien, et il les revoyait alors, seul, jalousement... Elles sont plus de 20.000 ces épreuves précieuses, choisies parmi des milliers d'autres, en 70 ans de patience et de passion. Le lecteur de cette première étude jugera de la qualité d'un si rare ensemble, il en appréciera la beauté, comme on estime une immense récolte d'après une gerbe d'épis. Associé pendant trente ans à la recherche et au maniement quotidien de ces feuilles de papier où tant de rêve s'est fixé, André Blum en sait parler avec son érudition personnelle et le goût qu'il a partagé. Il vous dira que l'on connaît des collections plus nombreuses, mais qu'il n'en existe aucune qui soit plus purement choisie. Or, ce capital d'art, composé de valeurs certaines, est désormais placé au profit de tous. Fidèles au vœu de leur père, ses héritiers, le baron Maurice de Rothschild, le baron N° 170 - OCTOBRE 1936

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L'ART ET LES ARTISTES James et Mme Alexandrine de Rothschild ont confirmé généreusement le don au Louvre de toutes les estampes et de 1.000 dessins. Et les volontés du grand amateur ont été écrites. Il n’a pas voulu que tous les chefs-d’œuvre errants qu’il avait adoptés depuis l’âge de 15 ans fussent dispersés. Mais il n’a pas voulu non plus que ces œuvres d’art fussent présentées au public autrement que des œuvres d’art en effet. Le merveilleux Cabinet des Estampes, si savamment administré, enrichi et classé à la Bibliothèque Nationale, contient sans doute, à peu près, tous les sujets de la collection, et tous y sont confiés, après autorisation, aux mains des chercheurs de documents ou des amateurs. La sélection d’Edmond de Rothschild sera conservée et exposée, selon la formule du double Musée, mais du Musée vivant, qui nous est chère. L’ensemble restera protégé dans une “réserve” un peu semblable si possible, au moins par la méthode et le soin, aux cabinets du Faubourg-St-Honoré, dont André Blum continuera d’assurer au Louvre la tradition. A côté, dans quelques salles claires et bien disposées, le public où se rencontreront le connaisseur qui se connaît et celui qui s’ignore encore, l’expert et le novice, le grand public en un mot, sera appelé sans cesse à s’émerveiller et à s’instruire devant des expositions renouvelées d’une œuvre, d’une époque ou d’un choix concerté pour raffiner “l’œil” et contenter l’esprit. Voici donc un véritable Musée de la Gravure formé par un amateur de grande classe, composé uniquement d’épreuves une à une élues pour leur mérite esthétique. Des gravures seront présentées au Louvre même, comme le sont les peintures et les sculptures. Le blanc et noir, qui a servi à tant de mains habiles et qui a traduit tant de visions, cet art sera mis à son rang. Il a donné le moyen d’interpréter, souvent avec génie, et de multiplier des chefs-d’œuvre peints et sculptés, dont certains seront ses voisins et qu’il contribuera encore à faire comprendre. Mais il a aussi prêté ses ombres et ses lumières à l’œuvre originale de puissants ou délicieux artistes. Nous nous devons de mettre à l’honneur tant de sujets de genre, de compositions, de paysages, de portraits qui sans doute ne seraient pas ce qu’ils sont s’ils n’avaient pas été précisément creusés dans ce métal et s’ils n’avaient, comme une aube de l’esprit, éclairé cette encre. Et cela est si vrai qu’un tel art, quoi qu’aient annoncé de mauvais prophètes, loin de mourir, renaît sans cesse et connaît des maîtres incontestables. De nouvelles fêtes de la vision se préparent donc au Louvre. La collection Edmond de Rothschild vient d’y être transportée. Elle occupe momentanément, un peu à l’étroit, deux belles salles destinées logiquement, dans nos plans, au département des peintures. Mais nous voulons et nous devons, à très bref délai, l’installer et la présenter selon les conditions posées par le donateur. Pour obéir aux légitimes exigences de sa générosité, nous avons réservé une place de choix dans cette aile des Tuileries et ce Pavillon de Flore que la loi nous a donnés il y a plus de trente ans, en interdisant d’y loger des bureaux et que les bureaux occupent de nouveau depuis vingt ans. Mais il ne faut jamais douter des bonnes décisions dans notre pays. La logique française fléchit devant notre personnalisme et notre prudence, mais elle finit toujours par imposer ses conclusions. Personne ne voudra priver notre public, si sensible aux arts, d’une collection qui est une merveille unique. Personne ne voudra cacher cet ensemble fameux à nos visiteurs étrangers qui le réclament. Personne ne voudra décourager d’autres donateurs, en négligeant les volontés dernières d’un tel donateur. --- HENRI VERNE, Directeur des Musées Nationaux.

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--- APOCALYPSE XYLOGRAPHIQUE. LES ANGES DE L’EUPHRATE TUENT LES HOMMES (INCUNABLE XYLOGRAPHIQUE) --- UN MUSÉE DE LA GRAVURE LA COLLECTION EDMOND DE ROTHSCHILD L y a plus d’un an, la presse française et étrangère consacrait de nombreux articles à célébrer l’importance, pour l’histoire de l’art, du don généreux de la collection Edmond de Rothschild au Musée du Louvre. Les écrivains anglais et américains déclaraient qu’un pareil ensemble de chefs-d’œuvre aurait besoin d’être présenté dans un local conforme aux exigences modernes. L’occasion se trouve de créer un cabinet d’estampes français digne de rivaliser avec ceux de l’étranger. A certains égards, cette réunion de pièces choisies avec discernement par un amateur de goût présente un caractère d’unité et de beauté qu’il est difficile de trouver dans des dépôts publics, formés de fonds différents, résultant d’accroissements successifs et variés. La Bibliothèque Nationale de Paris doit son Département des Estampes à des enrichissements multiples, qui commencent en 1667 avec l’abbé Michel de Marolles, se continuent en 1711 avec Gaignières, en 1770 avec Fevret de Fontette, en 1863 avec Michel Hennin et en 1916 avec le baron De Vinck. C’est dire qu’elle offre un mélange d’une série de belles épreuves avec des groupements de pièces documentaires. C’est la caractéristique de plusieurs autres bibliothèques, comme celle de Berlin, de formation plus récente, qui est le produit de différentes collections de 1817 à 1902, parmi lesquelles celles de von Derschau, von Nagler et Thiermann. Le Cabinet des Estampes du British Museum également, malgré sa belle tenue, doit son existence à un don fait en 1700 et à deux achats par le Parlement en 1731 de la

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L'ART ET LES ARTISTES collection de Sir Hans Sloane, de Robert Harley, comte d'Oxford, et d'Edward, deuxième comte d'Oxford, complétés par le don fait en 1823 par George IV de la bibliothèque de George III. Les deux roi de Pologne. Ces trois collections témoignent d'un choix harmonieux qui dénote l'empreinte personnelle d'un grand connaisseur. Il ne suffit pas de dépenser des sommes bibliothèques publiques, qui, par leur valeur artistique toujours égale, se rapprocheraient le plus de la collection Rothschild seraient celle de Dresde, instituée par Auguste II et Auguste III, rois de Saxe, et l'Albertine de Vienne, dont l'origine remonte à Albert-Casimir, fils d'Auguste III, considérables pour les acquisitions; il convient aussi de savoir faire des sélections, lorsqu'on désire posséder des épreuves ayant un caractère artistique. Il faut suivre avec attention les ventes, et les bons achats ne se font qu'après une grande expérience. Il est intéressant de suivre année par BIBLE DES PAUVRES. (INCUNABLE XYLOGRAPHIQUE) ÈVE ET LE SERPENT — L'ANNONCIATION — GÉDEON ET LA TOISON

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UN MUSÉE DE LA GRAVURE LE MAITRE E. S. DE 1466 LA GRANDE VIERGE D'EINSIEDELN Cette collection reflète le goût et l'érudition de celui qui l'avait fondée. C'était une grande figure d'amateur, dont nous avons déjà esquissé le portrait dans le Bulletin de l'Académie des Beaux-Arts. Dès l'âge de quatorze ans, il fit preuve d'un vif amour de la gravure, et il se plaisait à feuilleter les cartons des marchands d'estampes, chez lesquels il laissait l'argent de poche dont il pouvait disposer dans sa jeunesse. Il était très désireux d'approfondir ces questions, et il fit son éducation avec un médecin très compétent, le docteur David Didier Roth, érudit de l'ancien style, suivant Beraldi, «qui avait entrepris ses recherches sur un pied formidable, et faisait des œuvres complets de graveurs et de peintres». Le baron Edmond de Rothschild lui en acheta de nombreux, comme ceux de Boucher, Augustin de Saint-Aubin, Grateloup, Ficquet, mais il préférait prendre quelques-unes des meilleures pièces d'un artiste, plutôt que des œuvres complets. Nous avons retrouvé année les principales ventes publiques d'où proviennent les plus belles estampes de la collection Edmond de Rothschild. Beaucoup ont leurs titres de noblesse. Des gravures italiennes, très appréciées par les érudits, viennent de Durazzo et de Salamanca; les bois de Dürer sont ceux d'Ortelius et ont appartenu au baron Verstolk van Soelen et à Huth. Les admirables eaux-fortes de Rembrandt, en particulier la Pièce aux Cent Florins en premier état, sur Japon, le Rembrandt au Sabre, le portrait d'Ephraim Bonus, dit à la Bague noire, le Grand Coppenol, tous en premier état, ont été acquises de Robert Stayner Holford; d'autres Rembrandt, de Ploos van Amstel et de Lord Aylesford. Le premier état de l'Avocal Tholinx provient du comte de Fries et du Rev. John Griffith. De superbes paysages du même maître ont été achetés au duc de Buccleuch. Les Marc-Antoine sont les célèbres épreuves du cabinet Brentano Birckenstock. ÉCOLE ITALIENNE DU XV° SIÈCLE VÉNUS (LES PLANÈTES)