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26° ANNÉE Nouvelle Série NUMÉRO 125 MARS 1932 L'ART ET LES ARTISTES ART ANCIEN, ART MODERNE ART DÉCORATIF DIRECTEUR-FONDATEUR ARMAND DAYOT RÉDACTION & ADMINISTRATION 23, Quai Voltaire, PARIS 7° Revue mensuelle d'Art de France et de l'Etranger
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
26° ANNÉE Nouvelle Série NUMÉRO 125 MARS 1932 L'ART ET LES ARTISTES ART ANCIEN, ART MODERNE ART DÉCORATIF DIRECTEUR-FONDATEUR ARMAND DAYOT RÉDACTION & ADMINISTRATION 23, Quai Voltaire, PARIS 7° Revue mensuelle d'Art de France et de l'Etranger
L'ART ET LES ARTISTES Revue Mensuelle d'Art ancien, d'Art moderne, d'Art décoratif Société anon. au capital de 400.000 francs (PARAISSANT DIX FOIS PAR AN) Tous droits réservés. Registre du Commerce Seine 58-509 Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT --- XXVIe ANNÉE — SOMMAIRE DU NUMÉRO 125 (Mars 1932) SUR GOVA ET DELACROIX (13 illustrations) ................................................ FRANCIS JAMMES CHARLEMAGNE (7 illustrations) ............................................................. CHARLES CHASSÉ ANTRAL (6 illustrations) ........................................................................ GERMAINE MAILLET UN RETABLE DE SAINT NICOLAS (4 illustrations) ................................... ROCH DUCHESNE LA MANUFACTURE NATIONALE DE BEAUVAIS A PARIS (3 illustrations) .... JEAN MERVEM L’ACTUALITÉ ET LA CURIOSITÉ : L’Exposition Pisanello à la Bibliothèque Nationale. — La Rétrospective Joseph Bernard à l’Orangerie. — Les Expositions. — Échos des Arts. — Chronique théâtrale et cinématographique. Les Livres. — Chronique des Ventes. — (6 illustrations). En hors-texte : COMBAT DE JACOB CONTRE L’ANGE, par E. DELACROIX Prix de ce numéro : 12 francs. — Abonnement pour la France: Un an (dix numéros) 100 francs (Demandes de changement d’adresse : 1 fr. 50. — Numéro spécimen : France 5 frs. — Etranger : dollar 0.35) Compte Chèques postaux : 603.69 Abonnements pour l’Etranger : 1° PAYS AYANT ADHÉRÉ A LA CONVENTION DE STOCKHOLM (Afrique du Sud, Abyssinie, Albanie, Allemagne, Angola, Rép. Argentine, Autriche, Belgique, Brésil, Congo belge, Guatemala, Bulgarie, Canada, Chili, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Estonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Haiti, Hongrie, Lettonie, Libéria, Lituanie, Luxembourg, Maroc espagnol, Mexique, Pays Bas, Paraguay, Portugal et colonies, Perse, Pologne, Roumanie, Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, U. R. S. S. (Russie), Uruguay, Venezuela) : Un an (dix numéros), 130 francs. (Le n° ordinaire : 15 francs. Le n° spécial : 18 francs. 2° PAYS N’AYANT PAS ADHÉRÉ A LA CONVENTION DE STOCKHOLM : Un an (dix numéros) : 150 francs. (Le n° ordinaire : 18 francs. Le n° spécial : 20 francs). Bureaux : 23, Quai Voltaire, Paris-7e --- LOUIS GODEFROY EXPERT PRÈS LES DOUANES FRANÇAISES 19, Rue de Caumartin - PARIS-IXe --- ESTAMPES ET DESSINS DE D Ü RER REMBRANDT OSTADE et autres Maîtres anciens et modernes --- ÉDITEUR DE MONOGRAPHIES DE PEINTRES GRAVEURS ILLUSTRÉES Déjà parus : I. ALBERT BESNARD — II. J.-E. LABOUREUR III. - ADRIEN VAN OSTADE En préparation : IV. - FÉLIX VALLOTTON V et VI. - REMBRANDT VAN RIJN VII. - JEAN DUVET VIII. - RODOLPHE BRESDIN --- Copyright by L’Art et les Artistes, 1932 Secrétaire de Rédaction : MICHEL FLORISOONE
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CINEMA "LES VARIÉTÉS" A TOULOUSE PAR (MAURICE DUFRÈNE) Réalisé par "LA MAITRISE" des GALERIES LAFAYETTE --- H. VIAN (ART DU BRONZE) *** BRONZES D'ART LUSTRES — APPLIQUES CHEMINÉES — CHENETS :: :: :: PENDULES :: :: :: MARBRES — TERRES-CUITES POTICHES — VASQUES GRANDE DÉCORATION FERRONNERIE D'ART *** GALERIE D'EXPOSITION PERMANENTE : HOTEL DE JUIGNÉ 5, Rue de Thorigny, 5 —— PARIS (3e) —— Téléphone : ARCHIVES 19-74 · Métro : SAINT-PAUL R. C. Paris 58.507
WILDENSTEIN TABLEAUX ANCIENS et MODERNES OBJETS D'ART et D'AMEUBLEMENT 57, Rue La Boëtie, 57 — PARIS — R. C. Seine 237.887. WILDENSTEIN and Co., Inc.: 647, Fifth Avenue - NEW-YORK LE GOUPY A PARIS 5, BOULEVART DE LA MADELEINE 28, AV. DES CHAMPS-ÉLYSÉES R. C. Paris 73.246 • TABLEAUX ESTAMPES OBJETS D'ART
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--- Musée Mesdag, La Haye. DELACROIX, PAR LUI-MÊME --- Musée de Bayonne. GOYA, PAR LUI-MÊME --- SUR GOYA ET DELACROIX A propos du Livre de Jean d’Elbée, le Sourd et le Muet POUR occuper mon imagination mortifiée par la considération de mes maux, je me suis mis à peindre », écrit à Maria-Teresa de Silva, duchesse d’Albe, dans une lettre qu’il lui adresse, Goya. C’en est la première phrase, et je ne veux point relever dans le contexte les allusions à de vulgaires soucis d’argent, aux soins que prend le parvenu de s’ériger un piédestal pour se grandir aux yeux de sa noble déesse. Rien que par ce premier choix, et dès le début de ce livre (1) dont l’âme nous retient par ce je ne sais quoi d’indéfinissable et de palpitant qui nous attache à Maupassant ou à Loti, même lorsqu’ils nous content leurs migraines, Jean d’Elbée, maître écrivain, nous a introduits en Espagne. Cette plainte inouïe de Goya, que Chateaubriand n’eût pas désavouée, que Don Quichotte, s’il avait cultivé les arts, eût signée pour l’envoyer à Dulcinée du Toboso, ressemble à la cime d’une Sierra plongée en d’opaques nuages. Il ne faut pas aller bien loin pour faire la synthèse de cet état d’âme, simplement au musée de Bayonne où se dresse, dans sa dédaigneuse attitude, au milieu d’une vallée toute ruisselante encore d’un orage (1) Librairie Plon. --- n° 425 - MARS 1932
L'ART ET LES ARTISTES briller chez tels de nos contemporains qui, simples valets d'écurie, se haussent aux râteliers pour parvenir aux boudoirs? « Goya achète un trotteur, et le baturo transformé en petit maître brûle les pavés de Madrid. Au palais Liria, chez Albe! A l'Alameda, chez Osuna! Chez Godoy! A Arenas chez l'Infant don Luis! Au Palais Royal!... Voilà le but d'un labeur génial : un cabriolet anglais pour aller chez le roi... Enfin Sancho est comte, Sancho est marquis, Sancho le prend de haut bien qu'il ne nous narre pas à chaque fois les nasardes qu'il reçoit en s'entendant traiter par quelque fils de famille de grossier manant, de rustre, et même de fils de p... ce qui met en déroute son dandysme et sa prétention à la généalogie des Lucientès. » Phot. Anderson. Musée du Prado. GOYA — L'INFANTE MARIA GIUSEPPA qui va récidiver, Don Francisco de Borja Tellez-Giron, dixième duc d'Osuna. La hauteur se perd dans des vapeurs, mais il ne faudrait point beaucoup d'éclaircie pour y reconnaître quelque monastère où fleurit l'âpre mystique de Jean de la Croix, et dont les murs auraient pu s'orner des pieuses inspirations du maître, comme à San Francisco El Grande. Au bas de la montagne (afin de poursuivre une comparaison imagée que font naître en nous les insinuations extrêmement clairvoyantes de Jean d'Elbée) nous situons les bergers d'Estramadure ou de Vieille-Castille, leurs cabanes, leurs fromages, Sancho, son outre et son âne, Maritornes peut-être, en un mot tout le bas-fond de Goya heureux d'oublier, pour le char virgilien aux roues massives, la biskra qu'il a fait venir de Londres pour en imposer aux grands seigneurs. Ne retrouvons-nous le même désir de GOYA — JUSQU'A LA MORT (Les Caprices, eau-forte)
SUR GOYA ET DELACROIX Faut-il voir, dans cette manière de vivre adoptée par un homme du peuple, aux yeux fulgurants de génie, mais dont les traits ne vont pas au delà d'une physionomie d'avoué roublard, tout le douloureux secret des Caprices? Je crois bien que c'est le fond de la pensée de l'auteur. Il ne fait que de nous le laisser entendre, car son livre est tout en nuances, comme en ménagent, à la frontière qu'il habite, les gazes de Watteau où se joue le vent d'Espagne. Ces contrastes, d'où naît une cruelle vérité: D'un côté cette imposition, quand même, du génie par le génie, et, en effet, le génie prodigieux d'un homme qui saisit la femme comme nul ne l'a saisie (les pages sur les métamorphoses des Majas, la Vestida et la Desnuda sont amères et magnifiques) — cette supériorité dont le peintre a conscience, et qui le ferait volontiers envoyer gâcher du plâtre à un Infant — et cet orgueil blessé que panse, en secret peut-être, la maîtresse de celui qui le méprise. Il fait taire alors son ressentiment. Il ne joue plus que dans la lumière de cette cime dont j'ai parlé. Il exalte l'humaine beauté à ce point que les générations futures en demeurent confondues, mal à l'aise presque. GOYA — Mlle D'ECHAUZ, MARQUISE DE MONTE HERMOSO D'un autre côté, ces froissements que j'ai dits, ces rancunes rentrées, ces dépits amoureux qu'il n'avoue point, ce désir secret de jeter le discrédit sur celle qu'il adulte et qui ne répond peut-être pas à son désir; sa carrure de muletier, au regard d'un Osuna qui rayonne, tout d'or comme Apollon; cette vie de ménage où l'on devine les épluchures de Jean-Jacques, dont se nourrissentparfois les duchesses.Tout cela lui fait empoigner le tison, fumant encore, dans la montagne pleine de loups et d'ours. Et il trace, avec le plus de noirceur possible, sur la paroi de la grange, les symboles de ses haines, de sa luxure, de ses déconvenues, de sa misanthropie, de sa sauva-gerie et de ses révoltesdiaboliques. Car les Caprices sont un exutoire, un moyen de se débarrasser des mauvaisesprits,un exorcisme. Il n'est qu'à citer La Chute des mauvais Anges pour connaitre de cet état d'esprit malin, qui, à certaines heures, semble hanter le cerveau des Flamands les plus sains. Voilà ce qui me semble ressortir de cette vive et profonde étude, écrite par l'homme que je sache le plus apte à comprendre le sang de la grenade et du tau-reau, toute l'ardente candeur d'un peuple

La revue "L'Art et les Artistes" publie son numéro 125 en mars 1932, marquant la 26ème année de sa publication. Ce numéro mensuel aborde l'art ancien, moderne et décoratif, avec des articles sur Gova et Delacroix, Charlemagne, Antral, un retable de Saint Nicolas, et la manufacture de Beauvais. Il inclut également des chroniques sur l'actualité artistique, les expositions, les livres et les ventes.