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L'ART ET LES ARTISTES 6e ANNÉE N° 63 REVUE D'ART ANCIEN ET MODERNE DES DEUX MONDES DIRECTEUR-FONDATEUR: ARMAND DAYOT JUIN 1910 - ABONNEMENT (UN AN) - FRANCE...20 FR. - ÉTRANGER.25 FR. RÉDACTION ET ADMINISTRATION - 23, QUAI VOLTAIRE - PARIS

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L'ART ET LES ARTISTES PRIX DU NUMÉRO : FRANCE... Net 2.00 ÉTRANGER ... Net 2.50 Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT Secrétaire : FRANCIS DE MIOMANDRE --- SOMMAIRE DU NUMÉRO 63 GRANDS ET PETITS CHEFS-D’ŒUVRE : Sainte Hélène. Médaillon de la Renaissance (Musée d’Avignon) (1 illustration) JAN STEEN (10 illustrations) Un Sculpteur de la Danse : BORIS FRODMAN CLUZEL (8 illustrations) NICOLAS RERICH (8 illustrations) L’ART DÉCORATIF : Une Salle à Manger (5 illustrations) LE MOIS ARTISTIQUE : Le Salon de la Société Nationale, etc. Le Mois artistique à l’Etranger : Allemagne du Sud, par WILLIAM RITTER; Espagne, par J. CAUSSE; Italie, par Ricciotto CANUDO; Orient, par ADOLPHIE THALASSO; Russie, par ARVID ENCKELL-BRONIKOWSKY; Suède (1 illustration), par CARL-G. LAURIN; Echos des Arts (1 illustration). Bibliographie (9 illustrations). Épreuve d’Art : Le Bain, peinture, par LUCIEN SIMON. HENRY HAVARD HENRI DETOUCHE WILLIAM RITTER LÉANDRE VAILLAT F. M. --- Les avis de changement d’adresse doivent nous parvenir, accompagnés de o fr. 50 en timbres-poste, au plus tard le 25 pour le numéro du mois prochain. Les articles publiés par l’Art et les Artistes deviennent la propriété de la Revue. Tous droits de reproduction et de traduction réservés. --- J. ALLARD o Galerie de Tableaux des Maîtres Modernes o 20, Rue des Capucines, 20 --- J. FÉRAL EXPERT EN TABLEAUX PARIS 7, Rue Saint-Georges, 7 PARIS TÉLÉPHONE 238.61 --- Galeries KLEINBERGER 9. RUE DE L’ÉCHELLE TABLEAUX ANCIENS Spécialités : ÉCOLES HOLLANDAISE ET FLAMANDE

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ETIENNE BOURGEY 7, Rue Drouot, PARIS Expert en Médailles Achat et Vente de Médailles et Monnaies anciennes: Grecques, Romaines, Françaises et Étrangères La Corrida PARFUM ULTRA PERSISTANT PARFUM POUDRE LOTION SAVON 18 PLACE VENDÔME PARIS ED. PINAUD PHOTOS D'ART des Musées et Salons de Paris et Galeries étrangères. Gravures. Tableaux p' Appartements. ETUDES D'ART de tous genres. Cartes Postales illustrées. Portraits-Miniatures sur email, agrandissements. Superbe CATALOGUE D'ART avec 600 illust., 1 fr. 75, timbres français ou mandat de tous pays. BELLES COLLECTIONS de Photos et Cartes Postales de 3 fr. à 100 fr. ASTI: Songeuse 24/30, 1 fr. 75 franco H. A. WEISS, Éditeur 23, rue d'Enghien, PARIS Anciennes Maisons ANGE OTTOZ, CH. BERTAUX, F. LEFEBVRE Ph. LÉCLUSE, Fabricant 58, rue de Clichy (IXe), en face de la rue de Parme ATELIERS: 13, rue Eugène-Carrière (Montmartre) Toiles à Peindre. — Couleurs extra-fines broyées à la main. — Toiles pour l'Aquarelle, le Fusain, le Pastel. Matériel complet pour Artistes, Encadrements en tous genres. LE BOUQUET DE LA MARIÉE Nouveau Parfum VIOLET, Parfumeur 29, Bd des Italiens, PARIS Comptoir National d'Escompte DE PARIS Capital: 200 millions de francs SIÈGE SOCIAL: SUCCURSALE: rue Bergère 2. place de l'Opéra Président du Conseil d'Administration: M. ALEXIS ROSTAND, O.* Vice-Président, Direct: Direct, Administrateur: M. E. ULLMANN, O. M. P. BOYER. OPÉRATIONS DU COMPTOIR Bons à échéance fixe. Escompte et Recouvrements Escompte de chèques. Achat et Vente de Monnaies étrangères. Lettres de Crédit. Ordres de Bourse. Avances sur Titres. Chèques. Traités. Envois de Fonds en Province et à l'Etranger. Souscriptions. Gardes de Titres. Prêts hypothécaires maritimes. Garantie contre les Risques de remboursement au pair. Paiement de coupons, etc. AGENCES 37 Bureaux de Quartier dans Paris. — 14 Bureaux de Banlieue. — 150 Agences en Province. — 11 Agences dans les Colonies et Pays de Protectorat. — 11 Agences à l'Etranger. Location de Coffres-forts VILLES D'EAUX Stations Estivales et Hivernales Le COMPTOIR NATIONAL a des agences dans les principales Villles d'eaux. Ces agences traitent toutes les opérations comme le siège social et les autres agences, de sorte que les Étrangers, les Touristes, les Baigneurs peuvent continuer à s'occuper d'affaires pendant leur villégiature. LETTRES DE CRÉDIT POUR VOYAGES Le COMPTOIR NATIONAL D'ESCOMPTE délivre des Lettres de Crédit circulaires payables dans le monde entier auprès de ses agences et correspondants; ces Lettres de Crédit sont accompagnées d'un carnet d'identité et d'indications et offrent aux voyageurs les plus grandes commodités, en même temps qu'une sécurité incontestable. SALONS DES ACCRÉDITÉS Succursale: 2, place de l'Opéra Installation spéciale pour voyageurs. Emission et paiement de Lettres de crédit. Bureau de change. Bureau de poste. Réception et réexpedition des lettres. LARBAUD-S-YORRE La plus dosée en Acide carbonique libre de toutes eaux du BASSIN DE VICHY La plus froide 10° Contre les Maladies du FOIE du REIN, del ESTOMAC le DIABÈTE et l'ALBUMINURIE Se trouve en bouteilles et demi-bouteilles dans toutes les Pharmacies et bons Restaurants. Refuser toutes les Contrefaçons. GROS ET EXPORTATION! LARBAUD-S-YORRE, à VICHY.

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Echos de la Mode La jaquette style lévite de pasteur protestant a ses jours comptés et disparaîtra bientôt du monde civilisé. On n'en fait plus, il ne reste que les dernières de l'armée, les trainardes appartenant à de braves personnes économes n'étendant pas perdre cinq minutes de l'existence de leurs costumes, fussent-ils plus démodés que le diabolo, ce jeu par lequel la moitié de l'humanité a envoyé des bobines sur le nez de l'autre pendant un an, pour sombrer ensuite dans le gouffre de l'oubli. Ces laides soutanes toutes droites, comme taillées sur le patron d'une solive, ont cessé d'encombrer les rues de leur sèche silhouette, si heureusement complétée par les chapeaux cloches, c'est à peine si l'on en rencontre une par ci par là, et j'ose assurer qu'elle paraît gênée de sa coupe, surtout lorsqu'elle croise sa remplaçante, la jaquette cambrée, à basques demi-longues, dont l'allure est si pimpante. La plus grande variété règne pour ce nouveau vêtement, ce qui va nous changer délicieusement de notre uniforme de l'an dernier, imposé à toutes les femmes, à celles sortant de l'enfance comme à celles sur le point d'y retomber. Un seul point pareil, une légère cambrure, mais à part cela, la taille est longue, courte, genre empire, genre russe, genre princesse; les basques, collantes, à plis, à fronces; la fermeture, droite, de biais, en triangle; le col, droit, rabattu, à châle; les manches, plates, longues, un peu bouffantes avec poignets..., etc., il y en a pour tous les goûts et la fantaisie des ornements est tout aussi prodiguée. Un bon point aux chapeaux. S'il en est encore d'odieux, il en est de charmants, en particulier les toques de tulle uni ou de tulle grec, légèrement chiffonné, enlevé, comme gonflé par la brise et d'où pointe une folle aigrette ou jaillit une fusée de fleurs. Ni trop grandes ni trop petites, n'ayant rien d'assez excentrique pour provoquer les gros mots et les coups de poings, comme le ridicule toquet de Madame je ne sais plus quoi, elles sont très seyantes et n'exigent pas qu'on ait seulement vingt-cinq ans pour les porter avec succès. Avec cette coiffure, par exemple, le visage apparaît nettement et, si c'est un bien quand il est sans défaut, cela cause peut-être quelque mécompte en d'autres circonstances. Sans aller bien loin, le manque de sourcils s'accuse de façon trop franche, il faut absolument y remédier, non en masquant cette petite tare mais en la faisant disparaître par la vertu de la Sève Sourci-lière, lotion très active dont nombre de coquettes apprécient les mérites, car elles lui doivent de beaux cils et sourcils, c'est-à-dire une séduction de plus. Prix : 5 fr. et 5 fr. 50 franco à la parfumerie Ninon, 31, rue du 4-Septembre. Comtesse RÉGINE. Mlle de St-Y... — La Pâte d'amandes finit par irriter la peau, tandis que la Pâte des Prélats l'adoucit toujours, la blanchit, l'affine et la préserve des gerçures comme des engelures. Vous aurez cette spécialité au prix de 5 fr. et 5 fr. 50 franco, à la Parfumerie Exotique, 35, rue du 4-Septembre. Ctesse R. --- HUNYADI JÁNOS ENFANTS ADULTES VIEILLARDS LA MEILLEURE EAU PURGATIVE NATURELLE EXAGER SUR CHAQUE ÉTIQUETTE LA RAISON SOCIALE "ANDREAS SAXLEHNER" --- Il a même refusé de prendre sa « Phosphatine Falières ». --- LIQUEUR BÉNÉDICTINE BERN

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LE GRAND HALL Communiqué par MERCIER FRÈRES, Tapissiers-Décorateurs, Rue du Faubourg-St-Antoine, 100, PARIS L'IMPRIMEUR-GÉRANT : A. JOBARD IMP. LA SEMEUSE, PARIS ET ÉTAMPES --- Table of Contents - Introduction - Background - Design Elements - Textured Surfaces - Decorative Details - Technical Specifications - Material Selection - Dimensions - Installation Instructions - Mounting Points - Safety Precautions - Maintenance Tips - Contact Information - Acknowledgments --- References [1] "Historical Context," Architectural Review, Vol. 23, No. 4, pp. 56-78. [2] "Modern Design Trends," Fashion & Style, Vol. 12, No. 2, pp. 45-62. --- About the Authors The authors of this document are: - Author: John Doe - Editor-in-Chief: Jane Smith --- Contact Information For inquiries, please contact: John Doe Email: john.doe@example.com Phone: +1 (555) 123-4567 --- Disclaimer

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LE GATEAU DES ROIS JAN STEEN An! le beau, le bon peintre! le vaillant artiste! le superbe ouvrier! quel ami incomparable ont en lui ceux qui savent l'apprécier autant qu'il le mérite. Du plus loin qu'on l'aperçoit dans ces « Temples de l'Art », majestueux et solennels palais, où le voilà désormais hospitalisé, sous ces lambris cossus dont, en son vivant, il se soucia si peu, on se sent invinciblement attiré vers lui. Comment résister, en effet, au charme captivant de sa chaude couleur, à la délicate magie de son clair-obscur, que Bürger comparait à celui de Rembrandt, aux caresses de cette belle lumière ambrée, si chère à tous les peintres de Leiden, à la correction savante de son dessin, que Josuah Reynolds rapprochait de celui de Raphaël (tant il est vrai que le flegme britannique ne recule devant aucune audace) (1); et, (1) « Jan Steen has a strong manly style of painting, which might become even the design of Rafaelle. » Œuvres completes du chevalier Josuah Reynolds. Voyage en Flandre et en Hollande. t. ii. p. 342.

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L'ART ET LES ARTISTES LA COLLATION surtout, comment se dérober aux attirances de cet humour fin, astucieux, pénétrant, qui déride les plus sombres visages et appelle sur les lèvres les plus indifférentes l’indulgent sourire, présent incomparable des dieux ? Partout en Europe il en est ainsi. En son pays d’abord, au Musée royal d’Amsterdam, comme au Mauritshuis de La Haye, au Musée Van der Hoop comme au Musée Boijmans… et à l’étranger aussi, au Louvre comme à l’Ermitage, à Berlin, à Vienne, à Munich… à Nantes, à Rouen, à Montpellier… à Florence même ! En quelque lieu qu’il soit, il arrête au passage les amateurs de bonne et saine peinture, pour leur ENFANTS JOUANT AVEC UN CHAT conter ses joyeuses histoires, pour leur détailler quelque anecdote grivoise, ou pour les initier aux plaisirs suspects des orgies de son temps. Car tel est son répertoire ordinaire, théâtre humoristique aux cent actes divers où, en outre de la satisfaction des yeux, on goûte une critique mordante des mauvaises moeurs de la vieille Hollande et l’indiscrète satire des passions d’estaminet. « Peintre de comédie », ainsi qu’on l’a nommé, comme tout bon impresario, il fait manœuvrer une troupe aguerrie, comportant ses grands rôles et ses « utilités » ; comme notre Molière, lui-même, il a ses Sganarelle, ses Arnolphe, ses Léandre,

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L'ART ET LES ARTISTES ses Agnès, ses Dorine, — vieillards ridicules, servantes délurées, fillettes trop éveillées, médecins solennels et bafoués, et surtout intrépides vide-pots, entraînés de longue main au culte fervent du Bacchus néerlandais et de la Vénus ancillaire : telle est la cohorte, turbulente s'il en fut, au milieu de laquelle il aime à figurer en personne, justifiant la fine remarque de son compatriote Arnold Houbraken, écrivant que sa vie et son œuvre se confondent (1). — Spectacle assez peu édifiant, dira-t-on, mais si joliment présenté, si habilement mis en scène et avec un si triomphant humour, que le peuple le compter les musées, les galeries royales, Edimbourg, Windsor, etc. (2). Et l’indulgence dans cette austère Grande-Bretagne était pour lui si générale, que le prudent Smith, critique juste mais sobre d’éloges et toujours réservé, ne trouvait pour caractériser la plus effrontée de ses orgies cabaretières, que ces deux qualificatifs épiques : masterly production ! Que l’Angleterre nous ait précédés dans cet acte de haute et tardive justice — car, chez nous, ainsi que le constate J.-B. Descamps, c’est seulement aux environs de 1760 qu’on commença à le connaître — cela se peut expliquer par des raisons Musée du Louvre. FÊTE FLAMANDE DANS L’INTÉRIEUR D’UNE AUBERGE plus rigoriste d’occident fut le premier qui apprécia son amusant génie, et prit soin de lui assurer un éternel renom. C’est en Angleterre, en effet, que Jean Steen fut d’abord accueilli, estimé, recherché et choyé selon ses mérites. En 1856, son dévoué biographe, le studieux Van Westrheene, relevait sa présence dans quarante-neuf collections du Royaume-Uni, sans diverses ; mais comment ne pas s’étonner que Jan Steen n’ait pas triomphé d’abord en son propre pays, si judicieux appréciateur de ses gloires artistiques? Ce délaissement dédaigneux, assurément étrange, peut se justifier toutefois — aux yeux de ceux qui ont longuement étudiés sa patrie et son temps — par trois causes d’ordre différent, dont l’examen nous fera pénétrer dans l’existence intime de notre peintre. La première de ces causes, c’est que Jan Steen (1) « In’t algemeen moet ik zeggen, dat zyn Schilderyen zyn als zyn levenswyze en zyn levenswyze als zyn Schilderyen. » De Groole Schouburghder Nederlandsche Konstschilders en Schilderessen, Amsterdam 1721, t. III, p. 13. (2) Jan Steen, étude sur l’art bolianais, La Haye 1856. Cf. W. BURGER, Trésors d’art en Angleterre, Paris 1865, p. 281.

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L'ART ET LES ARTISTES était catholique. Or, au XVIIe siècle, chez les nations réformées, toute dissidence confessionnelle creusait entre des habitants, qui pourtant vivaient côte à côte, un abîme dont notre scepticisme séculaire et notre ineffable indifférence ne sauraient soupçonner la profondeur; surtout dans une ville non pas affairée, commerçante, mais cité universitaire et par conséquent étroitement orthodoxe, comme Leiden l'était à cette époque. On peut même supposer que c'est à ces préjugés rigides, plus qu'à ses origines (car Steen était d'extraction bourgeoise, fils de brasseurs, très à leur aise dit-on) qu'il dut d'être tenu à l'écart des Societeiten d'alors, de ces « nobles compagnies » dont il eût pu aussi bien que Gérard Dov, Willem van Mieris, Terburg et Metzu, traduire sur la toile les élégances un peu lourdes, et qu'il se vit relégué dans ces tabagies fâcheusement achalandées, dont, suivant le mot à la fois plaisant et juste de Reynolds, il allait faire « son académie ». Une autre conséquence de cette dissidence religieuse, celle-là pénible surtout pour les historiens de l'art hollandais, ce fut d'induire en erreur les biographes les plus avisés de notre peintre sur la date exacte de sa naissance. Au XVIIe siècle, en Hollande, les doopboeken, ou livres de baptême de l'Eglise réformée, faisaient fonction de registres de l'état civil. Les catholiques naturellement se refusaient à toute inscription sur ces registres. C'est ce qui explique comment nous voyons la nativité de Jan Steen flotter de 1636, année témérairement adoptée par Houbraken et acceptée par tous ses copistes, à 1613, année non moins témérairement proclamée par Waagen, et en apparence justifiée par Smith, qui croyait avoir lu la date de 1641 sur un tableau attribué à notre maître. Ajoutons que cette dernière année (1613) présentait l'appreciable avantage de justifier les dires peu contrôlés de Fiorillo, de Nagler, d'Immerzeel lui-même, donnant pour premier maître à notre artiste l'intempérant Brouwer, mort à Anvers en 1640, et avec lequel il n'eut certainement aucun rapport professionnel. Si Houbraken produit une date douteuse pour la naissance de Jan Steen, par contre il garde un regrettable silence sur sa jeunesse et sur sa première éducation.Campo Weijerman, mieux informé sans doute, ou moins réservé (heureusement), nous révèle que le père Havick Steen confia de bonne heure son fils aux soins éclairés d'un peintre allemand, pour lors établi à Utrecht et répondantaunom rébarbatif de Nikolaas Knuffer. Weijerman ajoute que notre Jan passa ensuite dans l'atelier d'Adriaen Van Ostade — ce qui paraît infiniment probable — et que, plus tard, il travailla à La Haye, chez Jan Van Goyen — ce qui semble absolument certain. C'est même chez cet admirable maître qu'il apprit le secret de ces beaux fonds d'une si chaude transparence, obtenus sur le panneau à l'aide d'un simple frottis, alors que, juste réciprocité des choses d'ici-bas, il étoffait de gentils personnages, lestement indiqués, les innombrables Vues de la Meuse que le vieux paysagiste jetait dans le commerce. Ajoutons qu'à ce moment Steen était déjà un artiste accom- FÊTE FLAMANDE Musée du Louvre, Paris. Rocce

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L'ART ET LES ARTISTES App. à M. Kleinberger. LA LEÇON DE DESSIN