Extrait
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L'ART DE LA CERAMIQUE
Frise (Salle Toscane)
LA CINQUIÈME EXPOSITION
INTERNATIONALE D'ART A VENISE
Il est un lieu au monde qui puisse dignement convier ses visiteurs à une exposition d'art, — c'est bien assurément Venise. Et tout de suite, cette exposition ne peut se concevoir que grandiose et fastueuse, pour s'accorder avec le cadre merveilleux qui l'environne. Lorsque Venise veut réaliser une manifestation de beauté, c'est son triomphe qu'elle célèbre. Elle est toujours Reine, — Reine de la Couleur, selon le titre que M. Léon Rosenthal a donné à une très compréhensive étude sur la révélation artistique de Venise, non seulement dans les artistes qu'elle a produits, mais dans ses aspects mêmes, ses avantages physiques magnifiés par l'œuvre humaine.
Le plafond que peignit le Véronèse, au Palais des Doges, dans la Salle du Grand-Conseil, plane toujours sur la vie artistique de Venise : toute manifestation de sa vie est une révélation de sa gloire perpétuelle. Si je ne puis me cacher d'être parmi les plus fervents dévots de Venise, c'est que j'ai été subjugué bien des fois par cette suprématie de beauté, cette chaleur et cette puissance qui forcent non seulement l'admiration, mais l'enthousiasme et l'acclamation. Elle n'impose pas seulement une beauté, mais une beauté magique, pleine et triomphale.
Certes, on comprend à Venise que tous les peintres qui ont été nourris dans cette atmosphère aient été des adorateurs de la forme et de la couleur, des harmonies fortes et vives; et cette force soutenue de la couleur est par elle-même révélatrice d'un sentiment, d'une puissance de sensation, de jouissance et de vie.
Quelles divergences d'expression n'observe-t-on pas, d'ailleurs, chez les maîtres vénitiens? Comme ils se différencient, dans cette recherche générale des accords savoureux. Le Véronèse et le Titien apparaissent peut-être plus simplistes dans le goût de la somptuosité, dans leur affection de l'ampleur décorative. Mais n'y avait-il pas dans la chaleur de Carpaccio quelque chose de contenu et de concentré, comme un feu secret? Et le Tintoret ne se montre-t-il pas
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le plus puissant de tous, savant, profond et tourmenté, avec une sobriété dans la force admirablement maîtrisée, une rare intuition de la signification, de l'équivalence psychique de la couleur?
Il est impossible que tout ce cortège de souvenirs, fait de toutes les œuvres contemplées, ne nous suive pas dans la visite d'une exposition d'art à Venise. A vrai dire, le tableau nous accompagne partout, il nous entoure dans la perspective des sites aperçus; au travers des salles d'exposition même, il se découpe par les fenêtres ouvertes, lumineux, composé, complet, isolant sur un ciel éclatant le bout d'une île qui flotte sur la lagune, avec des voiles parsemées, d'un ton ardent dans la lumière. Les peintres, les décorateurs ont donc à lutter sans cesse avec cette concurrence du paysage vivant, intense évocation d'art, orchestration parfaite des plus riches harmonies.
La nature et l'art se débordent mutuellement ici et se confondent. Le pavillon consacré à l'art, avec ses portiques de temple, se dresse au milieu de ces luxuriants jardins publics, corbeille de verdure s'étalant au bord de l'eau. Soit que l'on débouche du grand canal, porté dans la gondole au milieu de cet étourdissant décor de Saint-Marc, du Palais des Doges et de la pointe de la Salute; soit que l'on arrive par la lagune, du Lido, où le panorama vénitien, pointé de campaniles, s'étale magnifiquement entre le ciel et les flots, — cette belle corbeille d'arbres touffus, surplombant les terrasses, met une note de fraîcheur spontanée, de grâce abondante, dans la richesse travaillée des architectures; et en même temps, des parfums de branches et de fleurs se répandent sur les eaux. Gabriele d'Annunzio, dans Le Feu, a subtilement noté ces effluves épars sous les brises. A toute heure, le
ALFRED EAST
La Source mystique
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spectacle est grandiose et s'amplifie aux confins de la réalité et du rêve. Au matin, les lumières frissonnantes et blondes s'emmêlent diversement sur le ciel et sur l'eau; la buée légère, le contact de l'air plus frais mettent partout de l'allégresse, et les voiles bariolées qui se tendent pour la pêche prennent une allure héroïque. Au plein jour, les couleurs s'avivent et chantent sous le vif indigo du ciel; Saint-Georges Majeur, tout rouge, flambe comme une torche embrasée: Venise apparaît vraiment alors comme la Porte de l'Orient; elle en prodigue tous les trésors de lumière, toute l'enchanteresse splendeur; on comprend cette exclamation de coloriste et de penseur, qui est bien, je crois, de Fromentin: «Oh! quelle ivresse, la lumière!» Puis, lorsque le soleil décline et s'apprete à tomber derrière la Giudecca, le tableau se revêt peut-être encore d'une plus étrange magnificence: une pompe superbe se déploie dans le ciel, à travers les nuages qui s'étendent au couchant; d'admirables hardiesses de colorations se révèlent; les Dolomites se détachent au loin plus nettement, en ombre déchiquetée et violacée; la lagune s'illumine d'or et de rose, et tout retombe peu à peu dans le mystère d'une nuit transparente, plus étroignant ici qu'ailleurs, avec les lumières qui glissent sur l'eau silencieuse, les musiques qui semblent surgir de l'onde comme les palais eux-mêmes.
Il y a un an, l'accident de Venise, l'écroulement du Campanile, prit les proportions d'un deuil artistique universel. Il semblait que la ville féerique fût découronnée de son cimier: on ne verrait plus le précieux bijou de la loggia de Sansovino, avec ses marbres délicats et ses bronzes nerveux; on ne verrait plus se dresser, de la lagune, le grand ange doré au bout du clocher, dominant l'ensemble fantastique de la place. Venise reste un des lieux de pèlerinage du monde, un de ceux qui peuvent nous emplier des plus inoubliables visions, qui peuvent susciter en nous les imaginations
F. CASTEGNARO
«Ma Femme»
les plus puissantes, et il semble qu'il est de l'intérêt de tous de veiller à sa sauvegarde. Venise comprend, d'ailleurs, le rôle artistique qu'elle doit continuer à jouer dans
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le monde moderne, puisqu'elle possède toujours le même stimulant de beauté; le même cadre unique qui ont enfanté des générations d'artistes. Ses expositions biennales prennent dans la vie artistique une importance de plus en plus grande. Je me trouvais à Venise il y a huit ans, lors de la première de ces expositions internationales; j'ai visité, il y a deux ans, la quatrième exposition; et j'ai étudié de plus près encore, cette année, la cinquième. Je puis donc apprécier les progrès réalisés, l'intérêt acquis, dans ces manifestations où les artistes les plus en vue du monde entier tiennent maintenant à honneur de se faire représenter, où l'on est assuré d'avoir un public composé également des nations les plus diverses, — et aussi (nous ne devons pas omettre ce résultat pratique) où s'est établi un sérieux marché d'art, où l'on trouve des amateurs, la famille royale et la Galerie Moderne de Venise en tête, pour acheter de belles œuvres.
Cette année particulièrement, les organisateurs de l'Exposition ont voulu en augmenter considérablement l'intérêt, en reprenant l'idée qui avait donné lieu, l'an dernier, à la Première Exposition Internationale d'Art Décoratif Moderne, à Turin. Cette Exposition avait suscité, dans la presse artistique et même dans la presse quotidienne, bien des campagnes; les résultats en avaient été discutés; nous-mêmes, dans l'Art Décoratif, nous avons rendu compte, dans une série d'articles, de cette manifestation, avec toute la sympathie qu'elle méritait, mais en formulant les réserves et les critiques qui s'imposaient à nous en face des efforts réalisés. Les hommes d'érudition et de talent qui étaient à la tête de l'Exposition de Venise ont compris que pour arriver à des résultats sérieux, il faut une application suivie, une étude minutieuse et une longue réflexion. Ce n'était pas en un jour que l'on pouvait restaurer tant d'arts admirables tombés en désuétude, ou tout au moins laissés à l'abandon. Il fallait continuer à chercher, à confronter les travaux des uns et des autres, et échelonner périodiquement ces grandes assises, où le public pourrait se trouver en présence d'efforts d'ensemble, vraiment valables, affirmant une homogénéité de tendances, une concordance d'esprit, une inspiration disciplinée et logique.
Dans deux ans, une nouvelle Exposition nous convoquera à Venise, et Milan ouvrira en même temps une grande Exposition universelle; de nouvelles tentatives nous seront présentées, et ainsi l'ardeur du travail se trouvera entretenue, de plus en plus éclairée par les exemples précédents, par les qualités comme par les défauts avérés. Peut-être aussi, en d'autres pays, l'éumulation se développera-t-elle, et pourrons-nous voir s'organiser, à Paris ou ailleurs, une Exposition Internationale de l'Art, — sans distinctions ni distributions de catégories, — qui nous permettra d'apprécier, mieux que le chaos de notre Exposition de 1900, les affirmations de l'art contemporain.
Dès maintenant, il faut louer sans réserve les organisateurs de la V° Exposition de Venise de l'intelligente compréhension qu'ils ont eue et de la volonté tenace avec laquelle ils ont assuré l'exécution de leur pensée; car nous n'ignorons pas toute l'obstination qu'il faut pour réaliser une idée hardie, inhabituelle encore, alors même que l'intérêt n'en peut être douteux.
Nous nous faisons un devoir et un plaisir de citer les noms du comte F. Grimani, l'honorable maire de Venise, qui a assumé la présidence de l'Exposition, et de M. le professeur A. Fradeletto, député, investi des fonctions de secrétaire général, personnalité depuis longtemps sympathique aux artistes et dont on sait le généreux dévouement pour toutes les idées d'art libéral et éducateur.
Le Comité d'organisation, avec M. G. Ciardi comme président et M. C. Lorenzetti pour vice-président, comprenait quelques-uns des plus notables artistes de l'Italie : MM. Marius de Maria, N. Nono, F. Sartorelli, F. Scattola, L. Selvatico, J. Talamini. Ajoutons que le jury d'admission, à côté de sculpteurs de grand talent, MM. Calandra et Trentacoste, et du peintre romain Sartorio, comptait notre ami et compatriote Charles Cottet et le peintre belge Baertsoen, qui n'est pas inconnu de nos lecteurs. Le nom de ces artistes éminents garantissait une Exposition de choix, — ce qu'elle est, en effet.
Mais nous ne devons pas oublier non plus, auprès des organisateurs en titre de l'Exposition, quelques-uns dont les noms se trouvent désormais attachés à l'actuelle renaissance artistique de l'Italie, parce que les premiers ils ont fait effort pour secouer
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la torpeur générale, et qu'on les retrouve encore ici, dans la disposition des salles particulières. Ce sont, par exemple, en Toscane, — en même temps que le sculpteur Trentacoste qui participait aux travaux du jury, — le vaillant fondateur de la manu- ce sont, pour le Piémont, les nobles statuaires Bistolfi et Calandra, à qui l'on doit pour une bonne part l'Exposition d'Art Décoratif de Turin; et d'autres artistes encore, convaincus de l'œuvre qu'il y avait à reprendre. Nous reviendrons plus loin sur tous ces
VAN BIESBRGCK
A nos morts
facture L'Art de la Céramique, comte V. Giustiniani, qui a réussi à insuffler autour de lui à de jeunes talents l'ardeur qui l'animaît; dans la province d'Émilie, à Bologne, l'architecte Rubbiani, qui a pris un rôle prépondérant dans la fondation de cette belle œuvre de l'Aemilia Ars, pour remettre en honneur les métiers d'art traditionnels; noms divers, et sur ce qu'on leur doit à Venise.
Il nous faut d'abord examiner comment a été comprise l'organisation de cette exposition, comment le travail a été réparti, de manière à donner le maximum de résultats. La méthode adoptée ne saurait trop être proposée en exemple pour des expositions
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ultérieures, quel que soit le lieu de rendez-vous.
Nous avons dit un mot, au début, de la magnificence, de l'aspect de grandeur que devait forcément revêtir toute exposition à Venise. En effet, cette Exposition d'Art a vraiment été comprise, au sens propre du habité et non seulement fait pour le passage des visiteurs. Il ressort de là une leçon de goût, dont nos Expositions les plus restreintes, les plus soigneusement aménagées, auraient à profiter : mais pour cela, il faut une sage réserve de la part des artistes, qui ne réclament pas un bon nombre de mètres
J. ZULOAGA
Danseuses Espagnoles (Photographie Naya, Venise)
mot, comme un Salon, ou plutôt comme une succession de salons, où l'on ne cherche pas à placer à toute force une quantité de tableaux ou de sculptures, mais où les cadres s'espaçent comme ils le feraient dans un appartement privé, dans l'entourage des tentures, des portières retombantes, des boiseries luxueuses, réalisant un ensemble chaud et riche, un décor que l'on pourrait croire de cimaise; il faut une unité d'organisation acceptée par tous.
C'est dans ce même esprit de vérité qu'a été comprise l'introduction des arts appliqués. On n'a pas voulu ici d'un magasin d'objets d'art, à proximité d'une halle à tableaux, ainsi qu'il en est pour notre Champ-de-Mars lui-même. Les œuvres de tous ordres se trouvent intimement mélan-
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gées; elles sont présentées « en société », peut-on dire, ainsi qu’elles doivent l’être dans la maison d’un amateur. De là l’idée est venue, à côté des salles internationales, réservées à la peinture, à la sculpture, au dessin ou à la gravure, d’aménager une série de salles complètement décorées, meublées, installées, où tout ce qui viendrait prendre place n’aurait pas été conçu isolément, mais en rapport avec les autres pièces de l’ensemble. Dans un pareil entourage, les tableaux eux-mêmes joueraient exactement le rôle qui leur est propre, sans empiéter sur les autres fonctions d’un appartement usuel.
Pour assurer une plus complète similitude d’idée entre ceux qui seraient chargés de la disposition de chaque salle, on eut l’excellente inspiration d’attribuer une salle spéciale à chaque groupe régional. En sorte que chaque province italienne a sa salle, décorée suivant ses traditions propres, suivant ses tendances locales, sous le contrôle de quelques artistes, sous une direction architecturale unique.
Je ne crains pas de dire qu’en voyant ces ensembles divers, où l’on sent si pleinement et si nettement une volonté décorative, on éprouve une charmante surprise. Malgré la hâte inévitable de l’exécution et la modicité forcée des ressources, les résultats réalisés donnent une impression complète, un sentiment très vif de cohésion et de distinction. Que l’on se souvienne des étapes que l’art italien moderne a déjà franchies, et l’on verra combien on a le droit d’applaudir à cette rapide conquête d’une conception claire et de moyens remarquables. Ce fut à notre Exposition universelle de 1900, en face des efforts plus ou moins définis de tous les peuples, un désintéressement à peu près absolu de l’Italie, qui ne nous montrait d’intéressant que quelques tentatives isolées, au milieu de la paresse générale qui portait l’industrie italienne à vivre indéfiniment sur le répertoire du passé, comme si toute vitalité fût désormais morte chez elle. Mais quelques esprits énergiques sentirent, à temps encore, le péril de cet ensevelissement volontaire où tout ce qui pouvait rester d’activité créatrice risquait de s’anéantir. Ils firent une honte aux producteurs de tous ordres de leur léthargie, en présence de la fermentation du monde entier, où les formes se refondaient.
Cette morale virulente fit son effet: non seulement l’Italie voulut participer au mouvement, mais elle se força à donner un exemple ; elle organisa la première Exposition internationale d’Art Décoratif, que nous avons déjà rappelée plus haut.
La, la bonne volonté des travailleurs se faisait sentir de toutes parts ; mais ce premier zèle n’allait pas sans quelque désordre, sans quelques emballements irraisonnés. Beaucoup s’efforçaient de suivre, à droite ou à gauche, tel novateur étranger, dont le tempérament demeurait hostile au sens naturel de l’art italien. Parfois, les morceaux les meilleurs restaient encore entachés de quelque défaillance. Des faux goûts, des mièvreries, des exubérances trop grandes de formes et de décors, heurtaient encore ça et là.
Or, tout à coup, un an à peine après l’Exposition de Turin, nous voyons s’affirmer des exemples châtiés, d’un goût discret et fin, filialement rattaché à toutes les belles productions de l’art national, d’un sentiment délicieux de l’harmonie et de la couleur. Il y a à s’incliner devant cette volonté de parvenir, devant ce désir si rare de profiter des critiques au lieu de s’aveugler sur les mérites de l’œuvre faite et de tirer gloire de ses défauts, et devant cette entente de tous pour réaliser un ensemble homogène, où aucune personnalité ne veut se mettre en évidence aux dépens des autres — et de la juste mesure.
Comme nous souhaiterions de pouvoir toujours louer chez nous une pareille sagesse, seule capable, on le voit, de faire faire un pas rapide à notre art contemporain. Avec une telle concordance d’efforts, nos artistes auraient moins à se plaindre de l’indifférence ou de la résistance du public, que déconcertent les productions incohérentes.
Personne, d’ailleurs, ne se réjouira plus que nous de voir l’Italie reprendre, à la tête du mouvement artistique, la place à laquelle son passé fécond lui donne droit. Nous croyons qu’avec notre art français, sans cesse ramené à son caractère normal et traditionnel, l’art italien est encore appelé à donner des modèles de pureté et d’élégance. Cette lucidité de conception de l’esprit latin, cette imagination plus spontanée, plus « selon la nature » nous préserverait des lourdeurs voulues, des raideurs réfrigérantes, des étrangetés concertées qui nous encombrent de tous
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Salle de Lecture-Bibliothèque (Salles de la Presse)
(Photographie Contarini et Guacomelli, Venise)
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côtés, par delà les frontières, et où se com- plaisent des esprits volontairement roman- tiques ou à dessein redevenus primitifs et barbares : nous n'avons à meubler ni un vieux burg du Rhin, ni une grande salle de ferme, ni un antre de magicien. Nous avons un bel avenir ; nous espérons que les pro- messes se réaliseront.
Désormais, nous devrons avoir de nou- veau les yeux sur les productions italiennes, comme pouvant nous apporter des révélations définitives et collaborer avec notre art propre.
L. SELVATICO
Portrait de Mme F. Vassallo-Coletti
(Photographie Filippi, Venise)
à secouer les brouillards qui nous enva- hissent et à perpétuer, en Italie et en France, un art lumineux, souple et coloré, fondé sur les nécessités pratiques de la vie réelle et sur notre goût natif.
Dans la voie que révèlent déjà les salles de l'Exposition de Venise, on peut prévoir C'est sous ces auspices pleins d'espoirance que s'ouvre au public la Ve Exposition d'Art de Venise. Ne semble-t-il pas d'ailleurs que tous accourent plus que jamais vers la ville fortunée pour y trouver une satisfaction de beauté ? Regardez dans les Expositions de peinture — sans en excepter Venise même —
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combien de peintres vont s'inspirer sur la lagune et à travers les canaux vénitiens. Jamais les artistes n'ont été plus attirés par Venise. Ce sortilège sera doublement profitable si, en même temps que se dévoile la pas tomber dans l'erreur que les organisateurs ont si justement tenu à éviter, et séparer les œuvres des peintres ou des sculpteurs de leur entourage décoratif.
En même temps, les observations qui
F. BRANGWYN
Le Cidre
(Photographie Naya, Venise)
splendeur de ces sites uniques, on trouve là-bas une belle leçon de morale artistique.
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Pour l'examen que je veux entreprendre des diverses salles de l'Exposition, l'ordre le plus logique à adopter me paraît être celui des salles mêmes, car je ne voudrais vont suivre seront plus pratiquement présentées pour ceux qui voudront les corroborer, au cours d'une visite à l'Exposition.
Nous pénétrons donc, après de spacieux vestibules qui donnent tout de suite grand air à l'Exposition, dans le Salon Central, puis à gauche dans la série de salles également