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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI DEUX CENTS ARCHITECTES EN ITALIE AVEC L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI 8 ARCHITECTURE URBANISME DÉCORATION
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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI DEUX CENTS ARCHITECTES EN ITALIE AVEC L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI 8 ARCHITECTURE URBANISME DÉCORATION
APPAREILLAGE ELECTRIQUE SPECIAL POUR THEATRES & CINEMAS CATALOGUES 1. HERSES. RAMPES APPAREILS ET ACCESSOIRES DIVERS 2. REFLECTEURS PROJECTEURS APPAREILS A EFFETS 3. RHEOSTATS GRADATEURS DE LUMIERES 4. JEUX D'ORGUE --- CINÉMA MÉTROPOLE À BRUXELLES MM. BLOMME ET NICOLAS, ARCHITECTES Installation électrique des Établissements CLÉMANÇON --- CE GÉNÉRALE DE TRAVAUX D'ÉCLAIRAGE ET DE FORCE ANCIENS ÉTABLISSEMENTS CLÉMANÇON 23 - RUE LAMARTINE - PARIS TRUD. 86-40 (3 lignes)
L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI ARCHITECTURE - URBANISME - DECORATION COMITÉ DE PATRONAGE: MM. ALF. AGACHE, PIERRE BARBE, L. BAZIN, EUGENE BEAUDOIN, LOUIS BOILEAU, DJO BOURGEOIS, VICTOR BOURGEOIS, URBAIN CASSAN, PIERRE CHAREAU, JACQUES DEBAT-PONSAN, JEAN DEMARET, ADOLPHE DERVAUX, JEAN DESBOUS, ANDRÉ DUBREUIL, W. M. DUDOK, FÉLIX DUMAIL, ROGER EXPERT, LOUIS FAURE-DUJARRIC, RAYMOND FISCHER, TONY GARNIER, JEAN GINSBERG, HECTOR GUIMARD, MARCEL HENNEQUET, ROGER HUMMEL, FRANCIS JOURDAIN, ALBERT LAPRADE, FRANÇOIS LE COEUR, MARCEL LODS, BERTHOLD LUBETKIN, ANDRÉ LURCAT, ROB. MALLET-STEVENS, LOUIS MADELINE, J. C. MOREUX, HENRI PACON, PIERRE PATOUT, AUGUSTE PERRET, G. H. PINGUSSON, HENRI PROST, MICHEL ROUX-SPITZ, HENRI SELLIER, CHARLES SICLIS, PAUL SIRVIN, MARCEL TEMPORAL, JOSEPH VAGO, ANDRÉ VENTRE ANDRÉ BLOC, DIRECTEUR PIERRE VAGO, RÉDACTEUR EN CHEF RÉDACTION: - ARCHITECTURE: PIERRE VAGO, MARCEL ROUX - URBANISME: HENRI STOROGUE - DÉCORATION: RENÉ DROUIN - TECHNIQUE: E. MENKÈS, RÉDACTEUR DE «CHANTIERS» CORRESPONDANTS: - ALLEMAGNE: JULIUS POSENER - ANGLETERRE: W. W. WOOD - AUTRICHE: EGON RISS - BELGIQUE: EMMANUEL HENVAUX - BULGARIE: LUBAIN TONEFF - ESPAGNE: GUITIERE SOTO - ÉTATS-UNIS: ANDRÉ J. ROBIN - EXTRÊME-ORIENT: HARRY LITVAK - GRÈCE: GEORGES KALYVAS - HONGRIE: GEORGES MASIREVICH - ITALIE: P. M. BARDI - PAYS-BAS: J. P. KLOOS - PORTUGAL: PARDEL MONTEIRO - ROUMANIE: S. BARAS - SUÈDE: VIKING GOERANSSON - SUISSE: J. GANTNER ET G. VITTET - TCHÉCOSLOVAQUIE: MAX URBAN ET PIERRE PINARD - U. R. S. S.: PROF. ARKINE - YOUGOSLAVIE: L. ILITCH ET S. PLANITCH Mme M. E. CAHEN, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL --- QUATRIEME ANNÉE - TROISIÈME SÉRIE NUMÉRO 8 - OCTOBRE - NOVEMBRE 1933 VOYAGE D'ÉTUDES EN ITALIE 1. LETTRE OUVERTE A BENITO MUSSOLINI. 2. LA RÉUNION INTERNATIONALE D'ARCHITECTES — J. DEBAT-PONSAN. 3. LE VOYAGE DES ARCHITECTES FRANÇAIS: IMPRESSIONS DE M. Auguste PERRET. 4. NOUS AVONS FAIT UN BEAU VOYAGE — G. BRUNON-GUARDIA. 5. LA NOUVELLE ARCHITECTURE ITALIENNE — Albert LAPRADE. 6. L'ARCHITECTURE INTÉRIEURE EN ITALIE — J. P. SABATOU. 7. CE QUE LES PIERRES RACONTENT — Joseph VAGO. 8. LES HABITATIONS À BON MARCHÉ — Fernand FENZY. 9. LITTORIA, SABAUDIA — Pierre LOT. 10. L'URBANISME EN ITALIE — Georges APPIA. 11. DE LA TENDANCE A S'ÉCARTER DU SYSTÈME D'AGGLO-MÉRATION DANS LE PLAN DE LA VILLE FUTURE — Arthur H. SCHOFIELD. 12. LES RÉSULTATS DE LA R. I. A. — Lubain TONEFF. 13. LA PEINTURE MURALE À LA TRIENNALE — Jeanne CAMPISTRON. 14. LES TRAVAUX PUBLICS EN ITALIE — M. MAKEDONSKY. 15. CONCLUSION — André BLOC. 16. FUTURISME: MANIFESTE DE 1914 — A. SANT' ELIA. 17. COMPTE-RENDU OFFICIEL DE LA RÉUNION INTERNATIONALE D'ARCHITECTES ET DU VOYAGE. L'ARCHITECTURE EN FRANCE 18. ÉCOLE DE PUÉRICULTURE — DUVAL ET GONSE. 19. HANGAR DU MINISTÈRE DE L'AIR À COMPIÈGNE — LE MAREC. 20. IMMEUBLE «LE PALACIO» À PARIS — M. ET R. HENNEQUET. 21. MAGASIN «MONOPRIX», AVENUE D'ORLÉANS — GABRIEL RENAUD. 22. IMMEUBLE À NEUILLY — MARC MONTEL. 23. SALON D'AUTOMOBILES CITROËN À PARIS, AVENUE DES CHAMPS-ÉLYSÉES — REVUE DES DEVUES. 24. LES FUNÉRAILLES DU DOCTEUR ROUX — ANDRÉ VENTRE. 25. ÉCHOS DU VOYAGE EN ITALIE. RÉUNION INTERNATIONALE DE MILAN — LA FORMATION DE L'ARCHITECTE : RAPPORTS IN-EXTENSO INFORMATIONS. ÉTUDES TECHNIQUES --- CONDITIONS D'ABONNEMENT: - FRANCE: 120 FR. - ÉTRANGER: 200 FR. - LE NUMÉRO, FRANCE: 18 FR. - ÉTRANGER: 25 FR. ABONNEMENT À «CHANTIERS»: - FRANCE: 50 FR. - ÉTRANGER: 70 FR. - LE NUMÉRO, FRANCE: 6 FR. - ÉTRANGER: 8 FR. ABONNEMENTS CUMULÉS À «L'ARCH. D'AUJOURD'HUI» ET À «CHANTIERS»: - FRANCE: 150 FR. - ÉTRANGER: 250 FR. 5, RUE BARTHOLDI, BOULOGNE (SEINE) — TÉLÉPHONE: MOLITOR 19-90 et 19-91 DÉPOSITAIRES GÉNÉRAUX DE «L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI» À L'ÉTRANGER BELGIQUE: LIBRAIRIE DIETRICH, 10, PLACE DU MUSÉE À BRUXELLES. — HONGRIE: BUDAI ALADAR ES TARSA, AGG-TELEKI UTCA, 17, BUDAPEST 8. — ROUMANIE: LIBRAIRIE «HASEFER», RUE EUGEN CARADA, BUCAREST. — ESPAGNE: ÉDITIONS INCHAUSTI, ALCALA 63, MADRID. — ARGENTINE: ACME AGENCY, CASILLA CORREO 1136, BUENOS-AYRES. — BRÉSIL: M. EDMUNDO JOSETTI, CAIXA POSTAL 915, RIO-DE-JANEIRO ET HARRIS. — CAIXA POSTAL 2286, RIO-DE-JANEIRO COLOMBIE: LIBRAIRIE COSMOS, CALLE 14, N° 127, APARTADO 543, BOGOTA
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LETTRE OUVERTE A BENITO MUSSOLINI Excellence, L'Italie contemporaine n'est que le vaste laboratoire d'un essai gigantesque: le Fascisme. Il n'y a qu'une certitude, qu'une volonté, qu'une loi : la vôtre. Vous êtes au sommet de la pyramide ; vous êtes le chef qui dirige toutes les activités, auquel aboutissent toutes les hiérarchies. Même celle des arts. Vous avez déclaré : Je veux qu'on me dise la vérité, même et surtout lorsqu'elle est dure. Vous avez dit encore: Nous voulons créer un nouveau patrimoine à mettre à côté de l'ancien; nous voulons créer un art de notre temps, un art fasciste. Et les yeux de la jeunesse, de cette Italie qui a vraiment vingt ans, se tournèrent vers vous comme vers un Dieu. Et les yeux de tous les jeunes, de toutes les nations, se fixèrent sur l'Italie avec confiance et avec espoir. Ils furent décus, les uns et les autres. Le Fascisme qui s'était montré radical en tant de domaines, hésita devant les pontifes vénérables de l'art décadent. Toutes les positions acquises furent respectées. Et on vit, en l'an VIII de l'Ere fasciste, cette honte nationale qu'est la gare monumentale de Milan, devenue déjà un exemple classique de laideur. On vit, en l'an X, ce camouflage de carnaval qu'est la Via Roma de Turin, modèle d'hypocrisie, d'immoralité artistique et d'impuissance. On verra sans doute, en l'an XII, surgir à Florence, vivant musée du génie artistique de votre peuple, une Bibliothèque Nationale conçue il y a trente ans, mais parée de l'emblème fasciste. On a placé trop souvent le fascio sur des œuvres bien lamentables. L'emblème de votre mouvement a servi de coupe-fil à trop de monstruosités architecturales comme à trop de faux convertis. L'histoire d'un peuple se lit plus dans les œuvres qu'il a créées que dans les manuels. Que vont dire à la postérité les monuments de l'ère fasciste? Les centaines de palais, édifices publics et privés, ministères, barques, écoles, monuments commémoratifs, qui portent l'emblème du faisceau, feront ils sentir l'esprit nouveau qui anime l'Italie d'aujourd'hui? Diront-ils l'enthousiasme, l'espérance, la foi vibrante de la jeunesse fasciste? Seront-ils dignes des magnifiques réalisations qui, dans tous les autres domaines, portent votre empreinte? Non, ce n'est pas là le vrai visage de l'Italie nouvelle. Celui-ci, nous l'avons à peine entrevu; ses manifestations sont rares, presque timides: mais elles révèlent qu'il existe une architecture jeune, enthousiaste, hardie, dynamique, latine; une architecture digne des temps nouveaux, digne aussi de votre glorieuse tradition d'art. La gare «monumentale» de Milan continue la tradition de décadence du Palais de Justice de Rome; la gare maritime de Gênes est digne de l'Italie nouvelle. D'un côté: une copie ignorante et maladroite des chefs-d'œuvre du passé; lourdeur écrasante, richesse de parvenu, recherche d'effet brutal par la masse. De l'autre, esprit nouveau, matériaux d'aujourd'hui, formes nouvelles; légèreté, clarté; la grandeur est atteinte par l'harmonie classique des proportions, l'ordonnance rythmée de l'ossature. C'est à vous maintenant qu'il appartient de choisir et de dire quelle sera l'architecture du fascisme. L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI.
— « Et maintenant, Messieurs, je vais vous faire une « invitation ». Quand vous rentrerez dans votre pays, je vous demande de dire ce que vous avez vu ici et j'espère que vous couperez court à toutes les histoires que l'on raconte sur nous, à toutes les fumisteries. Vous avez pu vous rendre compte que nous étions en plein travail pour réorganiser notre pays. Mais nous ne sommes qu'au début de nos efforts. Nous voulons aller plus loin. Pour cela la bonne entente avec nos voisins nous est nécessaire. Nous voulons la paix avec tout le monde ». Telles furent, à peu de chose près, les paroles que prononça le Duce en nous recevant au Palais de Venise. Je réponds à cette invitation en disant ici l'accueil chaleureux que nous avons reçu de nos confrères italiens et des pouvoirs publics, et la forte impression qu'ont produite sur nous les travaux déjà accomplis, permettant de présager la grandeur de l'œuvre future. Tressons des couronnes tout spécialement au commandator Calza-Bini, notre confrère romain, qui fut l'âme de cette réception et dont le dévouement et l'amitié sincère nous furent précieux. Si quelques-uns d'entre nous, en franchissant la frontière, pouvaient avoir des doutes sur les sentiments fraternels des Italiens à notre égard, ils sont certainement convaincus de leur erreur. J'ai connu l'Italie avant la guerre, je l'ai revue après la guerre sans son gouvernement actuel, je l'ai retrouvée cet été mais cette fois pleine d'ardeur, de confiance en son avenir, ayant toujours pour nous la même sympathie mais également rajeunie et désireuse de se manifester à nous. Grâce à l'initiative des dirigeants de « l'Architecture d'Aujourd'hui », nous avons donné à nos confrères italiens l'occasion de nous prouver leurs sentiments ; ils l'ont saisie avec un enthousiasme qui dépassa nos espérances. Nous sommes revenus réconfortés d'avoir pu constater les liens réels et la compréhension réciproque que faisaient surgir entre nous les problèmes d'architecture ou d'urbanisme. Qu'importaient alors toutes les fumisteries ? Il faut donc reconnaître que ces voyages, ces congrès professionnels sont un merveilleux moyen de rompre la glace entre nos amis étrangers et nous et peut-être le plus sûr moyen de compréhension et par conséquent d'entente. Nous devons tous nous intéresser à de semblables manifestations et encourager ceux qui les organisent. La paix naîtra peut-être grâce à cette connaissance réciproque, à ce contact des artistes, des créateurs, des animateurs du monde entier. DEBAT-PONSAN. 21 SEPTEMBRE 1933 : L'HOMMAGE AU SOLDAT INCONNU ITALIEN, A ROME
LE VOYAGE EN ITALIE DES ARCHITECTES FRANÇAIS M. AUGUSTE PERRET NOUS DIT... Je ne puis que souligner tout d'abord l'intérêt de telles manifestations, et on ne saurait trop encourager ces réunions qui établissent un contact entre les différents pays, permettent de canaliser les efforts qui pourraient être divergents et de mettre au point des questions très importantes. Chacun a fort bien parlé et, bien mieux que moi, les rapports publiés dans ce numéro donneront toutes précisions sur les débats. Avant de nous séparer, j'ai tenu à poser cette question : - « L'architecte est-il un artiste ? » - Oui, m'a-t-il été répondu à l'unanimité. Dans ce cas, il ne peut être diplômé. Et j'ai dû constater : qu'aujourd'hui, l'architecte était devenu un petit « salopard », sans aucune importance. Quand on a besoin de ses services, c'est à sa concierge qu'on demande une adresse. Souvenez-vous pourtant que dans l'antiquité, l'architecte était le plus haut personnage de l'État après l'Empereur. Il s'asseyait à sa droite. De cette dignité, il reste trace dans le titre que porte encore le pape : Pontifex maximus. D'où vient cette décadence ? Des grands progrès de la construction qui n'ont pas été suivis par l'architecte et qui font que celui-ci est expulsé de son domaine par l'ingénieur. C'est lui qui a maintenant tout le prestige. Et je vous citerai en passant un exemple : Dans une famille, si l'un des fils est un brillant élève, on l'envoie à Polytechnique, si l'autre est un crétin, aux Beaux-Arts... Comment rendre à l'architecte son prestige ? En formant des techniciens. Celui qui exercera son métier en artiste sera un architecte. Si la technique est une condition nécessaire, elle n'est cependant pas suffisante. L'art ne s'apprend pas. Toutefois, l'architecte technicien nous donnera au moins des constructions rationnelles et bien bâties. Nous éviterons ainsi les productions des esthètes sans métier qui ont beau jeu aujourd'hui, la puissance de nos moyens techniques permettant la réalisation des pires élucubrations. Il faut donc créer des écoles techniques, puisque, aujourd'hui, l'architecte est expulsé des trois quarts de son domaine par l'ingénieur. Dans ces écoles, ceux qui se destinent à l'architecture entreraient après avoir fait les études classiques les plus étendues et les plus sévères, sans oublier le latin ni le grec. Et de même qu'à Polytechnique, on étudie toutes les techniques, et on se spécialise par la suite, il devrait y avoir pour les futurs architectes une école supérieure de spécialisation et de perfectionnement, dans laquelle ils étudieraient le passé de l'architecture, et là encore au point de vue technique. Les élèves apprendraient pourquoi et comment les œuvres du passé ont été réalisées, afin qu'ils puissent avec les moyens d'aujourd'hui faire aussi bien, si possible. En un mot, suivre la Tradition qui est, à mon avis : faire ce que nos grands ancêtres auraient fait s'ils étaient à notre place. Je ne puis donc que répéter que l'architecte doit être d'abord un technicien. Cela sans aucun doute, puisque nous voyons les sujets d'élite se diriger vers les écoles techniques. Si ce technicien, ce constructeur exerce son métier avec art, il méritera le titre prestigieux d'architecte. IMPRESSIONS DE VOYAGE Avant de faire quelques critiques sur l'architecture italienne, je veux louer l'effort considérable qui a été fait au cours de ces dernières années par le gouvernement italien. Puissent les autres gouvernements imiter un tel exemple. Il y a eu certainement des erreurs, mais mieux vaut se tromper que de ne rien tenter. Je cite tout d'abord l'assainissement des marais Pontins — œuvre considérable de colonisation intérieure, doublement digne de louanges lorsque l'on pense au but social poursuivi : suppression de la malaria. Mussolini a cité cette œuvre gigantesque comme exemple de la volonté de conquête pacifique du peuple fasciste : Questa è la guerra che noi preferiamo ! Ce que nous avons vu à Milan n'est que ce que nous avons pu constater partout ailleurs dans des expositions du même genre, mais aggravé de ce que ces constructions sont réalisées à l'aide de matériaux précieux, tels que le marbre, le travertin,
etc..., alors que dans d'autres pays, en Allemagne, en France, par exemple, on a utilisé pour ces petites maisons des matériaux pauvres recouverts d'enduits. Le souvenir reste précis en moi, à Milan, d'un petit escalier en marbre rose poli aboutissant par un trou difficile à clore à une terrasse inhabitable. Une anecdote est ici amusante à citer : dans le car qui nous transportait quelqu'un d'entre nous s'avisa de demander à notre guide ce qu'il pensait de toutes ces constructions : « C'est mo- derne, mais inhabitable » : (à traduire en italien), nous répon- dit-il... Nous avons remarqué en Italie, et en particulier à Milan, dans le mouvement des jeunes, l'emploi de formules déjà périmées. Le Palais de la Triennale en est un exemple typique : des arcades purement décoratives, réalisées en travertin et réunies à un mur de brique par une sorte de point de chaînette en béton. S'il s'agissait de constructions éphémères, de telles erreurs seraient à la rigueur admissibles ; mais pour des constructions en matériaux impérissables, c'est grave ! On retrouve dans les cités ouvrières, dans les maisons à bon marché, les mêmes qualités et les mêmes erreurs que chez nous. Le palais de justice en construction à Milan, qui est « mo- derne », est une erreur incroyable. Un gigantesque palais sans fenêtres, avec des masses de travertin colossales, qui n'a rien à envier aux vieux palais. L'énorme gare dépense encore plus de travertin sans plus de raison. Par contre, l'exposition d'architecture de la Triennale était très bien organisée, très bien présentée. Elle nous a permis d'avoir un aperçu d'ensemble de l'effort contemporain. A Rome, atmosphère tout à fait différente... Des palais, des ministères d'une ampleur et de proportion toutes romaines, construits avec les matériaux les plus luxueux et d'une exécution absolument parfaite, mais dont les tendances modernes se résument tout simplement à ratisser les ornements que l'on trouve sur tous les vieux palais de Rome : le fronton coupé — la colonne en applique... Nous les retrouvons partout — sauf que le fronton coupé n'a plus de moulures et la colonne plus de chapiteau. Ce luxe de matière est complété par un perfectionnement mécanique qui paraît hors de proportion. AUTOSTRADES Depuis 10 ans que je n'étais venu en Italie, j'ai trouvé des routes grandement perfectionnées dont le sol vaut celui des meilleures; mais ne les a-t-on pas rendues plus dangereuses du fait que le profil n'en a pas été modifié et ne sont-elles pas attris- tées par la présence d'innombrables bornes peintes en noir et blanc qui rayent l'œil et séparent le voyageur du paysage ? L'ENTREVUE AVEC MUSSOLINI Après les remerciements d'usage, Mussolini nous a exprimé son opinion sur l'architecture, qu'il considère comme le reflet d'une époque, de ses moyens et « même de sa sensibilité »... Puis il n'a parlé que de ses intentions de paix, en nous adjurant de dire, de répéter, d'exprimer chacun dans nos pays, son grand effort, au besoin de le critiquer, mais de ne pas oublier que « l'Italie est un peuple qui travaille et veut la paix ». Je m'attendais à voir une figure de « Condotierre », telle que le représentent toutes les images. Nous avons aperçu un homme vêtu d'un pantalon blanc et d'un veston de flanelle grise rayée de blanc, flottant dans ses vêtements, extrêmement nerveux, la face pâle. Il m'a donné l'impression d'un « mon- signore », d'un diplomate. Son écriture que chacun peut voir à l'exposition fasciste, m'a paru être celle d'un homme de génie. Nous avons été reçus partout avec une extrême cordialité et une magnificence incomparables. Un congrès délégué officiellement par le gouvernement n'aurait pas été accueilli avec plus d'honneurs. Cet accueil nous a touchés et émus. Il faut remercier « l'Architecture d'Aujourd'hui » qui a pris cette intéressante initiative. Les réunions de Milan et de Rome nous ont permis d'établir des contacts des plus utiles avec nos confrères des autres pays, de provoquer des échanges de vues au sujet d'un des problèmes les plus importants pour l'avenir de l'architecture ; de nous rendre compte des tendances, des efforts et des réalisations architecturales de l'Italie nouvelle. Elles peu- vent servir au prestige intellectuel de la France. Il faut remercier également notre jeune confrère, Pierre Vago, qui a prodigué ses efforts et l'enthousiasme de la jeunesse pour la réussite du congrès et du voyage.
NOUS AVONS FAIT UN BEAU VOYAGE PAR G. BRUNON-GUARDIA Je commence, après douze ans de journalisme, à avoir quelque habitude des salles de rédaction et des cabinets de directeurs. Je n'y avais jamais rencontré d'aussi cruels humoristes que dans l'état-major de «l'Architecture d'Aujourd'hui». J'étais venu voir Pierre Vago, et lui apporter des photographies prises au cours du magnifique voyage que fut la «Réunion Internationale» organisée, cet été, par la revue. — Nous préparons, me dit-il, un numéro spécial sur le Congrès de Milan. Voulez-vous nous donner un article ? — Avec grand plaisir. Sur quoi ? — Sur tout. Sur le voyage. Un article pittoresque. Un récit... — Ah ! je comprends. Sur tout, sauf sur l'architecture. Au fond, c'est bien fait. Seul journaliste de profession au milieu de ces cent cinquante architectes, je m'étais paré, durant quinze jours, de mes titres de critique de «Beaux-Arts», d'envoyé spécial d'«Excelsior»; j'avais joui de l'accueil favorisé dû à un hôte dont le bon vouloir ou la maladresse peuvent aider ou nuire; j'avais, en deux fois deux cents lignes, distribué dans des journaux le miel de la louange, la faveur des citations, les rigueurs de l'anonymat. Et je me trouvais maintenant le collaborateur d'architectes qui sont eux-mêmes, chez eux, leurs propres critiques. Ils n'avaient que faire de ma férule, et ne voulaient plus voir en moi que le reporter. Je crois qu'il y a des vengeances nécessaires, même lorsqu'elles retombent — comme il est de règle — sur un innocent. Il paraît chaque année dans les journaux dix mille sottises sur l'architecture, signées par des journalistes qui n'y connaissent rien. La brimade eût-elle été plus forte, je ne l'aurais pas trouvée mauvaise. Elle est, au contraire, assez douce, pour cette simple raison que mon article était fait d'avance. «J'entends un bruit de ciseaux, disait Adrien Hébrard: c'est un journaliste qui écrit». J'ai pris mes plus grands ciseaux, j'ai sabré tout ce qui, dans mon journal de voyage, pouvait constituer un développement sur une question particulière d'architecture, et voici ce qui reste. --- 15 Septembre. — Arrivée à Milan, à six heures après-midi (j'ai vingt-quatre heures de retard). Joie du fiacre découvert. Par dessus l'épaule, un coup d'œil horrifié à la gare. Pensions-y le moins possible, n'en parlons plus jamais. L'hôtel Touring, confortable et digne, mais plein, comme tous les hôtels d'Italie cette année. La chambre où l'on me conduit a déjà un occupant, qui a méthodiquement distribué son matériel et encombré exactement la moitié des tables, des tiroirs, de l'armoire, des porte-man teaux. J'inventorie sans scrupule une garde-robe importante et luxueuse, qui indique chez mon compagnon obligatoire un souci d'élégance assez rassurant. Avec une pareille armée de cravates, on ne ronfle pas. Promenade à pied dans la ville, qui est gris foncé, austère et cossue. Joie de ces hautes galeries couvertes où se rencontre la classique foule italienne des fins d'après-midi: des uniformes nets et brillants, des bourgeois agités, des femmes généralement jeunes, rarement bien habillées, presque toujours ravissantes. A l'hôtel, après diner, je découvre un à un les membres du Congrès. D'abord J.P. Sabatou, que j'ai connu il y a des années, lorsqu'il décorait l'appartement d'Abel Hermant à Auteuil: c'est lui mon compagnon de chambre, j'aurais dû le deviner et reconnaître son style à la coupe de ses costumes. Puis M. et Mme Auguste Perret et leur chienne. Cette petite chienne, un sealyham terrier blanc, d'ailleurs, discrète et raisonnable, jouit d'une telle considération qu'elle fait vraiment partie du congrès. Voici d'autres membres de la délégation française et quelques délégués de l'étranger: je rencontre successivement MM. André Bloc, Albert Laprade, Pierre Vago qui voyage entre ses parents, M. et Mme Joseph Vago, et sa fiancée souriante, Mlle Lesourd, future architecte elle-même, MM. Georges Appia, Démaret, Pierre Lot, Fenzy, Ginsberg, François Roux, grand massier de l'Ecole des Beaux-Arts, Schofield, venu d'Angleterre, Togneri, arrivé d'Argentine, Fouilhoux, qui repartira de Naples pour New-York. La soirée se passe au bar, où j'apprends que j'ai manqué ce matin la somptueuse réception du podestat, duc Visconti di Modrone. On me décrit le cortège étincelant du personnel décoratif de la municipalité milanaise, les livrées splendides, les costumes rutilants, et ce maître des cérémonies, d'un luxe éperdu, mulâtre de six pieds en perrugue Louis XV. Milan, ne l'oubliions pas, contient le premier opéra du monde... Evidemment, il fallait voir cela. C'est ce qu'en jargon de journaliste on appelle un ratage. Remonté dans ma chambre, une dernière vision de rutilance m'attendait: le pyjama de nuit de Sabatou, ciel et feu. 16 Septembre. — Dans le plus beau tramway du monde, nous nous rendons à la Triennale, où va s'ouvrir le Congrès. La vaste salle d'honneur qui nous attend est meublée noblement. Devant une belle et vaste fresque de Chirico, toute neuve, l'estrade supporte de hauts sièges rouges et or. Les discours s'échangent, en langue française. Paroles d'accueil, compliments mutuels, généralités — non pas banalités. Nous entendons l'architecte Ponti, un des trois directeurs de la Triennale, et M. Calza-Bini. Puis, M. Auguste Perret, élu président par acclamations sur la proposition de M. Calza-Bini, prononce à son tour quelques paroles cordiales. Cette première séance est platonique. Suit une visite de la Triennale, qui l'est moins, car l'exposition est vaste, et particulièrement intéressante pour nous. Bel assemblage des grandes photographies d'architecture. Quant aux arts décoratifs, envois très inégaux, mais dont beaucoup valent une longue visite. Nous A MILAN : MM. André Bloc, Lods, Léon, Ginsberg, Appia et Fouilhoux A MILAN : MM. Auguste Perret, A. Laprade, Brunon-Guardia, Mme Perret (Photo Sabatou)
ne traversons la section française (organisée par les boutiquiers du faubourg Saint-Antoine après le refus motivé de nos artistes) que pour constater où peuvent mener chez nous la faiblesse et la sottise d'éléments administratifs qui, chargés de mettre en valeur l'œuvre artistique d'un pays. ignorent leur devoir ou veulent l'ignorer. Puisque nous n'avons pas su montrer ce que nous savons faire, consolons-nous en regardant ce que font les Italiens. Charmante promenade au long des allées du parc, visites successives de tous ces petits pavillons assez pimpants où des architectes jeunes et ardents proposent à leurs compatriotes, un peu déroutés, des cadres tout neufs, généralement audacieux, souvent heureux, et, mon Dieu ! si différents des antiques palais ou bribes de palais où ils ont accoutumé de mener leur vie simple... 18 Septembre. — Depuis hier après-midi, deux séances de travail. Discours, communications, chiffres, contradictions. Contradictions vives, parfois, telle cette joute oratoire assez épique entre le maître et l'élève, la droite et la gauche, la tradition et la révolte : le professeur Annoni et M. Pagano. Cela en italien, hélas! Mais les images, la fouque et la mimique sont telles que nous commençons à comprendre tous l'italien. A la dernière séance, M. Auguste Perret qui aime les vues nettes, fait acte de grand président, resserre les débats, les mène à la conclusion. C'est d'abord le recrutement qu'il faut réformer. Les architectes tenaient une place prépondérante dans la société antique: de nos jours, la profession perd de plus en plus son prestige. Le maître ne mâche pas ses mots : — Lorsque, dans une famille, un fils semble particulièrement intelligent, il arrive qu'on le dirige vers l'Ecole Polytechnique, Quand c'est un crétin, on en fait un architecte. Seconde réforme : la culture générale — que les orateurs sont unanimes à trouver insuffisante. Enfin, troisième point : la technique. Il faut que l'architecte soit rompu à l'emploi de tous les procédés de la construction moderne, et que son rôle ne se borne pas à livrer des plans à l'entrepreneur. Mais l'art ? dira-t-on. Eh ! bien, c'est précisément la seule chose à laquelle l'Ecole ne doive pas toucher. Songe-t-on à distribuer des diplômes de peintre ou de musicien ? Et, sûr de son effet, le président conclut en posant cette question générale : — L'art s'apprend-il ? — Non ! s'écrie joyeusement, d'une seule voix, toute la salle. Et les premières séparations ont lieu. M. André Bloc, qui a le courage de nous quitter au moment précis où l'on ne compte plus travailler. M. Lod's qui, venu en avion, n'aura fait qu'une apparition entre deux vols transalpins. 17 Septembre. — Les liens se resserrent entre les congressistes, les amitiés se forment. Hier soir, à la Triennale, nous avons dansé. Ce matin, banquet officiel mais des plus cordiaux, avec échange de discours entre MM. Ponti et Albert Laprade. Comme disent les Méridionaux : « On trinque, on s'estime ». On peut s'estimer. J'ai vu déjà quelques congrès : j'y ai rarement trouvé autant de cordialité, de compréhension réciproque, de gentillesse. C'est que nous sommes admirablement menés. Notre hôte, le premier de nos hôtes, M. Calza-Bini, personnifie l'accueil italien, intelligent, prévenant, ingénieux, généreux. Il a d'ailleurs trouvé chez nous le plus précieux des collaborateurs, Pierre Vago. Ce n'est pas une petite chose que le secrétariat de cet important congrès. Notre temps est rempli à craquer, nous changeons de place sans cesse, et tout est toujours prêt, et tout marche toujours bien : rien ne rate. Et je songe que lorsque, à la fin d'une de ces journées si remplies, nous nous endormons satisfaits, Pierre Vago, lui, prépare le programme du lendemain... Cet après-midi, excursion à Côme, visite de la cathédrale. Notre train d'autocars rouges longe le lac, et nous nous arrêtons à la villa d'Este pour le thé. Une dame nous y rejoint, que personne n'attendait, sauf un journaliste français qui sait combien le téléphone est propre à aider le hasard : Mme Margherita G. Sarfatti, la célèbre directrice de « Gerarchia », était descendue des hauteurs de sa résidence d'été pour rencontrer au bord du lac ses amis français. Mme Margherita Sarfatti passe avec raison pour avoir sur la vie artistique italienne une grande influence. Collaboratrice de M. Mussolini lorsqu'il n'était encore que directeur de journal, elle a conservé toute la confiance du Duce. Et cela se sait. Lorsqu'elle s'assit, à la villa d'Este, pour prendre le thé, nous étions quatre autour de la table. Au moment où Mme Perret lui versa une deuxième tasse, nous étions quinze...
L'ARCHITECTE VIETTI EXPLIQUE SA GARE MARITIME LA GARE MARITIME ANDREA DORIA (1933) SALLE A MANGER DU PAQUEBOT VICTORIA CI-CONTRE: TERRASSES DU PALAIS TURSI 19 Septembre. — Arrivée à Gênes, après un voyage terriblement matinal. Pierre Vago, qui s'entraîne pour son service militaire, nous a fait lever à des heures de troupier. A peine restaurés, nous descendons vers le port, où nous attend la visite de la nouvelle gare maritime. D'autres diront en détail le bien qu'il en faut penser. Par une chance remarquable, nous assisterons au départ d'un des principaux transatlantiques italiens, le « Conte di Savoia », et nous arrivons à temps pour le voir encore accoté à la gare. Or c'est la gare — pourtant vaste à souhait — qui semble accotée au navire. Elle paraît être, ce qu'elle est en effet, un accessoire du navire qu'elle dessert et, plus basse, plus droite, plus mince, plus claire, elle le magnifie par comparaison au lieu de le diminuer comme font généralement les constructions importantes élevées au bord d'un quai d'embarquement. Mais ceci finirait par devenir de l'architecture : je me laisse aller... Visite détaillée de cette gare, sous la conduite de son principal auteur, l'architecte Vietti. Puis nous montons à bord du « Victoria », joli paquebot tout laqué, tout doré, de belle taille encore que frère cadet du « Conte di Savoia » dont nous venons de voir le départ dans la demi brume du matin. Ensuite, première réception au Palais Royal par M. l'Inspecteur Général des Beaux-Arts et visite du musée. L'après-midi, sous la conduite de MM. Fineschi et Podesta, et malgré l'absence de son propriétaire, nous visitons la résidence, précisément, du podestat, une jolie villa très classique dominant un beau parc bien italien. Et dans cette villa nous découvrons avec des cris de joie une chambre d'honneur décorée en trompe-l'œil avec une outrance incroyable, admirable. Les peintures murales représentent des piliers et des voûtes en ruine, que soutiennent des étals eux-mêmes brisés, et consolidés eux-mêmes par des pièces de bois que d'autres éléments encore maintiennent par prodige en équilibre. Naturellement, cela n'est pas beau, et ne prétend pas l'être, mais on n'est point fâché de l'avoir vu une fois. A cinq heures, réception municipale dans l'étonnant Palazzo Bianco, tout en escaliers, en terrasses, en statues, en balustrades: le type des palais génois. Puis nous dinons au bord de la mer, au Lido d'Albaro. Après diner, sur l'initiative d'Albert Laprade, profitant de la complaisance d'un jeune architecte génois, M. Haupt, nous nous éclipsons à quatre ou cinq, et nous courons visiter les petites rues de la vieille ville. En pleine nuit, avec un guide sûr de son itinéraire, c'est la chose la plus curieuse qui se puisse faire ici, mais de beaucoup, hélas, la plus fatigante. Nous montons et descendons sans répit dix, vingt, cent ruelles étonnantes et sordides, touchant au quai, remontant vers les hauteurs, redescendant au quai, remontant encore... A minuit, verts de fatigue, nous arrivons à la gare. Le train est complet, mais on ajoute un wagon pour nous. Nous y dressons notre campement, sans trop d'inconfort puisqu'il y a un coin pour chacun. Pour chacun, sauf pour Sabatou, que je cherche partout sans succès, et que je finis par découvrir dormant dans un filet sur un lit de valises, les jambes droites, les mains jointes, l'air d'un gisant de tombeau roman qui serait chaussé de peau d'hippopotame.

Cette publication de "L'Architecture d'Aujourd'hui" présente un numéro spécial axé sur l'architecture et l'urbanisme en Italie, suite à un voyage d'études d'architectes français. Il aborde la nouvelle architecture italienne, l'urbanisme, les habitations à bon marché, ainsi que des projets spécifiques comme Littoria et Sabaudia. Le numéro inclut également des articles sur l'architecture en France et des réflexions sur le rôle et la formation de l'architecte.