Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'ARCHITECTURE AUJOURD'HUI LA MAISON INDIVIDUELLE 1 ARCHITECTURE URBANISME DÉCORATION

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Anciens Établissements Clémançon 23, Rue Lamartine - Paris — Trudaine 86-40 (3 lignes gr.) L'Électricité au Théâtre et au Cinéma Cinema-Raspail-216 Paris — B. Elkouken, Architecte-Décorateur

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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI COMITÉ DE PATRONAGE: MM. POL ABRAHAM, ALF. AGACHE, L. BAZIN, EUGÈNE BEAUDOIN, LOUIS BOILEAU, DJO BOURGEOIS, VICTOR BOURGEOIS, URBAIN CASSAN, PIERRE CHAREAU, JACQUES DEBAT-PONSAN, JEAN DEMARET, ADOLPHE DERVAUX, JEAN DESBOUS, ANDRÉ DUBREUIL, W. M. DUDOK, FÉLIX DUMAIL, ROGER EXPERT, LOUIS FAURE-DUJARRIC, RAYMOND FISCHER, TONY GARNIER, JEAN GINSBERG, HECTOR GUIMARD, MARCEL HENNEQUET, ROGER HUMMEL, FRANCIS JOURDAIN, ALBERT LAPRADE, FRANÇOIS LE COEUR, H. LE MEME, MARCEL LODS, BERTHOLD LUBETKIN, ANDRÉ LURCAT, ROB. MALLET-STEVENS, LOUIS MADELINE, J. C. MOREUX, HENRI PACON, PIERRE PATOUT, AUGUSTE PERRET, G. H. PINGUSSON, HENRI PROST, MICHEL ROUX-SPITZ, HENRI SELLIER, CHARLES SICLIS, PAUL SIRVIN, MARCEL TEMPORAL, JOSEPH VAGO, ANDRÉ VENTRE ANDRÉ BLOC, DIRECTEUR PIERRE VAGO, RÉDACTEUR EN CHEF CORRESPONDANTS: ALLEMAGNE: JULIUS POSENTER — ANGLETERRE: W. W. WOOD — AUTRICHE: EGON RISS — BELGIQUE: DE KONINCK — BULGARIE: LUBAIN TONEFF — ESPAGNE: GUITIERRE SOTO — ÉTATS-UNIS: ANDRÉ J. ROBIN — EXTRÊME-ORIENT: HARRY LITVAK — GRÈCE: GEORGES KALYVAS — HONGRIE: GEORGES MASIREVICH — ITALIE: P. M. BARDI — PAYS-BAS: J. P. KLOOS — PORTUGAL: PARDEL MONTEIRO — ROUMANIE: S. BARAS — SUÈDE: VIKING GOERANSSON — SUISSE: H. ZWEIGENTHAL — TCHÉCOSLOVAQUIE: MAX URBAN ET PIERRE PINSDARD — U. R. S. S.: PROF. ARKINE — YOUGOSLAVIE: L. ILITCH ET S. PLANITCH Mme M. E. CAHEN, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL --- CINQUIÈME ANNÉE - QUATRIÈME SÉRIE - NUMÉRO 1 - FÉVRIER 1934 --- PRÉFACE: L’EXEMPLE JAPONAIS --- J. IMBERT. --- MASQUES ET VISAGES --- J. IMBERT. --- LA MAISON INDIVIDUELLE --- A. LAPRADE. --- L'HABITATION INDIVIDUELLE EN FRANCE --- DEUX MAISONS D'ARTISTES A BOULOGNE-SUR-SEINE --- A. et G. PERRET. --- HOTELS PARTICULIERS EN HAUTE-SAVOIE --- H. LE MÊME. --- UNE MAISON D'UN ARCHITECTE FRANCAIS EN SUISSE --- A. J. FURIET. --- PETITE VILLA A SCEAUX --- B. ELKOUKEN. --- VILLA D'UN ARCHITECTE A LA COTE DES MAURES --- BARBIER-BOUVET. --- PAVILLON D'HABITATION A VIROFLAY --- S. GLADKY. --- DEUX DEMEURES D'ARTISTES A BOULOGNE-SUR-SEINE --- ZIELENSKY. --- PROJET D'UNE VILLA AU BORD D'UN LAC --- R. MALLET-STEVENS. --- PAVILLON LOI LOUCHEUR A RUEIL --- Frantz-Philippe JOURDAIN. --- LOTISSEMENT DE LA COMPAGNIE DES FORGES --- CHATILLON-COMMENTRY --- BERNARD-THIERRY. --- LOTISSEMENT DU FOYER REMOIS, A REIMS --- J. M. AUBURTIN. --- CITÉS EN BANLIEUSE PARISIENNE --- GUTTON ET RANFAING. --- L'HABITATION INDIVIDUELLE À L'ÉTRANGER --- TROIS MAISONS MINIMUM A LIÈGE --- H. DE KONINCK et A. NYST. --- VILLA A AUDERCHEM --- H. DE KONINCK. --- PAVILLON A WATERMAEL --- VAN DER BORGHT. --- LA NOUVELLE ÉCOLE BELGE --- J. L. --- VILLA A WAUTHIES BRAINE --- Victor BOURGEOIS. --- PROJET D'UN PETIT HOTEL PARTICULIER EN HOLLANDE --- P. KLOOS. --- DEUX HOTELS PARTICULIERS PRÈS DE VIENNE --- F. JUDTMANN et E. RISS. --- MAISON A VIENNE --- Ernst PLISCHE. --- HÔTEL PARTICULIER PRÈS DE VIENNE --- Walter LOOS. --- UNE MAISON A BERLIN-STEGLITZ --- Erich RICHTER. --- DEUX PETITES MAISONS PRÈS DE BERLIN --- Erich KUEHN. --- HÔTEL PARTICULIER H. A BERLIN-LANKWITZ --- E. EIERMANN. --- LE STUDIO DE L'ÉCRIVAIN ARNOLD ZWEIG A BERLIN --- H. ROSENTHAL. --- LOTISSEMENT DE MAISONS EN BOIS « KOCHENHOF », PRÈS STUTTGART --- Julius POSENTER. --- HÔTEL PARTICULIER A VAESTERAS (SUÈDE) --- Sven MARKELIUS. --- UN LOTISSEMENT DE MAISONS EN BOIS, PRÈS DE STOCKHOLM --- Julius POSENTER. --- DEUX MAISONS A ZURICH, DE L'ARCHITECTE WERNER MOSER --- H. ZWEIGENTHAL. --- VILLA A PRAGUE --- J. K. RIHA. --- DEUX MAISONS A OVIEDO (ESPAGNE) --- J. VAQUERO. --- VILLA DALTON A ALDBOURNE (ANGLETERRE) BURNET, TAIT et LORNE. --- DEUX HOTELS PARTICULIERS DE RICHARD NEUTRA, LOS ANGELES --- J. POSENTER. --- VILLA A PASADENA --- MARSTON et MAYBURY. --- VILLA A LOS ANGELES --- John BYERS. --- VILLA DANS L'ÉTAT DE MASSACHUSETTS --- Eleanor RAYMOND. --- VILLA EN WILTSHIRE (ANGLETERRE) --- HOWE et LESCAZE. --- CAMPING DANS UN PARC NATIONAL AMÉRICAIN. --- HÔTEL PARTICULIER A TOKYO --- Sutemi HORIGUTI. --- DEUX HOTELS PARTICULIERS D'UN ARCHITECTE EUROPÉEN AU JAPON --- A. RAYMOND. --- PETITE MAISON A TOKYO --- T. SATO. --- VILLA A TOKYO --- K. TANIGUTI. --- I LES PIÈCES PRINCIPALES DE LA MAISON --- LES RAISONS DE L'HABITATION MODERNE --- J. P. SABATOU. --- LA CHAMBRE A COUCHER --- J. P. SABATOU. --- II LES JARDINS | 83 | LE JARDIN D'AUJOURD'HUI | Jacques GRÉBER. | III CONCOURS ET EXPOSITION DE L'HABITATION INDIVIDUELLE --- LA MAISON MÉTALLIQUE PRÉSENTÉE A L'EXPOSITION DE L'HABITATION --- Pierre VAGO. --- LES PROJETS PRIMÉS DU CONCOURS DE LA MAISON INDIVIDUELLE --- Pierre VAGO. --- CARNET DE LA PETITE MAISON — REVUE DES REVUES — BIBLIOGRAPHIE — INFORMATIONS. --- CONDITIONS D'ABONNEMENT: FRANCE: 120 FR. — ÉTRANGER: 200 FR. — LE NUMÉRO, FRANCE: 18 FR. — ÉTRANGER: 25 FR. ABONNEMENT A «CHANTIERS»: FRANCE: 50 FR. — ÉTRANGER: 70 FR. — LE NUMÉRO, FRANCE: 6 FR. — ÉTRANGER: 8 FR. ABONNEMENTS CUMULES A «L'ARCH. D'AUJOURD'HUI» ET A «CHANTIERS»: FRANCE: 150 FR. — ÉTRANGER: 250 FR. 5, RUE BARTHOLDI, BOULOGNE (SEINE) — TÉLÉPHONE: MOLITOR 19-90 et 19-91 DÉPOSITAIRES GÉNÉRAUX DE «L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI» A L'ÉTRANGER BELGIQUE: LIBRAIRIE DIETRICH, 10, PLACE DU MÛSÉE A BRUXELLES. — HONGRIE: BUDAI ALADAR ES TARSA. AGG. TELEKI UTCA, 17, BUDAPEST 8. — ROUMANIE: LIBRAIRIE «HASEFER», RUE EUGEN CARADA, BUCAREST. — ARGENTINE: ACME AGENCY, CASILLA CORREO 1136, BUENOS-AYRES. — BRÉSIL: M. EDMUNDO JOSETTI, CAIXA POSTAL 915, RIO-DE-JANEIRO ET HARRIS. CAIXA POSTAL 2286, RIO-DE-JANEIRO COLOMBIE: LIBRAIRIE COSMOS, CALLE 14, N° 127, APARTADO 543, BOGOTA

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Type d'huisserie en tôle pliée, déformable sous un faible effort. Type d'huisserie métallique en laminé MONTATAIRE des Ensembles DOUZILLE, rigide, indéformable. Tous les Immeubles construits avec solidité et toutes garanties d'étanchéité et de durée sont équipés avec Les Ensembles DOUZILLE Fenêtres, Bâtis et Huisseries métalliques (avec dispositif de réglage breveté S.G.D.G.) Portes caissonnées spéciales brevetées S.G.D.G. bois ou métal La Première Maison française qui a construit en grande série ces types de menuiserie moderne. GROUPE SCOLAIRE JEAN-BAPTISTE CLÉMENT A BOULOGNE ARCHITECTE: JACQUES DEBAT-PONSAN leon douzille Bureau Commercial, Service de Pose et Magasin d'Exposition : 7, rue Sébastien Mercier, PARIS XV° — Tél. Vaug.: 69.00 - 69.01 Siège Social et Usines à Albert (Somme) - Tél. 43

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BÂTIMENT DU SALON ET DE LA BIBLIOTHÈQUE DANS L'ENCEINTE DU TEMPLE « NISHIHONGAN-JI ». GALERIE EXTÉRIEURE. JAPON XVIème SIÈCLE Photo Dubure

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SALON DU BATIMENT « KUROSHOIN » DANS L'ENCEINTE DU TEMPLE « NISHIHONGAN-JI » On parle souvent, à propos de l'architecture moderne, de constructivisme, de formalisme, de fonctionnalisme, de romantisme. C'est un vocabulaire des gens de bonne volonté pour mettre en évidence quelques réussites partielles et masquer des défaillances graves. Une œuvre d'art pourtant devrait être irrésistiblement claire et suggestive sans commentaire ni étiquette. Les variations Goldberg que Mme Landowska nous a révélées cet été n'ont pas besoin d'explications pour affirmer une fois de plus le génie de Bach et se classer parmi les plus authentiques chefs-d'œuvre de la musique instrumentale. A entendre discuter sur les particularités respectives des mouvements dans l'architecture actuelle, je crois comprendre que les « constructeurs », par exemple, s'intéressent surtout à la mise en œuvre logique et rationnelle des matériaux, sans chercher à empiéter sur le domaine subtil de l'esthétique, tandis que les « romantiques » se basent exclusivement sur le fait plastique et placent ce but sacré largement au-dessus des moyens de réalisation qui doivent se plier sans réserves aux exigences des sentiments à exprimer et des volumes à produire. Dès lors, il paraît que ces deux conceptions, c'est-à-dire le constructivisme et le romantisme, sont nettement opposées l'une à l'autre, et autant la dernière s'efforce à quitter le domaine des notions élémentaires pour s'élever dans l'ambiance des joies pures, autant l'esprit constructeur, fidèle à sa tâche bienfaisante mais limitée, nous donne des solutions pratiques mais dépourvues de charme et de sensibilité. Constatations pénibles. Classement par défaut. Heureusement, l'histoire et même celle de nos jours nous a légué des exemples plus réconfortants. L'art ne peut pas se soustraire aux disciplines jaillies des sources profondes de la nature humaine. L'ordonnance et la limitation, donc, la construction président à tout effort créateur dans n'importe quel domaine et les manifestations qui, à première vue, comme la poésie et la musique, paraissent ne pas pouvoir tolérer les rigueurs d'une contrainte, en réalité, ne peuvent pas naître et évoluer en dehors d'une armature solide — la cadence d'un vers, l'équilibre et le mouvement d'une fugue sont ordonnés jusque dans les moindres éléments du plus infime détail. La construction est le seul moyen, le seul langage dont nous disposons pour nous faire comprendre dans n'importe quelle matière, que ce soit le verbe, le son, la brique ou le marbre, et quiconque croit pouvoir s'exprimer autrement n'arrivera qu'à balbutier des syllabes inintelligibles. Pour que la matière inerte se hausse à la dignité d'une œuvre, la construction doit être guidée par des considérations de proportions et d'harmonie — de cette façon nous pouvons atteindre les sujets les plus élevés et les traiter avec toute la richesse de sentiment que la tâche réclame et conformément à notre personnalité propre. A quel point le phénomène constructif se trouve à la base de toute conception esthétique prouve l'exemple de l'architecture italienne de la Renaissance; la brique étant souvent employée pour monter le mur portant, mais amorphe et sans rythme, on enduisait les façades pour simuler dans l'enduit ou le stuc un ordre équilibré et séparer de cette façon purement symbolique l'ossature du remplissage. L'exemple d'une construction réelle et d'une pureté toute gothique se trouve dans l'architecture japonaise du XVIème siècle où le bois, manié avec une extrême délicatesse et précision, arrive à créer des chefs-d'œuvre de lyrisme et de tendresse sans jamais empiéter sur un terrain autre que celui de la construction pure, adaptée à la matière, utilisant uniquement les ressources de cette matière, et mettant ces moyens simples et honnêtes au service du rythme, de la proportion, de l'harmonie et du sentiment. José IMBERT.

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MASQUES ET VISAGES Dans ce numéro se trouvent réunis plusieurs exemples de maisons d'habitations construites dernièrement en France et à l'étranger. Il n'est pas difficile, en parcourant ces pages, de faire quelques constatations d'ordre général. D'abord, le caractère national et régional tend à disparaître, dans l'aspect extérieur tout au moins. Ceci n'a rien d'étonnant quand on sait que le pan de béton armé avec remplissage, traité d'une certaine façon, assez conventionnelle, fait fureur en ce moment dans tous les pays des cinq continents. Il remplace le matériau local avec son mode de construction, consacré par l'usage et basé sur les particularités géographiques des régions; ajoutons que le perfectionnement des différentes installations et procédés techniques, employés couramment dans le bâtiment tel que chauffage, aération, étanchéité, etc., arrive à parer aux inconvénients des différences de climats, ce qui permet à la construction en béton de s'épanouir dans toute sa rigidité immuable. Pour illustrer ce que nous venons de dire, il suffit de citer quelques exemples parmi tant d'autres: villa à Sceaux par Elkouken (page 15), la maison de Barbier Bouvet (page 16), celle de Koninck et Nyst à Liège (page 27), une villa par Walter Loos (page 38), villa en Tchécoslovaquie par Riha (page 58), la maison par Vaquero (page 60), la maison par Howe et Lescaze (page 66), maison à Tokio par Taniguti (page 77); leur aspect est identique dans l'abstraction irréelle et voulue, et on pourrait croire à un masque en carton, découpé d'avance par la même main qui ne dispose d'ailleurs que d'un nombre limité de ressources, et appliqué devant des organismes différents. Il nous semble que cet aspect uniforme, ce manque de personnalité, cette impression de vide et de tristesse provient du fait que l'enduit, ce procédé tyrannique, mais au fond défaillant, nous cache à tort toutes les particularités vivantes et combien efficaces des architectures; car chacune de ces maisons comporte sa façon propre de monter les points d'appui, de poser les linteaux, de remplir les allèges et de couronner les terrasses. A vrai dire cette organisation, cette différenciation éloquente et personnelle existe, mais elle est réduite au silence par l'application d'une couche amorphe, fragile, et laide. Aussitôt que nous touchons à l'architecture en matériaux apparents la situation change. Examinons plusieurs exemples des maisons en bois - sans difficulté aucune nous remarquons que, malgré la parenté, créée par la matière, elles ont chacune un caractère personnel provenant des différences de rythme, de proportion et de procédé; ce caractère particulier est singulièrement vivant et expressif, car l'architecture en bois est par définition apparente, de recouvrement et moulurée. Chaque élément étant préparé d'avance et ayant sa forme et dimension étudiées pour la destination qu'il doit remplir dans l'ensemble, des surfaces arasées sont difficilement réalisables; et l'absence d'un mortier oblige à remplacer le joint par le recouvrement et la moulure. La maison de Körte à Kochenhof (page 47) fait voir comment sans le moindre raffinement — le mouvement vertical des remplissages du balcon en témoigne — on peu arriver à créer une architecture vivante et raisonnable. La maison de Swen Markelius (page 49) est apparemment en bois mais cette matière se trouve employée comme revêtement et recouvre l'architecture du socle jusqu'à la main-courante du garde-fou de la terrasse. La maison en Californie construite par John Byers (page 67) est libre, harmonieuse, vivante, son plan et l'architecture extérieure ne font qu'un tout homogène incorporé au site et complétant remarquablement le paysage. Stemi Horiguti, dans sa maison que nous publions (page 73), fait preuve de proportions harmonieuses au possible, d'un rythme noble et intimement lié à l'essence organique du petit bâtiment; la qualité et le raffinement du sentiment constructif en font un véritable chef-d'œuvre. Une ambiance particulière et champêtre est donnée par Raymond dans sa villa au Japon (page 74); soubassement en béton, étage en pan de bois avec revêtement en planches, toit en chaume. Ces cinq villas apparentées du fait d'un matériau commun font néanmoins preuve de particularités issues du plan et du tempérament de leurs auteurs; chacune est une œuvre achevée ayant son expression constructive, architectonique et par conséquent sentimentale. La maison Zweig à Berlin (page 45), due à l'architecte Rosenthal, masque la construction en bois par un revêtement en plaques d'amiante, au détriment de l'esthétique. Groupons maintenant d'autres exemples d'architecture apparente. Neutra, dans sa villa à Los Angeles (page 62), construite en acier, nous prouve qu'une architecture apparente et bien rythmée peut manquer d'à-propos. Nous avons deux exemples de briques: la maison due à l'architecte Eiermann (page 43), une villa en Angleterre par Burnet, Tait et Lorne (page 61). Dans cette dernière la brique, soigneusement exécutée d'ailleurs, est employée comme revêtement et malgré les efforts des architectes de faire revivre une tradition intercontinentale, conserve au bâtiment un petit caractère anglais. La documentation comporte quelques maisons où l'architecte emploie simultanément deux procédés: dans ses chalets en Savoie Le Même utilise pour le soubassement la meulière apparente, pour le premier étage un mur portant et enduit et au deuxième un revêtement en planches sur une charpente en bois (supposons-nous, page 12). Notons deux petites maisons de Kühn où se fait jour timidement l'idée d'organiser la matière et de différencier les fonctions: dans sa villa (page 40) nous voyons les allèges en brique, tandis que dans le pavillon de fin de semaine (page 41) le poteau de la terrasse couronné par un linteau en bois pose sur un soubassement en brique. Les deux maisons de A. G. Perret (pages 10 et 11) sont entièrement en matériaux apparents — pan de béton bouchardé, brique et verre. Les qualités de rythme et de différenciation du pan de béton lui confèrent la noblesse d'un véritable ordre autorisant le jeu libre et harmonieux des remplissages. J. I.

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LA MAISON INDIVIDUELLE Comme on faisait de la bonne architecture au temps où les architectes ignoraient le fonctionnalisme, les diplômes et l'orgueil ! La maison personnelle, c'était toujours la grande affaire dans la vie d'un homme. On y réfléchissait en famille pendant des mois, peut-être des années. On rassemblait les matériaux, on faisait venir le maître-maçon, on discutait, on arrêtait les dispositions, les prix, Et les travaux commençaient. Problablement, comme aujourd'hui, au Maroc, le propriétaire ignorait la vie fièvreuse, restait de longues heures assis devant le chantier prodiguant compliments et gentillesses à de braves ouvriers experts en leurs divers métiers. Le programme, le climat, les matériaux conditionnaient toute la maison. Telle cause insignifiante souvent détermine le système de construction. Dans certains pays, par exemple, le seul moyen de transport est le bourriquot. Sa charge maxima des deux côtés du bat étant de deux madriers de 2 m. 50, toute l'architecture, la largeur des pièces, les combinaisons de charpente seront fonction du madrier de 2 m. 50. L'âne est ainsi le point de départ de la maison de Fez et de l'Alhambra. L'absence de tel ou tel matériau entraîne des ingéniosités étonnantes de mises en œuvre. Comment ne pas être plein d'admiration devant les châlets de bois de Savoie ou de Suisse où souvent il n'existe pas un morceau de fer, pas même un clou ! L'étude d'un livre comme le « Gladbach » montre la somme d'intelligence étonnante déployée par les paysans des montagnes. Aussi de tout temps, en tous lieux, on a su faire de belles et bonnes maisons parfaitement adaptées aux besoins, soignées, agrémentées souvent de ces petits riens inutiles qui donnent tant de joie au cœur des hommes. Dans le passé, la maison était le contraire d'une « machine à habiter ». Elle était chargée d'amour, chargée de bénédictions divines. Ces sentiments pieux, Fustel de Coulanges dans son admirable « Cité antique » nous en donne tout le sens profond. Bien des vieilles maisons gardent encore ces inscriptions révélatrices de l'importance morale et des efforts que représentait le foyer chez nos ancêtres. En voici deux de Suisse, dont l'une citée par Ruskin (I): « C'est confiants et du fond du cœur que un tel et une telle ont laissé construire cette maison, que le Dieu béni la veuille protéger contre toute infortune ou danger ». Ailleurs : « Il m'a fallu beaucoup de travail et de peine pour achever cette maison. Aussi je te demande de prier Dieu pour moi, toi qui après ma mort l'habiteras ». Conditions climatériques, matériaux locaux, besoins de vie, toutes ces nécessités sont tellement bien respectées que dans chaque pays il y avait presqu'autant de procédés de construction que de Provinces ou fragments de Provinces. Partout

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une logique impeccable s'identifie à la Beauté. Avec leurs vastes pièces, leurs murs épais, leurs bonnes cheminées, leurs bons toits, leurs vastes greniers débarras, leurs jardins souvent clos comme des patios, comme elles étaient agréables ces maisons où nos ancêtres « vivaient » vraiment, où l'on était si bien pour travailler, aimer et mourir! Plus on étudie l'histoire, plus on s'aperçoit que la vie de nos ancêtres était sans rapport avec ce que veulent nous raconter certains manuels scolaires. La maison d'un bout de l'année à l'autre était égayée par une suite ininterrompue de fêtes chômées, de fêtes familiales, prétextes à bonne cuisine et à larges libations. Entre deux guerres ou deux épidémies, on jouissait de l'heure présente rendant gloire à Dieu et à ses Saints. Cette évocation du passé laisse par moment assez sceptique sur les buts de notre civilisation matérialiste, incapable d'harmoniser le rythme de la fabrication et de la consommation et qui, trop souvent, laisse l'homme sans travail, sans gagne-pain et sans idéal. La notion du vrai bonheur, le sens de la vie semblent perdus. Nos contemporains ne songent qu'à oublier la mort dans une agitation forcenée par moment aussi vaine que celle de l'écureuil dans une cage. On n'habite plus sa maison, juste deux heures pour les repas et huit heures pour le sommeil. Tout le reste du temps la vie est collective, au bureau, à l'usine, au cinéma, dans les grands magasins ou à l'hôpital. Deux mois au moins par an on est à la mer, à la montagne ou en auto sur les routes. A quoi bon une maison où on n'est jamais? L'enfant passe de la « Maternité » à la « Maternelle », de la « Maternelle » aux écoles communales, des écoles au lycée, du lycée aux grandes écoles et au régiment. La femme veut vivre la vie de l'homme et ne plus être sa servante. Il faut bien, dans ces conditions, envisager la perspective d'une humanité parquée dans d'immenses caravansérails « à bon marché ». Nous allons à la disparition de la maison individuelle. Heureusement, sur la terre, il n'y a jamais de solutions définitives. Ce qui est vérité un jour est l'erreur du lendemain. Présentement, on ne voit pas de remède au machinisme. Si, comme il est probable, on ne peut entraver le progrès mécanique, si les machines continuent de plus en plus à faire toutes les besognes en des temps records, avec des prix diminués, bientôt l'homme n'aura plus rien à faire. Le « bâtiment », dernier refuge de la main-d'œuvre, risque lui-même de devenir une affaire industrielle où les Citroën ou les Renault lutteront d'ingéniosité, améliorant chaque année leurs types de maisons standard, « la 2 places », « la 3, 4, 5 ou 6 places ». A la suite d'un voyage en Allemagne, il y a deux ans, nous rapportsions nos conversations avec Gropius qui est un des esprits les plus chercheurs de notre époque. Pour lui, l'avenir est à la maison en métal et surtout en cuivre. Tous les plans sont prêts. Le lancement est proche. « Les prix de revient escomptés seront au minimum de 25 % inférieurs à cube égal à ceux d'une maison ordinaire. Une maison de cinq pièces, plus une cuisine et une salle de bain, avec rez-de-chaussée et premier étage, pèsera

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15 tonnes (fondations exceptées bien entendu). Deux camions suffiront au transport. Les façades par éléments de 5 m. de long et de 2 m. 80 de haut arriveront sur le terrain toutes montées, les menuiseries et la vitrerie en place. Les murs pesant 13 kilos le mètre carré sont constitués par une feuille de cuivre de 7 dixièmes de millimètre et par 10 feuilles d'aluminium. En 4 jours, quatre hommes, en n'importe quel endroit, vous termineront votre maison qui sera payable à tempérament ». Telle sera peut-être la prochaine étape de la maison individuelle... qui risque de ruiner tout le « Bâtiment », architectes, entrepreneurs et ouvriers. Et où en sera-t-on dans cinquante ans? Les machines s'étant encore perfectionnées, nos petits-enfants ne travailleront probablement que 20 heures par semaine et pendant 8 ou 9 mois seulement. En dépit des stades, des piscines, des jeux de boules et des jeux de loto, des billards russes, des billards japonais et des billards chinois, l'homme s'ennuiera. Des super-avions l'emmenèrent prendre des bains de soleil à Tombouctou ou faire du ski sur l'Himalaya, chasser l'éléphant aux Grands Lacs, pêcher à Tahiti: l'homme s'ennuiera toujours. Il faudra s'ingénier à lui redonner une vie intellectuelle et une vie morale. Les revues et magazines seront innombrables, les journaux auront 40 pages mais il manquera le cadre pour ces lectures et les méditations. Les nerfs de l'homme seront tellement détraqués par la vitesse, la T. S. F. éternelle et assourdissante, qu'il faudra organiser des cures de calme. Et alors nous verrons peut-être renaître les maisons individuelles bien isolées, bien personnelles, où l'on se sentira vraiment « chez soi ». Elles seront probablement en belle et bonne pierre, ornées par toutes les ressources de l'art. L'ambition, le luxe et la joie de l'homme, du Français surtout, sera de posséder sa petite maison hors de la ville. Et l'on connaîtra un renouveau d'affection pour « Mon rêve », « Sam suffi », « Mon bijou » dessinés par des architectes artistes et sentimentaux. On aura alors une sainte horreur des logements économiques et standardisés, horreur de la « cellule » à surface minima. Tout au plus admettra-t-on la cellule d'un mètre sur deux au cimetière et encore. Les « dernières demeures » elles-mêmes très personnelles se moquant des gabarits et des alignements, s'éparpilleront dans une campagne redevenue vierge. Le « zoning » mondial répartira en quelques îlots les énormes machines qui, nuit et jour, débiteront complets-vestons, aliments synthétiques, cigarettes, tout le nécessaire et le superflu, de quoi saturer une humanité gorgée de « produits ». Le reste de la Terre rendu à la Nature, deviendra très « Et ego in Arcadia », très paysage noble à la manière du Poussin. Groupées harmonieusement, quelques maisons individuelles très « avant-garde » et « belles comme l'antique », hébergeront les quelques hommes épargnés par la dernière des dernières guerres. Lointaines et riantes perspectives! Quel regret d'appartenir à la « génération sacrifiée »!!! Albert LAPRADE.

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THURINGE Pour illustrer d'exemples l'intéressant article de M. Albert Laprade, nous publions quelques anciennes maisons paysannes de France et d'Allemagne. Certaines accusent, dans la grandeur simple de leur composition, de solides traditions provinciales ou affirment la volonté constructive en honneur à des époques déjà lointaines. Toutes possèdent un certain charme, une douceur accueillante, des détails délicats et vivants qui font si souvent défaut dans les maisons contemporaines. NORMANDIE PRUSSE ORIENTALE BRANDEBOURG Les photos de maisons allemandes sont clichées d'après Deutsche Volkskunst, éd. Delphin, Munich. DORDOGNE DORDOGNE