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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI ARCHITECTURE URBANISME DÉCORATION
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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI ARCHITECTURE URBANISME DÉCORATION
APPAREILLAGE ELECTRIQUE SPECIAL POUR THEATRES & CINEMAS CATALOGUES 1. HERSES. RAMPES APPAREILS ET ACCESSOIRES DIVERS 2. REFLECTEURS PROJECTEURS APPAREILS A EFFETS 3. RHEOSTATS GRADATEURS DE LUMIERES 4. JEUX D'ORGUE --- CINÉMA MÉTROPOLE À BRUXELLES MM. BLOMME ET NICOLAS, ARCHITECTES Installation électrique des Établissements CLÉMANÇON --- CIE GÉNÉRALE DE TRAVAUX D'ÉCLAIRAGE ET DE FORCE ANCIENS ÉTABLISSEMENTS CLÉMANÇON 23 - RUE LAMARTINE - PARIS TRUD. 86-40 (3 lignes)
L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI ARCHITECTURE - URBANISME - DECORATION COMITÉ DE PATRONAGE: MM. ALF. AGACHE, PIERRE BARBE, L. BAZIN, EUGÈNE BEAUDOIN, LOUIS BOILEAU, DJO BOURGEOIS, VICTOR BOURGEOIS, URBAIN CASSAN, PIERRE CHAREAU, JACQUES DEBAT-PONSAN, JEAN DEMARET, ADOLPHE DERVAUX, JEAN DESBOUS, ANDRÉ DUBREUIL, W. M. DUDOK, FÉLIX DUMAIL, LOUIS FAURE-DUJARRIC, RAYMOND FISCHER, TONY GARNIER, JEAN GINSBERG, HECTOR GUIMARD, MARCEL HENNEQUET, ROGER HUMMEL, FRANCIS JOURDAIN, ALBERT LAPRADE, FRANÇOIS LE COEUR, MARCEL LODS, BERTHOLD LUBETKIN, ANDRÉ LURCAT, ROB. MALLET-STEVENS, LOUIS MADELINE, J. C. MOREUX, HENRI PACON, PIERRE PATOUT, AUGUSTE PERRET, G. H. PINGUSSON, HENRI PROST, MICHEL ROUX-SPITZ, HENRI SELLIER, CHARLES SICLIS, PAUL SRIVIN, MARCEL TEMPORAL, JOSEPH VAGO, ANDRÉ VENTRE ANDRÉ BLOC, DIRECTEUR PIERRE VAGO, RÉDACTEUR EN CHEF RÉDACTION: ARCHITECTURE: PIERRE VAGO, MARCEL ROUX — URBANISME: HENRI STOROGUE DECORATION: RENÉ DROUIN — TECHNIQUE: E. MENKÈS, RÉDACTEUR DE «CHANTIERS» CORRESPONDANTS: ALLEMAGNE: JULIUS POSENER — ANGLETERRE: W. W. WOOD — AUTRICHE: EGON RISS — BELGIQUE: EMMANUEL HENVAUX — BULGARIE: LUBAIN TONEFF — ESPAGNE: GUITIERRE SOTO — ÉTATS-UNIS: ANDRÉ J. ROBIN — GRÈCE: GEORGES KALYVAS — HONGRIE: GEORGES MASIREVICH — ITALIE: P. M. BARDI — POLOGNE: SZYMON SYRKUS — EXTREMÉ-ORIENT: HARRY LITYAK — PORTUGAL: PARDEL MONTEIRO — ROUMANIE: S. BARAS — SUÈDE: VIKING GOERANSSON — U. R. S. S.: NICOLAS ILYINE — YOUGOSLAVIE: L. ILITCH ET S. PLANITCH Mme M. E. CAHEN, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL --- 3 AVRIL 1933 TROISIÈME SÉRIE L'ARCHITECTURE EN FRANCE Page --- Description --- VILLAGE-SANATORIUM GUÉBRIANT ABRAHAM ET LE MÊME --- IMMEUBLE DE RAPPORT A PARIS POL ABRAHAM, ARCH. --- MAGASIN PRISUNIC A PARIS G. WYBO, ARCH. --- IMMEUBLE DE RAPPORT A PARIS JEAN DESBOUS, ARCH. --- VILLA A SAINT-CLOUD M. ROSENauer, ARCH. --- IMMEUBLE DE RAPPORT A PARIS BERTRAND, DURAND, ARCH. --- L'ESTHÉTIQUE DE LA RUE Page --- Description --- L'ESTHÉTIQUE DE LA RUE PAUL NADAI --- BOUTIQUES EN FRANCE. --- BOUTIQUES EN AUTRICHE. --- BOUTIQUES EN HONGRIE. --- BOUTIQUES EN ESPAGNE. --- L'ESTHÉTIQUE DE LA RUE EN ALLEMAGNE J. POSENER --- BOUTIQUES EN ALLEMAGNE. --- BERLIN LA NUIT. --- L'ECLAIRAGE DES BOUTIQUES J. CHAPPAT --- LES ENSEIGNES LUMINEUSES --- L'ESTHÉTIQUE DES MOYENS DE TRANSPORT. --- LA RUE QUI DISPARAIT, CELLE QUI S'AMORCE. --- L'AFFICHE. --- ÉTALAGES ET MANNEQUINS. --- L'ESTHÉTIQUE DES REVÊTEMENTS DE CHAUSSEES J. FÉDI --- DÉCORATION - BEAUX-ARTS Page --- Description --- HOTEL DU BARON W. A PARIS J. P. SABATOU, DÉC. --- LES PORTRAITS DE MELA MUTER A. BLOC --- EN MARGE DE MA PEINTURE MELA MUTER --- TRIBUNE LIBRE Page --- Description --- AUGUSTE PERRET VU PAR UN ARCHITECTE ALLEMAND. --- ARCS ET COLONNES M. BONTEMPELLI --- INFORMATIONS Page --- Description --- LA 2me EXPOSITION DE L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI. --- L'EXPOSITION D'ALGER J. ALBERT-LAMBERT --- ARCHITECTURE ET URBANISME GEORGES MONNET --- CONCOURS. INFORMATIONS DIVERSES. REVUE DES REVUES. --- CONDITIONS D'ABONNEMENT: FRANCE 120 FR. — ÉTRANGER: 200 FR. — LE NUMÉRO, FRANCE: 18 FR. — ÉTRANGER: 25 FR. ABONNEMENT A «CHANTIERS»: FRANCE: 35 FR. — ÉTRANGER: 50 FR. — LE NUMÉRO, FRANCE: 4 FR. — ÉTRANGER: 6 FR. ABONNEMENTS CUMULÉS A «L'ARCH. D'AUJOURD'HUI» ET A «CHANTIERS»: FRANCE: 135 FR. — ÉTRANGER: 225 FR. 5, RUE BARTHOLDI, BOULOGNE (SEINE — TÉLÉPHONE: MOLITOR 19-90 et 91 DÉPOSITAIRES GÉNÉRAUX DE «L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI» A L'ÉTRANGER BELGIQUE: LIBRAIRIE DIETRICH, 10, PLACE DU MUSÉE A BRUXELLES. — HONGRIE: BUDAI ALADAR ES TARSA, AGG-TELEKI UTCA, 17, BUDAPEST 8. — ROUMANIE: LIBRAIRIE «HASEFER», RUE E. CARADA, BUCAREST. — ESPAGNE: ÉDITIONS INCHAUSTI, ALCALA 63, MADRID — ARGENTINE: ACME AGENCY, CASILLA CORREO 1136, BUENOS-AYRES
REVÊTEMENTS DÉCORATIFS ET PRATIQUES MARBRITES FAUQUEZ - OPALINES - MARMORITES - VERRE NOIR GLACES TEINTÉES - PATES DE VERRE - MIROIRS & DALLES AURÈS UNE SALLE DE BAINS --- S.A.G.A.I.S --- VISITEZ NOS SALLES D'EXPOSITION 28 & 28BIS RUE VERGNIAUD. LEVALLOIS. (PEREIRE 06-76 et 24-26) SOCIÉTÉ ANONYME DES GLACES POUR AUTOMOBILES ET INSTALLATIONS SANITAIRES. ---
VILLAGE SANATORIUM GUÉBRIANT (LA CLAIRIÈRE) A PASSY (HTE-SAVOIE). ARCHITECTES : POL ABRAHAM ET HENRY LE MÊME Le Sanatorium « Guébriant » est le troisième établissement réalisé par l'association « Les Villages-Sanatoriums de haute altitude », œuvre philanthropique, qui a pour objet de permettre aux tuberculeux pulmonaires de la classe moyenne peu aisée, de recevoir, pour un prix de pension très modique, tous les soins nécessaires dans les meilleures conditions possibles d'hygiène et de climat. Sur ses vastes terrains de Passy (Haute-Savoie), cette association a déjà construit et organisé: 1°) Le village-sanatorium de « Praz-Coutant », destiné à des adultes (180 lits) jusqu'à présent mixte, mais dorénavant affecté aux hommes seulement, « Guébriant » devant être réservé aux femmes; 2°) Le village-sanatorium du « Roc-des-Fiz », pour enfants des deux sexes, de 6 à 14 ans (165 lits). Ces deux constructions ont déjà été publiées par notre Revue. 3°) Le village-sanatorium « Guébriant », qui vient d'être mis en exploitation (1er janvier 1933) et qui comprend 175 lits. I) TERRAIN. — La première appellation (La Clairière) du sanatorium « Guébriant » était presque une description du lieu où s'élève cet établissement. C'est une éclaircie particulièrement pittoresque et riante avec ses ondulations de terrain, ses blocs erratiques, son torrent et surtout son prestigieux panorama, dans une épaisse forêt de sapins. Altitude moyenne: 1.400 mètres. II) DISPOSITION GÉNÉRALE. — Le Sanatorium comporte, UN BATIMENT PRINCIPAL ET PAVILLONS très proches du bâtiment principal et rattachés par des galeries couvertes et chauffées. En dehors des trois pavillons, il existe un petit bâtiment de cure de 10 chambres qui a été ajouté au programme au cours de la construction; les architectes ont eu l'idée de loger ce petit bâtiment supplémentaire DEVANT le bâtiment principal dont il ne gêne nullement la vue et auquel il est relié par une galerie souterraine. Il forme également mur de soutènement de la terrasse au midi du bâtiment principal. Enfin, le village est complété par la villa du médecin Directeur, par un pavillon de conciergerie avec garages et par une chapelle. III. BATIMENT PRINCIPAL DIT « SERVICES GÉNÉRAUX » Ce bâtiment dans lequel on pénètre par la façade Nord, (à mi-hauteur entre le rez-de-chaussée et le sous-sol) comporte, outre le sous-sol et le rez-de-chaussée, quatre étages et présente une façade au midi en « GRADINS », qui a permis de trouver dans chaque chambre, au-dessus des auvents de cure, suivant le principe utilisé dans les pavillons du Roc-des-Fiz, une large imposte qui assure une ventilation et surtout un ensoleillement parfaits. La difficulté résultant de cette disposition était de trouver l'utilisation rationnelle et économique de chaque étage malgré leur largeur décroissante; voici comment ce problème a été résolu: A. — SOUS-SOL. — Le bâtiment comporte: AU MIDI: au centre du bâtiment, la chaufferie et, de chaque côté, des logements de personnel supérieur (médecins assistants, radiologues, gestionnaire, etc...); grâce à la forte déclivité du terrain, ces locaux sont complètement dégagés du sol; ils sont desservis par de larges circulations, dont l'une communique avec l'extérieur. AU NORD: deux grands services complètement séparés l'un de l'autre et desservis par des escaliers et des monte-charges distincts. DU CÔTÉ OUEST: buanderie et désinfection; blanchisserie mécanique, lingerie, repasserie, désinfection des crachoirs, étuve, etc... DU CÔTÉ EST: l'Economat et ses différentes réserves; cave à vins, cave à pommes de terre, fruitier et bacs pour les conserves d'œufs, réserve de vaisselle et de petit matériel, droguerie, etc... B. — REZ-DE-CHAUSSEE. AU MIDI: une vaste salle occupe le centre du plan, sorte de grand « living-room » éclairé par de larges baies à guillotine et susceptible d'être divisé en plusieurs pièces (salle à manger, salons, bibliothèque) par de simples rideaux de tissu lavable dissimulés dans les points doubles de béton armé qui marquent chaque travée. AU NORD: deux groupes de locaux séparés par le vestibule et l'entrée principale. VERS L'EST: la cuisine et ses dépendances. VERS L'OUEST: les services administratifs et divers services plus ou moins importants: laboratoire et pharmacie, salon de coiffure et dentisterie. C. — PREMIER ÉTAGE. Tout le côté AU MIDI est occupé par 26 chambres de malades, desservies par une large circulation rectiligne et complétées par quelques locaux accessoires. AU NORD, le premier étage est occupé par deux départements importants, toujours séparés et indépendants; le service médical à l'ouest, la communauté des religieuses à l'est. D. — DEUXIÈME ÉTAGE. — Outre les 26 chambres de malades AU MIDI et leurs annexes, on trouve AU NORD deux groupes de logement de personnel complètement isolés et n'ayant accès que sur les escaliers Est et Ouest. E. — TROISIÈME ÉTAGE. — La largeur du bâtiment se trouve réduite à cet étage à celle des chambres de malades avec leurs galeries de cure et leur dégagement. F. — QUATRIÈME ET CINQUIÈME ÉTAGE. — Les 28 chambres du quatrième sont encore semblables à celles du reste du bâtiment, mais elles n'ont pas de galerie de cure; elles sont destinées aux malades convalescentes qui iront à la terrasse supérieure faire leur cure sous un auvent spécialement réservé à cet usage; cet auvent et cette terrasse constituent le cinquième étage auquel on accède par les trois escaliers et par l'ascenseur. IV. — Les pavillons comprennent chacun 16 chambres de malades disposées en un rez-de-chaussée surélevé et un étage; ces chambres sont exactement semblables à celles du bâtiment central et sont toujours accompagnées de petits locaux annexes. L'obliquité du pavillon C par rapport à l'alignement du bâtiment principal est justifiée par le fait que le matin il est un peu à l'ombre de la forêt voisine et qu'il était intéressant par conséquent de le tourner vers l'ouest pour le faire bénéficier le plus longtemps possible du soleil couchant. V. — Le petit bâtiment de cure, est très différent des trois autres pavillons, du fait qu'il ne comporte pas d'étage et qu'il présente une disposition en dents de scie rappelant un peu celle imaginée par MM. Abraham et Le Même pour le Sanatorium de Plaine-Jeux-Mont-Blanc; chambres formant des angles saillants entre lesquels s'inscrivent les galeries de cure; ces dernières sont couvertes par de petites dalles triangulaires n'ayant que trois points d'appui et placées aussi bas que possible de façon à laisser pénétrer la lumière solaire dans la chambre par la partie supérieure de la fenêtre et de la porte-fenêtre; le niveau des galeries de cure étant, dans ce pavillon, assez proche du sol, leurs garde-corps sont constitués par des murettes pleines en maçonnerie, pour que les malades se sentent un peu à l'abri des regards extérieurs. Des précautions spéciales ont été prises pour que la salubrité de ce pavillon soit parfaite: drainages, plancher sur terre-plein aéré, mur Nord à double paroi, enduits extérieurs hydrofugés, enduits intérieurs au mortier de ciment, sols en carreaux d'asphaltes, etc... Au nord du pavillon A a été décidée la construction d'une chapelle qui est en cours de réalisation. Elle est constituée par une coupole parabolique sur plan circulaire avec quatre
SANATORIUM GUÉBRIANT. ARCH.: ABRAHAM ET LE MÊME
pénétrations rectangulaires assurant l'éclairage (vitraux en- chassés dans les claustra de béton armé) et dont l'une abrite l'autel. Une sacristie complète ce petit édifice qui pourra recevoir toutes les malades du Sanatorium. XI. — CONSTRUCTION (Gros œuvre). La plus grande partie des bâtiments est exécutée en pans de béton armé avec remplissage à double paroi (enduit de ciment 0,025; agglomérés creux de ciment et de gravillon: 0,15; vide d'air de 0,025 (seulement pour éviter les courants de convection; agglomérés de ciment et de mâchefer: 0,055; enduit intérieur en plâtre ou en mortier de ciment: 0,015 à 0,020). Les enduits extérieurs et intérieurs sont armés de grillage partout où ils revêtent l'ossature en béton armé. Aux endroits où les poteaux en ciment sont trop épais pour permettre le vide d'air et le doublage, un habillage intérieur en « Celotox » ou en « Héraclite » évite la condensation et les déperditions de chaleur. La mauvaise nature du sol (éboulis récents) a nécessité des fondations par larges semelles de répartition en béton armé. Tous les poteaux isolés ont été fondés à une profondeur minima de 1 m. 50 pour les mettre à l'abri des désordres apportés au sol par le gel et le dégel. Les poteaux du bâtiment central et des pavillons sont doublés toutes les deux travées, et les vides intermédiaires employés comme ventilations et comme gaines pour le passage des canalisations dont aucune n'est apparente dans les locaux d'habitation. Tous les planchers sont en béton armé, système Hennebique. On remarquera dans la coupe que les plateaux sud du premier étage ne traversent pas les grandes salles de vie commune du rez-de-chaussée; ils sont supportés à cet étage par des portiques ou poutres à béquille, reportant à leurs deux articulations les charges supérieures. Ces arcs, comme les poteaux sont doublés toutes les deux travées et permettent ainsi de loger les rideaux de tissu dont il a été question ci-avant. JOINTS DE DILATATION. — La bâtiment principal qui a près de 90 mètres de longueur est complètement sectionné en trois tronçons absolument indépendants. Cette précaution était indispensable, étant donné la qualité très médiocre du sol. De plus, les terrasses, les murs et surtout les balcons de cure et auvents, comportent de nombreux joints de dilatation rendus nécessaires par les énormes et brusques écarts de température subis par le bâtiment pendant l'hiver principalement, où la différence de température, entre midi et minuit, peut dépasser 40 degrés centigrades. Ces joints sont revêtus de plomb soutenu par des feuilles de toile mince aux endroits où ils risqueraient de s'affaisser et noyés dans l'asphalte. En certains endroits quelques potelets de ciment armé qui n'ont pu être doublés au droit des joints de dilatation, se ter- minent en fourche à leur partie supérieure, laissant ainsi un certain jeu aux deux éléments de dalles qu'ils supportent. LES PLANCHERS TERRASSES. — Ils sont calculés pour une surcharge éventuelle de 500 kilos par M2, en prévision de l'accumulation de la neige. L'étanchéité est assurée par une chape formée de trois couches d'asphalte appliquée à chaud avec interposition de papier fort pour la rendre indépendante du béton. Toutes les terrasses sont « en cuvette », c'est-à-dire avec écoulement des eaux pluviales à l'intérieur du bâtiment par chutes en fonte mixte saluble (avec joints coulés au plomb sur corde goudronnée) traversant des locaux chauffés ou descendant dans les gaines où passent les tuyauteries du chauffage. Partout où l'asphalte est verticale (costières, parois des petites terrasses encaissées du 2° étage, côté nord, etc...) ou simplement inolinée (auvents des galeries de cure) elle est revêtue d'une chape de mortier armée de grillage pour parer à l'absorption des rayons solaires par l'asphalte et éviter le ramollissement de cette dernière. L'obliquité des auvents de cure faisant de ces derniers de larges chêneaux encaissés, des précautions spéciales ont été prises: des gargouilles de trop plein, en forme de livre ouvert ont été prévues en grand nombre au bord de ces auvents et les impostes des chambres qui viennent s'ouvrir au-dessus des auvents ont leur pièce d'appui à un niveau nettement supérieur à celui du fond des gargouilles. Dans la partie de la terrasse supérieure servant de cure commune, l'asphalte est protégée par une chape de ciment grillagée et bouchardée, sectionnée pour éviter la fissuration en panneaux carrés, séparés par de larges joints remplis d'asphalte. ISOLATION. — L'isolement thermique des terrasses est réalisé, soit par un revêtement en plaques de béton multicellulaire de 0,055 d'épaisseur (galeries de cure, etc...), soit par des plafonds en « Héraklit » (plafonds courbes des grandes salles du rez-de-chaussée). Tous les châssis vitrés en bois sont à double vitre, c'est-à-dire doublés de contre-châssis également vitrés, laissant un vide de 0,23 environ entre les verres et facilement démontables pour le nettoyage grâce à des vis de fixation à double filetage. Les grands châssis des salles de vie commune et les fenêtres du 4° étage sont métalliques et à guillotine; ils n'ont pas de doubles vitres, mais portent du verre triple de 6 mm. d'épaisseur. L'isolement acoustique se résume à des précautions contre la propagation du bruit des appareils mécaniques; les pompes de la chaufferie, le groupe électrogène de secours, les appareils de la buanderie sont placés sur massifs anti-vibra-tiles et sont reliés à leurs tuyauteries par des manchons de caoutchouc. Les sous-linoléums sont également excellents au point de vue insonorité.
SANATORIUM GUÉBRIANT. ARCH.: ABRAHAM ET LE MÊME COUPE SUR LE BATIMENT CENTRAL ET DÉTAILS Echelle 0 — 1 — 2 — 3 — 4
VILLAGE-SANATORIUM GUÉBRIANT (LA CLAIRIÈRE) A PASSY (HAUTE-SAVOIE). ARCH.: POL ABRAHAM ET HENRY LE MÊME
VILLAGE-SANATORIUM GUÉBRIANT A PASSY (HAUTE SAVOIE). ARCH.: ABRAHAM ET LE MÊME (Photos Tairras)
IMMEUBLE DE RAPPORT AVEC GARAGE A PARIS POL ABRAHAM, ARCHITECTE - P. CADRÉ, INGÉNIEUR Cet ensemble comprend: a) Sur le boulevard: un immeuble de rapport à grand développement de façade, par suite de décrochements et de retraits sur l'alignement. De cette façon, toutes les pièces de réception et toutes les chambres des appartements ont pu être établies en façade. Les grands windows latéraux qui calent la composition, correspondent aux deux chambres principales des deux appartements en façade. Toutes les pièces de service et les chambres de domestiques qui sont à l'étage ont été établies sur cours. b) En arrière, un garage industriel à 6 étages et 3 sous-sol. Ce garage est séparé de l'immeuble d'habitation par deux cours séparées elles-mêmes par la cage d'escalier principal. Le manque de profondeur du terrain a obligé de donner au garage un plan avec renflement dans la partie centrale, pour permettre l'établissement de rampes d'un diamètre suffisant. Ces rampes gravissent un demi-étage, les planchers du garage étant décalés d'un demi-étage de part et d'autre de l'axe général des constructions. La sortie et l'entrée du garage sur le boulevard encadrent une boutique d'exposition et le bureau d'administration. L'utilisation, imposée au départ, de la boutique centrale du rez-de-chaussée, a obligé à réduire le nombre des points d'appui et à faire passer les deux poteaux latéraux de la façade du fond de la cour sur boulevard dans les trumeaux séparant les fenêtres des grands salons. Le poteau d'axe est porté sur une puissante bascule en B.A., établie dans la hauteur du premier étage. Ainsi, les parties pleines de cette façade, réunies par des vitrages horizontaux, correspondent bien aux parties portantes. Il en est de même aux ailes où les pleins dominent. La composition a tendu à tirer son principal effet de l'accentuation de parties pleines traitées verticalement en opposition avec le sens horizontal des balcons et des vitrages qui les réunissent. Les balcons on été traités partiellement pleins, de façon à dessiner vigoureusement les horizontales. Des motifs de sculpture sont prévus aux plafonds des windows mais non encore réalisés. La construction a été réalisée en pan de laiton avec revêtement en comblanchien au rez-de-chaussée et en pierre de Vilhonneur de 0,05 aux étages. L'accrochage a été fait au moyen d'agrafes en acier parkérise de 6 m/m. avec vide d'air continu entre la pierre de revêtement et le support constitué par un remplissage entre poteaux en briques pleines de 0.22 et 0.35. Les bandeaux et appuis sont en Vilhonneur massif. Les profils ont été étudiés pour ramener les eaux vers l'intérieur des terrasses et des balcons chenaux. Terrasses et balcons sont revêtus en asphalte et les descentes, très étudiées, pour ne pas nuire à l'effet monumental, sont en cuivre et de section carrée. Les balustrades métalliques sont en tubes de fer plat. Les menuiseries extérieures sont métalliques et chaque baie munie de persiennes roulantes bois. Au-dessus du garage ont été aménagés trois étages de locaux d'habitation desservis par l'unique escalier principal et reliés aux escaliers de service par des passerelles. L'utilisation imposée à la boutique centrale à rez-de- chaussée, a conduit à un grand développement de vestibule pour gagner la cage d'escalier. Pour rompre la monotonie, une rotonde a été aménagée à la brisure de ce vestibule, rotonde sur laquelle se trouve la loge du concierge. La cage de l'ascenseur est constituée par une colonne en fer et verre, autour de laquelle s'enroule l'escalier à l'anglaise en comblanchien et la rampe en « Studal ». La distribution large et claire des appartements, la symétrie des soffites nécessaires à la construction et des coffres à volets roulants, un emploi très restreint de staff par volumes simples, suffisent sans décoration proprement dite à donner aux intérieurs un aspect confortable et élégant. Le chauffage central de l'immeuble a été installé par Domézon et Cie. BOULEVARD RASPAR

Ce numéro de L'Architecture d'Aujourd'hui, daté d'avril 1933, présente une série d'articles sur l'architecture, l'urbanisme et la décoration. Il inclut des sections sur l'architecture en France, l'esthétique de la rue, la décoration et les beaux-arts, ainsi que des tribunes libres et des informations sur des expositions. Un article détaillé porte sur le village-sanatorium Guébriant à Passy, conçu par les architectes Pol Abraham et Henry Le Même.