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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI 2. ARCHITECTURE URBANISME DÉCORATION
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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI 2. ARCHITECTURE URBANISME DÉCORATION
716 C. ROYALE ASTURIENNE DES MINE COMPAGNIE ROYALE ASTURIENNE AUBI --- 1, RUE DE CIRQUE, PARIS TÉL.: ELYSÈES 51-37 et 38, 51-60 - INTER 33 --- R de Valer oy
L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI ARCHITECTURE - URBANISME - DECORATION COMITÉ DE PATRONAGE: MM. ALF. AGACHE, PIERRE BARBE, L. BAZIN, EUGÈNE BEAUDOIN, LOUIS BOILEAU, DJO BOURGEOIS, VICTOR BOURGEOIS, URBAIN CASSAN, PIERRE CHAREAU, JACQUES DEBAT-PONSAN, JEAN DEMARET, ADOLPHE DERVAUX, JEAN DESBOUS, ANDRÉ DUBREUIL, W. M. DUOK, FÉLIX DUMAIL, LOUIS FAURE-DUJARRIC, RAYMOND FISCHER TONY GARNIER, JEAN GINSBERG, HECTOR GUIMARD, MARCEL HENNEQUET, ROGER HUMMEL, FRANCIS JOURDAIN, ALBERT LAPRADE, FRANÇOIS LE COEUR, MARCEL LODS, BERTHOLD LUBETKIN, ANDRÉ LURCAT, ROB. MALLET-STEVENS, LOUIS MADELINE, J. C. MOREUX, HENRI PACON, PIERRE PATOUT, AUGUSTE PERRET, G. H. PINGUSSON, HENRI PROST, MICHEL ROUX-SPITZ, HENRI SELLIER, CHARLES SICLIS, PAUL SIRVIN, MARCEL TEMPORAL, JOSEPH VAGO, ANDRÉ VENTRE ANDRÉ BLOC, DIRECTEUR PIERRE VAGO RÉDACTEUR EN CHEF RÉDACTION: ARCHITECTURE: PIERRE VAGO, MARCEL ROUX — URBANISME: HENRI STOROGUE DÉCORATION: RENÉ DROUIN — TECHNIQUE: E. MENKÉS, RÉDACTEUR DE «CHANTIERS» CORRESPONDANTS: ALLEMAGNE: JULIUS POSENER — ANGLETERRE: W. W. WOOD — AUTRICHE: EGON RISS — BELGIQUE: EMMANUEL HENVAUX — BULGARIE: LUBAIN TONEFF — ESPAGNE: GUITIERRE SOTO — ÉTATS-UNIS: ANDRÉ J. ROBIN — GRÈCE: GEORGES KALYVAS — HONGRIE: GEORGES MASIREVICH — ITALIE: P. M. BARDI — POLOGNE: SZYMON SYRKUS — EXTRÊME-ORIENT: HARRY LITVAK — PORTUGAL: PARDAL MONTEIRO — ROUMANIE: S. BARAS — SUÈDE: VIKING GOERANSSON — U. R. S. S.: NICOLAS ILYINE — YOUGOSLAVIE: L. ILITCH ET S. PLANITCH Mme M. E. CAHEN, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL --- MARS 1933 LES ÉCOLES A L'ÉTRANGER Page --- École --- LES ÉCOLES EN ALLEMAGNE --- LES ÉCOLES EN ANGLETERRE --- LES ÉCOLES EN AUTRICHE --- LES ÉCOLES EN BELGIQUE --- LES ÉCOLES EN BULGARIE --- LES ÉCOLES AUX ÉTATS-UNIS --- LES ÉCOLES EN GRÈCE --- LES ÉCOLES EN HONGRIE --- LES ÉCOLES AUX PAYS-BAS --- LES ÉCOLES EN POLOGNE --- LES ÉCOLES AU PORTUGAL --- LES ÉCOLES EN SUÈDE --- LES ÉCOLES EN YOUGOSLAVIE --- ARGUS — INFORMATIONS — MONOGRAPHIES --- LA DEUXIÈME EXPOSITION DE «L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI» SERA CONSACRÉE À L'ARCHITECTURE DES PAYS SUIVANTS: AUTRICHE, BELGIQUE, ESPAGNE, HONGRIE, ITALIE, POLOGNE, TCHÉCOSLOVAQUIE, YOUGOSLAVIE. CETTE EXPOSITION AURA LIEU GALERIE VIGNON, 17, RUE VIGNON, PARIS, DU 1er AU 13 AVRIL. CONDITIONS D'ABONNEMENT: FRANCE 120 FR. — ÉTRANGER: 150 FR. — LE NUMÉRO, FRANCE: 18 FR. — ÉTRANGER: 25 FR. ABONNEMENT A «CHANTIERS»: FRANCE: 35 FR. — ÉTRANGER: 50 FR. — LE NUMÉRO, FRANCE: 4 FR. — ÉTRANGER: 6 FR. ABONNEMENTS CUMULÉS A «L'ARCH. D'AUJOURD'HUI» ET A «CHANTIERS»: FRANCE: 135 FR. — ÉTRANGER: 225 FR. 5, RUE BARTHOLDI, BOULOGNE (SEINE) — TÉLÉPHONE: MOLITOR 22-76 DÉPOSITAIRES GÉNÉRAUX DE «L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI» A L'ÉTRANGER: BELGIQUE: LIBRAIRIE DIETRICH, 10, PLACE DU MUSÉE A BRUXELLES. — HONGRIE: BUDAI ALADAR ES TARSA, AGG. TELEKI UTCA, 17, BUDAPEST 8. — ROUMANIE: LIBRAIRIE «HASEFER», RUE E. CADARA, BUCAREST. — ESPAGNE: ÉDITIONS INCHAUSTI, ALCALA 63, MADRID — ARGENTINE: ACME AGENCY, CASILLA CORREO 1136, BUENOS-AYRES
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ÉCOLES ALLEMANDES Nous avons déjà parlé, dans notre premier numéro (Novembre 1930), de la réforme scolaire en Allemagne. Voilà, en forme d'esquisse, en quoi consistent ses résultats: l'ancienne école populaire et l'ancien lycée à neuf classes avec 4 classes élémentaires et examen définitif (l'Abiturium, qui se fait dans les écoles, pas dans les universités), a été gardé, malgré les attaques vigoureuses des «réformateurs décisifs» (Entschiedene Schulreformer). L'Etat, cependant, a su un peu moderniser son enseignement: le système, la structure, sont restés intacts; ce qui a changé, c'est la méthode pédagogique. Tout d'abord: dans l'école supérieure en Allemagne, on est libre de choisir son chemin vers l'examen, selon ses talents ou sa destination; il y a le collège «humaniste» avec grec et latin, le collège «réel», où les mathématiques et les langues modernes jouent le premier rôle, «l'école supérieure réale», qui donne la première importance à la physique et la chimie, «l'école supérieure allemande», dont le programme se groupe autour de l'histoire, de la littérature et des traditions du passé; il y a même, dans toutes ces écoles, des groupements facultatifs avec des examens respectifs. Deuxièmement: les disciplines pratiques, comme le sport, le dessin, le moulage, la zoologie, la botanique pratique, le jardinage, les cours ménagers (pour les fillettes) et toutes sortes de travaux manuels pour les garçons sont devenus des parties essentielles du programme de l'école moderne en Allemagne. Enfin, la méthode d'instruction elle-même a changé. Au lieu de prononcer un discours, suivi attentivement des élèves, le maître, aujourd'hui, joue le rôle de régisseur d'un groupe. «Instruction par collaboration» (Arbeitsunterricht) est devenu le grand mot d'ordre de la réforme scolaire officielle en Allemagne. Il faut ajouter à ce programme actif, le fait, que les administrations (1) tolèrent toutes sortes d'écoles spéciales, expérimentales. Après l'exemple révolutionnaire de Wyneken (voir ses écrits) on a inauguré déjà tout un groupe d'écoles indépendantes, «Landschulen» — écoles de campagne — consistant en des internats avec des programmes très libres. Actuellement, la plupart des écoles berlinoises cherchent à acheter une petite métairie, ou un peu de terrain avec un bâtiment quelconque pour avoir la possibilité d'envoyer toutes les classes pour quelques semaines à la campagne et leur procurer ainsi une récréation (parfois bien nécessaire) sans interrompre les cours. Je demande pardon à mes lecteurs pour avoir insisté si longtemps sur des programmes pédagogiques. C'est que ces programmes contiennent déjà toutes les possibilités pour l'architecte. On pourrait même dire, que c'est l'architecte, (qui est, surtout en Allemagne, pédagogue, réformateur pas seulement dans un sens abstrait, purement artistique, mais réel, vivant) qui a rendu effectif le programme de la réforme dans toutes ses conséquences. L'architecte de nos jours avec son enthousiasme pour la clarté, l'hygiène, le soleil, les sports, les jardins, et, en somme, pour tout ce qui est jeune, a, sans doute, beaucoup contribué à rendre populaire, les méthodes modernes. (1) Les administrations: l'école allemande n'est pas centralisée. Il n'y a pas d'école allemande, mais plutôt des écoles prussiennes, bataroises, saxonnnes, etc. Mais les programmes de toutes ces diverses administrations sont à peu près les mêmes. --- La structure est gardée: Aujourd'hui, comme en 1900, la plupart des écoles allemandes sont construites à trois ou quatre étages avec de larges couloirs, le long desquels se rangent les classes. La question, de ranger les classes aux deux côtés de ces couloirs, ou de laisser libre tout un côté en système «unilatéral» (einbündig) n'est pas définitivement tranchée: la plupart des écoles neuves de Hambourg (Arch. Fritz Schumacher) appliquent le vieux système «bilatéral», système, contre lequel je ne vois pas d'objections, si l'on laisse libre du moins quelques zones du couloir, pour faire pénétrer la lumière (2). Les «Richtlinien» (principes généraux pour la construction d'écoles, édités par les employés supérieurs des villes allemandes) donnent à peu près l'opinion de nos administrations scolaires. Ils demandent: Pour la grandeur des écoles: des écoles petites, à 10, 15 classes, distribuées dans les divers quartiers d'une ville, voilà le système idéal. Des raisons pédagogiques (?) et économiques défendent pourtant presque toujours leur application. Des écoles moyennes à environ 30 classes sont éprouvées dans la pratique. Des écoles «Mammouth», c'est-à-dire des groupements de plusieurs écoles autour d'une place de sport commune, avec jusqu'à quelques milliers d'élèves, peuvent être très économiques (à cause de la communauté de quelques services); mais, en général elles sont refusées par les pédagogues. La construction au rez-dechaussée est préférable à la construction en étages pour des raisons d'hygiène (3). Pour le terrain: une large cour pour la récréation, 3-4 m par élève. Outre cette cour, il faut pour chaque école (ou pour deux ensemble) un terrain de sports calculé d'après les règlements pour les principaux jeux sportifs et assez de terrain pour cultiver un jardin d'école, qui peut être divisé pour les diverses classes et servir en même temps de classe en plein air (places abritées pour l'instruction). La classe: Pour une classe de trente à quarante (2) Martin Elsaesser, par contre, l'architecte de la ville de Francfort, se prononce décidément contre une telle disposition. Avec un peu d'habileté, dit-il, on arrive facilement à construire des écoles «unilatérales» pour à peu près le même prix que celles avec couloir entre deux rangées de classes. Dans ce dernier type «on ne peut pas éviter l'impression «caserne», même en se donnant la peine d'inventer des détails aimables. Du reste, dans ces écoles, le dérangement des classes par le bruit des autres est beaucoup plus sensible ». (3) Elsaesser ne se trouve pas prêt à faire des compromis. «Quant à nous», dit-il, «l'école habituelle de 16 à 20 classes (pas trente, comme disent les «Richtlinien») dans un seul bâtiment, nous semble déjà trop grande. Même si l'on cherche à rendre chaque détail aussi aimable que possible, et qu'on essaie d'adapter l'architecture à la mesure de l'enfant (ce dernier point nous semble essentiel pour toute architecture scolaire), on obtient des corps de bâtiment si massus, on introduit dans l'instruction un tel schématisation, que nous croyons une telle disposition désavantageuse pour l'éducation, spécialement, quand on partage le point de vue moderne dans les questions pédagogiques». Réformateur catégorique, il demande pour l'école le système en pavillon, que nous allons expliquer.
élèves — ce qui nous semble encore beaucoup trop — il faut une salle d'au moins 6 × 9 m. Il est utile de prévoir la façade avec des fenêtres régulières et continues, qui peuvent être distribuées librement pour les classes et les autres pièces. Outre les classes normales, il faut prévoir des classes spéciales pour les travaux manuels, la couture, le dessin, la physique, la chimie, le chant. Il n'est pas utile de prévoir la même classe standard pour ces diverses destinations. A l'exception de quelques classes spéciales, les classes ne doivent pas être orientées vers le nord. Nous ne voyons pas, cependant, d'objections contre une orientation, qui diverge un peu du plein nord, et qui garantit la lumière solaire au moins pendant quelques heures (1). Escaliers, couloirs, garde-robes. Hauteur des marches: pas plus de 16 cm. Largeur des couloirs dans le système bilatéral: 3 m., dans le système unilatéral: 2 m. 50 (sans compter la largeur des armoires ou des garde-robes). Les vêtements doivent être logés dans des placards, accessibles des couloirs. Toilettes: pour trois classes de garçons, 2 W.-C., pour trois classes de fillettes, 4 W.-C. Revêtement du plancher: lino, bois dur, dalles de pierre aux surfaces pas trop lisses. Salles de gymnastique: Pour une école jusqu'à trente classes deux grandes salles (13 × 22 m.) avec services, ou une grande et une petite salle, sans accessoires pour la gymnastique rythmique. Installation: chauffage central à l'eau, ou chauffage au gaz. Aération naturelle, par fenêtres. Les fenêtres sont à construire de sorte que la partie inférieure soit fixe (afin de ne pas gêner le passage). La question de la fenêtre (nous en aurons encore à traiter) est, pour les bâtiments scolaires une des principales. Les classes sont munies de doubles fenêtres. L'eau: Si possible, de l'eau courante dans chaque pièce destinée à l'instruction. Lumière électrique. Voilà, en résumé, les directives. Les écoles qui s'inspirent le plus étroitement de cet esprit des « Richtlinien », sont celles de Hambourg (Arch. Fritz Schumacher, architecte de la ville de Hambourg). Ici le plan, la disposition, la structure sont traditionnelles mais l'esprit est moderne, tout de même. Cela s'exprime par la présence de classes spéciales, laboratoires de chimie, bibliothèques, salles de douches, etc. Cela s'exprime encore plus dans la beauté de chaque détail, dans la valeur esthétique de toute la composition, la largeur des fenêtres, la clarté des proportions. Dans les écoles de Hambourg, l'architecte moderne développe toutes ses qualités de pédagogue: créer une belle ambiance, une belle maison pour l'instruction, c'est influencer profondément et former les jeunesse. Avant de quitter ces réalisations de la réforme officielle, passons encore en revue quelques-unes des pièces spéciales, qui sont significatives pour l'école moderne. La plus grande d'entre elles, c'est la salle de gymnastique avec ses divers services: une large salle de 11-13 × 20-23 m. avec sortie directe vers une cour de sport, séparée de la cour de récréation; une autre sortie vers les salles de déshabillage, qui sont, à leur tour, en relation avec quelques salles de douches et des lavabos. Ces vestiaires et salles de douches doivent se trouver entre l'école et la salle de gymnastique, afin d'empêcher les élèves d'entrer dans la salle de gymnastique en chaussures ordinaires. Dominant la salle, une chambre pour le maître est à prévoir avec en même temps une petite infirmerie pour (1) Elsaesser propose une orientation vers le sud, ce qui ne nous semble pas très agréable, surtout en juillet, entre 10 et 2 heures. Nous croyons que l'orientation idéale est celle vers l'est ou le sud-est. les accidents et pour l'examen des élèves par le médecin (une fois chaque semestre). Une galerie, pour des fêtes sportives, occupe un grand côté de la salle. Elle doit être munie d'une sortie indépendante. Au-dessous de cette galerie, ou dans un appendice largement ouvert vers la salle, les outils mobiles sont logés; les outils fixes peuvent disparaître dans le plancher ou être repliés contre le mur: on cherche à laisser libre toute la surface de la « Turnhalle » (salle de gymnastique) pour les jeux. Un autre groupement, à peu près aussi complexe que celui de la salle de gymnastique, est celui de la cuisine scolaire, dont la ville de Francfort a réalisé quelques beaux exemples. La cuisine scolaire est combinée, dans certains cas, avec une salle de restaurant, où les enfants des pauvres reçoivent de la nourriture gratuitement ou à des prix très bas. La plupart des écoles modernes contiennent encore une bibliothèque publique. L'école devient, de plus en plus, le centre spirituel de son quartier: en même temps qu'école, elle est stade, bibliothèque, salle de réunions et de concerts. Son influence, non seulement sur les enfants de son quartier, croît de jour en jour. Les réformateurs radicaux se sont éloignés de ce schéma traditionnel en prenant deux chemins contraires: l'un tend vers la centralisation, l'autre vers la décentralisation. Les avantages de la centralisation sont surtout de nature financière: pour six écoles il faut seulement un stade, une piscine, une grande salle de réunion. On peut donc munir une telle cité scolaire d'un grand confort à un prix relativement modéré. Pour réaliser une telle « école Mammoth », on n'a qu'à prendre l'école traditionnelle, développer un certain type standard et le répéter cinq ou six fois, au besoin des services communs: salles de gymnastique, demeures de service, chauffage central, etc. C'est ce que Mebes et Emmerich ont fait dans leur grand projet pour une agglomération d'écoles dans le Wedding, quartier ouvrier au nord de Berlin. Voilà le système d'addition dans sa forme classique. Nous trouvons un tout autre système pour une école « Mammoth », système où 65 classes, bibliothèques, salles de gymnastique, ateliers, forment un seul organisme, dans le projet que Bruno Taut a fait pour Karsen, un des leaders du mouvement de la « réforme décisive ». « Comme dans une salle d'usine bien organisée, dit Karsen, « chaque ouvrier trouve prêt à sa place ses outils et ses matériaux, ainsi doit fonctionner l'organisation dans l'école du travail coopératif. C'est pourquoi nous n'avons que des classes spéciales, à la seule exception des classes élémentaires. Ces classes sont munies de tout ce qu'il leur faut selon leurs diverses destinations (classes de langues, classes d'histoire, classes de mathématiques). Les « Heimatclasses », c'est-à-dire classes, où les élèves sont admis pour tous les cours excepté le dessin, l'histoire naturelle, etc., classes qui « appartiennent » à un certain groupe d'élèves au lieu de servir à une discipline, n'existent plus dans notre école*. On peut si souvent observer, que la moitié des salles dans l'école traditionnelle, reste libre à cause de la duplicité des Heimatclasses et des classes spéciales ».
projection cinématographique et un écran. Elle doit garantir un groupement tout à fait libre des élèves, qui s'occupent, en travail coopératif, d'un problème géographique. Or, pour chaque groupement libre, il taut de la lumière sans ombre, qui ne s'obtient que par un éclairage d'en haut. Après beaucoup d'hésitations, Taut a choisi un éclairage par trois côtés du carré. Le quatrième, vers le couloir, a reçu une fenêtre en longueur, qui procure encore un peu de lumière de ce couloir, éclairé également par en haut. Enfin, elle doit rendre possible l'instruction en plein air. Bruno Taut dit sur ce problème, qui joue un rôle principal dans toutes les réalisations modernes, que l'instruction tout à fait en plein air est mauvaise 1° à cause de l'intensité trop grande de la lumière, qui éblouit l'élève, quand il veut lire ou écrire, 2° pour des raisons psychologiques: en plein air, on ne peut pas assez concentrer son attention sur le travail. Il a donc construit, entre la classe et le jardin, une galerie couverte, la classe s'ouvre largement sur ce couloir extérieur, par des porte-fenêtres en guillotine, qui occupent toute la partie basse du mur extérieur. Cette galerie «sert de supplément naturel de la classe, non pas, pour y donner l'instruction, mais seulement, pour travailler en plein air de temps en temps» (Taut). Ainsi, dans la classe expérimentale de la Dammwegschule, toutes les exigences, auxquelles la classe moderne doit satisfaire ont été étudiées et suivies jusque dans leurs dernières conséquences. C'est la méthode contraire à celle que nous avons vue chez Fritz Schumacher: Schumacher cherche à créer, par des moyens purement artistiques, cette atmosphère de concentration de joie, qui est indispensable pour toute bonne pédagogie. Taut munit sa classe de tout ce qui sert à faciliter le travail des élèves, il trouve des solutions pour chaque problème. Seulement, en regardant le résultat, on se demande: pourra-t-on vraiment, travailler dans une classe aussi perfectionnée? Faisons la critique, non pas de l'école Dammwegschule, mais, de l'école «Mammoth» en général. D'abord, les avantages économiques, dont nous avons parlé, sont balancés à peu près par un inconvénient: une certaine partie des élèves sera forcée, par cette centralisation de toutes les écoles d'un grand quartier, de prendre un moyen de locomotion pour y parvenir (1). Puis, notre goût pour l'intimité, pour la tranquillité, se révolte contre les écoles en masse, comme le projet Wedding, ou les écoles de l'Union Soviétique. C'est surtout ce qui a décidé des hommes, comme Elsaesser, à demander l'école de moins de vingt classes, l'école en système pavillon, intime, décentralisée, en liaison étroite avec le sol. Et voici les deux principes contraires de la réforme décidée: l'école rationalisée des communistes veut préparer le jeune homme pour la bataille de la vie. L'école intime, personnelle, l'école au programme libre des «réformateurs de la vie» veut former le jeune homme, non pas pour le préparer aux luttes de notre époque, mais, pour préparer par une éducation saine, équilibrée, naturelle, une époque à venir. Evidemment, cette dernière école n'obtient pas des résultats aussi tangibles. Mais son principe est beaucoup plus éducatif que celui de l'autre. Les pédagogues reprochent aux professeurs prolétariens, de n'être pas assez utopistes, de trop s'inspirer de l'esprit déjà suranné d'une «rationalisation», dont, pourtant, l'efficacité n'est pas examinée, mais admise (à la manière d'un dogme). (1) Je crois qu'il faut, dans un plan d'urbanisme moderne, ne pas centraliser les écoles, mais plutôt les distribuer de sorte que chaque élève ait un chemin de 1-1,5 km. maximum à faire. Mais ne nous écartons pas trop de notre sujet, qui est, après tout, l'architecture. Regardons plutôt quelques-unes des nouvelles petites écoles en Allemagne. Ecole de Niederursel, près de Francfort. L'école sans couloirs: Cette école à deux étages groupe toujours quatre classes (deux au rez-de-chaussée et deux au premier) autour d'un hall vraiment intime. Quatre de ces éléments, groupés en deux lignes parallèles (orientées à peu près nord-sud) font l'ensemble d'une école de seize classes. Au nord et au sud, deux ailes, de deux étages également, ferment la cour d'école, l'une contenant: administration, appartement du directeur, salle à manger, et, au premier, salle de fêtes et de musique; l'autre: ateliers, bibliothèques et les services de la salle de gymnastique. Celle-ci forme un petit corps de bâtiment à part en relation avec un terrain de sport, situé hors de la cour, de façon que le bruit ne gène pas les classes. Les classes sont orientées vers l'extérieur. Vers la cour, elles n'ont que des petites fenêtres supplémentaires; ainsi, les classes sont éclairées au besoin, des deux côtés, ce qui permet un groupement libre des meubles très légers en bois courbé. Une galerie couverte entoure toute la cour (qui est grande de $30 \times 60$ m. environ) et fait la liaison des divers éléments. Cette école présente encore un avantage économique, comparée aux écoles en étages: on peut construire un élément, deux éléments, puis la salle de gymnastique, puis encore un élément: on peut toujours arrêter la construction, et on aura, tout de même, toujours une école (ce qui n'est pas possible dans une école à étages). La crise économique même a ainsi contribué à la réalisation des écoles en rez-de-chaussée ou à deux étages. De l'école de Niederursel, par exemple, on n'a construit que deux éléments à quatre classes (1). Ecole «Hindenburgschule». Spécimen classique de l'école en pavilions. «L'idée principale de ce système, dit Elsaesser, c'est que le grand corps de bâtiment de l'école du passé est décomposé et divisé en unités organiques». Une telle unité organique, il la fixe en pavillon à quatre classes avec vestiaire, chambre du matériel pour l'instruction, peut-être même lavabos et toilettes. Ainsi, l'ensemble de l'école se constitue de quatre ou cinq petites unités. «La salle de gymnastique avec ses vestiaires et douches fait un autre pavillon, tandis que l'administration, les chambres des professeurs, les salles de conférence, la salle de musique et les classes spéciales sont concentrées dans un corps de bâtiment principal, un peu plus grand, autour duquel se rangent les pavillons, un groupement libre, selon la structure et l'orientation du terrain. La liaison entre les divers pavillons se fait par galeries, ouvertes ou fermées, selon les moyens de l'école». (1) La même raison a, entre autres, amené le Ober Baurat Helmcke à une construction en rez-de-chaussée pour son école de Siemensstadt (Berlin). Cette école est remarquable aussi, parce que Helmke a su trouver avec elle une solution spécialement sympathique de l'école «bilatérale»: Entre deux blocs à deux classes, il a toujours laissé une petite cour-jardin, de la surface d'environ une classe et demie, où les élèves peuvent sortir par les grandes porte-fenêtres du couloir. Rien de plus agréable que ce couloir éclairé alternativement des deux côtés. Rien de plus intime que ces classes avec leurs petits jardins et leurs vis-à-vis de grandes fenêtres. Seulement: quand une classe veut travailler dans le petit jardin, elle doit gêner l'autre. Il semble que cette disposition aussi, se laisse encore développer. (La photo de maquette montre l'ensemble de l'école, quand elle sera terminée: les ailes de classes en rez-de-chaussée formeront avec un bâtiment central de trois étages une vaste cour d'école, au milieu d'un grand lotissement très moderne).
Les avantages d'un tel système sont évidents. Il ne faut pas les énumérer. Seulement, il faut se rendre compte que, chaque fois qu'on s'éloigne du schéma commode de l'ancienne école, on rencontre de nouveaux problèmes, surtout: 1° Comment réduire à une mesure raisonnable les longs parcours dans une école ainsi décomposée? 2° Comment grouper toutes les classes, ordinaires et spéciales, de sorte qu'elles ne se gênent pas les unes les autres, quand elles ont une leçon en plein air? Dans les petites écoles, pour lesquelles seulement on applique le système de décomposition, ces dangers sont relativement faibles. Ils existent tout de même, et l'on n'a qu'à étudier les plans de Francfort, pour s'en rendre compte. Nous croyons cependant, que ce système de décomposition, principe sans doute à approuver, peut encore considérablement changer de forme: qu'un résultat nouveau sera obtenu peut-être, quand on aura trouvé un plan en système pavillon à deux étages, avec disons, au rez-de-chaussée quatre classes ordinaires, couloir et quatre classes spéciales, et, au premier, quatre classes ordinaires, orientées contrairement aux classes du rez-de-chaussée et donnant sur des jardins-terrasses. Deux de ces pavillons, groupés aux côtés d'un bâtiment central (entrée, gymnastique, directeur) font déjà une école de seize classes avec huit classes spéciales. Je crois, en un mot, qu'il sera question de la coupe du pavillon, plutôt que du plan d'ensemble dont la solution pourra amener un système, qui, à cause de sa plus grande concentration, évitera les dangers du système pavillon d'aujourd'hui (tout en gardant ses énormes avantages) (1). Avant de terminer cette étude déjà un peu longue, qu'on me permette encore de dire deux mots sur quelques écoles tout à fait particulières, qu'on vient de réaliser. (1) La question des longs parcours a amené l'architecte de la ville de Dresde, Paul Wolf, à chercher une solution, qui permette l'instruction en plein air dans l'école à étages. Chaque étage, dans son école de Dresden-Reick, a reçu deux loggias, et je crois bien que l'architecte, par cette disposition, a pourvu aux besoins même d'une grande école. La première, l'école au bois de Paul Wolf, je veux l'appeler l'école-sanatorium. C'est la plus charmante école allemande. Elle est destinée à un séjour relativement court de seulement deux classes. En pleine nature, les élèves mènent, pour quelques mois, une vie idéale, tout en restant sous la discipline écologique. La deuxième, c'est l'école-hôtel, l'école socialiste de Bernau. (Arch. Hannes Meyer, chef du Bauhaus Dessau en 1929). Elle sert d'université de législation et de sociologie socialiste pour des jeunes ouvriers, qui veulent devenir des fonctionnaires du parti. Elle contient 72 chambres à coucher et seulement trois classes, quelques salles de bibliothèque, de musique, de sport, des salles à manger et appartements pour les professeurs. A part sa destination très spéciale, sa situation merveilleuse au milieu des forêts de la Mark, au nord de la capitale, l'hygiène et le souci pratique de beaucoup de ses détails (par exemple chauffage au mazout), elle mérite notre attention comme la réalisation la plus puissante en Allemagne de l'esthétique constructiviste, dont Hannes Meyer est, actuellement, un des principaux propagandistes. La position oblique des bâtiments des chambres à coucher contre le grand couloir en fer peint, verre et bois, l'application des verres opaques et des prismes comme cloisons de séparation, des briques jaunes, des ossatures en ciment armé et en acier visibles; l'escalier expressif, montant vers les classes, qui (par des raisons inconcevables), se trouvent au-dessus de la salle de sports: Tous ces éléments fantastiques d'un esthéticisme brillant méritent notre plus grande admiration. Du point de vue pratique, la solution générale n'est pas de la dernière élégance (presque tous les détails, par contre, le sont). Terminons par un des meilleurs bâtiments de l'Allemagne, l'école de métiers «Haus der Jugend» (maison de la jeunesse) à Altona. (Arch. Sénateur Dr. Oelsner, Altona). Voici l'école-usine. Elle est construite pour les apprentis des métiers, et les classes de théorie, salles de gymnastique et de conférences, etc., sont largement complétées par des ateliers pour toutes sortes de métiers. En regardant, déjà extérieurement, cette école, on se dit: Ici, vraiment, on apprend en travaillant. Julius POSENER. Bibliographie: Pour s'instruire un peu plus en détail sur cette matière très intéressante, je recommande: Zeitgemeasse und zweckmaessige Bauformen und Bauarten im Schulbau unter Berücksichtigung der gegenwartigen wirtschaftlichen Lage, par Martin Elsaesser, Baudirektor, Francfort-sur-le-Mein, Staedtisches Hochbauamt. Frankfurter Schulbauten 1929, édité par Englert et Schlosser, Francfort-sur-le-Main. Der Baumeister, Nr 12 1930, éd. Callwey, Munich. (Ce cahier surtout donne beaucoup de bons détails constructifs et même économiques). Die Bauwelt, Nr 46, 1928 (l'école Dammwegschule de Taut). Die neue Volksschule in Celle, éd. Englert et Schlosser. Der neue Schulban. Ed. Julius Hoffmann. Stuttgart. Les œuvres de Paul Wolf, architecte de la ville de Dresde. Le N° 6 1932 des Wasmuths Monathefte. Le N° 1 1932 du Zentral-blatt der Bauverwalting.
TENDANCES ACTUELLES DANS LA CONSTRUCTION DES ÉCOLES PAR LE PROF. MARTIN ELSAESSER, ARCHITECTE, FRANCFORT-SUR-MAIN Notre époque est si riche en propositions nouvelles concernant la réforme de l'école, en essais de modification des principes de l'enseignement et également en travaux ayant pour objet d'apporter à la construction des écoles des idées plus proches de leurs nouveaux buts pédagogiques qu'il est tout naturel de réserver une des séances de travail du congrès qui a été organisé pour traiter de toutes les idées et propositions qui ont été émises jusqu'à aujourd'hui concernant cette question. Si dans ces dernières années, les projets de réforme ont pu se développer de façons infiniment variées et sans aucune entrave, il n'en est plus de même aujourd'hui et la situation économique actuelle nous contraint à passer au crible l'énorme variété des idées émises et qui sont susceptibles d'être développées afin de ne choisir que celles qui apparaissent réalisables dans cette période de crise. De tous les efforts dépensés dans le but de réformer l'école, on peut retirer aujourd'hui un résultat positif: c'est la suppression dans tout programme d'enseignement de principes figés, morts, absents de vie, rigides, et au contraire l'accentuation du développement individuel et humain de l'enfant qui évite le simple remplissage dans son cerveau de connaissances et de matières constituant le programme des études. Nous vivons au siècle de l'enfant et nous avons reconnu que les écoles devaient être avant tout construites pour l'enfant dans le but de développer son état physique et psychique. Il ne faut plus faire intervenir avant toute chose les buts de l'instruction dans les principes régissant la construction des écoles mais au contraire, avec beaucoup d'objectivité et d'opportunité faire de l'école un véritable lieu de formation de l'homme. Il faut ajouter à cela que l'école, en particulier dans les grandes villes, n'est plus aujourd'hui uniquement un établissement d'enseignement dans lequel les enfants reçoivent une instruction pendant quelques heures de la journée, mais que de plus en plus elle a à entreprendre d'autres tâches que la famille autrefois était seule à remplir; elle doit éveiller et satisfaire le sentiment patriotique, rôle que la maison paternelle dans les conditions sociales et économiques actuelles ne peut plus remplir. Pour tenir compte de ces différents facteurs, il faudra donc renoncer dans la construction des écoles modernes, à élever des bâtiments monumentaux qui jouaient jusqu'ici un rôle important dans l'aspect monumental des villes pour s'attacher à développer la création de bâtiments dont les caractéristiques dépendent uniquement de l'organisation interne et des besoins de l'école, c'est-à-dire en réalité de l'enfant et de l'enseignement. La construction des écoles devra constituer un chapitre des plans d'aménagement des grandes villes, elles devront être situées dans des lieux éloignés de la grande circulation, du bruit du tramway et des autos. Dans tous les cas où la chose sera possible, l'école devra être située dans la verdure ou tout au moins dans le voisinage d'un jardin, les bâtiments étant disposés dans des conditions telles que toutes les salles bénéficient d'un éclairage favorable. Pendant les 25 années au cours desquelles j'ai eu à m'occuper de la construction des écoles, toutes les orientations ont eu successivement la préférence. Il y a 25 ans, on préférait l'exposition au nord afin que l'enseignement ne soit pas troublé par le soleil, aujourd'hui nous sommes tous d'accord pour estimer que l'on doit absolument éviter une disposition évitant l'accès direct des rayons solaires. Toutefois les techniciens ne sont pas encore entièrement d'accord sur le point de savoir quelle est l'orientation, au sud, à l'ouest ou à l'est la plus favorable. Personnellement, tout en me tenant écarté de tout dogmatisme doctrinaire, je crois que ces orientations permettent d'obtenir l'une ou l'autre des classes saines. Evidemment, nous recherchons aujourd'hui à bénéficier le plus souvent de l'exposition au sud, mais ceci à condition que pendant les périodes de grande chaleur, on puisse éviter l'éclairage direct des classes pour utiliser au contraire en hiver, la totalité des rayons solaires si précieux. Je vous montrerai plus loin comment on peut arriver à un tel résultat. Dans la classe même, nous nous efforçons de substituer aujourd'hui aux bancs et à l'estrade du maître, des sièges et des tables détachées et pour le maître un emplacement qui ne crée pas entre ce dernier et ses élèves une barrière infranchissable, une sorte d'opposition. Nous voulons au contraire que ce maître puisse être considéré comme un conducteur, un camarade élu au milieu de ceux qu'il dirige. Il faut exiger dans les classes, non seulement un éclairage favorable mais en même temps un ensoleillement suffisant pouvant d'ailleurs être supprimé, de l'air frais, la possibilité de faire de l'enseignement en plein air ou moitié en plein air et prévoir dans la classe un enseignement par tableaux, par images, permettant chez l'enfant le développement de l'imagination et de la mémoire.
Il est difficile d'établir un programme général de construction car l'en- seignement spécial joue aujourd'hui un rôle beaucoup plus considérable qu'autrefois. On ne peut songer à la solution idéale qui consisterait à avoir une salle particulière pour chaque genre d'enseignement. Cette exigence est inacceptable avec la situation financière actuelle et nous devons réduire considérablement nos prétentions. Toutefois l'emploi de sièges mobiles permet par exemple de faciliter beaucoup l'enseignement du dessin, ainsi que celui du travail manuel, et éventuellement celui du chant en utilisant une classe normale unique. Pour l'enseignement de la biologie, de la physique et de la chimie, une classe unique suffira également car toutes ces branches des sciences natu- relles sont voisines et exigent de la même façon une liaison de l'enseigne- ment théorique et des exercices pratiques. De même pour l'enseignement manuel, une seule salle de classe peut suffire et par des mesures appropriées elle peut être transformée tour à tour en atelier de menuiserie, de reliure, cartonnage et collage. La salle de douches et de bain s'impose de plus en plus dans une école moderne et constitue même une partie importante de l'installation en liai- son étroite avec la salle de culture physique afin que les vestiaires puissent être communs pour les deux salles. C'est une mesure excellente que d'obliger chaque élève à prendre une douche à la fin des exercices de gymnastique. Une école digne de ce nom doit posséder aujourd'hui sa salle des fêtes particulière. Les résultats obtenus par l'emploi de la salle de gymnastique comme salle des fêtes sont très douteux, néanmoins en période actuelle une des premières économies à réaliser est la suppression de la salle des fêtes lorsque celle-ci peut être remplacée plus ou moins convenablement d'ail- leurs par la salle de gymnastique. A côté de la construction des bâtiments, il ne faut pas perdre de vue que les installations secondaires: cour de récréation, terrain de sport, iardin d'école prennent une place de plus en plus importante. La cour de récréa- tion doit être ensoleillée, avec des coins ombragés et elle doit offrir aux enfants une possibilité de mouvement suffisante pendant les récréations. Elle doit donc avoir une dimension suffisante pour les jeux et l'enseignement de la gymnastique, mais elle doit également être disposée pour que la surveillance en soit aisée du cabinet du maître ou du proviseur. Le choix de l'emplacement des lavabos et des W.-C. a reçu jusqu'à ce jour des solutions très diverses suivant les écoles. Ordinairement, après chaque cours, il est accordé aux élèves quelques minutes de battement, il faut donc que ces installations soit dans le voisinage des escaliers ou couloirs desservant les salles de classe en même temps qu'elles soient voisines de la cour de récréation. De même dans les écoles mixtes on s'efforcera de séparer les installations à l'usage des filles de celles réservées aux garçons. Ces quelques lignes doi- nent rapidement le schéma général d'une installation d'école. Au cours de ces dernières années, des tendances très diverses se sont fait jour dans l'organisation générale et la répartition des services dans les ba- timents réservés à l'enseignement. Nous dirons tout d'abord quelques mots de ces tendances. A Berlin. Carsen et avec lui Bruno Taut ont propagé l'idée de l'école contenue dans un bâtiment unique, permettant l'accumulation en un seul endroit des différents systèmes d'enseignement et entraînant par conséquent la possibilité d'organiser un enseignement très varié. Cette idée est séduisante et au point de vue économique, elle présente beaucoup d'avantages puisqu'il devient possible d'utiliser certaines salles spéciales: salle de gymnastique, salle des fêtes et autres en commun avec un certain nombre d'écoles et de réduire ainsi les frais d'exploitation supportés par cha cune d'entre elles. Mais Carsen voit également un autre avantage dans ce système, c'est qu'une telle école centralisée donne une mobilité aux programmes d'ensei- gnement qui rend possible de donner aux élèves une préparation immédia- tement appropriée à un grand nombre de professions. Il m'est difficile d'apprécier si réellement une telle variété d'enseignement est réalisable dans le cadre de l'organisation d'une école unique. Il me semble de plus qu'une spécialisation par tron poussée ne présente pas tous les avantages que l'on pourrait espérer et j'estime qu'une formation générale, identique pour les grandes écoles est peut être plus précieuse par ses résultats définitifs. D'ailleurs cette union de plusieurs systèmes d'enseignement me semble extrêmement problématique. Si on se place au point de vue de l'enfant, cette accumulation par tron importante de classe n'est également pas souhaitable. L'enfant est écrasé par la grandeur de l'établissement, et le passage de l'intimité de la famili- à cette école à apparence d'usine apparaît comme tron important et trop soudain. De même, le contrôle et la surveillance par les maîtres sont ren-
dus considérablement plus difficiles. Enfin, la centralisation entraîne des difficultés de circulation considérables, si l'on songe que 3.000 enfants doivent être à la sortie des cours, transportés dans un temps très court, soit en bicyclette, soit en tramway ou autobus, soit par chemin de fer souterrain de la demeure de leur parents à l'école ou inversement. D'ailleurs des écoles aussi groupées ne peuvent présenter d'intérêt que dans les grandes villes. Si donc Carsen parvient à exécuter son projet, ce sera sûrement un essai intéressant, suggestif et précieux mais qui nous permettra pour l'avenir de nous rendre compte définitivement si véritablement les avantages de cette conception sont suffisamment importants pour que cet essai soit répété dans plusieurs grandes villes. Les efforts que nous avons poursuivis à Francfort au cours de ces deux dernières années ont eu un tout autre but. A notre avis, l'école courante à 16 ou 20 classes réunies dans un corps de bâtiment unique est déjà trop grande. Même en s'efforçant de traiter les détails de l'exécution dans l'esprit le plus gai et en tenant compte également dans l'établissement des plans de l'échelle de grandeur de l'enfant, la réunion d'un nombre aussi important de classes entraîne la construction de bâtiments trop imposants vis-à-vis de l'enfant et il en résulte un mouvement pour l'enseignement et pour le rôle de l'école tel que nous le concevons aujourd'hui. M. May, conseiller municipal, et moi, avons eu simultanément l'idée de l'école municipale constituée d'un certain nombre de petits pavillons et qui dans certaines villes se trouve en particulier pour les écoles d'internat. C'est ainsi qu'à Mannheim existe déjà depuis plusieurs années une telle école comprenant plusieurs pavillons, toutefois cette école n'a pas été conçue avec l'envergure nécessaire, mais elle représente une expérience heureuse faite depuis déjà plusieurs années. L'idée qui constitue la base fondamentale de l'école à pavillons multiples est de décomposer le corps de bâtiment principal de l'école en un certain nombre de pavillons constituant des parties organiques de l'ensemble. Parmi ces diverses parties organiques, nous voyons un pavillon type renfermant quatre classes, ce pavillon devant d'ailleurs renfermer à côté des classes proprement dites, les couloirs desservant les classes, les vestiaires et autant que possible des toilettes et lavabos. Une école d'importance moyenne comprenant 16 à 20 classes sera donc constituée par 4 à 5 pavillons individuels. La salle de gymnastique, la ou les salles de bain et les vestiaires constitueront un autre pavillon séparé, tandis que les salles de l'administration, les cabinets particuliers des maîtres, du directeur, ainsi que la salle de réunion, la salle des fêtes et les classes spéciales seraient inclus dans un bâtiment principal plus important autour duquel tous les autres pavillons de l'école se grouperaient suivant un ordre et une disposition dépendant surtout de la forme du terrain. Pour assurer la liaison entre les bâtiments d'une telle école il y a lieu de prévoir des dispositifs qui suivent les moyens dont on dispose peuvent être comme cela a lieu dans les écoles Bornheimerhang et Praunheim des passages entièrement fermés ou au contraire, comme on peut le voir dans le premier bâtiment de l'école Niederurseler des couloirs ouverts du genre pergola, protégés simplement contre le vent et la pluie, c'est ce dispositif que nous avons prévu dans le projet de l'école Bonanes dont je vais vous présenter maintenant les caractéristiques principales. L'école, constituée par un certain nombre de pavillons, est destinée à être située dans le voisinage d'un groupe important de logements ouvriers, son emplacement a donc été choisi dans un faubourg, où le terrain relativement bon marché n'a pas nécessité la construction de bâtiments à plusieurs étages mais a permis au contraire de disposer d'un emplacement assez grand pour pouvoir multiplier le nombre des bâtiments. Cette école est située dans un parc et ceci permet d'envisager pour plus tard l'agrandissement de la partie du terrain réservée à l'école sans pour cela avoir à supporter des frais élevés d'acquisition de terrain. Les avantages de l'école à pavillons sont évidents, cette disposition permet de l'écarter des artères à grande circulation, et ses accès ne présentent donc pas pour les enfants le danger de ces artères. Les pavillons particuliers sont plus petits et par conséquent plus à l'échelle de l'enfant. Cette disposition permet d'éveiller et de développer plus facilement chez l'enfant le sentiment de son pays, de sa patrie, et l'enseignement moderne, avec sa grande diversité n'est véritablement possible que dans une telle école. Les classes dans les pavillons peuvent toutes être placées au niveau du sol et par suite mises directement en communication avec le jardin de l'école. A la place des fenêtres, on peut disposer de grandes baies vitrées que l'on peut laisser ouvertes au printemps, en été et en automne, de sorte que par temps favorable l'enseignement peut être donné presque complètement en plein air. Les bruits des salles de classe se dissipent dans l'espace qui entoure chaque pavillon, la schématisation, presque indispensable dans une grande

Ce numéro de la revue L'Architecture d'Aujourd'hui, datant de mars 1933, se concentre sur le thème des écoles à l'étranger, avec une analyse détaillée des réformes scolaires en Allemagne. Il explore les nouvelles méthodes pédagogiques, l'importance des disciplines pratiques et le rôle de l'architecte dans la conception d'environnements éducatifs modernes. L'ouvrage aborde également des exemples concrets d'écoles innovantes en Allemagne, telles que celles de Hambourg, et discute des principes de rationalisation et de décentralisation dans la construction scolaire.