Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'ARCHITECTE RECUEIL MENSUEL DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉ AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT COMITÉ DE DIRECTION : MM. A. ARFVIDSON, L. H. BOILEAU L. BONNIER, BOUWENS DE BOIJEN, A. DEFRASSE, AD DERVAUX R. EXPERT, TONY GARNIER, CH. LETROSNE, P. ATOUT AUG. PERRET, H. PROST, L. SOREL, A. VENTRE --- DÉCEMBRE 1932 PARIS LES ÉDITIONS ALBERT LÉVY 2. RUE DE L'ÉCHELLE

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SOMMAIRE du numéro de “L’Architecte” de Décembre 1932 --- L’aménagement de la Région Parisienne (Suite et fin) . . . GEO MINVIELLE. Groupe d’habitations à bon marché, quai du Point-du-Jour, avenue des Moulineaux et rue E.-Duclaux, à Boulogne- sur-Seine (1932)...

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L'AMÉNAGEMENT DE LA RÉGION PARISIENNE (Fin) Le projet doit comporter un plan directeur et un programme conformément aux dispositions de la loi de 1919-1924. Il sera soumis à une enquête dans toutes les communes de la région qu'il concerne et à l'avis des conseils municipaux, conseils départementaux d'hygiène, chambres de commerce, chambres d'agriculture, commissions départementales d'aménagement et d'extension et conseils généraux intéressés. Il doit être établi dans le délai d'un an à partir de la promulgation de la loi. Quant aux frais nécessaires, ils sont fixés à cinq millions de francs et devront être supportés par l'État. Pour faciliter la réalisation du projet, la loi autorise la Ville de Paris à faire partie de syndicats de communes, et le département de la Seine à faire partie de syndicats de départements. Elle déclare, en outre, que la Ville de Paris et le département de la Seine pourront être autorisés, par décret en conseil d'État, à contracter des emprunts en vue d'assurer l'exécution des travaux prévus au projet régional. La délimitation territoriale de la région parisienne a donné lieu, tant à la Chambre qu'au Sénat, à d'importantes controverses. Le projet déposé par le Gouvernement ne contenait qu'une délimitation provisoire tracée sur une carte annexée au projet. La Chambre préféra déterminer immédiatement la zone à aménager, tout au moins dans ses lignes générales. Le texte par elle voté portait : « Le projet régional qui fixera les limites de la région à aménager comprendra notamment : le département de la Seine, les communes de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne situées dans un rayon de 30 kilomètres environ autour de Paris, et les communes du département de l'Oise des cantons de Creil, Neuilly-en-Thelle, Pont-Sainte-Maxence et Senlis, dont la liste sera déterminée par le Conseil supérieur d'aménagement et d'organisation de la région parisienne ». La commission de l'administration générale, départementale et communale du Sénat, trouva que la formule « dans un rayon de trente kilomètres environ autour de Paris » manquait de netteté et elle lui substitua la formule suivante : « dans un rayon maximum de 35 kilomètres autour de Paris ». Elle supprima, d'autre part, le mot « notamment » dont le caractère énonciatif ne lui parut pas justifié. Lors de la discussion au Sénat, on critiqua le caractère arbitraire de cette délimitation. Pourquoi pas, dit-on, Fontainebleau et Melun? Pourquoi pas Rouen et Le Havre? Plusieurs autres communes furent proposées. Après bien des discussions on ajouta à la liste des cantons de l'Oise celui de Nantueil-Le-Haudoin. Au surplus il fut décidé que la liste définitive des communes serait déterminée par un arrêté du Ministre de l'Intérieur après avis des conseils généraux et du comité supérieur. L'établissement du projet d'aménagement devant demander un certain temps avant d'être achevé, le législateur a édicté certaines mesures destinées à empêcher que des entraves ne soient apportées, pendant cette période, à la réalisation du projet. La loi décide donc que, pour les groupes d'habitations ou lotissements situés dans un rayon de 60 kilomètres autour de Paris, l'autorisation prévue par la loi de 1919-1924 sera désormais délivrée par le Ministre de l'Intérieur après avis du comité supérieur. Elle décide, de même, que dans les zones --- Footer Text: L'ARCHITECTE - DÉCEMBRE 1932

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réservées à l'habitation qui sont prévues dans les projets d'aménagement ou d'extension, établis en exécution de la loi de 1919-1924 dans le cadre du projet régional, aucun établissement nouveau, appartenant à la 1re ou 2e classe, ne peut être autorisé. Quant aux établissements de ces catégories déjà existants, pourront seuls être autorisés les modifications apportées dans les conditions de leur exploitation qui n'aggraveraient pas la gêne résultant de leur existence pour le voisinage. En outre, un décret rendu dans la forme des règlements d'administration publique doit déterminer ceux des établissements dangereux, insalubres ou incommodes qui, bien que rangés dans la troisième classe, seront assimilés aux établissements de deuxième classe et dont l'ouverture sera en conséquence interdite dans les zones réservées à l'habitation. Enfin, par dérogation aux articles 219 à 223 et 225 du code forestier, les bois, forêts et parcs de la région parisienne, qu'ils soient enclos ou non enclos, attenants ou non à des habitations et si leur étendue dépasse un hectare, ne pourront être défrichés que sur autorisation du Ministre de l'Intérieur après avis du comité supérieur et des préfets des départements intéressés. Les étendues inférieures à un hectare pourront être défrichées sur avis du conseil municipal, approuvé par le préfet. Telles sont les dispositions générales de la loi du 14 mai 1932. Il importe de souligner que cette loi est essentiellement une loi provisoire qui se borne à autoriser le Gouvernement à faire procéder à l'établissement d'un projet d'aménagement. Le projet ne deviendra définitif que par le vote d'une nouvelle loi qui déclarera sa réalisation d'utilité publique et déterminera également les voies et moyens nécessaires à son exécution. GEO MINVIELLE, Docteur en Droit, Avocat à la Cour d'Appel de Bordeaux, Professeur de législation à l'Ecole régionale d'architecture. Fig. 214. — Groupe d'habitations à bon marché, à Boulogne-sur-Seine (1932). — Architectes : Bassompierre, de Rutté et Sirvin. — Plan d'ensemble.

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GROUPE D'HABITATIONS A BON MARCHÉ, QUAI DU POINT-DU-JOUR, AVENUE DES MOULINEAUX ET RUE E.-DUCLAUX, A BOULOGNE-SUR-SEINE (1932). — ARCHITECTES : MM. BASSOMPIERRE, DE RUTTÉ ET SIRVIN. — PL. 67, FIG. 214 à 220. Surface des terrains. — L'ensemble des terrains acquis par l'Office du Département se compose : 1°) D'une partie de terrain occupée par l'ancienne usine de l'Union d'Electricité, entre le quai du Point-du-Jour et l'avenue des Moulineaux, d'une surface de 15.401 m²; 2°) De l'ancien terrain occupé par la S.T.C.R.P., limité par la rue Emile-Duclaux, d'une surface de 12.192 m². Surface totale, 27.593 m²; surface construite, 11.178 m²; espaces libres, 16.415 m². RAPPORT TECHNIQUE Le groupe d'habitations à bon marché est construit sur un grand terrain d'une superficie de 27.593 m² environ, situé à Boulogne-sur-Seine, avenue des Moulineaux 36 à 42 présumé, rue Emile-Duclaux et quai du Point-du-Jour 56 à 66. Le terrain, en forme de rectangle, est de niveau et orienté N.O.-S.E.; le maximum des bâtiments a donc pu être placé dans la meilleure orientation. L'ensemble des bâtiments se répartit en 4 groupes reliés par les bâtiments construits le long du mur mitoyen et rue Emile-Duclaux. Cette disposition permet, si nécessaire, de construire en 4 étapes et de scinder l'ensemble en 4 groupements qui peuvent être clos par des grilles, ayant chacun ses accès particuliers et ses concierges. Les entrées des escaliers sont toutes disposées sur les grandes cours spéciales à chaque lot. Au fond de ces cours, les passages couverts donnent accès au square central. La grande avenue du milieu, non accessible aux voitures, est réservée aux promenades et jeux. Fig. 215. — Groupe d'habitations à bon marché, à Boulogne-sur-Seine (1932). — Architectes : Bassompierre, de Rutté et Sirvin. — Plan d'un appartement. Fig. 216 — Groupe d'habitations à bon marché, à Boulogne-sur-Seine (1932). — Architectes : Bassompierre, de Rutté et Sirvin. — Entrée sur le quai. Cl Ilse Bing.

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Boutiques. — L'importance du groupe exige un grand nombre de boutiques qui trouvent leur situation naturelle sur l'avenue des Moulineaux et le quai du Point-du-Jour. Garages à voitures d'enfants et bicyclettes. — Dans les sous-sols des différents bâtiments sont installés de nombreux garages pour voitures d'enfants ou bicyclettes, avec pentes d'accès extérieures. DESCRIPTION DU LOGEMENT-TYPE Dans les chambres d'enfants, la disposition des lits placés bout-à-bout a été adoptée pour permettre une meilleure utilisation de la surface de la pièce restant libre. Cette disposition nécessite une profondeur de 4 m. 30 et pour obtenir la surface réglementaire de 9 m., il suffit d'une largeur de 2 m. 10. Cette largeur a été portée à 2 m. 45 et au minimum à 2 m. 30. Les salles communes, avec la cuisine en alcôve, ont les surfaces nécessaires pour permettre d'élever d'un sixième les maxima des locations prévues dans la loi du 13 juillet 1925, soit une surface d'au moins 10 m² pour les logements de 1 pièce, d'au moins 15 m² pour ceux de 3 pièces et d'au moins 18 m² pour ceux de 3 pièces et au-dessus. A la suite de la cuisine, une petite laverie où se trouvent rassemblés l'évier, le bac à laver et la douche, ajoute un confort appréciable aux logements et permettra de tenir propre la cuisine. Celle-ci est prévue au gaz, les appareils portés sur des paillasses en tôle métallisée d'un modèle spécial. Au-dessus, hotte vitrée avec évacuation des buées. Une gaine d'aération partant du sous-sol, facilement visitable et munie d'échelons en fer, assure l'évacuation des buées et donne aux w.-c., séparés de la laverie par une cloison basse, un complément de ventilation. La disposition et les dimensions des cuisines et des lavabos sont semblables dans tous les types des logements, ce qui a permis la standardisation des appareils (éviers, bacs à laver, douches) et du mobilier (hottes vitrées, armoires, barres à casseroles, séchoirs, etc.). Dans chaque laverie, un appareil chauffe-eau au gaz ou électrique par accumulation assure à chaque locataire une quantité d'eau chaude suffisante. Le chauffage central à eau chaude est assuré par deux chaufferies. Fig. 217. — Groupe d'habitations à bon marché, à Boulogne-sur-Seine (1932). — Architectes : Bassompierre, de Rutté et Sirvin. — Cour. Cl. Ilse Bing. Le bâtiment en bordure de la Seine est ouvert dans l'axe de la grande avenue du milieu. Le bâtiment sur l'avenue des Moulineaux est construit sur toute la façade pour abriter des vents du nord, l'entrée se faisant par trois larges voûtes, dont la centrale réservée aux piétons. Les différents bâtiments sont plus ou moins élevés pour permettre l'arrivée de l'air et du soleil et suivant l'étendue des espaces. La ville de Boulogne-sur-Seine ne disposant que de très peu de terrains encore non construits et son besoin de logements d'ouvriers d'usines étant très important, ce groupe comprend environ 1.000 logements, ce nombre étant un minimum en face des besoins de la Municipalité. Le niveau des logements à rez-de-chaussée a été fixé de manière à échapper aux plus fortes crues de la Seine. Fig. 218. — Groupe d'habitations à bon marché, à Boulogne sur-Seine (1932). — Architectes : Bassompierre, de Rutté et Sirvin. — Passage. Cl. Ilse Bing.

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NOTICE SUR LE MODE DE CONSTRUCTION ADOPTÉ Maçonnerie, béton armé. — Les bâtiments composant le groupe sont fondés soit sur rigoles descendues jusqu'au bon sol (côté avenue des Moulineaux) soit sur pieux Franki moulés dans le sol (côté quai du Point-du-Jour). Les murs dans la hauteur des caves sont en béton de cailloux et laitier. L'ossature est en béton armé; les planchers sont du système Brifer, système consistant en éléments préparés sur le sol par le scellement de chaque fer d'armature de section appropriée dans la file de briques correspondante; ces éléments mis en place sont recouverts d'une chape en mortier de super-Portland et sable de 0 m. 03 d'épaisseur. Ils s'appuient sur les murs de façade et sur le pan central composé de poutres longitudinales reposant sur des poteaux espacés à la demande, fondés soit sur massif en gros béton, soit sur un groupe de pieux. L'épaisseur du plancher brut est seulement de 0 m. 14 pour des portées de 4 m. 30 environ. Les murs de façade sont en 0 m. 35 d'épaisseur, en brique apparente de Faucherolles et remplissage brique --- Fig. 219. — Groupe d’habitations à bon marché, à Boulogne-sur-Seine (1932). — Architectes : Bassompierre, de Rutté et Sirvin. — Fond de cour. Cl. Ilse Bing de Paris, sauf dans la hauteur du rez-de-chaussée où sont prévus des revêtements en carreaux cassés. Les bâtiments sont couverts en terrasse, plancher comme ci-dessus avec étanchéité en ciment volcanique. Les escaliers sont en béton armé. Les gaines d’aération sont montées en brique ordinaire avec enduits en ciment intérieur, échelons scellés d’angle et trappes de visite au sous-sol et en terrasse. Les w.-c. et laveries sont pourvus de bouches de ventilation. Menuiserie et Serrurerie. — Toutes les menuiseries extérieures sont en chêne, et intérieures en chêne avec panneaux contreplaqué. Les salles à manger sont éclairées par des fenêtres de 2 m. 10 de largeur. Les cuisines et laveries sont éclairées par des châssis en fer de 1 m. sur 1 m. Ces châssis sont pivotants et peuvent s’ouvrir d’équerre ou à demi; ils sont maintenus dans ces positions par un système approprié. Les escaliers sont éclairés par des châssis en fer de toute hauteur avec, pour l’aération, une partie ouvrante à chaque palier intermédiaire. Toutes les ouvertures au rez-de-chaussée et les chambres dans les étages sont closes avec des fermetures verticales en lamelles de bois, système Perrier. Sols et revêtements. — Les marches des escaliers sont enduites en mortier de poudre de pierre dure et super-ciment, et verticalement en carreaux cassés de tonalités différentes, sur 1 m. 40 de hauteur. Les paliers sont en super-ciment, avec motif central en carreaux cassés cérame blanc. Les entrées, dégagements, débarras et pièces habitables --- Fig. 220. — Groupe d’habitations à bon marché, à Boulogne-sur-Seine (1932). — Architectes : Bassompierre, de Rutté et Sirvin — Bâtiments à l’intérieur du groupe. Cl. Ilse Bing