Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'ARCHITECTE RECUEIL MENSUEL DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉ AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT COMITÉ DE DIRECTION : - MM. A. ARFVIDSON, - L. H. BOILEAU, - L. BONNIER, - BOUWENS DE BOIJEN, - A. DEFRASSE, - AD. DERVAUX, - ROGER EXPERT, - TONY GARNIER, - J. GODEFROY, - CH. LETROSNE, - P. PATOUT, - CH. PLUMET, - H. SAUVAGE, - L. SOREL, - A. VENTRE RÉDACTEUR EN CHEF : MICHEL ROUX-SPITZ NOUVELLE SÉRIE 5e ANNÉE N° 8 AOÛT 1928 --- PARIS ÉDITIONS ALBERT LÉVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 2, Rue de l'Echelle

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Société Technique et Industrielle d'Entreprises SOCIÉTÉ ANONYME AU CAPITAL DE 3.000.000 FRS SIÈGE SOCIAL: 22, Rue Caumartin — PARIS --- Entreprise Générale de Travaux Publics et Particuliers Travaux de terrassement et de maçonnerie --- LE BÉTON ARMÉ DANS TOUTES SES APPLICATIONS - FIXITÉ ABSOLUE DES FONDATIONS NEUVES - CONSOLIDATION DES FONDATIONS ANCIENNES PAR LE PIEU COMPRIMÉ BREVETÉ S.G.D.G. en béton armé sous pression d'air, fonçage sans ébranlement du sol. --- SUPPRESSION RADICALE DES COFFRAGES PAR LA POSE IMMÉDIATE DU PLANCHER SIEGWART BREVETÉ S.G.D.G. USINE A GENNEVILLIERS (SEINE) --- NOUVEAU SYSTÈME pour TOITURES-TERRASSES - Couvertures - Revêtements - Chapes - Radiers - Cuvelage - Réservoirs VOILA MON AFFAIRE! LA CASTORITE ÉTABLISSEMENTS SEURAT & DESCHAMPS Maison fondée en 1845 DESCHAMPS & Cie, Succursales 10, Rue Vauvenargues, PARIS-XVIIIe Couvertures, Installations et Appareils Sanitaires Téléphones LAFAYETTE : GUT. 48.16 VAUVENARGUES : MARC. 61.24 61.25 61.26 AUTEUIL : AUT. 03.85 Succursales 56, RUE LAFAYETTE 68 bis, RUE D'AUTEUIL --- COMPAGNIE ROYALE ASTURIENNE DES MINES FONDÉE EN 1833 Adresse télégraphique: DIRASTUR - 109 PARIS DIRECTION COMMERCIALE : 1 RUE DU CIRQUE PARIS ZINCS PLOMBS AGENCES DE VENTE AMIENS --- 9, rue Caudron --- Téléphone: 7-00 --- DUNKERQUE --- 30, quai des Hollandais --- Téléphone: 2-49 --- HENDAYE --- (Basses-Pyrénées) --- Téléphone: 1-38 --- LILLE --- 19, rue d’Amiens --- Téléphone: 11-77 --- LYON --- 43, rue Raulin --- Tél.: Vaudrey 0-75 --- MARSEILLE --- 8-10, boul. Maritim --- Téléphone: 7-71 --- PARIS --- 50e, rue de Malte (11°) --- Tél.: Req. 31-16, 31-18 --- REIMS --- 23, chaussée du Port --- Téléphone: 72 --- ROUEN --- 70, quai Gaston-Boulet --- Téléphone: 3-14 --- TOURS --- 9, rue Grécourt --- Téléphone: 8-14 --- 210 DÉPOTS renseignements sur la réalisation artistique de tous motifs décoratifs en zine --- COMPAGNIE ROYALE ASTURIENNE DES MINES 14 AUBY Téléphone: ÉLYSÉES 51-37 et 51-38 Direction Commerciale : 1 RUE DU CIRQUE PARIS Adresse télégraphique: DIRASTUR - 109 PARIS ZINCS PLOMBS AGENCES DE VENTE AMIENS --- 9, rue Caudron --- Téléphone: 7-00 --- DUNKERQUE --- 30, quai des Hollandais --- Téléphone: 2-49 --- HENDAYE --- (Basses-Pyrénées) --- Téléphone: 1-38 --- LILLE --- 19, rue d’Amiens --- Téléphone: 11-77 --- LYON --- 43, rue Raulin --- Tél.: Vaudrey 0-75 --- MARSEILLE --- 8-10, boul. Maritim --- Téléphone: 7-71 --- PARIS --- 50e, rue de Malte (11°) --- Tél.: Req. 31-16, 31-18 --- REIMS --- 23, chaussée du Port --- Téléphone: 72 --- ROUEN --- 70, quai Gaston-Boulet --- Téléphone: 3-14 --- TOURS --- 9, rue Grécourt --- Téléphone: 8-14 --- 210 DÉPOTS renseignements sur la réalisation artistique de tous motifs décoratifs en zine

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SOMMAIRE du numéro de "L'Architecte" d'Août 1928 TEXTE LA FORME ARCHITECTURALE DÉCORATIVE ... Jean Porcher. PLANCHES Pl. 44 à 46. — Jardins ... J.-C.-N. Forestier. Pl. 47 à 49. — Garage de la Place Blanche, à Paris. ... G. Veissière. Correspondants.— Allemagne: M. Goetz, Eppendorferstieg, 39, Hambourg.— Autriche: Dr Ermers, Schegargasse, 47, Vienne. Tous les droits sur les articles et les reproductions sont réservés pour tous pays. Les articles parus dans "L'Architecte" deviennent la propriété de la revue. FRANCE ... Le numéro 12 fcs. — L'abonnement (12 numéros) ... 120 fcs ETRANGER ... 1°. Pays ayant adhéré à la convention de Stockholm (tarif postal abaissé) le numéro 14 fcs. ... 140 fcs ... L'abonnement (12 numéros) 2. Autres pays: Angleterre et ses Colonies et Dominions (Canada excepté), Danemark, Dantzig, Etats-Unis, Colonies hollandaises, Italie et Erythrée, Norvège, Palestine, Suede, Suisse: le numéro 15 fcs. L'abonnement (12 numéros) ... France 150 fcs. — Étranger. ... 165 fcs Portefeuille destiné à contenir une année ... 10 fcs. ... 13 fcs ÉDITIONS ALBERT LÉVY, 2, RUE DE L'ÉCHELLE, PARIS (1er). LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS Cheques postaux: Paris 6690 — R.C. Seine 64.696 — Adresse télégraphique: Edalvyde-Paris — Téléphone: Louvre 33-87. --- DÉNY FILS & Cie E.C.P. Successseurs de Ch. DENY 20, Rue de l'Arc-de-Triomphe, 20 PARIS R.C.:Seine, 68.101 FERRURES ARTISTIQUES en bronze ciselé de tous styles Sur demande Envoi franco du Catalogue SERRURES à PASSE-PARTOUT "DIAMANT" l'Auxiliaire indispensable DE TOUT CHEF DE MAISON --- FUMISTERIE Chauffage à vapeur et à eau chaude GIOVANETTI Maison fondée en 1828 6, Avenue Richerand (X° Arr.) Téléphone: NORD 21-94 Successale: 39, Rue Cardinet (XVII°) Téléphone: WAGRAM 13-38 PARIS --- ÉTABLISSEMENTS GENTIL & BOURDET GRÈS FLAMMÉS ET MOSAIQUES Société Anonyme au Capital de 1.700.000 Francs Siège social: 189, rue du vieux-pont-de-sèvres, BILLANCOURT Adr. Télér.: GREFLAM-BILLANCOURT 7 GRANDS PRIX, MEMBRE DU JURY AUX EXPOSITIONS, LAUREAT DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE DES ARCHITECTES (fondation Paul Sedille) Nous tenons à la disposition de nos lecteurs un PORTEFEUILLE destiné à contenir l'Année 1927 de l'Architecte contre 10 francs (port en sus pour l'étranger : 3 frs.). Ch. P. 6690, Paris. R.C. Seine 64.696. VIII - 28

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L'ARCHITECTE LA FORME ARCHITECTURALE DÉCORATIVE Pour l'architecte toute construction doit être d'abord un plan. Le profane, lui, y voit surtout une forme, et c'est elle qu'il juge : en effet, la construction achevée, c'est la forme extérieure qui s'offre aux regards. Le plan n'intéresse plus alors que les habitants de l'immeuble : eux seuls auront à souffrir de la maladresse de l'architecte ou bénéficieront, au contraire, de son ingéniosité, au lieu que la forme satisfait ou scandalise tout le monde. Elle paraît être seule matière à critique, et l'architecte, pour peu qu'il soit sensible à la louange et au blâme, a tôt fait de la prendre pour l'essentiel ; bientôt il ne compose plus, il dessine, puis, las de dessiner, il copie : à ce stade il ne reste rien de l'architecture ; la forme disparaît sous le décor, sous un puzzle de motifs, le tout habillant un plan quelconque. Nous avons vu cela. Nous avons vu aussi, par bonheur, la réaction : une réaction sévère, dont les effets commencent seulement à se faire sentir de façon profonde, et grâce à laquelle notre époque comptera dans l'histoire de l'architecture. Elle s'est faite au nom du plan et de la construction ; la forme a été remise à sa place, qui n'est pas la première. Mais si forte est la tendance qui la pousse au premier rang que nous voyons des architectes modernes, et parmi les mieux doués, lui consacrer le plus clair de leurs efforts et revenir au dessin, sans toujours, semble-t-il, en avoir conscience. Ils s'en défendent même. Par une voie détournée, ils retombent dans les anciennes erreurs dont leurs principes paraissaient cependant les devoir garder à jamais. Leur premier souci est la forme, non le plan. Or une forme n'est vigoureuse que liée très étroitement au plan, et si elle l'exprime fidèlement. Bien plus, elle n'est saine, nourrie, et partant vraiment belle, que traduisant la matière dans laquelle l'architecte a réalisé ce plan. Ainsi elle vient en dernier lieu ; elle est un aboutissement, non une fin. Théorie pure ? Nullement. Quand toute l'his- Fig. 92. — Jardin, a Ronda. Fig. 93. — Jardin, a Ronda. AOUT 1928.

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L'ARCHITECTE Fig. 94. — Jardin, à Ronda. toire de l'architecture ne vérifierait pas ce qui précède, la nature elle-même se chargerait de nous apprendre que partout, du minéral à l'animal, des cristaux à la matière vivante, la forme « est l'une des réactions de la matière ». L'expression, frappante, est de M. Monod-Herzen (1). L'étude des familles de formes et les transformations de figu- res, dit-il, dégage la notion partout associée à la notion de forme, celle de fonctionnement ou de fonction, et permet d'apercevoir les liens qui les unissent. En toute forme on peut distinguer deux éléments ou groupes d'éléments principaux, liés, les uns aux opérations ou actions du dehors, les autres à la nature particulière de la forme en cause. On voit comment ces résultats peuvent s'appliquer au cas particulier de l'architecture. La fonction doit y être, comme ailleurs, primordiale : elle commande tout ; les matériaux employés réagissent à leur tour sur la composition. Du travail auquel se livre l'architecte pour combiner les données que lui imposent le programme et le terrain avec les nécessités constructives résulte logiquement un bâtiment, une forme : forme Fig. 95. — Jardin, à Béziers. — Plan. (1) Ed. MONOD-HERZEN, Principes de Morphologie générale. Paris, Gauthier-Villars, 1927, 2 vol. JARDINIER (556)

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L'ARCHITECTE --- FIG. 96. — JARDIN, A BÉZIERS. nécessaire, dont on pourrait concevoir, à la rigueur, que pour un même programme, avec les mêmes éléments, une seule est possible. L'architecture automatique! La grande idée de demain. Ce n'est pas le lieu ici de suivre dans le détail l'exposé de M. Monod-Herzen, et nous ne pouvons que renvoyer le lecteur à son intéressant volume, riche de faits et d'idées. S'il est vrai, en tous cas, que le sens esthétique n'est autre chose que le sens de la loi naturelle, il est légitime, et salutaire, de n'accorder de valeur esthétique profonde qu'à celles des œuvres architecturales qui se trouvent être conformes à cette loi. Il est à Paris deux monuments qui illustrent ceci de façon remarquable : la gare du Nord et la gare d'Orsay. L'une, simple charpente métallique, nue, légère, n'est qu'un toit réalisé par les moyens les plus simples, mais construit pour remplir son rôle au mieux, sans vaine recherche. Qui en remarque les mérites? Le public, à peine. Ils sont grands cependant; tous se ramènent à FIG. 97. — JARDIN, A BEZIERS.

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L'ARCHITECTE l'emploi judicieux et franc de la matière, sur un plan logiquement conçu. Le résultat dépasse, et de loin, la simple utilité pratique. La gare du Nord n'est pas seulement une des plus commodes qui soient. Elle est belle, et elle restera. Bien différente est la gare d'Orsay, hall immense, tendu sur le vide, fait, il n'y paraît que trop, pour la parade : il est clair que ce vaisseau pompeux ne sert pas à grand'chose, et sa forme le manifeste avec éclat. Même contraste, à Paris également, à la Bibliothèque nationale, entre la salle de lecture construite par Labrouste et celle de Pascal : la première, audacieuse et nouvelle pour l'époque, est encore parfaitement adaptée à son rôle après un demi-siècle, et nous en apprécions mieux chaque jour l'aménagement ingénieux, la forme claire et logique ; l'essentiel, dans la seconde, ce sont les motifs d'école, les colonnes, les guirlandes, les panneaux, tout le jeu des formules faciles, le pur décor, auquel on pardonnerait volontiers cepen- dant sa banalité s'il recouvrait un plan sérieux, si la forme traduisait une idée, un effort pour adapter la salle à sa fonction : mais c'est au point qu'on ne sait trop à quoi l'employer. Et l'ensemble, malgré la recherche dont il témoigne, a toute la pauvreté triste de l'inutile. On trouverait sans peine, dans les constructions les plus récentes, de tous les pays, ou les projets, d'autres exemples de formes simplement décoratives, conçues comme telles, et qui, ne représentant qu'une mode passagère, passeront avec elle. La mode changée, elles ne représentent plus rien du tout. Et comme non seulement elles ne traduisent pas le plan (c'est le plan qui dépend d'elles), mais cherchent parfois à donner le change sur les matériaux employés, elles ne font qu'accuser un goût pour le tape à l'œil et la camelote qui n'est pas la plus belle des qualités modernes. Chose curieuse, mais certaine, les ennemis les plus acharnés de la décoration sont précisément ceux pour lesquels l'architecture se confond en général avec le simple décor. Ne serait-ce pas qu'étant plus décorateurs qu'architectes c'est au décor que, tout naturellement, ils s'en prennent d'abord, et à lui qu'ils reviennent malgré tout? Leurs constructions ne sont pas ornées, c'est entendu, et se présentent, en apparence, dans leur pureté constructive; le superflu, tout ce qui n'avait d'autre rôle que de plaire à l'œil, en soulignant ou en surchargeant la forme, en a été banni; plus de corniches, plus d'amortissements d'aucun genre, plus de moulurations, plus rien d'« amusant ». En réalité, rien de changé. La verroterie est tombée (du moins pouvait-elle habiller un corps vivant) :

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L'ARCHITECTE 61 nous avons à la place, ingénieux et charmant peut-être, mais mort, un mannequin de bourre et de filasse. Est-ce mieux? C'est la même chose en plus dangereux. L'une et l'autre, la verroterie et le mannequin, ne relèvent que du dessin, avec cette différence que le second lui subordonne tout le reste. Même exubérante, même grotesque, la décoration est sans conséquence lorsqu'elle n'est qu'un accent. Le baroque le plus échevelé n'engage rien d'essentiel : il orne, avec une richesse, une fantaisie souvent éblouissantes; l'usine la plus sévère, le gratte-ciel le plus nu peuvent être admirables aussi, pour d'autres raisons où le souci du décor n'entre pas. Mais les pâtes pour grands enfants dont rien ne justifie les formes étranges, pas même le jeu, ne nous intéresseront pas longtemps. Est-ce à dire qu'il faille absolument proscrire la forme-décor? (Tout système est haïssable, en art plus qu'ailleurs). Elle est admirablement à sa

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L'ARCHITECTE place, au contraire, dans l'architecture de parade, dans tout ce qui n'a qu'un temps ou n'est fait que pour éblouir, dans les palais de carton des expositions, les casinos, toutes choses où le plan importe peu, où compte seul l'aspect extérieur, là précisément où l'architecture n'est que jeu. Ailleurs non. Rien n'est interdit, sauf, tout de même, de vider l'architecture de tout le contenu fonctionnel, s'il est permis de s'exprimer ainsi, sans lequel elle n'est rien. On en viendrait là en cultivant la forme pour elle-même, et c'est une preuve frappante du danger des théories poussées à l'extrême. Du jour où les exagérations et les incohérences du pas- tiche parurent enfin insupportables, certains pensèrent non seulement à se débarrasser de l'éternel et encombrant formulaire classique — ce qui s'imposait —, mais à supprimer radicalement tout décor. Par réaction contre une frénésie ornementale justement détestée et reléguée parmi les vieilleries, la nudité apparut comme le signe de la jeunesse et fut proclamée tel. C'était demander à l'architecte à la fois trop et pas assez. Pas assez, car il est trop simple de supprimer ainsi ce qui gêne sans rien mettre à la place, et, surtout, de passer condamnation sur l'indigence, voire la nullité. La simplicité est souvent louable, parfois émouvante. Mais, seule, elle ne va pas loin. Le dogme du nu élève au rang d'architectes des constructeurs de maisonnettes qui seraient bien en peine, peut-être, de composer

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L'ARCHITECTE --- Figure 102. — Garage de la place Blanche, à Paris. — Rez-de-chaussée et vitrines. --- Text Content autre chose; il donne carrière à la plus évidente facilité. Qui peut le moins ne peut pas toujours le plus. Trop : établir une forme qui ne soit pas indifférente ou exagérément sévère, par le seul jeu de la forme elle-même et sans forcer les données du plan qu'elle doit traduire, c'est essentiellement tout l'art de l'architecte, et ce n'est pas un art facile. Il est dur de se priver délibérément de l'artifice, qui simplifie bien des choses; sans doute l'architecture a tout à gagner à cet audacieux parti-pris : nous lui devons d'être sortis du gâchis et nous ne saurions être trop reconnaissants à ceux qui l'ont formulé. Mais on ne pourrait, sans exagération, en faire un principe immuable. Sa dureté même est dangereuse, en ce qu'elle dispose, non pas à la révolte peut-être, mais au mensonge, à ce qu'on voulait justement éviter : mensonge parfois heureux, comme ces curieuses recherches de décoration par la couleur dont on voyait dernièrement à Rome, à l'Exposition d'architecture moderne, d'intéressants spécimens; fâcheux, croyons-nous, lorsque la forme tout entière passe à l'état ornemental. Que devient alors le fameux principe? Il est ruiné, entraînant avec lui, chose plus grave, les règles élémentaires de toute saine architecture. Et tout est perdu. Cette sévère discipline du nu est surtout une admirable école : encore faut-il s'y tenir, et ne pas tricher. JEAN PORCHER. --- Figure 103. — Garage de la place Blanche, à Paris. — Plan du rez-de-chaussée.