Extrait

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L'ARCHITECTE REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL ANCIEN ET MODERNE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLOMÉS PAR LE GOUVERNEMENT DEUXIÈME ANNÉE 1907 LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 13, RUE LAFAYETTE, 13 PARIS

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L'ARCHITECTE REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL ANCIEN ET MODERNE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLOMÉS PAR LE GOUVERNEMENT DEUXIÈME ANNÉE 1907 LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 13, RUE LAFAYETTE, 13 PARIS

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L'ARCHITECTE LE CONCOURS DE NEW-GUAYAQUIL Une puissante Compagnie qui construit le chemin de fer de Guayaquil à Quito, s'est rendue propriétaire d'une vaste zone de terrains au point terminus de cette ligne, en face de la ville actuelle de Guayaquil et, dans l'idée de créer là une ville nouvelle, s'est adressée à la Société des architectes diplômés par le Gouvernement pour l'organisation d'un concours. Programme superbe, aucune gêne dans la conception absolument libre, presque un programme théorique. Cependant les concurrents furent trop peu nombreux : il est vrai que la qualité suppléait à la quantité. Quatre prix furent décernés : ce sont les projets primés que nous reproduisons ici. On sait que la République de l'Équateur est située en une région fort élevée et que tout son interland est à une altitude de plus de 1.000 mètres. La capitale Quito n'échappe pas à cette règle. Il lui faut donc un port : ce port est Guayaquil et prochainement sera New-Guayaquil. La situation de la nouvelle cité à construire devait donc être choisie le plus avant dans les terres possible. C'est le motif qui fit profiter du large estuaire du Rio Guayas, que les navires peuvent remonter facilement jusqu'au point où un promontoir le rétrécit. Les terrains acquis par la Compagnie couvrent ce promontoir, la ligne de colline dont il est la terminaison et une large zone de terrains plats et bas, s'étendant au sud. Le chemin de fer arrive des hauts pays au nord de la ligne des collines. Aucune condition spéciale n'était imposée par le programme qui ne faisait qu'énumérer, sans indication limitative, les divers édifices d'utilité, d'intérêt ou d'agrément général à élever par la Compagnie, tels que : Préfecture, Hôtel de Ville, Cathédrale et églises, Palais de Justice et prisons, hôpitaux, lycées, écoles, bourses, banques, marchés, casernes, etc. Fig. 1. — Concours de New-Guayaquil. — 1er Prix. Projet de M. Berard. Perspective. JANVIER 1907

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L'ARCHITECTE Fig. 2. — Concours de New-Guayaquil. — 1er Prix. Projet de M. Bérard. Plan. La population prévue est de 80 à 100.000 habitants. Le 15 décembre dernier le jury s'est réuni et décerna le premier prix à M. Bérard, le deuxième à M. Duménil, le troisième à M. Morin Goustiaux, et le quatrième à M. Marcel Cochet. (Voir fig. 1 à 5.) Le projet de M. Bérard se distingue au premier coup d'œil par son aspect vrai et vivant : on croirait presque, à voir cette composition libre et souple, être en face d'un plan façonné par les siècles et par les modifications que les générations successives apportent à leurs centres sociaux. On saisit de suite aussi les grandes divisions de la ville, où se distingue facilement le quartier du commerce, avec ses deux

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L'ARCHITECTE ports, ses docks, sa Bourse du commerce. C'est un des centres de la composition judicieusement placé sur la rive du Rio Guayas la plus facilement accessible aux navires. Ce quartier se relie à la ville par le marché principal et une grande voie conduit de là au quartier de luxe et de plaisir, où le Casino, le Théâtre, l'Hippodrome jalonnent l'axe principal de la composition très heureusement dirigé aussi vers l'estero de Santay, où les îles parsemées dans le Rio forment pour les yeux du spectateur un joli coup d'œil. De là, l'avenue axiale, les Champs-Élysées ou l'Unter den Linden, de la nouvelle cité monte vers la place du Gouvernement, tout à fait centrale et réunissant les divers édifices administratifs et, dans l'axe, la Cathédrale: n'oublions pas que nous sommes en Sud Amérique. A l'est et à l'ouest de la grande avenue, qui monte du sud au nord, les quartiers d'habitation garnissent les premières pentes des collines. Au fond de ce grand amphithéâtre, dominante, s'érite l'église votive précédée d'escaliers monumentaux. L'Université et la Gare sont assises à ses pieds, pendant que les deux collines latérales se garnissent, l'une de villas somptueuses au-dessus du quartier du commerce, l'autre du Jardin botanique proche de l'Université et d'une Cité-jardin. Sur les faîtes des collines on trouvera également les hôpitaux divers. Enfin, au nord, s'étend le faubourg industriel traversé par le chemin de fer, et en relations immédiates avec le quartier du Commerce. Là aussi se trouvent les cimetières; toute cette région est d'ailleurs séparée de la ville par les collines. A l'est, s'étend un autre faubourg avec l'arsenal et, de l'autre côté de la rivière de l'estero Zoraida, le quartier indigène, avec son port de pêcheurs et sa poissonnerie. Telle est la disposition générale du plan conçu par notre confrère. Mais ce ne sont peut-être pas la logique et la compréhension des besoins dont il y a fait preuve qui sont la note la plus originale de sa très intéressante étude. Si l'on veut bien y prendre garde on remarquera que, si la ville elle-même a son centre bien nettement écrit à la place du Gouvernement, chacun des quartiers a aussi son centre secondaire qui groupe les édifices secondaires aussi: église paroissiale, marché, écoles, etc., spéciaux à chacun d'eux. La ville devient ainsi une sorte de fédération de bourgs dont chacun a son rôle défini dans la vie sociale de la Cité, et possède les organes nécessaires à sa fonction. Et encore, si l'attention se porte sur la distribution des voies de circulation, on verra avec plaisir M. Bérard réunir chacun de ces centres à chacun des autres par des voies faciles et directes autant que la configuration du terrain le lui permettait; on verra aussi chacun de ces centres se ramifier dans son quartier par des voies secondaires de directions générales divergentes et réunies par d'autres de même concentriques. Et tout cela sans rigidité, sans monotonie; avec grâce et souplesse au contraire. Mais, nous en avons assez dit pour que nos lecteurs puissent apprécier à leur juste valeur, qui est très haute, les qualités de cette remarquable composition. Le parti adopté par M. Duménil diffère grandement de celui de M. Bérard. On y trouve avec plaisir une grande composition de parcs en forme de croix, on y trouve aussi une assez grande facilité de circulation entre les centres secondaires. Les divers édifices sont bien situés pour leurs fonctions, dans l'organisme de la Cité. Mais il n'y a pas, dans l'ensemble de la composition, l'heureuse liberté de celle du premier prix, et, si la circulation générale est facile et agréable, celle de détail l'est beaucoup moins. Ce que nous retiendrons surtout, c'est la volonté d'aération de la ville par de larges espaces plantés, ménagés en son centre même: cela manque peut-être un peu dans le projet de M. Bérard. M. Morin Goustiaux a franchement adopté et hardiment exprimé un plan de ville à l'américaine, disposé en quadrillage régulier. Cependant, le souci de Fig. 3. — CONCOURS DE NEW-GUAYAQUIL. 1er Prix. Projet de M. Bérard. Détail d'une place de quartier.

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L'ARCHITECTE la circulation d'ensemble est observé par l'aménagement de deux larges voies obliques. N'y a-t-il pas dans ce parti, que l'on retrouve presque partout dans les villes neuves d'Amérique, une monotonie désagréable? Plus près de nous les quartiers de la Belle-Alliance platz de Berlin, certains faubourgs de Londres ou de Vienne, ou même le quartier des Brotteaux à Lyon, n'en sont-ils pas un exemple probant? Mais, ce principe adopté, nous retrouvons dans la composition de M. Morin Goustiaux, de bonnes dispositions et une saine logique dans la distribution des édifices. Enfin, M. Marcel Cochet a combiné un plan de silhouette classique, et distribué toutes ses voies en rayons divergents d'un centre, et en circonférences concentriques. Le port est très développé, mais la dépense de son installation serait bien forte. On trouve une affirmation presque philosophique dans cette composition: la gare est dans l'axe et joue le rôle de notre arc de l'Étoile... En terminant cet aperçu des projets primés à ce très intéressant concours, nous demanderons à émettre une critique d'ensemble: il ne nous paraît pas qu'aucun des concurrents ait tenu un compte aussi sérieux qu'il devrait être, à notre avis, du climat forcément très chaud. N'y aurait-il pas intérêt, dans une région où toujours à midi le soleil est presque au zénith, à ne pas prévoir d'espaces découverts trop larges, les voies ne devraient-elles pas être maintenues plutôt étroites, quitte à en multiplier le nombre, en tenant compte des vents régnants, pour assurer l'aération et l'hygiène des îlots? Mais c'est la critique de détail, et il sera facile d'améliorer en ce sens les projets primés. Nous aurions encore vu avec plaisir le programme demander ou les concurrents rédiger un projet sommaire de règlement de voirie pour les maisons d'habitation. Il nous semble que la Compagnie aurait intérêt à demander aux acquéreurs futurs de ses terrains, l'observation d'un règlement fait dans l'intérêt général, imposant par exemple des portiques dans les voies d'une orientation est-ouest, où jamais les maisons ne portent d'ombre appréciable sous ces latitudes, permettant de fortes saillies de balcons, si recherchées des populations de souche espagnole, réglementant les créations de terrasses et les droits de vue qui, sur les héritages voisins, en peuvent découler, que sais-je encore. Quoi qu'il en soit, ce fut une manifestation architecturale des plus intéressantes, et nous ne pouvons que remercier la Compagnie de New-Guayaquil, d'avoir donné l'occasion à la Société des Architectes diplômés par le Gouvernement de la susciter. Il faut aussi se féliciter de voir, pour la première fois croyons-nous, confier l'organisation d'un concours à une société d'architectes. C'est un symptôme de bonne augure, à quoi tous nous devons applaudir. Ces nouveaux errements seraient en effet le meilleur remède aux intrigues, aux difficultés de toutes sortes que font naître les concours tels qu'ils sont trop souvent réglementés et jugés. P. G. Fig. 4. — Concours de New-Guayaquil. — 2ème Prix. Projet de M. Duménil. Plan.

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L'ARCHITECTE LES TRAVAUX DU VIIe CONGRÈS INTERNATIONAL DES ARCHITECTES Tenu à Londres du 16 au 21 juillet 1906 Le Congrès international des architectes, tenu à Londres en juillet dernier, réunit près 1.200 personnes, dont 700 venues en Angleterre de toutes les parties du monde. Je suis persuadé que toutes en revinrent charmées par les réceptions, si dignes du grand peuple anglais, et si cordiales en même temps, ainsi que par l'intérêt et la bonne organisation des excursions et des visites aux monuments. L'énumération et la description en seraient cependant de peu d'intérêt pour ceux qui ne furent pas du voyage, et chez les congressistes, le souvenir en est encore tout frais. Je m'occuperai donc seulement ici des travaux suscités par le Congrès, des communications et des conférences qui y furent faites par des délégués de tout le monde civilisé : Les sujets traités furent au nombre de dix; ils sont d'un intérêt technique, corporatif ou artistique, mais on ne peut en faire de classification absolue : chaque sujet pouvant être traité à chacun de ces points de vue. Je me contenterai donc de les passer en revue, en commençant par ceux dont l'intérêt est plus spécial ou plus immédiat pour l'architecte. LES CONSTRUCTIONS EN ACIER ET EN CIMENT ARMÉ Mardi matin, 17 juillet. SALLE DES GRAFTON GALLERIES L'extension de ce mode de construction avait décidé l'Institut des Architectes Britanniques à former, avec la collaboration de plusieurs autres sociétés, un comité d'études. Ce comité ne s'étant réuni que deux fois, il n'y a pas eu de conclusions. D'autres travaux, relatifs à la dénomination, aux qualités de construction et aux qualités artistiques du ciment armé, ont été présentés par des architectes de différents pays. Parlant d'abord des dénominations, M. Henry Adams (Angleterre), nous apprend qu'elles sont nombreuses. A son avis l'expression « ferro concrète » (béton de fer) serait la plus explicite. Je lui préfère, pour ma part le nom de béton armé, qui exprime fort bien qu'un conglomérat, le béton, contient une armature ou un réseau, le fer (ou l'acier); d'une façon analogue, on dit aussi justement: verre armé, carton armé, tandis que les termes: verre de fer, carton de fer, me semblent beaucoup moins explicites. — Mais, passons sur le mot, et occupons-nous un peu du point de vue constructif. M. Adams insiste sur l'importance de la résistance au cisaillement, et sur celle de l'adhésion entre le béton et l'acier : la consistance du béton, la surface du métal font varier cette adhésion, l'interposition d'une peinture la rend très faible. C'est avec un métal dont la surface a été préalablement rouillée, que le béton offre la meilleure adhérence. Voici la conclusion de M. Adams : « Nous autres An- glais sommes na- turellement con- servateurs, nous aimons être sûrs qu'en adoptant quelque nouveau système, nous ne courrons pas de trop grands ris- ques; et une nouvelle manière de construire doit sans doute rencontrer quelque insuccès; mais rien ne mène au succès comme l'insuccès, et, pour cette raison, nous devrions être reconnaissants envers ces pionniers qui ont le courage de risquer quelque chose, et même de sacrifier quelque peu leur réputation. » M. Goodrich (membre de la Société des Ingénieurs civils, États-Unis), parle ensuite de l'emploi du béton armé et de sa relation avec la protection contre le feu; et M. Peter B. Wight (de Chicago), présente un mémoire sur l'emploi des produits d'argile pour la protection des bâtiments contre le feu. Chez les Américains, cette question de la protection des constructions métalliques par des revêtements réfractaires est capitale. Peut-être les incendies sont-ils plus fréquents chez eux. Pour obtenir le maximum de sécurité 4e Prix. Projet de M. Marcel Cochet. Plan.