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L'ARCHITECTE REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL ANCIEN ET MODERNE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLOMÉS PAR LE GOUVERNEMENT PREMIÈRE ANNÉE 1906 LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 13, RUE LAFAYETTE, 13 PARIS

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L'ARCHITECTE REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL ANCIEN ET MODERNE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLOMÉS PAR LE GOUVERNEMENT PREMIÈRE ANNÉE 1906 LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 13, RUE LAFAYETTE, 13 PARIS

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L'ARCHITECTE SOMMAIRE TEXTE - AU LECTEUR. — J.-L. PASCAL, membre de l'Institut, Inspecteur General des Bâtiments civils. - NOTRE PREMIER CONCOURS. - L'ARCHITECTURE A L'EXPOSITION DES ÉCOLES DÉPARTEMENTALES. — E. BERTONE, Inspecteur de l'enseignement du Dessin et des Musées. - LE SALON DE L'AUTOMOBILE. — CH. SAUNIER. - REVUE DES MATERIAUX NOUVEAUX ET BIBLIOGRAPHIE. — P. GUADET, Architecte diplômé par le Gouvernement. PLANCHES I. Fragments antiques. — HULOT, architecte. II. Hotel de M. le comte de Castellane. Cheminée du Grand Salon. — E. SANSON, architecte; AUBÉ, sculpteur. III. Hotel de M. le comte de Castellane. Plan. — E. SANSON, architecte. IV. Maison Boul. Raspail, 276, à Paris. Détail de l'entresol. — TR. PETIT, architecte; DERRE, sculpteur. V. Maison à Neuilly-sur-Seine, 14, rue Saint-Pierre. Grille d'entrée. — G. PRADDELLE, architecte; ROBERT, ferronnier. VI. Cottage du Bellot, au Mesnil-le-Roi (Seine-et-Oise). — JANDELLE et HOMMET, architectes. --- AU LECTEUR L'éditeur qui présente au public ce nouveau journal a mis de longs mois de réflexion et s'est appuyé de nombreuses consultations avant de prendre la décision d'offrir à quelques-uns d'entre nous une sorte de patronage sur la publication qu'il avait décidé d'entreprendre. Se souvenant du soin avec lequel les planches gravées de la Revue générale de l'Architecture et des Travaux publics, de César Daly, et d'autres périodiques rivaux disparus reproduisaient dans des temps lointains les formes et les détails, les profils et les relevés dont les architectes de ce temps avaient coutume de pousser le respect jusqu'à l'excès, on peut signaler que cette sorte de reproduction a fait place chez nous à des publications hâtives, dominées par le besoin plus moderne de l'actualité, de la rapidité de l'information, usant de procédés expéditifs et peu coûteux, proportionnés aux résultats à obtenir. Les exigences de la vie intensive et de l'avenir, — probablement encore plus ardemment pressé qui attend nos successeurs, — font négliger quelque peu le respect dû aux belles formes des grandes époques d'art, aux créations soignées et aux œuvres de style destinées à traduire le caractère de la production actuelle. À toutes les époques, les artistes feuillettent les publications à la manière des enfants, en regardant les images, et souvent cette inspection sommaire leur suffit. Pourtant, ce n'est pas sans raison que se manifeste une réserve interrogative sur le niveau général des textes qui accompagnent dans les différentes publications spéciales les dessins que nous consultons d'un doigt curieux et hâtif. Il semble que certains journaux étrangers, anglais, américains, allemands, représentent une dépense d'effort et d'argent supérieure à ce dont on se contente maintenant ici, tant pour le texte que pour les planches. Autre temps, autres mœurs. Peut-être notre art actuel, de création rapide, de composition plus souple, certes, et plus large, mais d'analyse moins serrée et de correction moins inquiète, n'a-t-il que la production qu'il mérite? Nous ne le croyons pas. On peut s'en rapporter au flair de la maison d'édition qui risque la présente entreprise pour admettre que sa compréhension des besoins actuels n'étant pas le résultat d'une passion personnelle et spéciale, doit être la traduction de sentiments exprimés, de regrets sans doute, et qu'elle est certainement née de l'espoirance d'un succès. Peut-être faudrait-il pour l'assurer, mieux que la surveillance d'un comité, c'est-à-dire la passion d'artiste, la compétence, l'unité de vues et la persévérance d'apôtre d'un Daly. Quoi qu'il en soit, la Société des Diplômés, — dont les premiers titulaires paraissaient bien prodigues de leur temps en recherchant le brevet scolaire, et dont le nombre actuel des membres et l'importance toujours croissante dans notre milieu, témoignent de l'idée juste qui avait présidé à sa création, — cette société n'ayant qu'un organe économiquement préparé, comme il convient à un groupement qui n'est pas bien riche, admit qu'elle pourrait trouver son compte à le confier au journal en projet, puisque aussi bien c'était d'un esprit libéralement éclectique qu'on déclarait pouvoir procéder dans cette publication soignée, élégante et correcte. Il n'était rien demandé d'ailleurs à la Société des Diplômés qui put aliéner l'indépendance de ses membres; on enregistrerait exactement tout ce qui paraîtrait être utile à sa propagation, à sa défense; enfin, rigoureusement, le nouveau périodique pourrait être considéré comme l'organe de l'association. Mon souvenir personnel me permet d'inscrire ici qu'écoutant l'énoncé de ces projets — non sans quelque pointe d'inquiétude au sujet de l'œuvre si complexe de la publication d'un journal, — je demandai à M. Lévy pourquoi il n'essaierait pas de fondre en un seul papier celui des Diplômés et celui de la Société Centrale des Architectes, cette fusion étant de celles qui doivent tenter tous les bons esprits dans notre profession. Il est probable que des engagements pris, des intérêts contradictoires ne se sont pas prêtés encore à une combinaison qui aurait dispensé de répétitions et facilité la belle réalisation d'un journal modèle, d'un organe type, à beaucoup de souscripteurs, 15 JANVIER 1906

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L'ARCHITECTE --- digé par les gens les plus compétents, très soigné dans la forme, très curieux dans son fond, bien que souriant à l'occasion. En attendant que ce rêve soit réalisé, le périodique dont ce premier numéro est le spécimen, offrira, sans l'indifférence hautaine qui met tout au même niveau, les documents traduisant les théories les plus diverses, le Comité ne devant se préoccuper que d'une condition pour leur acceptation, c'est qu'ils soient beaux. Il publiera les nobles et consciencieuses Restaurations des pensionnaires de Rome; il fera connaître les relevés documentaires des Commissions des monuments historiques des divers pays; il cherchera les renseignements inédits, les curiosités originales du passé, des civilisations disparues, les exemples et les modèles d'un art qui n'improvise guère. Il ne craindra pas d'être scientifique. Il sera une constatation de l'évolution de l'Architecture et ne manquera pas de se faire l'interprète de l'actualité par ses textes et par ses documents dessinés. Tel est du moins le résumé des promesses faites. La Société des Diplômés a bien voulu me demander d'expliquer le double caractère de cette création, surtout en tenant compte de ce qui l'intéresse elle-même. C'est ce que j'ai tâché de faire, souhaitant que le nouveau venu remplisse bien la tâche qu'elle lui confie, qu'il se montre digne d'elle par le choix de ses exemples et la qualité de son texte comme par la belle exécution de ses planches et qu'il garde pour l'Étranger le bon renom, le sérieux aimable qu'on veut bien nous accorder quand nous nous mêlons d'essayer de faire bien J.-L. Pascal, Membre de l'Institut, Inspecteur général des bâtiments civils. --- NOTRE PREMIER CONCOURS Un Concours est ouvert entre tous les artistes pour l'exécution d'une composition décorative destinée à la couverture de chaque numéro de l'Architecte. Nos lecteurs trouveront le programme encarté dans ce premier numéro et y verront le détail de ce concours. --- L'EXPOSITION DES ÉCOLES DÉPARTEMENTALES DES BEAUX-ARTS (L'ARCHITECTURE) Sur l'initiative de M. le sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts, et avec le concours des Inspecteurs de l'Enseignement du Dessin, une Exposition des travaux des Écoles départementales a eu lieu au quai Malauquis, dans le but de montrer au public les résultats obtenus dans les différentes régions de la France, et de développer l'émulation entre les diverses Écoles au moyen de blâmes et d'éloges d'autant plus justes que la comparaison entre les travaux était immédiate. Quarante-huit Écoles ont pris part à cette Exposition (sur 300 environ, contrôlées par les Inspecteurs de l'Enseignement du Dessin), et peuvent être divisées en trois catégories: Les Écoles des Beaux-Arts proprement dites; Les Écoles d'Art appliqué à l'Industrie; Et enfin les simples cours municipaux du soir, qui rendent de grands services, et sont plus spécialement fréquentés par des ouvriers ou apprentis. (Parmi ces ouvriers, ceux du bâtiment sont représentés dans une proportion de 60 o/o). Tous ceux qui s'intéressent au dessin connaissent l'amélioration apportée au mode d'enseignement de cet art par M. Eugène Guillaume, ancien directeur de l'École des Beaux-Arts et de l'Académie de France à Rome, amélioration qu'il a étendue aux études d'architecture en créant le diplôme d'architecte. Les modifications appliquées à l'enseignement du dessin et la création d'Écoles — toujours croissante depuis vingt ans — ont développé et amélioré les études d'architecture en province (1). Les élèves, préparés par des exercices de relevés au cours de dessin géométrique, sont capables; en passant au cours d'architecture, de faire des relevés de détails et d'ensembles des monuments de la ville où ils travaillent sans cependant négliger l'étude des beaux fragments antiques. En même temps, des cours de stéréotomie et de technologie du bâtiment, ainsi que des petits projets d'architecture moderne (mairies, écoles, villas, etc.), les exercent aux côtés pratiques de leur art. C'est l'ensemble de ces travaux que nous allons rapidement examiner, en rappelant qu'ils n'ont pas été exécutés en vue de l'Exposition, celle-ci n'ayant été décidée qu'à la fin de l'année scolaire. L'École de Dijon mérite d'être donnée en exemple aux autres pour sa méthode d'enseignement de l'Architecture, qui est excellente. L'examen des relevés de monuments de la région, figurant à l'Exposition, montre qu'ils ont bien été faits par les élèves eux-mêmes; ils sont accompagnés de coupes et de détails cotés et sérieusement rendus, qui forment un ensemble très satisfaisant. Les plus intéressants sont : « l'Église de Talent (Côte-d'Or) », la « Cheminée de la Renommée (Hôtel de Ville de Dijon) », « une Porte de la rue Amiral-Roussin », et le « Portique de l'hôtel de Voge à Dijon ». Saint-Etienne expose des études de charpente et de stéréotomie qui sont intéressantes. Le cours de sculpture sur bois de l'École de Bourges donne des résultats remarquables. (1) Dans certaines régions même, des Écoles sont en voie de transformation complète, afin de devenir des Écoles régionales d'Architecture.

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L'ARCHITECTE Tours présente une exposition où se révèle une excellente méthode d'enseignement, complétée par l'étude des modèles en relief. J'ai remarqué les épurés de coupe de pierre, le « grand escalier de l'Hôtel de Ville de Bordeaux » ainsi qu'un Pavillon et une très satisfaisante petite esquisse pour la préparation à l'École des Beaux-Arts. Douai expose une « Caserne pour les sapeurs-pompiers » et quelques sculptures sur bois qui sont d'un intérêt secondaire. Lyon a des envois intéressants qu'on regrette de ne pas voir complétés par des études du cours de construction. Le « Petit Portique en exedre » d'ordre dorique grec est accompagné de détails; il est fâcheux que la coupe manque. La « Porte dans une salle des Pas-Perdus d'un Palais de justice » est assez bien présentée. L'esquisse d'un « Monument aux Arts » est intéressante. Enfin deux études décoratives « un Campanile » et « une Proue de vaisseau de guerre », sujets qui ont été donnés dans un concours à l'École des Beaux-Arts. Je reprocherai à Rouen l'insignifiance de ses études, et j'espère que la création récente encore de l'École régionale dans cette ville y relèvera le niveau de l'enseignement. Verdun a des études assez intéressantes de stéréotomie et de charpente en bois. J'ai remarqué le bon sens des projets proposés aux élèves de l'École d'Amiens, projets bien en rapport avec leur force. C'est ainsi que j'ai vu un « Petit pavillon d'habitation » assez gentiment présenté, mais qui pêche par le bon sens dans la distribution. Il faut louer l'effort fait par les élèves de la petite École de Sedan, qui sont des artisans du bâtiment et du mobilier. Orléans expose des relevés qui seraient des plus intéressants s'ils étaient complétés par une coupe et un plan côtés. J'ai remarqué entr'autres : une « Perspective de l'Eglise Saint-Marceau » et la « Façade d'une maison Renaissance de la place du Châtelet ». Toulouse a des sujets toujours trop grandioses pour les élèves qui doivent en étudier les projets. Comme relevé j'ai remarqué la « Porte de Dominique de Florence » (cathédrale d'Albi), qui est malheureusement trop une image et ne montre pas assez à l'aide de quels documents elle a été établie. L'exposition de l'École de Nantes montre des résultats élémentaires intéressants : études d'ordres, de portiques, etc.; mais l'on aimerait à voir en regard des études plus pratiques telles que les éléments d'architecture française. Que dirais-je de Roubaix et de l'exagération de son « Panthéon aux hommes illustres »; ne vaut-il pas mieux n'en point parler? Ne parlons pas non plus du projet de « Casino » qu'a envoyé Montpellier. Une entrée de Musée rappelle à la fois la porte des Invalides et les tombeaux italiens ou figurent les trois vertus théologales; le tout mal dessiné, mal rendu. Versailles. A côté d'une exposition modeste au point de vue de l'architecture, et intéressante au point de vue pratique, les travaux de cette École témoignent d'un enseignement qu'il serait désirable de voir appliquer à toutes les autres. L'École de Rennes ne montre pas une méthode d'enseignement progressif : l'étude d'antique et de la Fontaine de Trevi sont des exemples de ce manque de méthode; mais j'ai vu un relevé sérieux, bien dessiné et assez complet de la chapelle du séminaire. La sculpture ornementale sur bois est de bon goût et bien exécutée, particulièrement un panneau oblong. Bordeaux. Un sujet aussi important qu'une « Entrée de château » est beaucoup trop au-dessus de la force des élèves qui doivent l'étudier dans cette École, a en juger par celui qui figure à l'Exposition. Il est habilement rendu, mais on y constate l'absence d'une méthode d'enseignement. Il serait préférable que les sujets soient beaucoup plus modestes et mieux étudiés. Les études du cours de construction de l'École de Nice sont assez rationnelles. Il est regrettable qu'une ville comme Vire, où l'on pratique la taille du granit et où il y a un cours fréquenté par des ouvriers habiles, n'ait envoyé qu'une inscription funéraire! De Marseille : les épurés du cours de résistance des matériaux sont satisfaisants mais manquent de développement; les études d'éléments antiques sont bonnes. Parmi les projets, j'ai remarqué une « Bibliothèque » qui n'est pas mal et une « Fontaine à Puget », dont l'architecture a de grandes qualités dans la partie du bas, mais est défectueuse dans la partie supérieure. La Société des Architectes diplômés, toujours empressée à encourager l'enseignement de l'architecture, a mis à la disposition de M. le sous-secrétaire d'État une médaille d'argent destinée à récompenser l'École donnant le meilleur enseignement et les meilleurs résultats en architecture. Cette médaille a été décernée à l'École de Dijon. Encouragé par la bienveillance de M. Dujardin-Beaumetz qui m'a autorisé à parler ici de cette Exposition, je prends la liberté de lui soumettre une idée. Son intention est de choisir les meilleurs dessins parmi ceux qui sont exposés et de les faire circuler dans les villes de France dotées d'Écoles, à titre d'exemples. Cette innovation aura, je n'en doute pas, d'excellents résultats, mais ne seraient-ils pas meilleurs encore si, à l'avenir, M. le sous-secrétaire d'État conviait à cette Exposition les seules Écoles qui n'y aient pas été invitées, celles de Paris? Sans les admettre à concourir, les Écoles d'Arts industriels, l'École Boulle, l'École des Arts décoratifs, etc., seraient d'un bon exemple pour leur cœur de province et nombre d'entre elles, — celles de Limoges entre autres — n'auraient rien à perdre à s'inspirer des travaux de l'École de Sèvres. Il y en a une enfin, l'École des Beaux-Arts, où l'on pourrait prélever la collection des dessins destinés à circuler de ville en ville, de façon à remplir entièrement le but que s'est proposé M. Dujardin-Beaumetz, c'est-à-dire de donner aux Écoles de province de bons exemples gradués qui ne sauraient être mieux recrutés que dans l'École qui a formé nos Maîtres. ÉMILE BERTONE, Inspecteur de l'Enseignement du Dessin et des Musees. --- LE SALON DE L'AUTOMOBILE Ce Salon vient de fermer ses portes, après avoir obtenu un succès qui prouve combien l'industrie de l'Automobile est florissante. Mais ce n'est là, pour nous, qu'une constatation secondaire. Ce qui nous intéresse, c'est qu'il présentait, au point de vue architectural, deux problèmes intéressants et qui ont été résolus. Celui de l'éclairage et celui de la décoration des stands. Pour réaliser ce second point, architectes et décorateurs avaient à leur disposition le bois et le fer; ils avaient aussi les vitraux : verres striés et colorés aux tons chauds, verres américains à reflets opalins. Ils ont, en général, préféré le fer

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L'ARCHITECTE et le verre au bois et au staff. Il ne s'agissait pas, en effet, de faire surgir ici des masses solides dont les courbes et les droites se profileraient dans la pleine lumière. Le problème consistait, au contraire, en ces jours tristes de décembre, à concevoir des stands accusant leur personnalité, non par le secours de la lumière diffuse qui les envelopperait, mais bien au moyen de la somme de lumière que leur décoration pourrait contenir et projeter à l'entour. En fait, il fallait concevoir les pylônes, les arcs, les potences de l'installation comme les éléments destinés à constituer de grands lampadaires dont la capacité lumineuse serait assurée par les multiples am- qui l'a remplacé, est loin d'avoir une égale valeur d'art. De plus, aux heures où l'électricité joue le premier rôle, sa puissance attractive ne saurait avoir l'attriance qui résultait des vitraux lumineux dont les colorations ajoutaient à l'originalité du travail de M. Robert. Le système de décoration abandonné par les établissements Clément a été repris par le stand Delaunay-Belleville, (Masson-Destourbet, architecte ; Bergeotte, ferronnier), qui présentait un grand arc en fer forgé, avec ajours et vitraux lumineux, dont l'ornementation était obtenue par une heureuse alliance du lys et du chardon stylisés. L'austérité, du poules électriques qui souligneraient les lignes de la décoration ou se masseraient décorativement sur sa surface. La plupart des exposants ont compris la nécessité d'une présentation artiste et se sont rendus compte que dans ce Salon, destiné à consacrer une industrie née d'hier, sans lien avec le passé tout devait être franchement neuf, inédit. Déjà, lors des Salons précédents, il y avait eu des tentatives décoratives intéressantes. Mais elles étaient peu nombreuses. M. Bellery-Desfontaines, par exemple, avait décoré les stands de la maison Krieger et de la maison Richard-Brasier ; d'autre part, le maître ferronnier Emile Robert avait dressé, pour la maison A. Clément, un portique en fer forgé avec ajours et vitraux lumineux, d'un caractère ornemental très accusé. On peut regretter que les établissements Clément n'aient pas tenu à conserver cette année ce beau portique pour la décoration de leur stand. Le portique modern-style (Vergnollet et Chauvaux, entrepreneurs), en bois laqué blanc, fer forgé était atténuée par l'imprévu de feuillages en cuivre repoussé d'où s'échappaient des ampoules électriques, dont la lumière produisait le plus pittoresque effet. Pour trouver une œuvre en fer forgé d'une importance presque égale, il fallait aller au stand Mercedes, décoré d'un portique constitué par les mêmes matières et dans les mêmes données décoratives. Mais quoique les applications de cuivre y fussent plus ingénieusement disposées, l'ensemble était sec ; sécheresse encore accentuée par l'uniforme coloration rouge des ampoules électriques qui soulignaient le dessin des piedroits et la courbe des arcs. C'est à la fonte décorée et au fer forgé accompagné d'applications de cuivre repoussé et de vitraux colorés qu'ont eu recours les artistes (1) qui ont procédé à l'installation des (1) La potence en fer forgé et application de cuivre repoussé du stand Milde, a été exécutée sous la direction de M. Georges Huyaux, chef dessinateur de cet établissement.

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L'ARCHITECTE --- stands Mildé et Dietrich. Point d'arcs ni de portiques, ici, mais d'ingénieuses potences épanouies en faisceaux lumineux. Ici encore l'ornementation reçue par le fer assoupli était toute florale : la potence Dietrich présentait des tiges d'artichauts, des aiguilles et des pommes de pins d'un souple modelé. Un peu plus loin le stand Brasier appelait le visiteur au moyen d'une sorte de petit phare, d'un dessin curieux qui prenait une véritable importance décorative quand il s'illuminait de ses mille feux diversement colorés. Les établissements Hotsckiss ont tenu à montrer qu'en se contentant des simples ressources qu'offrent les char- Hurtu, par exemple, se sont contentés d'un portique peint en blanc, décoré selon les données de M. Bellery-Desfontaines, et exécuté par les entrepreneurs Vergnollet et Chauvaux. C'est aussi le bois teinté en clair et décoré de grandes figures en relief découpées sur fond bleu qui a été utilisé pour la décoration due à M. Serraggioli, architecte à Turin, de l'important stand de la marque F. I. A. T. (Fabrique italienne d'Automobiles de Turin). Cette décoration, où la figure humaine joue un rôle prépondérant, rapprochée de celle, beaucoup plus médiocre, du stand Italia, est intéressante en ce qu'elle prouve, une fois de plus, la force de la pentes métalliques, il était possible de composer un ensemble agréable à l'œil par sa légèreté, sa souplesse et l'imprévu de sa disposition. Avec quatre flexibles poutrelles, sans décors ni moulures, mais recourbées selon un rythme élégant et soutenant une traverse indicatrice, ils avaient composé une décoration amusante et très suffisante pour retenir le visiteur. Un peu plus loin, le stand Gilet découpaît sa raison sociale sur un fond de vitraux opalins, d'une richesse discrète. Il est naturelle que dans une exposition où la métallurgie a la première place, le fer soit le maître du lieu, qu'on ait plaisir à montrer ses transformations diverses : ici machines, là œuvres d'art. Mais les architectes de certains fabricants ont également pensé que le bois pouvait être appelé à participer à la décoration des stands. Les établissements tradition. Tandis que les pays du Nord : l'Angleterre, l'Allemagne, en vue d'alléger autant que possible le champ des surfaces colorées, se contentent d'employer la fleur stylisée, que la France fait des trouvailles charmantes en interprétant la fleur vivante, même dans le rétif fer forgé, l'Italie, en fièvre de modernisme, ne peut renoncer aux figures allégoriques. Malheureusement, ceux qui les signent n'ont ni le génie du Titien, ni la fantaisie de Tiepolo ! Signalons encore les stands Cottereau et Darracq (Jumeau et Jallet, entrepreneurs), qui ont emprunté leur décoration aux temples hindous et indo-chinois. Certains s'étonneront peut-être de trouver ces réminiscences dans le milieu ultra moderniste qu'est le Salon de l'Automobile. Mais les établissements Cottereau et Darracq pourront répondre que l'Automobilisme est le moyen de commu-