Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'AMOUR DE L'ART III NOUVELLE SÉRIE N° 10 PRIX : 100 FRS

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ÉDITIONS D'ART SAGILE 139, rue du Faubourg-St-Honoré. PARIS - BALzac 35-15 --- RENÉ - JEAN CLOT XVI LITHOGRAPHIES ORIGINALES Présentation de Michel FLORISOONE Tirage strictement limité à 160 exemplaires Prix de souscription : 1.600 francs --- EN SOUSCRIPTION TIRAGE LIMITÉ À 100 EX. IMAGES DU MALHEUR 10 EAUX-FORTES DE JOHNNY FRIEDLAENDER PRÉSENTÉES PAR JÉROME et JEAN THARAUD, de l’Académie Française Les 10 eaux-fortes (format 32,5×42) que comporte cet ouvrage ont été tirées à 100 exemplaires, savoir : 1 exemplaire sur Japon contenant des épreuves d’état, 9 exemplaires sur Arches et 90 exemplaires sur Vélin de Rives. PRIX DE SOUSCRIPTION : 5.000 FRANCS NOTICES ET BULLETINS DE SOUSCRIPTION SUR DEMANDE

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MARQUIS Le Chocolat de Paris 44. RUE VIVIENNE 39. B° DES CAPUCINES 4. PLACE VICTOR-HUGO

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L'AMOVR DE L'ART III REVUE MENSUELLE VINGT-SIXIÈME ANNÉE COMITÉ DE DIRECTION Président : RENÉ HUYGHE Conservateur en chef des Peintures au Musée du Louvre - M. FLORISOONE - NICOLAS H. de LARIE - JACQUES LASSAIGNE - E. McFARLANE - J. CHARLES MOREUX - M. RAVAL Secrétaire de Rédaction DOMINIQUE KERVEN --- SOMMAIRE LETTERES INÉDITES DE PISSARRO A CLAUDE MONET. .. J. Joëts RETOUR A LA TERRE. R. MOUTARD-ULDRY LE CORSAGE .. .. .. M. ZAHAR LE CHRIST AUX OUTRAGES, DE LA TOUR.. .. .. M. JARDOT IMAGES ET DOCUMENTS : I. Nature morte. II. Parc de Saint-Cloud. PITIÉ POUR LE PARC DE SAINT-CLOUD .. E. de GANAY LES EXPOSITIONS : Les expressionnistes. .. V. ST-MIRGORS Sur quatre murs.. .. Y. SJOBERG LES GALERIES.. .. .. D. KERVEN LES FAITS : Hulin de Loo.. .. .. .. E. MICHEL René Grousset à l’Académie française. J. AUBOYER LES LIVRES .. .. .. .. G. B. --- DIRECTEUR : GERMAIN BAZIN Conservateur au Musée du Louvre --- DIRECTION ADMINISTRATION PUBLICITÉ 139, Faubourg Saint-Honoré Tél. Balzac 35-15 --- ABONNEMENTS FRANCE 12 numéros : 1.000 Francs 6 numéros : 550 Francs ÉTRANGER 12 numéros : 1.200 Francs --- ÉDITIONS PAUL DUPONT 4 bis, Rue du Bouloï - Paris 1er

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PISSARRO DANS SON ATELIER A ÉRAGNY

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Lettres Inédites de Pissarro à Claude Monet EN 1874, les peintres appelés plus tard “Impressionnistes” fondèrent la “Société Anonyme des Artistes Peintres, Sculpteurs, Graveurs”. Ils montrèrent leurs œuvres chez Nadar, 35, boulevard des Capucines, du 15 avril au 15 mai 1874. Parmi les vingt-neuf exposants il y avait là : Boudin, Cézanne, Degas, Guillaumin, Monet, Berthe Morisot, Pissarro, Renoir, Sisley. Une toile de Monet intitulée, “Impression, Soleil Levant”, donna son nom à l'école. Mais ce qu'on sait moins ce sont les luttes, les années de misère, d'inquiétude que durent subir longtemps ces artistes et notamment Pissarro et Monet. Il y eut aussi dans le groupe parfois des hostilités, des oppositions, et là nous retrouvons le bon Pissarro, son intervention toute affectueuse en faveur de l'union, n'ayant en vue qu'un but unique : défendre une doctrine artistique. Nous passerons sur les expositions, la deuxième en 1876, 11, rue Le Peletier, en 1877, 1879, 1880, 1881, où Caillebotte renonce à l'organiser pour arriver à celle de 1882 que Durand-Ruel essaya de reconstituer. On verra par la lettre ci-dessous que Pissarro adresse à Monet, combien encore les susceptibilités étaient grandes et aussi toute l'insistance convaincante que prenait Pissarro pour aboutir. “Pour Durand et même pour nous, dit-il, l'exposition est une “nécessité”, de mon côté je serais désolé de ne pas le contenter, nous lui devons tant que nous ne pouvons lui refuser cette satisfaction. Sisley est de mon avis et nous nous entendons bien.” A ce propos, je suis heureux de publier quelques lettres appartenant à M. Michel Monet et je profite de cette publication pour lui renouveler toute ma gratitude, ainsi qu'à Mme B. Hoschedé qui a bien voulu m'en adresser les copies. Jules JOËTS.

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1882 Pissarro est resté jusqu'au bout le véritable animateur des expositions du groupe impressionniste. Partisan de la liberté en art, il se montrait accueillant aux jeunes talents, tels Gauguin, Guillaumin, Vignon. Ses instincts révolutionnaires effrayaient certains de ses camarades, notamment Degas, très intransigeant et d'un caractère difficile, ainsi que Monet, Sisley et Renoir. Ceux-ci se montraient ébranlés par la défection de Zola qui reprochait aux impressionnistes d'avoir fait bande à part et de n'avoir pas persévéré à postuler l'entrée au Salon officiel. Dès la 5e Exposition de la Société, en avril 1880, Monet, Sisley, Renoir font défaut; ils continuent à s'abstenir en 1881. En 1882, Durand-Ruel, s'appuyant sur Pissarro, tenta de reconstituer l'unité du groupe. La correspondance de tous les membres de la Société entre eux prouve leurs réticences. Après sa résurrection éphémère en 1882, le groupe fut définitivement disloqué. Une seule exposition eut lieu encore en 1884, sans Renoir ni Sisley, mais avec Degas. Cette exposition est une manifestation néo-impressionniste, où Seurat expose la Grande-Jatte et des marines de Grand-Camp. Pissarro lui-même a adopté alors provisoirement la technique de la division du ton. CAMILLE PISSARRO L'Eglise et la ferme d'Éragny (1884). MON CHER MONET, Paris, vendredi. Je vous avoue que je n'y comprends plus rien. Voilà deux ou trois semaines que je fais de grands efforts pour tâcher d'arriver, d'accord avec notre ami Caillebotte, à une entente pour reconstituer notre groupe aussi homogène que possible, une erreur s'est évidemment glissée dans la lettre que nous a écrite M. Durand car jamais vous le pensez bien nous n'avons séparé Caillebotte de notre groupe. J'attendais avec anxiété votre réponse depuis hier pour courir chez lui et nous mettre à l'œuvre. C'est du reste convenu depuis longtemps avec Caillebotte qui est avec nous; il n'y mettait qu'une condition: celle de vous avoir Nous n'avons que juste le temps, répondez-moi donc courrier par courrier si vous êtes avec nous. Voici du reste la liste des exposants: 1. Monet. 2. Renoir. 3. Sisley. 4. Pissarro. 5. Caillebotte. 6. Mme Morizot (si c'était possible). 7. Guillaumin. 8. Vignon. 9. Gauguin. 10. Cézanne (si c'était possible). Nous sommes donc huit cette année. Caillebotte était de mon avis pour cette liste qui présente un ensemble défendant les mêmes idées en Art; avec plus ou moins de talent, nous ne pouvons exiger des talents égaux, c'est déjà un grand point de ne pas faire tache. Pour Durand et même pour nous l'exposition est une nécessité; de mon côté, je serais désolé de ne pas le contenter, nous lui devons tant que nous ne pouvons lui refuser cette satisfaction. Sisley est absolument de mon avis, nous nous entendons très bien. J'attends donc une réponse favorable de vous; nous accrochons lundi matin, dimanche soir si c'est possible. Vous pouvez compter que nous tâcherons de vous donner toute satisfaction pour le placement, du reste Caillebotte et moi nous serons là. Renoir est très malade à l'Estaque, il est difficile de compter l'intéresser à nos projets, cependant nous attendons un mot de lui. Cézanne m'a écrit qu'il n'avait rien! Mme Morizot est en voyage doutant de votre participation, elle se réserve! Le temps nous manque pour mener un peu mieux cette affaire. Nous pourrons nous constituer définitivement pour l'année prochaine. Il le faut absolument, nous pourrons alors fermer notre cercle ou du moins en rendre l'entrée difficile. Dans tous les cas je crois que vous serez satisfait de l'ensemble de notre exposition. Au revoir, mon cher Monet, excusez ma longue lettre et croyez que je suis on ne peut plus embarrassé. Tout à vous. C. PISSARRO. CAMILLE PISSARRO Jeune femme à la fenêtre (1884.) (photos Molinard et Franceschi).

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1882 Les efforts de Pissarro et de Durand-Ruel finirent par être couronnés de succès. Pour la dernière fois en 1882, le groupe se montra au complet, sauf Degas. Un certain nombre de comparses avaient été éliminées et Renoir, Berthe Morisot, Pissarro, Sisley, avaient fini par se mettre d'accord sur l'admission de Guillaumin, Vignon, Gauguin. L'exposition ouvrit en mars, 251, rue Saint-Honoré sous le nom de 7e Exposition des artistes indépendants. Elle était fort importante, ne groupant pas moins de 253 œuvres. Elle connut d'ailleurs le succès de la part des critiques, mais aussi des amateurs. Ce désir d'entente, d'union, on le retrouve dans la lettre ci-jointe, écrite d'Éragny, non datée. En passant, Camille Pissarro applaudit aux progrès de Caillebotte. --- MON CHER MONET, Je n'ai encore pu arriver à trouver le joint pour aller à Giverny, quand j'avais le temps, c'était l'argent qui me manquait. Je suis en ce moment grippé et ne puis bouger, je regrette aussi que vous alliez à Paris sans que je puisse en faire autant. J'y étais au commencement du mois. J'ai dû y rester huit jours; j'aurais dû vous écrire, mais ça ne m'est pas venu en tête, j'aurais été bien heureux de vous causer de nos affaires qui semblent renaître... Je vous aurais aussi parlé de mes déboires de marchands, des bruits de baisses terribles de nos denrées tout comme l'épicier... Au diable toutes ces spéculations nous ne sommes pas de force. Roulés, nous sommes roulés, nous le serons toujours ! Dans tous les cas, je suis on ne peut plus heureux de vous voir dans de bonnes dispositions d'union : il y a longtemps que je pense qu'il est absurde que nous nous débandions, nous qui nous sommes mis le ban et l'arrière ban à nos trousses, c'est idiot, ayant les mêmes ennuis ne devons-nous pas nous entendre, je ne parle pas de nos intérêts mais de notre façon de comprendre notre art, que l'on nous jette de temps en temps à la tête... Durand vient de m'envoyer la « France » du 8 novembre, contenant un article sur Puvis de Chavannes, je suis heureux qu'on lui rende justice. Tâchez de fixer un jour par mois pour nous réunir à Paris. La fin du mois serait peut-être commode à tous. On s'arrangerait. Au revoir, écrivez-moi ce qui sera décidé. Je suis allé voir Caillebotte, il était sorti, c'est la troisième fois, j'ai vu ses études, il a joliment fait des progrès. A bientôt. Tout à vous. C. PISSARRO. --- PHOTOGRAPHIE INÉDITE DE PISSARRO ET DE SA FEMME.

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1884 L'année 1884 est marquée dans l'œuvre de Pissarro par des toiles remarquables : « Le paysage à Osny », « L'Église et la ferme d'Éragny », « Le Lavoir de Bazincourt », « La Servante assise dans le jardin d'Éragny ». « Jeune Femme à la fenêtre », caractérisées par des préoccupations de style. Il rappelle à Claude Monet ses difficultés matérielles, lui dit la joie qu'il aurait de voir ses toiles qui lui donnent tant de mal et ajoute : « Quelle surprise quand plus tard on s'aperçoit que ce sont les toiles ratées qui sont les meilleures. » Il songe aussi très sérieusement à faire une autre exposition de groupe et insiste auprès de Monet dans ce but. Paris, 9 octobre 1884. MON CHER MONET, Je suis à Paris depuis le jour où j'ai reçu votre lettre et n'ai pu par conséquent vous répondre; je ne sais à quoi cela tient, j'ai trouvé Durand beaucoup plus rassuré sur notre sort à tous. Il m'a même prié de ne pas déprécier le prix de nos tableaux en les vendant à trop bas prix et a insisté pour les lui apporter. On fait comme l'on peut, ce n'est qu'à grand peine que j'ai pu joindre les deux bouts et en vendant à des prix dérisoires; si j'avais pu attendre certes, c'eût été mieux. Je suppose que Durand doit vous écrire et vous donner du courage. Que je regrette de n'avoir pu encore aller à Giverny, je suis curieux de voir ces toiles qui vous donnent tant de mal, rien ne m'intéresse comme celles-là ! — Quelle surprise quand plus tard on s'aperçoit que ce sont ces ratées qui sont les meilleures. — J'ai vu ici Renoir, nous avons parlé expositions. Je vous vois jetant des cris désespérés; sérieusement, il faut y réfléchir, une exposition faite discrément sans trop d'encombrement ne peut que nous faire du bien. C'est à étudier. Je resterai à Paris encore trois ou quatre jours, si vous avez quelque chose à me dire voici mon adresse : 42, rue Paradis. Poignées de mains. C. PISSARRO. 1887 Les années qui vont de 1884 à 1887 sont remplies par des recherches de pointillisme. M. Georges Petit invitant notre artiste à participer à l'Exposition internationale qu'il ouvre dans ses salons, il prend la plume aussitôt pour en informer Monet par ce court billet : Éragny, 7 mars 1887. MON CHER MONET, En effet, j'ai reçu vendredi une lettre de M. Petit m'annonçant l'invitation à l'Exposition Internationale. J'ai répondu que j'acceptais. Je vous remercie mon cher Monet, ainsi que Renoir d'avoir pensé à moi, n'ayant plus de relations d'affaires avec Durand je n'avais plus les mêmes raisons pour ne pas en faire partie. J'espère avoir le plaisir de vous voir à Paris et de vous serrer la main. A bientôt, votre dévoué. C. PISSARRO. 1891 Après un séjour à Londres en 1890, les difficultés matérielles dans lesquelles Pissarro avait à se débattre semblent disparaître. En 1891 c'est l'espoir de ventes qui vont se préciser tant en France qu'en Amérique, les marchands s'intéressent de plus en plus à ses travaux. Il faut citer en tête, MM. Durand-Ruel, Boussod et Valardon; Bernheim jeune, Joyant, Vollard, Reid et l'action de Mirbeau auprès de Rodin, de Chéramy, de l'État. Pissarro fait connaître à Monet, dans la lettre ci-dessous le résultat de sa visite à M. Montagnac au sujet de la vente éventuelle de ses tableaux et termine par ces mots : « Vous avez appris probablement la mort de ce pauvre Seurat à 31 ans!... n'est-ce point affreux!... Après la mort de Seurat, Pissarro refuse de prendre la tête du néo-impressionnisme et revient à ses origines impressionnistes. Paris, le 1er avril 1891, 12, rue de l'Abreuvoir. MON CHER MONET, Je comptais vous écrire pour vous rendre compte du résultat de ma visite chez M. Montagnac, mais très occupé par un tas d'affaires je n'arrivais pas à accomplir mon devoir. Je ne pourrai faire grand chose avec M. Montagnac. Il m'a assuré n'avoir aucune clientèle ici à Paris. Quant à l'Amérique c'est encore lointain, ce n'est guère qu'en juin que les marchands viennent à Paris. Il a été du reste fort aimable et m'a promis de faire son possible pour me faire acheter, je crains bien cependant que ce ne soit difficile, je lui ai porté trois de mes dernières toiles, il ne les a pas comprises, m'a-t-il franchement avoué, il est plus que probable que l'Américain, non plus n'y verra goutte, c'est triste !... Et Durand qui a vu ces trois tableaux me renvoie à la fin de la semaine pour une réponse, je sens bien qu'il n'ose me refuser et cependant finira par là. Je fais une petite exposition chez Durand en même temps que Miss Cassatt, chacun une petite salle. Je n'aurai que des épreuves d'eaux-fortes nouvelles, des pastels et dessins, vingt-quatre numéros si vous avez l'occasion de venir à Paris, je vous en préviens. Je tâcherai d'ouvrir samedi, cela dépend de mes encadreurs. Au revoir, mon cher Monet, je vous réitère mes remerciements. Poignées de mains. C. PISSARRO. N. B. — Vous avez appris probablement la mort de ce pauvre Seurat à trente et un ans !... N'est-ce point affreux !...

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[ CAMILLE PISSARRO. — SERVANTE ASSISE DANS LE JARDIN D'ÉRAGNY (1884). (Photographie Molinard et Franceschi)] --- 1892 On sait que la grande exposition Pissarro de 1892 chez Durand-Ruel fut pour cet artiste la fin des difficultés matérielles et la certitude d'un succès grandissant. Dans les deux lettres suivantes il dit à Monet son admiration pour son tableau des « Peupliers » et il ajoute : « Que c'est peintre et si ornemental. » Dans la seconde lettre il souhaite d'avoir l'opinion de son ami sur une douzaine de toiles qu'il a exécutées à Londres (jardin de Kew), et il écrit : « C'est vraiment triste, de ne pouvoir atteindre entièrement le but... enfin!... » --- Éragny, 9 mars 1892. MON CHER MONET, Je suis fort inquiet de l'ami Mirbeau. Pouvez-vous m'en donner des nouvelles ? Serait-il encore malade ou bien est-il parti en voyage ? Je lui ai écrit plusieurs lettres sans en avoir de réponse. Je n'ai pu assister à l'ouverture de votre petite exposition mais j'ai pu voir les toiles des peupliers en leurs cadres, je suis certain que cette fois encore vous avez dû avoir un grand succès; je regrettais fort de partir car Durand m'avait annoncé que vous aviez encore d'autres tableaux à exposer. Quelle belle chose, les trois arrangements des peupliers le soir, que c'est peintre et si ornemental. Quand nous reverrons-nous ? Je compte aller à l'ouverture des Indépendants le 18 courant, Lucien y expose. J'avais écrit un mot à Mirbeau pour lui annoncer cela et nous pensions passer chez lui à notre retour. Votre vieux camarade. C. PISSARRO.