Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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GLACES ET VERRES N° 81 — Décembre 1945

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GLACES ET VERRES REVUE TECHNIQUE, ARTISTIQUE, PRATIQUE 140, rue de la Chapelle, PARIS (18e) — Téléph.: Botzaris 60-62 Direction : R. LHOTE Édition de la Société d'Études et de Publicité Société à responsabilité limitée au Capital de 25.000 fr. R.C. Seine 229.903 B Rép. Prod. Seine C A 13.717 Rédaction : M. Despréaux ABONNEMENTS Un an : France, 100 francs; Étranger, 125 francs Compte de Chèques postaux : Paris 1155-78 Tous les deux mois Le numéro : 20 francs (Étranger : 25 francs) N° 81 19e année Décembre 1945 --- Sommaire La situation actuelle de l'industrie du verre et ses perspectives d'avenir (L.B.), p. 1. Les concours du Commissariat à la Reconstruction; cloisons et portes (D.B.), p. 2. Miroirs en damier, p. 7. Découpe d'une glace par fil électrique chauffant (R.L.), p. 8. La fabrication mécanique du verre creux (L. Thébault), p. 10. Les articles sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs. Tous droits de reproduction réservés pour la France et l'étranger --- La situation actuelle de l'industrie du verre et ses perspectives d'avenir LA situation de l'industrie du verre, en cette fin de 1945, peut être considérée comme relativement satisfaisante dans son ensemble si on la compare à celle de la plupart des autres industries. Les pouvoirs publics ont en effet reconnu le caractère strictement vital du verre dans l'habitation (verres à vitres, glaces, verrerie de table, ampoules d'éclairage et verres de lampes, etc.), pour la santé publique (flacons et ampoules pour produits pharmaceutiques, thermomètres, seringues, ventouses, biberons, lunettes, etc.), pour les laboratoires et organismes de recherches (verrerie de chimie et de laboratoire, optique, instruments de mesure), pour les communications (verres de signalisation, vitrages de sécurité, isolateurs), pour l'alimentation et les produits d'entretien (bouteilles, flacons, bonbonnes, bocaux stérilisateurs, pots à confitures, etc.), sans compter les multiples applications qu'en font l'industrie et les services de la défense nationale. Il a été reconnu également que la plupart des objets en verre présentent cette particularité de servir à des usages permanents ou indéfiniment renouvelés et que leur fabrication a pour but essentiel, en temps normal, de les remplacer lorsqu'ils sont cassés. Le renouvellement de l'énorme volant d'objets en verre en service se faisait chaque année dans une proportion généralement faible et parfois inférieure à 5%. Le verre, produit fragile, ayant incontestablement subi plus de destructions qu'aucun autre matériau du fait de la guerre et notamment des bombardements aériens et des tirs d'artillerie, on conçoit aisément que le remplacement des objets en verre cassés corresponde à la production d'un nombre important d'années de fabrication normale. Or, si l'on a pu déjà majorer de plus de 50% la production normale de verre à vitres et de verre de toiture, l'ensemble de la production des objets en verre se tient encore au-dessous de 75% de la production de 1938. Si l'on veut mettre sans trop tarder les sinistrés à l'abri des intempéries et donner à toutes les applications prioritaires du verre que nous avons énumérées le minimum d'objets dont elles ne peuvent se passer, il est donc indispensable de redonner d'urgence à l'industrie du verre un coefficient d'activité non seulement égal à celui d'avant-guerre (cela permettrait tout au plus de compenser la casse nouvelle et d'empêcher une aggravation supplémentaire de la situation), mais nettement supérieur à ce dernier. Il se trouve heureusement que les possibilités de production de l'industrie verrière sont largement supérieures aux besoins normaux de la clientèle française et que l'on pourrait rapidement doubler en moyenne la production de 1938, et même sensiblement tripler la production du verre à vitres qui doit répondre aux besoins les plus urgents. Une telle augmentation de production ne présente d'ailleurs pas, comme on pourrait le croire, un attrait exceptionnel pour les fabricants. Ceux-ci devraient en effet résoudre de multiples problèmes relatifs tant à la technique qu'à la main-d'œuvre. Ils devraient en outre remettre en service les usines et les machines les plus anciennes et les plus démodées, celles dont --- GLACES et VERRES

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le rendement est le moins élevé et dont la situation géogra- phique est le moins favorable. Mais il s'agit là d'une nécessité absolue devant laquelle tout doit s'incliner, et l'on a même envisagé la création de quelques unités nouvelles de fabrication dont l'amortissement devra se faire sur la période limitée de production maximum. Ainsi l'industrie du verre a-t-elle la possibilité d'augmenter sensiblement son taux de marche actuel dès qu'on lui en donnera les moyens sous forme de charbon, de mazout, de gaz, d'électricité, de carbonate de soude. Dans quelle mesure pourra-t-elle y parvenir en 1946? Cela dépend essentiellement de l'amélioration de la situa- tion charbonnière du pays et du classement que les pouvoirs publics affecteront aux besoins de verre par rapport à ceux des autres produits vitaux. Les perspectives immédiates ne paraissent pas très favo- rables, mais il faut espérer que, dans le courant de l'année 1946, la situation du charbon s'améliorera sensiblement et qu'on pourra se rapprocher progressivement du programme envi- sagé, qui consisterait à produire sensiblement deux fois plus de verre qu'avant-guerre. L. B. --- Les concours du Commissariat à la Reconstruction Cloisons et portes DANS notre dernier numéro (1), nous avons indiqué que le Commissariat à la Reconstruction avait ouvert des concours en vue de l'amélioration des procédés de construction des bâtiments d'habitation. Dans le concours réservé aux cloisons et portes, nous avons relevé parmi les lauréats les Glaces de Boussos et les Etablissements Borderel et Robert, qui ont collaboré sous la direction de M. Jacques Sage, architecte D. P. L. G., pour présenter au premier degré un projet de portes et de cloisons dans lequel ils ont uni le métal et la fibre de verre, — cette dernière étant destinée à répondre au grand souci actuel de l'insonorisation et de la calorifugation. Nous analysons et commentons ci-après ce projet, particulièrement intéressant pour les lecteurs d'une revue spécialisée dans les applications du verre. Portes et huisseries La construction courante emploie principalement, pour la réalisation des portes et des huisseries, des ouvrages façonnés en menuiserie de bois et des articles industriels constituant la quincaillerie; ces derniers sont depuis longtemps édités en grande série et leur fabrication ne pose pas actuellement de problème nouveau. Il en est autrement des ouvrages en bois dont la mise en œuvre et l'usage comportent des avantages et des inconvénients. Ce sont ceux-ci que les concurrents ont analysés et exposés dans leur projet. La porte en bois et son huisserie sont générale- ment en bois léger (sapin du Nord ou de pays pour les bâtis, encadrements et moulures; peuplier ou con- (1) Voir Glaces et Verres, n° 80. Huisserie treplaqué pour les panneaux). La standardisation a depuis longtemps mis en vigueur des sections courantes du commerce, qui permettent un emploi convenable dans les ouvrages en maçonnerie, avec raccordement facile au sol et aux charpentes. Ces portes sont rigides et légères, leur constitution permet toutes les combinaisons de vitrage; leur aspect, grâce à l'emploi d'une mouluration et d'accessoires de quincaillerie appropriés, peut être modifié à l'infini. Si, à l'usage ou par suite de tassement, la porte frotte ou ferme mal, il est aisé de la retoucher, de la rectifier, de la retailier. Enfin, le bois est en bonne place parmi les matériaux mauvais conducteurs du froid et de la chaleur. Par contre les portes en bois présentent de nombreux inconvénients. Il est sûr qu'on ne peut avoir satisfaction avec des bois récemment abattus, noueux, nerveux ou échauffés. Ce matériau est également sonore et transmetteur de sons; il est particulièrement sensible aux variations hygrométriques de l'air ambiant, et l'on peut dire d'une porte en bois qu'elle est perpétuellement en travail. Elle se rétrécit, se voile, se gauchit, s'affaisse, se disjoint, se fend, se gonfle, frotte, serre dans les feuillures, se déforme, fait sauter ses assemblages suivant qu'elle est soumise aux effets du chauffage ou du manque de chauffage, de la sécheresse ou de l'humidité. De même que la porte, l'huisserie, d'abord gonflée par le contact des plâtres, se rétrécit et se sépare de la cloison. Les poteaux d'angle ou de remplissage et les montants supérieurs des portes laissent ainsi apparaître des fentes que même le délardage des bois n'at- ténue qu'imparfaitement; fentes et retraits donnent aux parois un aspect discontinu, précaire et déplaisant. Enfin, le bois brûle, il pourrit, et des végétations mycéliennes peuvent l'anéantir complètement. Au moment où va s'ouvrir la période de reconstruction, il n'est pas douteux que les conditions dans lesquelles seront offerts les ouvrages en bois se trouveront complètement modifiées. En effet, tous les stocks de bois sec ont déjà disparu et ne peuvent pas être remplacés, les forêts indigènes ayant été exploitées pour les besoins exceptionnels de la guerre. Une situation semblable affecte les bois étrangers, notamment les sapins de Norvège. Enfin, on ne peut pas attendre des forêts coloniales une production susceptible d'approvisionner le marché avec rapidité et continuité. GLACES et VERRES

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Par contre, l'industrie des métaux accuse une prospérité croissante, et sa production se trouvera prochainement en pleine activité. C'est par le métal que les concurrents dont nous analysons le projet ont remplacé le bois en l'associant à la fibre de verre. L'aluminium et ses alliages avaient été envisagés; pratiquement, d'autres métaux et même des complexes « bon marché » seront utilisés à l'édition, concurremment avec ces premiers matériaux. La fibre de verre utilisée se présentera soit sous la forme d'ouate de verre (fibre courte), soit sous la forme de verre filé (fibre longue), avec les caractéristiques particulières à ce produit (1). Description de l'ensemble. Huisserie. Porte. — L'huisserie est constituée par un cadre en fer U destiné, d'une part, à assujettir les éléments de la cloison, d'autre part, à supporter la porte, ses dispositifs de suspension et de fermeture, et à recevoir les accessoires d'accompagnement : chambranles, moulures, appareillage électrique. Ce cadre est relié à la partie inférieure par une entretoise tubulaire. Les aiguilles destinées à relier l'huissière au plafond sont également tubulaires et fixées mécaniquement au cadre. Leur longueur peut être réglée à la pose. Des perforations sont préparées à l'usine pour permettre la fixation des supports divers, l'habillage pour les gâches, l'appareillage électrique, etc. L'habillage de l'huissière est obtenu par deux coquilles constituant les chambranles et la traverse supérieure apparente de l'ouverture. Ces coquilles comportent une feuillure pour recevoir la porte et assurer son battement; elles sont réglables et réversibles et leur fixation est effectuée au moyen de vis Parker. La traverse basse reçoit un seuil réglable. La porte proprement dite est composée d'un bâti rigide, d'un habillage et d'un remplissage. Elle est réversible. Le bâti est constitué par un profilé creux; il comporte tous les percements et évidements permettant d'utiliser la porte pour tous les sens d'ouverture. Le profilé est étudié en outre pour loger sans saillie extérieure les accessoires de suspension et de fermeture, éléments de pivots et serrures. Les faces de la porte sont obtenues par le collage à la presse de tôles embouties. Le bourrage de l'espace intérieur est en ouate de verre traitée spécialement. La quincaillerie est composée de deux pivots, d'une serrure (avec ou sans clé), de deux béquilles et d'une gâche. (1) Densité à l'état de tassement normal : Verre filé : 120/140 kg au m³. Ouate de verre : 90/100 kg au m³. Densité à l'état aggloméré : Verre filé : 150/170 kg au m³ Ouate de verre : 120/140 kg au m³. Conductibilité thermique : Argent ………………………………………… 1 Fer …………………………………………… 0,16 Ouate de verre ……………………………… 0,030 Résistance à la corrosion : Résistance absolue aux acides et à tous les agents chimiques et atmosphériques (exception faite pour l'acide fluorhydrique). Résistance à d'autres éléments de destruction : Par sa nature et sa constitution, la fibre de verre est imputrescible, incombustible, n'offre aucun aliment au feu et résiste sans modification de structure à des températures élevées. Elle rebute les rongeurs et les insectes pour lesquels elle est, pour ainsi dire, infranchissable. Il s'agit enfin d'un produit parfaitement inerte et stable dans le temps. GLACES et VERRES

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Porte vitrée. — Les Glaces de Boussois ont naturellement cherché à utiliser la porte de telle façon qu'elle puisse être vitrée. C'est en effet un point qui ne semble pas avoir été étudié en France avec assez d'attention que celui qui consiste à utiliser au maximum les portes vitrées pour l'éclairage de locaux obscurs. Nombreux sont les passages communs (antichambres, couloirs, cages d'escaliers, etc.) qui pourraient être éclairés par un éclairage diurne transmis par une porte vitrée et qui, en fait, restent obscurs et justiciables de la lumière artificielle. Il semble que la raison de cette carence dans l'usage des verres puisse être recherchée dans le souci des habitants de ne pas être vus de l'extérieur à l'intérieur. A cela il est facile de répondre que la visibilité directe est supprimée par l'emploi de glaces dépolies ou de verres imprimés, diamantés ou gravés, et que les ombres portées sont également diminuées ou même supprimées si l'on a soin d'utiliser les produits vitrifiés voulus. On reproche aussi à la porte vitrée de pouvoir être plus facilement fracturée dans sa partie de verre. Il vient sous le sens que l'emploi d'une glace ou d'un verre armés supprime cet inconvénient qui n'est évidemment pas négligeable. Ajoutons également que si l'on craint la transmission des bruits extérieurs par une porte vitrée, il est facile d'y remédier par l'emploi d'un double vitrage. C'est d'ailleurs ce qui a été prévu dans le projet de concours dont nous nous occupons actuellement. Il est à remarquer, par comparaison avec les architectures étrangères, que la France est très loin en arrière des autres pays qui utilisent d'une façon tout à fait courante la porte vitrée. Dans le projet des Glaces de Boussois et des Etablissements Borderel et Robert, M. Sage a prévu plusieurs dispositions comportant ou non des petits bois de division ou des evidements circulaires dans lesquels les glaces ou les verres peuvent être simples ou doubles, leur fixation se faisant instantanément par parcloses métalliques élastiques. Porte double. — La porte double est réalisée par l'emploi de portes standard ordinaires modifiées par l'adaptation d'un battement et d'un système de verrouillage automatique prenant place dans les logements prévus. Pose. — L'huisserie de la porte métal et fibre de verre est posée par un manœuvre spécialisé qui n'a qu'à la caler et à vérifier sa verticalité. La porte elle-même est indéformable et n'a besoin d'aucune protection pendant les travaux. Réversibilité. — Elle a été prévue pour faciliter le changement de sens ou de face. L'habillage de l'huisserie est alors dévissé et démonté, puis remonté sans modification après retournement des pièces. Il en est de même pour la porte qui est retournée de haut en bas et remontée sans déplacement de la quincaillerie. Aucune retouche à la porte ni à son encadrement. Jeu et rattrapage. — Contrairement à ce qui se passe pour le bois sous l'influence de l'humidité, la porte métallique ne subit aucun mouvement de torsion, ni aucun gauchissage possible. Dans le cas où des tassements déformenteraient l'huisserie, l'ajustement de la porte est rectifié par le réglage des coquilles d'encadrement et du seuil sur leurs supports. Etanchéité. — Il ne suffirait pas d'avoir une porte isolante pour obtenir satisfaction contre la transmission du bruit et du froid ou de la chaleur. Il y a lieu de se garantir contre les fluides pouvant passer par les interstices habituels des portes. C'est pourquoi on a prévu l'interposition en feuillure d'une lame élastique assurant une fermeture hermétique sur la totalité du pourtour. Isolement phonique. — Bien que le métal soit en principe favorable à la transmission des sons, l'interposition de couches protectrices anti-vibratiles entre les divers composants métalliques s'oppose pratiquement à leur entrée en vibration. Le matelas d'ouate de verre est, de plus, un excellent absorbant. Isolement thermique. — Malgré leur nature métallique, l'huisserie et le bâti de la porte transmettent faiblement le froid et la chaleur en raison du peu d'épaisseur du métal, de son faible pouvoir émissif et de l'interposition de couches isolantes mauvaises conductrices. De leur côté, les parties bourrées constituent une barrière efficace et le dispositif étanche du pourtour s'oppose au passage du courant d'air; l'ensemble se comporte d'une manière favorable. Protection contre le feu. — La porte métallique bourrée de fibre de verre n'offre aucun aliment à l'incendie. Elle constitue un efficace « coupe-feu ». Protection contre les rongeurs. — L'ouate de verre, pas plus que le métal de la porte, ne peut être attaquée par les rongeurs et les insectes. Cloisons La cloison légère généralement usitée de nos jours est constituée par une ossature en briques pleines ou creuses ou en carreaux de plâtre hourdés, revêtue d'un enduit en plâtre. Ce genre de construction, primitivement limité à l'Ile-de-France, s'est répandu dans la France entière malgré tous les inconvénients de la difficulté du séchage, du temps et de la matière perdus, de son gâchis installé à demeure dans le chantier avec ses répercussions sur les travaux de tous les corps d'état Cependant, si l'on a mis au point et fabriqué maint système de cloison, aucun n'a conquis le marché et la clientèle est restée attachée à la cloison de plâtre. Il y a à cela diverses raisons dans lesquelles on peut classer en premier lieu la sensation de « construit » donnée par la cloison en plâtre au même titre que par les enduits des murs et des plafonds, et les facilités de la peindre, de la tendre, d'y fixer le décor des tableaux, gravures et autres objets familiers et traditionnels. Pour ces raisons, les auteurs du projet ont présenté des produits dont l'enduit en plâtre constitue le revêtement essentiel et auxquels il donne leur aspect fini. Il existe déjà dans le commerce des éléments préfabriqués légers en plâtre enduit, d'une parfaite exécution. Ils évitent en grande partie les inconvénients du séchage et donnent à la cloison finie un aspect satisfaisant. Toutefois l'emploi de tels éléments se heurte à quelques difficultés : a) Le transport et les diverses manutentions sont dommageables à la vivacité des arêtes et à l'épiderme des surfaces vues; b) Les parties construites en carreaux entiers doivent, dans le cas de division, être terminées avec un plâtre frais, et l'on retombe dans les inconvénients signalés plus haut; c) La rectitude et la perfection des carreaux enduits peuvent être une gêne dans la construction de la maison courante où l'on a souvent besoin de rattraper les imperfections par des artifices d'exécution et où la nécessité de procéder souvent par petites surfaces ou surfaces gauches ne peut être satisfaite que par l'emploi du plâtre frais; GLACES et VERRES

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d) Enfin, le plus grave reproche qu'on puisse faire à l'emploi d'éléments « finis » dans un chantier de construction, c'est le fait qu'en cette qualité ils doivent être employés après le passage de tous les corps d'état. Dans ces conditions, il faut renoncer à les inscrire dans l'ensemble des enduits intérieurs, selon le programme habituel. Et les ouvriers de plusieurs corps d'état, notamment les plombiers, devront renoncer à ce support naturel de tous leurs ouvrages. Pour les raisons qui précèdent, il a paru intéressant de présenter, en plus de l'élément conforme au programme du concours, un élément léger non terminé, susceptible de remplacer l'ossature maçonnée des cloisons courantes par un produit industriel recevant l'enduit. Description des produits proposés. A. — Élément à deux enduits finis (conforme aux conditions du concours): Longueur 3 m; largeur 0 m 25; épaisseur 0 m 075. Il est constitué par une âme en complexe plissé, de 3 m × 0 m 20 × 0 m 035; deux nappes de fibre de verre agrafées sur les faces; un enrobage de ciment sur 0 m 10 de haut à la partie basse; un enrobage de plâtre à la partie restante; un joint d'emboîtement sur chaque petit côté; un tube métallique de 0 m 025 noyé dans la partie basse pour le passage des canalisations électriques; des taquets bois noyés dans l'enduit ciment pour la fixation des plinthes. Cet élément est scié sur le chantier à la longueur voulue et posé à emboîtement au lait de plâtre sur un patin de mortier de ciment. Il est scellé au plâtre en plafond. Les raccords sont faits au plafond. Son poids réduit permet une manutention facile par un seul ouvrier. Grâce à sa faible largeur, il est possible de constituer des portions de cloison de toute longueur sans découpage préalable des éléments, les extrémités étant complétées avec les chutes provenant des sciages déjà effectués. B. — Élément support sans enduit: Longueur 3 m; largeur 1 m; épaisseur 0 m 055. Il est constitué par: une âme en complexe plissé, de 3 m × 1 m × 0 m 035; deux nappes de fibre de verre agrafées sur les faces; un tube métallique de 0 m 025 traversant les ondes et servant au passage des canalisations électriques au niveau de la plinthe; des taquets de bois destinés à recevoir les plinthes. Les éléments sont rendus solidaires entre eux et avec les huisseries par agrafaage. Ils peuvent facilement être découpés sur le chantier, sans installation spéciale. Pose. — Les éléments complets sont sciés et posés sur deux lignes. Pas de tendeurs, pas d'enduits. Le support est posé avec agrafes; il est scellé sur deux lignes tendues et enduites. Isolement phonique. — S'il est moyen dans le cas de la cloison effectuée par éléments, il est excellent dans la cloison support, car la nature hétérogène de celle-ci s'oppose à la transmission et au passage du son. Isolement thermique. — Les joints favorisent la transmission des calories, mais, dans la cloison hérétogène, il n'y a pas de déperdition de chaleur, en particulier par l'interposition de deux nappes de fibre de verre. Clous et scellements dans la cloison. — Ce détail ne manque pas d'intérêt puisque l'on sait les difficultés rencontrées dans la mise en place de tableaux ou de gravures sur des murs et des cloisons dans lesquels il est impossible d'enfoncer un clou. Ce n'est pas le cas dans les éléments présentés au concours. Le poids des cloisons en complexe « métal — ouate de verre » est très inférieur à celui des matériaux habituels. * Les multiples avantages que présentent les portes et les cloisons telles que les ont conçues les auteurs du projet permettent de penser qu'une fabrication en série donnera des prix bas et que leur fourniture à des dimensions standardisées en facilitera l'application dans tous les immeubles : habitation, industrie, commerce. D. B. Croquis inédits de Jacques Sage. GLACES et VERRES

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Ces deux splendides miroirs en damier viennent d'être posés dans un appartement de l'avenue Foch, à Paris. Chacun d'eux comporte un décor qui s'harmonise avec celui de la pièce dans laquelle il figure. On remarquera, à la page précédente (fumoir), les motifs gravés (gravure à l'acide en quatre bains, argenture sur la face gravée) ; et ci-contre (salon de réception), les deux appliques de cristal, d'un très beau travail, figurant deux corbeilles de fleurs. (Miroiterie Lemoine) MIROIRS EN DAMIER Les modernes miroirs en damier tiennent de leur ancêtre du Grand Siècle, la vénérable Galerie des Glaces de Versailles, d'indéniables qualités de noblesse et de grandeur. Ce n'est point à dire que certains d'entre eux ne s'encanaillent parfois étrangement, quand il leur arrive de prendre place dans des ensembles douteux, quand ils reflètent et « doublent » des aspects qui ne méritent pas toujours cet honneur. Les deux parquets de glace qui viennent d'être installés à Paris, dans un vaste et somptueux entresol de l'avenue Foch, ne risquent pas d'encourir un tel reproche. Ceux-là sont placés dans un cadre vraiment digne de leur caractère. Ils ne dispensent que d'harmonieux reflets; ils ne sont amenés à prolonger et à répéter que les lignes d'une architecture agréable et les formes d'un décor de bon ton. Ils peuvent jouer ici à plein leur rôle et, dans ces pièces spacieuses où l'on imagine réunie une élégante assemblée, venir parfaire le plus heureusement du monde l'ambiance d'apparat déjà crée par le mobilier et par la décoration. D'ailleurs ils participent activement, si l'on peut dire, à cette décoration même. Car le damier du fumoir, œuvre de Georges Roche, offre au regard, discrètement gravés à l'acide et disposés en manière d'encadrement, d'aimables scènes dix-huitième et de gracieux motifs floraux. Et, dans le grand salon de réception, deux précieuses appliques de cristal, reflétées par les miroirs, apparaissent comme des lustres à quatre branches miraculeusement suspendus dans le vide, cependant qu'une guirlande de feuillages aux tons d'or patiné entoure la grande surface polie qui supprime la muraille, crée de l'espace, diffuse la lumière et ouvre une nouvelle perspective. GLACES ou VERRES