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GLACES ET VERRES N° 79 — Juillet 1945
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
GLACES ET VERRES N° 79 — Juillet 1945
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GLACES ET VERRES REVUE TECHNIQUE, ARTISTIQUE, PRATIQUE 140, rue de la Chapelle, PARIS (18°) — Téléph.: Botzaris 60-62 Direction : R. LHOTE Édition de la Société d'Études et de Publicité Société à responsabilité limitée au Capital de 25.000 fr. R. C. Seine 229.903 B — Rép. Prod. Seine C A 13.717 Rédaction : M. Despréaux --- ABONNEMENTS Un an: France, 75 francs; Étranger, 100 francs Compte de Chèques postaux: Paris 1155-78 --- Tous les deux mois Le numéro: 15 francs (Étranger: 20 francs) --- N° 79 18° année Juillet 1945 --- Sommaire du n° 79 L'isolation thermique et phonique du bâtiment par la fibre de verre, p. 2. Décor de la glace, p. 5. L'organisation d'une miroiterie-droguerie (suite et fin), p. 6. Le stockage des verres coulés, p. 9. Coupole de la chapelle du Christ-Roi, p. 10. Résistance du béton translucide, p. 10. Un nouvel appareil à travailler les surfaces des glaces (R. Touvay), p. 11. Documentation analytique: La résistance du verre au choc thermique et le contrôle de la fabrication, p. 14. Les articles sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs. Tous droits de reproduction réservés pour la France et l'étranger --- L'isolation thermique et phonique du bâtiment par la fibre de verre (Voir p. 2 à 4) Ci-contre: Dé-pilage de la fibre longue. --- GLACES et VERRES ---
Ci-contre : Découpage d'une nappe de fibre de verre longue sur le cylindre de la machine. Ci-dessus : Écheveau de fibre de verre longue. CLIMATISER le logis, lui épargner les excès de la température extérieure en lui assurant le silence, voilà ce que, dans la reconstruction générale qui se prépare, l'architecte devra réaliser s'il veut faire œuvre neuve. Pour se garantir de la chaleur et du froid aussi bien que du bruit, on se contentait jadis de construire lourd et épais. Mais comme, en raison du nombre de constructions et de l'urgence des travaux, la membrure des nouveaux logis sera mince et légère, une isolation thermique et phonique efficace des parois sera la condition nécessaire du succès. L'isolation, problème assez nouveau dans le bâtiment, tout au moins en France, est une vieille connaissance dans l'industrie, où le prix de revient de la calorie ou de la frigorie oblige à recouvrir de matières isolantes toutes les canalisations et les récipients. Et Ci-contre : Machine à fabrication continue de fibre de verre courte. Ci-dessous : Feutre de fibre de verre courte. GLACES VERRES
l'on sait par expérience, dans l'industrie, que le meilleur isolant, le plus efficace, celui qui dure indéfiniment et qui est par conséquent aussi le plus économique, c'est la fibre de verre. Pour capitonner ses maisons, l'architecte devra donc adopter le même isolant en fibre de verre que celui avec lequel son collègue, l'ingénieur, matelasse les tuyauteries et les chaudières de ses usines. Ci-dessous : Quelques procédés de pose de feutre de fibre de verre pour l'isolation thermique d'une toiture. Ci-dessus : Isolation thermique simple et efficace réalisée en déposant des feutres de fibre de verre courte, cousus entre deux papiers, sur le plancher d'un faux grenier. * La fibre de verre, connue aussi sous le nom de verre filé (1), est obtenue en filant, en étirant à travers d'étroits orifices, du verre en fusion à la sortie du four. Si l'étirage est continu (procédé Gossler), on obtient la fibre longue (F.L.) de 15 à 25 millièmes de millimètre de diamètre et de 2 m environ de longueur, formant des écheveaux soyeux, blancs et brillants, dont on fait des feutres pesant environ 160 kg au m3. Si l'étirage est provoqué par centrifugation (procédé Hager) ou par détente de vapeur (procédé Owens), ce qui rompt la fibre, on obtient deux genres différents, mais assez voisins, de fibres courtes (F.C.) de 15 à 20 millièmes de millimètre de diamètre, de quelques centimètres de longueur, qui donnent des feutres très homogènes, pesant environ 60 kg au m3 et ayant l'aspect de l'ouate. Des procédés analogues, en utilisant des filières à orifices sensiblement plus réduits, permettent d'obtenir des fibres de verre beaucoup plus fines. Ces fibres sont dites « textiles » parce qu'elles sont assez souples pour réaliser des mèches, fils et tissus, tout comme la soie, la rayonne, la laine, la fibrane, etc. En dehors des emplois principaux dans l'isolation électrique, la filtration physique et chimique, les joints de vapeur métalloplastiques, les complexes verre et résines synthétiques et les écrans de cinéma, les tissus de verre nus ou enduits se prêtent particulièrement bien à la décoration et à l'ameublement, grâce à leurs propriétés d'incombustibilité et d'imputrescibilité. Pour l'isolation dans le bâtiment, c'est la fibre courte qui sert le plus souvent. La fibre longue, plus lourde, est plus coûteuse et ne justifie son emploi que si l'isolant doit jouer son rôle sous une forte compression. Composés d'une multitude de cellules microscopiques d'air à parois de verre, les feutres de fibre (1) On consultera utilement, pour complément d'information sur la fabrication et les applications de la fibre de verre ou verre filé, les nos 67, 68 et 69 de Glaces et Verres. GLACES et VERRES
matériaux, et qui dure indéfiniment. Elle n'est aucu- nement nocive à l'organisme. Toutes ces qualités font de la fibre de verre le matériau idéal pour l'isolation thermique et phonique du bâtiment, ainsi que pour la correction acoustique des bureaux et des salles d'audition. L'isolation thermique dans le bâtiment, c'est d'abord l'isolation du toit de la maison ou du pla- fond de l'appartement. On peut dérouler simplement le feutre de fibre de verre sur le sol des combles, ou doubler la toiture, sous les chevrons ou sous les pannes, ou capitonner un plafond qu'on plâtrera par dessus le feutre. Cette isolation horizontale, la plus utile puisque les calories s'échappent en montant, se complète par un doublage des murs et des cloisons, évitant les fuites latérales. L'isolation phonique qui devra, de préférence, être envisagée dès la construction du bâtiment, conduira à l'édification de plafonds suspendus, de parquets flottants et de cloisons sourdes, pour lesquels les feutres en fibre de verre constituent l'âme même de la résistance à la transmission du bruit. Enfin, la correction acoustique cherche à améliorer la réverbération interne des locaux. Elle s'obtient en particulier par le revêtement des parois, soit d'un enduit absorbant à base de fibre de verre, soit de feutres absorbants recouverts de tissus de verre. Telles sont les caractéristiques et les modalités d'emploi d'un matériau qui est en passe de devenir un élément essentiel du bâtiment moderne. Ci-dessous : Isolation thermique et phonique d'un mur par un feutre de fibre de verre. Ci-dessus : Isolation thermique d'un plafond par un feutre de fibre de verre. Ci-dessous : Isolation d'un parquet par la fibre de verre. GLACES VERRES
Ci-dessus : Détail d'un grand miroir gravé (se reporter au texte). Ci-contre : Plateau et dessous de carafe en miroir. Semis de fleurettes gravées, cadre granulé, bords taillés, filet rouge et or. Décor de la glace L A décoration du verre est un champ très vaste où il y a encore beaucoup à découvrir. Les artistes, toujours en quête d'inédit, essayent sans se lasser des procédés nouveaux et souvent une heureuse trouvaille vient récompenser leurs efforts. Dans le cadre des techniques classiques, d'ingénieux tours de main, — sur le détail desquels, comme on le conçoit, celui qui les a mis au point reste en général très discret, — permettent d'obtenir des résultats inattendus, des effets différents de ceux de la production courante. Ainsi, dans ce grand miroir décoré dont nous reproduisons un détail, le modelé vigoureux des animaux a été obtenu au jet de sable, mais l'aspect de cette gravure est assez particulier : on y retrouve le poli et le brillant si caractéristiques de la gravure à la roue. Il s'agit là d'ailleurs d'un tout premier essai, mais qui a été parfaitement concluant : la photographie ne peut bien entendu en donner qu'un aperçu assez vague, car la couleur intervient aussi dans l'affaire, concurremment avec la qualité et le « grain » de la surface. Du même décorateur, mais dans un genre très différent, nous reproduisons aussi ce plateau et ces dessous de carafe, qui se présentent de très aimable manière : décor de fleurettes gravées sur un fond de miroir dégradé, cadre granulé, bord taillé et serti rouge et or, donnent à l'ensemble un aspect précieux, très « décor de la table »... La troisième photographie enfin nous montre une belle série de ces articles de miroiterie : miroirs à main, coffrets, cadres, cendriers, etc., dont il existe des milliers d'exemplaires sur le marché. Mais le décorateur imprime sa marque à sa production, et l'on ne peut refuser aux pièces ci-contre un particulier cachet d'élégance. Créations René Fleury. Ci-contre : La vitrine du miroitier de luxe. GLACES et VERRES 5
L'organisation d'une miroiterie-droguerie (suite et fin) (1) Le circuit main-d’œuvre (voir fig. 5) Le circuit main-d’œuvre a pour objet de comptabiliser le nombre d’heures passées sur chaque commande par chaque ouvrier et dans chaque section. Le but de cette comptabilisation est double. En effet, pour payer les ouvriers, on totalise le nombre d’heures passées au travail par chacun d’eux dans la période de référence considérée. Pour calculer le prix de revient des commandes, on totalise pour chacune d’elles le nombre d’heures passées dans chaque section. Fig. 5 La méthode préconisée présente de nombreux avantages permettant : de calculer avec précision le prix de revient des produits fabriqués; d’intéresser le personnel à son effort en lui octroyant des primes de rendement; de supprimer le travail en régie, toujours d’un rapport désastreux. Le principe de la méthode consiste en ce que, d’une part, aucun ouvrier n’effectue quelque travail que ce soit sans être en possession d’un bon de travail; d’autre part, les heures de travail de l’ouvrier sont pointées sur un document unique servant de base à la fois au calcul de la paye et au calcul de l’imputation : la feuille individuelle d’emploi du temps. Le bon de travail (modèle J). Le bon de travail porte toutes les indications utiles à l’ouvrier pour effectuer la tâche, au contrôle pour vérifier la fabrication, et à la comptabilité pour calculer la valeur du bon. Sur ce bon, le bureau de préparation indique la quantité mise en œuvre et le temps limite : temps maximum accordé à l’ouvrier pour exécuter son travail en bénéficiant d’une prime; ce temps est dit unitaire s’il est fixé par unité de travail, par série si les travaux correspondants ne se renouvellent pas à chaque unité de travail. En réalité, quand l’ouvrier travaille à la prime de rendement, on ne lui paye pas la quantité mise en œuvre, mais celle réellement effectuée; c’est pourquoi le calcul du temps limite total ne peut se faire qu’après l’exécution du travail, et le contrôle du nombre de pièces bonnes. Ce bon porte en plus un timbre détachable sur lequel sont indiqués : la section dans laquelle est exécuté le travail, le temps limite, le numéro de la commande et le numéro de bon. Grâce au timbre collé sur la feuille individuelle d’emploi du temps, le bon de travail cesse d’être un document comptable, avantage incomparable car le bon de travail peut facilement être perdu et est lourd à classer, à trier et à compulser. (1) Lire le début de cette étude dans les n°s 77 et 78 de Glaces et Verres.
Fig. 6 BUDGET DE SECTION UNITE d'OEUVRE de la SECTION --- BUDGET --- RÉALITÉ --- U = 368 --- MONTANTS --- TAUX UNITAIRES --- MONTANTS --- TAUX UNITAIRES --- 1. SALAIRES DIRECTS | 54 | 2392 | 2275 | 2. SALAIRES INDIRECTS | P | 598 | 625 | 3. SALAIRE TOTAL DE PRODUCTION | Sd | 2990 | 3125 | 4. Taux salaires | a + b | 8,13 | 8,93 | 5. AUTRES SALAIRES | o | 867,50 | 870,50 | 6. MATIERES DE FRAIS | u | 1328,50 | 1316,20 | 7. FONDUITURES EXTÉRIEURES | v | 945,80 | 945,80 | 8. ABONNEMENTS | x | 1564 | 1610 | 9. REMBOURSEMENTS | p | 4695,80 | 4742,50 | 10. Taux DC | b + bc | 12,76 | 13,55 | 11. CHARGES GÉNÉRALES | e | 1218,10 | 1218,10 | 12. AMORTISSEMENTS | e | 467,36 | 467,36 | 13. CHARGES FINANCIÈRES | e | 1148,16 | 1148,16 | 14. FRAIS ADMINISTRATIFS | c | 1611,84 | 1611,84 | 15. Taux DE | f | 4445,46 | 4445,46 | 16. PRU | Sd + DC + DE | 12131,26 | 12312,96 | 17. Taux SECTION | d + b + c | 32,97 | 35,18 | P.M. PARTS DES FRAIS DE DISTRIBUTION GLACES et VERRES La feuille individuelle d'emploi du temps (modèle K). Pour chaque ouvrier est ouvert chaque sizaine une feuille individuelle d'emploi du temps. On a choisi la sizaine, ou période de six jours, comme période élémentaire, parce qu'elle est contenue un nombre entier de fois dans le mois, et qu'il est commode d'utiliser le mois comme période comptable. Sur cette feuille individuelle d'emploi du temps sont collés, par le contremaître remplissant en cela l'office du pointeau, des timbres détachés de chaque bon de travail remis à l'ouvrier. Ainsi est-on assuré qu'aucun temps de travail n'a été oublié dans les décomptes des heures de l'ouvrier. La feuille individuelle remplie par les soins du contremaître et portant pour chaque bon : le nombre de pièces payées, donc le temps limite, et le temps passé, est envoyée à la comptabilité main-d'œuvre qui, à partir de ce document, établit la paye et l'imputation au moyen d'un jeu de documents se reportant l'un sur l'autre par décalque au moyen d'une plaque C.S.M. : la feuille de dépouillement (modèle L) et la feuille d'imputation main-d'œuvre (modèle M). La feuille de dépouillement. La feuille de dépouillement sert à enregistrer pendant tout un mois, d'après les feuilles d'emploi du temps, tous les temps limite et les temps passés sur bons. Elle fournit donc, par mois, le total des temps de présence, et, pour les bons réglés, le total des temps limite et le total des temps de présence. La feuille d'imputation main-d'œuvre. La feuille d'imputation main-d'œuvre est ouverte pour chaque commande à raison d'une par section. La tenant par décalque avec la feuille de dépouillement, on est assuré que toutes les heures payées aux ouvriers sont imputées. La feuille de paye (modèle O) La feuille de paye est du modèle le plus classique. Elle présente cependant cette caractéristique d'être conçue pour faire une seule paye par mois, toute la comptabilité étant tenue par mois. Comme cependant il est légal de payer les ouvriers chaque semaine, il leur est versé des acomptes calculés au prorata des heures de présence relevées sur les feuilles d'emploi du temps. Le montant de ces acomptes est déduit du total mensuel fourni par les feuilles de paye. Ainsi se trouve réalisé le circuit main-d'œuvre, dont la pièce maîtresse est sans contredit la feuille d'emploi du temps constituant la récapitulation de tous les travaux effectués par l'ouvrier, et cela sans contestation possible, puisque sur cette feuille est fixé, en présence de l'ouvrier, un témoin de chaque bon de travail. Le bureau des résultats Le bureau des résultats a un triple rôle : établir les budgets de section; calculer le prix de revient des commandes; établir les statistiques de direction. Les budgets de section (fig. 6, modèle N). Chaque section est considérée comme ayant une gestion autonome, en d'autres termes elle supporte sa part de tous les frais de l'entreprise. Ces frais sont divisés en trois catégories : dépenses d'exploitation (salaires de production); dépenses d'exploitation (dépenses complémentaires); dépenses de l'établissement. Dans la première catégorie sont groupés tous les salaires et charges sur salaires des ouvriers travaillant directement sur des commandes. Dans la seconde, les salaires et charges sur salaires des employés et des ouvriers ne travaillant pas sur commande, les fournitures, amortissements, remboursements des sections complémentaires. Dans la troisième enfin, toutes les charges de l'entreprise, frais administratifs et financiers. On obtient ainsi un total de dépenses qui, rapportées à un nombre déterminé d'heures de travail, fournit un taux horaire. Il est logique, dans toute économie bien gérée, de prévoir les dépenses avant de comptabiliser celles qui sont réellement effectuées. C'est pourquoi deux parties sont prévues : celle de gauche, « Budget », dans laquelle sont portées les dépenses prévues, en fonction du nombre d'heures de présence prévues pour la période considérée; celle de droite, « Réalité », dans laquelle sont au contraire portées les dépenses réelles et le nombre d'heures de présence réelles. Les dépenses prévues rapportées aux heures prévues fournissent un taux horaire, dit taux prévisionnel par opposition au taux réel, rapport des dépenses réelles aux heures réelles. La feuille d'ouvrage de commande (fig. 7, modèle P). Nous avons défini précédemment que le prix de revient d'une commande se composait de : la matière, grevée des frais sur matières; la main-d'œuvre, grevée de tous les frais généraux autres que les frais sur matières; les frais spéciaux. Reprenons la commande no 521 étudiée plus haut. La comptabilité matière a envoyé au bureau des résultats une feuille d'imputation matière d'un montant de 950 fr. 85. Par ailleurs, la comptabilité main-d'œuvre a de son côté envoyé les feuilles d'imputation main-d'œuvre. Il se trouve que cette commande a nécessité 5 heures de travail pour un temps limite prévu de 5 h. 50 dans la section 04. Aucun frais spécial n'est venu grever cette commande.

Cette publication, numéro 79 de la collection « Glaces et Verres », datant de juillet 1945, traite principalement de l'isolation thermique et phonique dans le bâtiment à l'aide de la fibre de verre. Elle explore les différentes formes de fibre de verre (longue et courte), leurs procédés de fabrication et leurs applications pour améliorer le confort et l'efficacité énergétique des constructions modernes. Des publicités d'entreprises spécialisées dans le verre, la miroiterie et les matériaux isolants complètent le contenu.