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CIMAISE ISSN 0009-6830 art et architecture actuels 30e année N° 166 oct.-nov. 1983 present day art and architecture 50 F.
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CIMAISE ISSN 0009-6830 art et architecture actuels 30e année N° 166 oct.-nov. 1983 present day art and architecture 50 F.
PICTURA-BOOK – EDITION 83/84 Version complétée et améliorée du supplément PICTURA édité par le GUIDE EMER dans sa précédente édition, le PICTURA-BOOK uniquement réservé à l’ART CONTEMPORAIN sera mis en vente séparément du Guide Emer. Il paraîtra fin septembre 1983. Rassemblant toutes les informations relatives à l’ART CONTEMPORAIN (galeries, ateliers-galeries, rubrique “Où les trouver ?” consacrée aux artistes, organisations de Salons et de manifestations d’art contemporain, revues spécialisées, fournisseurs...) le PICTURA BOOK constitue un ouvrage précieux et nécessaire à tous ceux qui sont intéressés, professionnellement ou passionnellement, par toutes les formes de l’expression graphique ou picturale. Renseignements et conditions d’inscription : GUIDE EMER (PICTURA-BOOK), 50 rue-quai de l’Hôtel de Ville, 75004 PARIS. Tél. 277.83.44 --- Pour la première fois tous les événements marquants de l’année artistique dans le domaine des arts plastiques contemporains. IRREMPLAÇABLE MEMOIRE VISUELLE : introduites par 100 spécialistes de la critique d’art, les créations de 126 artistes de 24 pays présentées en 451 illustrations (dont 404 en couleurs) attestent la vitalité et la richesse de la recherche artistique. ENCYCLOPEDIE IMMEDIATE DE L’ART VIVANT, ART 82 EST DEJA L’EXCEPTIONNEL OUVRAGE DE REFERENCE. ART 82, LES EVENEMENTS DE L’ART CONTEMPORAIN DANS LE MONDE : 200 pages ; format 26,5 x 30,9 ; couverture pleine toile sous jaquette ; Prix public : 350,00 Frs T.T.C. Diffusion de l’édition en langue française : S.N.L. DICTIONNAIRE LE ROBERT. --- BON DE COMMANDE Veuillez m’envoyer ………………… exemplaire(s) “D’ART 82” Edition 82/83 au prix de 350 Frs T.T.C., franco de port. Ci-joint chèque bancaire ………………… chèque postal (C.C.P. n° 14.088.44. libellé à l’ordre de la S.N.L. LE ROBERT). NOM …………………………………………………………… ADRESSE …………………………………………………………… DATE …………………………………………………………… SIGNATURE OBLIGATOIRE ……………………………………………………………
CIMAISE ART ET ARCHITECTURE ACTUELS PRESENT DAY ART AND ARCHITECTURE 30° année N° 166 Octobre-Novembre 1983 --- Directeur-Rédacteur en Chef : Jean-Robert Arnaud Conseillers : John Franklin Koenig, Ante Glibota Secrétaire général : René Barzilay Secrétaire de rédaction : Luis Lemos Adjoint à la rédaction pour le CANADA : Henri Barras Distributeur pour le Canada : Leo Bonneville “Séquences” 4005 rue de Bellechasse - Montreal H1X 1J6 Téléphone : (514) 288-3764 Administration-Rédaction : 8, rue Récamier, Paris 7e. Tél. 544.04.82 Impression : Société Mondiale d’Impression, 3, rue Maurice Loewy, Paris 14e. Tél. 327.15.40 --- Prix Le numéro : France : 50 F. Étranger : 60 F. --- Abonnement Abonnement 6 numéros : France : 240 F. Étranger : 320 F. --- Couverture Madeyski pour Perkins and Will : First Federal Saving and Loan. Chicago --- NUMÉRO SPÉCIAL : 150 ANS D’ARCHITECTURE DE CHICAGO Jean-Robert Arnaud --- Éditorial --- Paul Gapp --- L’architecture de ChicagoChicago’s Architecture --- Michel Ragon --- Les architectes de Chicago et l’EuropeThe Architects of Chicago and Europe --- Paul Krainak --- Chicago et son parc de sculpturesChicago and its Public Sculpture --- Gilles Plazy --- L’espace-lumière de John David MooneyThe Light-Space of John David Mooney --- Barbara Jones --- John David Mooney, une vision de ChicagoJohn David Mooney, View from Chicago --- Marc Dillet --- L’homogénéité dans la divergence oul’état actuel de l’architecture à ChicagoHomogeneity in Divergence orthe State of Architecture in Chicago --- Ante Glibota --- Chicago, l’esprit des bureaux d’architectureChicago: The Spirit of the Architectural Firms --- Claude Bouyeure --- L’actualité en France --- Les traductions en anglais sont de Jérôme Reese
A COMPARISON OF THE WORLD'S TALLEST STRUCTURES Jean-Robert Arnaud ÉDITORIAL On Architecture We at Cimaise have always had a great interest in architecture. From the beginning, in our second issue thirty years ago (series no. 1, no. 2, December 1953), we published “Notes of an architect” by André Wogenscky; other articles followed. In 1959 we decided to add a section on architecture (no. 45/46, October, November, 1959) entitled “The cyma of architecture”, with a group of editors comprising Gerald Gassiot-Talabot, Michel Ragon, and André Wogenscky. We then realized that: - Other than in the specialized press, almost no one was writing about architecture. - Only very rarely were there articles on lesser-known architects; and so came about our “atelier visits” written in the same spirit as those devoted to painters and sculptors. --- De l'architecture Nous avons toujours porté dans Cimaise un grand intérêt à l’architecture. Dès le début, en 1953, dans notre deuxième numéro (série I n° 2, décembre 1953), il y a trente ans, nous publiâmes les “Notes d’un architecte” d’André Wogenscky ; d’autres articles suivirent. En 1959 nous décidions de créer dans la revue (n° 45/46 – octobre-novembre 1959) une section architecture qui s’intitula “Les cimaises de l’architecte” avec un comité de rédaction comprenant Gérald Gassiot-Talabot, Michel Ragon, André Wogenscky. Nous avions constaté alors : - Qu’on parlait pas ou peu d’architecture en dehors des revues spécialisées. - Que, plus rarement encore, on consacrait une étude personnalisée à un architecte en dehors des maîtres consacrés ; d’où nos “visites d’ateliers” écrites dans le même esprit que celles que nous consacrions à des peintres ou à des sculpteurs.
Quelques exemples parmi beaucoup d'autres : Michel Ragon : Jean Dubuisson (n° 45/46 octobre-novembre 1959). Gérald Gassiot-Talabot : Jean Prouvé (n° 54 juillet-août 1961). Michel Ragon : Andrault et Parat (n° 57 janvier-février 1962). Gérald Gassiot-Talabot : Kurokawa (n° 62 novembre-décembre 1962). Michel Ragon : Jacques Couelle (n° 103 août-septembre-octobre 1971). Michel Ragon : Goeritz (n° 106 mars-avril-mai 1972). Simultanément, nous avons publié des articles plus généraux consacrés à des techniques ou encore à des concepts (Michel Ragon : Architecture mobile n° 64 mars-juin 1963) et aussi à certains pays (69/70 n° U.S.A. Claude Parent : “Où va l’architecture américaine” ; n° 80 / 81 avril/juillet 1967 n° Canada Melvin Charney : “Naissance d’une architecture”, Georges Patrix : “Triomphe de l’architecture prospective”). Ces chroniques furent écrites pour un public non spécialisé et avec le souci de réintégrer l’architecture parmi les arts. Elles se sont poursuivies régulièrement pendant 14 ans, du n° 45/46, octobre-novembre 1959 jusqu’au n° 106, avril-mai 1972, puis s’espacèrent sans jamais cesser. Entre temps l’architecture était devenue une sorte de “tarte à la crème” de la presse et tout un chacun de s’en mêler. Aujourd’hui vient le temps du désenchantement, l’architecture disparaît des chroniques, il nous faut y revenir. 150 ans d’architecture de Chicago Comment mieux le faire qu’en consacrant un numéro spécial de Cimaise à 150 ans d’architecture de Chicago (1833-1983), symbole de l’architecture moderne, à l’occasion de cette exposition qui lui est consacrée à Paris, simultanément dans certains musées et galeries. Chicago est-elle encore un des phares de l’architecture contemporaine ? “L’École de Chicago” existe encore dit Paul Gapp (page 5 à 20 : “L’architecture de Chicago”) ; Michel Ragon lui dénie ce rôle aujourd’hui (page 21 à 36 : “Les architectes de Chicago et l’Europe”) ; c’est que le terme d’“École” dans cette acceptation est ambiguë tout comme le fut la fameuse “École de Paris” en peinture qui déchaîna tant de passions. Quoiqu’il en soit, Marc Dillet la juge active, cette architecture (page 53 à 64 : “L’homogénéité dans la divergence”) ; Paul Krainak parle des sculptures à travers la ville (page 37 à 44) ; Gilles Plazy et Barbara Jones traitent à propos de J.D. Mooney, de l’architecture, de l’espace et de la lumière (page 45-à 52) ; enfin Ante Glibota parle des agences sans qui rien ne serait (page 65 à 76). Chronique d’architecture Nous continuerons dans cette voie, à partir de 1984, nous reprendrons une chronique régulière d’architecture, elle sera tenue par Michel Ragon qui la conçoit différente de ce que nous avons publié dans le passé, avec, souvent un accent mis sur l’actualité, et sans omettre, si nécessaire est, la polémique. Numéros spéciaux Par ailleurs, et dans le cadre de nos numéros spéciaux consacrés à un pays (tel le numéro consacré à l’Italie n° 156/157, février-avril 1982), notre prochain numéro paraissant en décembre 1983 sera consacré à la peinture espagnole. Jean-Robert Arnaud --- Several examples among many: Michel Ragon: Jean Dubuisson (no. 45 / 46, October-November 1959). Gerald Gassiot-Talabot: Jean Prouvé (no. 54, July-August 1961). Michel Ragon: Andrault and Parat (no. 57, January-February 1962). Gerald Gassiot-Talabot: Kurokawa (no. 62, November-December 1962). Michel Ragon: Jacques Couelle (no. 103, August-September-October 1971). Michel Ragon: Goeritz (no. 106, March-April-May 1972). Simultaneously, we have published more general articles on techniques or concepts (Michel Ragon: “Mobile Architecture”, no. 64 March-April 1963), and also on certain countries (no. 69 / 70, USA, Claude Parent: “Where is American Architecture Going?”; no. 80 / 81 April / July 1967, Canada, Malvin Charney: “Birth of an Architecture”, Georges Patrix: “Triumph of Prospective Architecture”). These chronicles were written for a non-specialized public and with the desire to re-integrate architecture into the arts. They continued on a regular basis for 14 years, from issue no. 45/46, Oct. Nov. 1959 until issue no. 106, April-May 1972, then became spaced farther apart. Meanwhile, architecture had become “common knowledge” and everyone, it seemed, was writing about it. And now comes a period of disenchantment, architecture is no longer written about, it is time to return to it. 150 years of Architecture in Chicago What better way than in devoting a special issue of Cimaise to 150 years of architecture in Chicago (1833-1983), symbol of modern architecture, on the occasion of the exhibition devoted to it in Paris in several museums and galleries? Is Chicago still one of the leading lights of contemporary architecture? Paul Gapp says the “Chicago School” still exists (pages 5 to 20; “Chicago Architecture”); Michel Ragon denies it this role today (pages 21 to 36: “The Architectures of Chicago and Europe”), because the term “Chicago School” is ambiguous, as was the famous “Paris School” of painting, which so enflamed passions. Whatever it is, Marc Dillet finds this architecture active (pages 53 to 64: “Homogenity in Divergency”); Paul Krainak speaks about his Sculpture Park (pages 37 to 44); Gilles Plazy and Barbara Jones, in discussing J.D. Mooney, speak of the architecture of light and space (pages 45 to 52); finally, Ante Glibota writes about the architectural firms without which nothing would be what it is (pages 65-76). Column on Architecture As of 1984 we will continue in this direction with a regular column on architecture by Michel Ragon, who sees it in a different manner from what we have published in the past, with, often, an accent on actuality and without omitting polemics, if necessary. Special Issues Otherwise, and in the context of our special issues devoted to particular countries (such as the Italy issue, no. 156 / 157, Febr.-April 1982), our next issue, in December 1983, is devoted to Spanish painting. Jean-Robert Arnaud
Mies van der Rohe : I.I.T. Campus : Crown Hall - 1952-55 - Chicago - Photo Balthazar Korab. Paul Gapp ARCHITECTURE DE CHICAGO CHICAGO’S ARCHITECTURE Depuis le siècle dernier, Chicago a été la “capitale” architecturale des Etats-Unis. Ses créateurs sont encore à la pointe de l’innovation et probablement appelés à le rester. Cette créativité architecturale s’est manifestée pour la première fois d’une manière universelle en 1833, quand un constructeur chicaguan, Augustine Deodat Taylor, a inventé ce que l’on appelle la “charpente en ballon” pour les petites constructions en bois. Ce procédé était désormais applicable grâce à la fabrication de clous à bon marché et à la production en masse de poutres et de planches standardisées. La charpente en ballon rendait inutiles les poutres massives et la mortaise de précision. Elle permettait aussi à des ouvriers sans qualification de construire une maison très rapidement. Bien vite, le procédé est devenu universel, et il reste encore en usage de nos jours. Chicago has been the architectural “capital” of the United States for the last century. Its designers are still at the leading edge of innovation and are likely to remain so. The city’s architectural creativity was first manifested in the most mundane of ways in 1833, when a Chicago builder named Augustine Deodat Taylor invented the so-called balloon frame for small wooden structures. This was made possible by the manufacture of cheap nails and mass produced standard lumber sections. The balloon frame eliminated the need for heavy timbers and precision mortising, and enabled unskilled workers to construct a house very quickly. It soon became universal and is still used today.
L’invention de Taylor a donné le ton à une quantité de réalisations postérieures, et ce jusqu’à notre époque ; car une bonne part de la grandeur architecturale de Chicago est née de l’ingéniosité technique, et non du seul désir d’élever des bâtiments esthétiques et fonctionnels. A quelques exceptions près, les jalons essentiels du devenir architectural de Chicago datent d’après 1871, année de l’incendie catastrophique qui détruisit la majeure partie du centre-ville. Ironiquement, le plus fameux des bâtiments épargnés est une tour plutôt affreuse qui dissimule une partie des appareils d’une station de pompage hydraulique. Cette tour, qui se dresse encore au centre d’un quartier commerçant luxueux, est un spéciment de néo-gothique trivial en pierre jaunâtre. Néanmoins, les Chicagoans ont un faible pour elle en tant que symbole de la formidable renaissance de leur cité après le désastre de 1871. Les techniques architecturales de Chicago ont remporté leur triomphe le plus significatif en 1885, avec l’invention du gratte-ciel par William Le Baron Jenney. Son édifice de dix étages pour la Home Insurance Company a été la première construction entièrement supportée par une charpente squelettique de fer et d’acier. Autrement dit, la solidité des grands immeubles ne dépendait plus désormais de l’épaisseur des murs externes. Ou, tout au moins, les charpentiers de métal permettaient d’élever leurs façades élancées pour ainsi dire à n’importe quelle hauteur, défiant les forces de gravité et la pression latérale des vents. Le premier “âge d’or” de l’architecture chicagane s’étend de 1880 à 1910. C’est l’époque de “l’École de Chicago” (au sens de style et non de centre d’enseignement). Les architectes Louis H. Sullivan, Jenney et John Wellborn Root ont développé les conceptions commerciales appliquées aux immeubles de bureaux et aux grands magasins : un style caractérisé par une extériorisation des ossatures, de larges surfaces vitrées (souvent cloisonnées en baies) et des intérieurs fonctionnels et pratiques. L’une des réalisations les plus étonnantes de cette école est le Reliance Building, conçu par Charles Atwood en 1895. Revêtu d’un habillage lumineux constitué par un rideau de verre, il donne l’impression d’avoir été inauguré hier. Sigfried Giedion a fait observer que cet immeuble avait été construit presque trente ans avant que Mies Van Der Rohe ait conçu son premier gratte-ciel de verre et d’acier comme une sorte de délire, en 1921. Giedion considérait que le Reliance Building était “beaucoup moins un appel à la fantaisie qu’une anticipation architectonique du futur”. Aujourd’hui encore, la réalisation la plus illustre de l’École de Chicago demeure peut-être le Grand Magasin “Carson Pirie Scott and Company”, dessiné par Sullivan et construit en 1899. Sullivan a usé de la formule typique du style de Chicago : un damier de larges baies dépouillées pour les étages supérieurs, mais au rez-de-chaussée court un décor de fonte compliqué et amusant dans une manière fortement représentative de l’Art Nouveau. Les initiales de l’architecte, L.H.S., sont entrelacées dans ce réseau de fonte comme un habile symbole de paternité. Récemment, la façade a été restaurée à grands frais, pour lui restituer son apparence originelle. Le deuxième grand mouvement architectural centré sur Chicago a été “l’École de la Prairie”, dont Frank Lloyd Wright est le chef de file. “Prairie”, c’est bien sûr le terme qui désigne les vastes et riches plaines d’herbages qui entourent la ville et s’étendent à l’Ouest sur plusieurs des Etats voisins. En se dressant au-dessus d’une surface aussi monotone, les gratte-ciel frappaient particulièrement l’imagination. Mais c’est d’une toute autre façon que les maisons construites par Wright pour la Grande Prairie se sont intégrées à cette plati- Taylor’s invention set the tone for far larger accomplishments to come, right down to the present day – for much of Chicago’s architectural greatness has always sprung from ingenious engineering, not simply an urge to create buildings of beauty and utility. With few exceptions, Chicago’s architectural landmarks were built after 1871, the year of a calamitous fire that destroyed most of the city’s central area. Ironically, the most famous structure to survive the fire was a rather ugly tower concealing part of the apparatus for a water pumping station. The tower, which still stands in the center of a smart shopping district, is a crude Gothic expression in yellow stone. Nevertheless, it is beloved by Chicagoans as a symbol of the city’s great rebirth after disaster. Chicago’s single most significant architectural engineering triumph was achieved in 1885 when William Le Baron Jenney invented the skyscraper. Jenney’s 10-story Home Insurance Company building was the first such building supported wholly by an iron and steel skeletal frame. This meant large buildings no longer had to depend on the strength of thick exterior walls. Instead, the metal framed structures could carry their thin, tacked-on skins to almost any height – surviving the forces of gravity and lateral wind pressures. The first of Chicago’s great periods of architectural accomplishment flourished from 1880 to 1910. This was the time of the “Chicago School” of architecture (meaning a style, not a place of education). Architects Jenney, Louis H. Sullivan and John Wellborn Root developed the commercial style applied to office buildings and department stores. It was characterized by external expression of the skeletal frame, large expanses of glass (often in bay windows) and functional, efficient interiors. One of the most astonishing Chicago School structures is the Reliance Building, designed by Charles Atwood and built in 1895. Clad with a light, glassy curtain wall, it looks as though it could have been designed yesterday. Sigfried Giedion observed that the Reliance was built almost 30 years before Mies van der Rohe conceived his first glass and steel skyscraper as a sort of fantasy in 1921. Giedion saw the Reliance as “more than an incentive for fantasy”, but as an “architectonic anticipation of the future.” Still, perhaps the most celebrated Chicago School achievement is the Carson Pirie Scott & Company department store designed by Sullivan and built in 1899. Sullivan used the style’s typically crisp grid of broad windows on the upper floors, but at sidewalk level ran an intricate and joyful band of cast iron ornamentation in patterns strongly suggestive of Art Nouveau. His initials, “L.H.S.”, are worked into the iron tracery as a sly symbol of authorship. Not long ago, at great cost, the store’s exterior was faithfully restored to its original appearance. The second great Chicago-centered design genre was the Prairie School, of which Frank Lloyd Wright was the fountainhead. “Prairie” was the word for the vast, flat expanses of grassland that surrounded Chicago and extended westward in several other states. Rising upward from such level ground, skyscrapers created particularly stiking images. But Wright’s Prairie houses were related to this flatness in another way. They were low and strongly horizontal and they hugged the earth in an affinity with nature.
Mies van der Rohe and Arch. P.A.C.E. : 860-880 Lake Shore Drive apartment bdg - Chicago 1952 - Photo A. Glibota.
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tude : elle étaient basses, résolument horizontales, et elles se confondaient avec le sol dans une optique d'affinité avec la nature. Leurs espaces internes librement aménagés, dépourvus de cloisons superflues et encombrantes reliaient visuellement paysages intérieur et extérieur. Le Style Résidentiel de la Prairie imaginé par Wright a fait fureur dans les vingt premières années de ce siècle. Il a eu une grande influence aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis. Il a été développé par d'autres grands architectes de Chicago, comme Walter Burley Griffin, Barry Byrne et Thomas Tallmadge. Wright, tout en menant une vie privée tumultueuse, n'a cessé de construire des maisons, des immeubles de bureaux, des églises, et toute sorte d'édifices remarquables sur tout le territoire des Etats-Unis. Dans les années cinquante, il a même conçu le projet d'un gratte-ciel d'un mile de haut, pour le quartier Sud de Chicago. Son intention correspondait peut-être à une sorte de délire inspiré, bien qu'elle n'ait probablement pas franchi les limites de ce qui reste techniquement réalisable... Pendant l'entre deux-guerres, l'architecture américaine a encore pris un virage passionnant : les gratte-ciel s'élevaient de toutes parts, de plus en plus hauts. C'était le temps d'une architecture qui affirmait sans vergogne son sens de la théâtralité et son romantisme : une époque de décorations polychromes, empreintes du style "Art Déco" américain, dont la genèse remonte à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes, qui s'est tenue à Paris en 1925. New York a dominé cette ère en termes de créativité, mais ce sont les architectes de Chicago – particulièrement le cabinet Holabird and Root – qui ont édifié quelques uns des immeubles les plus élégants des années vingt. En ce temps là, le modernisme ne dominait pas encore complètement les structures de décision. Par exemple, en 1922, un concours international a été organisé pour la conception d'un nouveau gratte-ciel destiné à abriter le Chicago Tribune. Le projet lauréat, celui des new-yorkais Hood et Howells, a été une belle tour à ossature d'acier, mais habillée de pierre de taille dans le style néo-gothique. Their free-flowing interior spaces, unencumbered by unnecessary walls, visually connected the indoors with the outdoors. Wright's residential Prairie Style thrived in the first two decades of the 20th century and was an influential force in Europe as well as the United States. It was advanced by such other great Chicago architects as Walter Burley Griffin, Barry Byrne and Thomas Tallmadge. Wright, who led a tumultuous personal life, went on to do houses, office buildings, churches and other distinguished buildings throughout the United States. In the 1950s, he proposed building a mile-high skyscraper in downtown Chicago. This was perhaps intended by Wright as a kind of inspirational fantasy, although it was probably not beyond the bounds of technical feasibility. Between the two World Wars, architecture in the United States took an exciting turn as ever-taller skyscrapers sprang up everywhere. It was a time of unashamedly theatrical and romantic architecture, of polychromatic ornamentation, and of the American "Art Deco" style whose genesis lay in the 1925 Paris Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes. New York City led this era in terms of creativity, but Chicago's architects – particularly the firm of Holabird & Root – produced some of the most elegant 1920s buildings. Yet modernism did not completely dominate Chicago structures of those times. In 1922, for example, an international competition was held for the design of a new skyscraper to house the Chicago Tribune newspaper. The winning entry by Hood & Howells of New York resulted in the building of a handsome steel-framed Gothic Revival tower clad in limestone. The beginning of the city's third period of architectural distinction must be dated back to 1937, when Mies van der Mies van der Rohe, Architect in charge Jo Fujikawa : One Illinois Center - 1970 - Chicago - Photo A. Glibota. Mies van der Rohe, Architect in charge Jo Fujikawa : One Illinois Center - 1970 - Chicago - (détail) - Photo A. Glibota.
Le démarrage de la troisième période architecturale marquante de la cité des vents doit être situé à partir de 1937, lorsque Mies Van Der Rohe quitta l’Allemagne nazie et s’installa à Chicago pour y mettre en œuvre sa propre expérience, et aussi pour y diriger la classe d’architecture de l’Illinois Institute of Technology. Mies était, bien sûr, un patriarche du Bauhaus et en fin de compte le chef de file du Style International, que l’on pourrait qualifier de “minimaliste”. Il dédaignait l’ornementation. Ses murailles en rideau de verre tendues sur des structures d’acier en damiers rigoureux, donnaient aux bâtiments une allure “musclée” mais gracieuse. Et s’ils extériorisaient leurs squelettes, c’était tout à fait dans l’esprit de l’École de Chicago du siècle dernier. Mies a construit dans les murs de Chicago près de cinquante immeubles, parmi lesquels le campus de l’Illinois Institute of Technology. Les plus célèbres d’entre eux sont probablement le double gratte-ciel résidentiel du 860-880 Lake Shore Drive, édifié sur le front de lac, et aussi le Crown Hall, sur le campus précité. Deux décades plus tard, depuis sa mort en 1969, Mies demeure l’architecte qui garde la plus forte influence dans le monde entier, pour le meilleur et pour le pire : car malheureusement, bien trop souvent, les versions exportées du style “miesien” n’ont été que des copies maladroites. Son style a d’ailleurs été transplanté sur des cultures et des climats où il ne correspond à aucun sens pratique ou esthétique. Et c’est par centaines que l’on rencontre, en Amérique, en Europe, en Asie et au Proche-Orient, de ces boîtes de verre ennuyeuses, toutes d’une pièce, et d’une exécution mesquine. Quelques adeptes du “miesianisme” ont cependant produit des œuvres de quelque consistance, notamment Skidmore, Owings et Merril, trois architectes qui ont fondé ensemble le plus important cabinet existant aux Etats-Unis, à Chicago où se trouve encore la maison-mère. Dans les années soixante et soixante-dix, le regretté Fazlur Khan, brillant ingénieur du bâtiment, a rendu possibles les plus énormes constructions de S.O.M. à Chicago : il a mis au point un système d’ossature pour les grands immeubles qui repose sur des faisceaux de tubes hautement résistants aux forces éoliennes latérales comme aux forces d’inertie. Ces structures tubulaires permettent également d’utiliser une moins grande quantité d’acier, celui-ci étant d’un poids spécialement faible, ce qui réduit considérablement le coût de la construction. Khan a utilisé son système de la façon la plus spectaculaire pour le John Hancock Center de Chicago, un gratte-ciel de cent étages et de trois-cent-quarante mètres qui comporte des bureaux aux niveaux inférieurs et des appartements au dessus. Khan a été aussi le maître-d’œuvre de la Chicago’s Sears Tower, (cent-dix étages, quatre-cent-quarante-deux mètres), un bâtiment administratif qui est devenu l’immeuble le plus élevé du monde. Dans ces deux réalisations, Khan était assisté de l’architecte Bruce Graham. Il est évident que ce genre de tours de force techniques porte encore le sceau de l’architecture chicagane, tout comme au siècle dernier. Depuis ces dernières années, Mies et le Style International ne sont plus en faveur à Chicago, ni dans le reste des Etats-Unis. Les dessinateurs des immeubles les plus importants évitent le “style boîte” ainsi que les façades austères et sans ornement qui ont longtemps dominé l’architecture américaine. Les pans coupés, les floritures, les matières polychromes et autres moyens sont largement utilisés pour animer la configuration des immeubles administratifs ou résidentiels et des autres structures de grande dimension. A cette évolution s’ajoute, bien entendu, la nouvelle tendance esthétique appelée “postmodernisme”, et Chicago joue un rôle très important dans ce mouvement. En effet, le post-moderniste le plus prolifique et le plus novateur aux Etats-Unis est Helmut Jahn, du cabinet chicaguan Murphy-Jahn. Ses constructions associent les élé- Rohe left Nazi Germany and settled in Chicago to set up his own practice and administer the architecture school at the Illinois Institute of Technology. Mies was, of course, a patriarch of the Bauhaus and ultimately the leading exponent of the “less-is-more” International Style. He disdained ornament. His glassy curtain walls, stretched over steel frames in precise grids, produced muscular but graceful buildings. They expressed their skeletons much in the spirit of the 19th century Chicago School of design. Mies did almost 50 buildings in the Chicago area, including many on the Illinois Institute of Technology campus. Probably the most famous of them are the 860-880 Lake Shore Drive twin residential skyscrapers on Chicago’s lakefront and Crown Hall on the campus. For two decades, until his death in 1969, Mies was the world’s most influential architect, for better or worse. It is unfortunate that too often the exported versions of the “Miesian” style have actually been clumsy copies. The style has also been imposed on cultures and in climates where it makes no practical or esthetic sense. Boring, poorly detailed, shabbily executed glass boxes can be found by the hundreds in America, Europe, Asia and the Middle East. Some adherents to Miesianism have done consistently good work, however, and among them is Skidmore, Owings & Merrill (SOM), America’s largest architecture firm, founded and still headquartered in Chicago. In the 1960s and 1970s the late Fazlur Khan, a brilliant structural engineer, made SOM’s largest Chicago buildings possible. Khan developed a framing system for tall buildings that relied upon rigid, trussed tubes highly resistant to lateral wind forces as well as deadloads. The tubular frames also allowed the use of less steel which itself was of a special light weight. This reduced the cost of construction considerably. Khan put his system to work most spectacularly in John Hancock Center, a 100-story, 1, 107-foot Chicago skyscraper that offers offices on its lower floors and apartments on its uppermost levels. Khan was also primarily responsible for Chicago’s Sears Tower, the 110-story, 1, 454-foot office structure that is the world’s tallest building. Assisting Khan in both of these projects was architect Bruce Graham. It is obvious that tours-de-force in engineering are still a hallmark of Chicago architecture, just as they were a century ago. Still, Miesianism and the International style have in the last few years lost favor in Chicago as well as the rest of the United States. Designers of major buildings shun the boxiness and the austere, unornamented facades that long dominated American architecture. Setbacks, canted tops, polychromatic materials and other means are being used to enliven the configurations of office, residential and other large structures. In addition to these changes, of course, there is the new design force called Postmodernism, and Chicago is playing a very important role in that movement. Indeed, the most prolific and innovative Postmodernist in the United States is Helmut Jahn of the Chicago architecture firm, Murphy-Jahn. His buildings combine the slick elements of high technology with

La revue Cimaise, dans son numéro d'octobre-novembre 1983, consacre un dossier spécial à 150 ans d'architecture de Chicago. Ce numéro explore l'histoire et l'évolution de l'architecture de cette ville, considérée comme une capitale architecturale des États-Unis, en abordant des figures clés et des développements marquants.