Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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CIMAISE ART ACTUEL BIMESTRIEL N° 150 ISSN 0009-6830 PRESENT DAY ART 45 F. --- Printed in the Netherlands

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GALERIE ARTS CONTEMPORAINS Hastaine dessins fév./mars 81 22, RUE DE L'ODEON PARIS 6 633 49 24

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1953...1980 Depuis 28 ans Cimaise poursuit son défrichage de l'art actuel. Célèbre pour ses « visites d'atelier » qui constituent à travers le temps mieux qu'un dictionnaire, une véritable encyclopédie de l'art contemporain, Cimaise, revue bilingue français-anglais) à vocation internationale, a des abonnés dans 57 pays : Algérie --- Kenya --- Allemagne --- Luxembourg --- Angleterre --- Lichtenstein --- Argentine --- Madagascar --- Australie --- Malaisie --- Autriche --- Mali --- Belgique --- Maroc --- Brésil --- Mexique --- Bulgarie --- Népal --- Cameroun --- Nouvelle Zélande --- Canada --- Nigéria --- Chili --- Norvège --- Chine --- Portugal --- Congo --- Pérou --- Corée du Sud --- Roumanie --- Côte-d'Ivoire --- South Africa --- Danemark --- Suède --- Espagne --- Suisse --- Finlande --- Syrie --- Gabon --- Tchécoslovaquie --- Grèce --- Pologne --- Hollande --- Tunisie --- Hongrie --- Turquie --- Islande --- URSS --- Israël --- Uruguay --- Iran --- USA --- Italie --- Venezuela --- Japon --- Yougoslavie --- GALERIE ACAP 121, rue de Metz - Le Touquet Tél. 05.42.20 en exclusivité Bouharmont de Hesselle Méléari Sarazin Spriet Trémeau Verbrak sculptures de Bruno Maillard O. de Valence en permanence Adami Avati Ballis Bellacci Clavé Feito Gourdin Lambert Lanskoy Lazar Licata éditions Ateliers de Création Arts Plastiques Villa Castel Dune, av. de la Paix Le Touquet - Tél. 05.05.53 Gravures - Lithographies Sérigraphies

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Elizabeth Franzheim Mr. Adams and Family, 1980, 146 x 114 cm (Galerie d'art Int. Paris) - BOLOGNA - 24 Janvier - 15 février - Galleria Sanvitale, Via San Vitale 19 - Tel 261879 - ZAGREB - 19 Février - 10 Mars - Galerija Forum, Ulica Nikole Tesle 14 - Tel 445.693 - PARIS - 3 mars - 6 avril - Galerie d'Art International - 12 rue Jean Ferrandi 75006 Tel. 548.84.28 - MILANO - 5 Mars - 26 Mars - Galleria Zarathustra - Piazza San Marco 1, Tel. 657.17.70

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GALERIE ARIEL 140, boulevard Haussmann - Paris 8e Tel. 562 13 09 en exclusivité - Appel - Bootz - Debré - Destarac - Doucet - Gillet - Lindstrom - Marfaing - Mihailovitch - Tabuchi - Weidemann en permanence - Alechinsky - M. Andersen - Bissière - Bitran - Dubuffet - Hartung - Jorn - Messagier - Poliakoff sculptures de - Anthoons - Subira-Puig 17 mars - 17 avril SUBIRA-PUIG Sculptures --- Galerie Bellint 28 bis, boulevard Sébastopol - 75004 Paris Tél.277.38.46 - 278.01.91 24 février - 28 mars BIGOT en permanence : peintures de - Bazaine - Bellmer - Bryen - Bertholle - Boumeester - Collot - Downing - Droulers - Fagniez - J.F. Koenig - Lanskoy - La Serna - Luc Peire - Poliakoff - Salvado - Seiler sculptures de - Fenosa - Feraud - Dietrich Mohr - Subira-Puig

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CIMAISE ART ACTUEL PRESENT DAY ART 28eannée n° 150 Janvier-Février-Mars 1981 Directeur-Rédacteur en Chef : Jean-Robert Arnaud Conseiller artistique : John Franklin Koenig Secrétaire général : René Barzilay Secrétaire de rédaction : Luis Lemos Administration-Rédaction : 8, rue Récamier, Paris-7e. Tél. : 544-04-82 Impression : Société Mondiale d’Impression, 3, rue Maurice-Loewy, Paris-14e. Tél. : 327.15.40 Prix --- ce numéro : --- France --- 45 F. --- Etranger --- 55 F. --- Abonnement --- 6 numéros : --- France --- 210 F. --- Etranger --- 280 F. --- C.C.P. Cimaise 5542.39 --- Couverture de : Bigot --- Jean-Robert Arnaud A propos de bottes On the Subject of Boots Visites d'atelier Jean Marie Tasset Bigot les forces vives de la nature Claude Bouyeure 4 artistes de la Fondation Whanki Four artists from the Whanki Fondation Jacques Dopagne Alirio Rodriguez peintre de l’Homme futur painter of future man Essai Paule Gauthier Arts/Théories et polémiques Arts/Theories and polemiques Visites d'Atelier Gilles Plazy Yeru l’apparence ou la part du chaud et du froid Actualité Internationale Jean-Robert Arnaud L’Aube de la Chine Jean-Robert Arnaud Art/Allemagne/Aujourd’hui Prochaine Publication : 15 Avril 1981

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A propos de Bottes (1) Par Jean Robert ARNAUD Il y a toujours plusieurs manières de voir les choses. Il y a la manière froide, technique, précise, analytique et qui se veut objective. Il y a l’autre, la manière chaude, passionnée, impulsive, qui se sait subjective et n’a pas peur d’être, quand elle le veut partisane. Il y a ceux qui étudient: les livresques, bûcheurs et consciencieux, sévères et sentencieux. Il y a les autres, ceux qui chaussent leurs bottes de sept lieux, et s’en vont à travers le monde, s’arrêtent ici et là, s’enrichissent des terroirs des autres, se nourrissent de leurs particularités, de leur singularité, se forgent de toutes les dissemblances, croissent de toutes les différences. Il y a les spécialistes, jaloux de prérogatives qu’ils s’octroient, gardiens intransigeants d’une orthodoxie qu’ils affirment, imbus d’un compétence exclusive qu’ils s’arrogent. Il y a les exprits non prévenus qui cherchent à comprendre, à voir, à ressentir, sans avoir la conviction de détenir la vérité révélée, sans intransigeance dogmatique et qui osent dire ce qu’ils voient et ce qu’ils pensent sans souci des contingences, sans crainte des conséquences. Toutes ces idées; pèle-mêle, me venaient à l’esprit, en relisant le livre de John Koenig, et son prologue me semblait le contenir tout entier. > “1948: le bruit s’est tu; la fureur se calme. Les rescapés sont rentrés, acteurs pour la plupart involontaires et récalcitrants du drame qui se termine. La danse des morts se ralentit, au moins en Europe, Paris n’a pas brûlé, et d’autres Barbara courent dans les rues de Brest. Pendant ces journées, ces mois, ces années qui suivirent la Seconde Guerre Mondiale, tout et tous renaissaient. Moi aussi. Je suis re-né place Saint-Sulpice, un jour de septembre 1948, tout comme Alice B. Toklas trente sept ans plus tôt. J’avais flâné tout l’après midi et avait pris par hasard la petite rue des Canettes, où le vent chassait les feuilles qu’il apportait du Luxembourg tout proche. Je débouchais soudain sur la grande scène de la place Saint-Sulpice; Les immenses platanes qui se dressent devant l’église étaient secoués par ce vent gai. Tout éclatait, tout tournoyait, même la grosse fontaine d’ordinaire si sage. Je re-naissais, et je me rendais bien compte que cette renaissance s’insérait au coeur d’une grande fête, à Paris, en France, et dans une partie de l’Europe. Et à ce renouveau, participaient aussi ces gens du voyage, des Rollings Stones, des créatures éphémères, papillons de nuit, les personnages du monde de la danse.”(1) --- 1) J.F.Koenig: La Danse contemporaine. Edition Fayard. 240 pages plus 46 pages d’illustration en noir. 2) extrait de la “prière d’insérer --- On the Subject of boots (1) by Jean-Robert ARNAUD There are always several ways to see things. There is the cold, technical, precise, analytical manner which is supposed to be objective. There is the other, the hot, passionate, impulsive manner whcih is definitely subjected and knows no fear of being so, when it shows desire to participate. There are those who study; the bookish, conscientious swots, sober and dogmatic. There are the others, those who don their seven league boots, go off around the world, stopping here and there, enrich themselves from other peoples, soil, nourish themselves from their characteristics, from their peculiarity, fabricate themselves from all the differences. There are the specialists, jealous of the prerogatives that they indulge in, uncompromising guardians of sound knowledge that they enforce, possessed of an exclusive efficiency which they arrogate to themselves. there are the unprejudiced minds that try to understand, to see, to feel, without having the conviction of possessing the revealed truth, without dogmatic intransigence and who dare to tell of that which they see and that which they think, without worrying about contingencies, without fear of the consequences. All these ideas; in disorder, came into my mind whilst re-reading John Koenig’s book, and his foreword seemed to me to contain everything: > “1948: the noise has become silence; the fury, calm. The survivors have returned, for the most part involuntary and refractory actors in the drama which is finishing. The dance of death is slowing down, at least in Europe, Paris did not burn, and other trees remain in the streets of Brest During these days, these months, these years which follow the Second World War, all and everyone are being reborn. We as well. I was born again in the Place Saint Sulpice, one September day in 1948, just like Alice b. Toklas thirty-seven years earlier. I had loitered about all the afternoon and had taken by chance the little rue des Canettes, where the wind chased the leaves that it brought from nearby Luxembourg. I suddenly stepped out onto the wonderful sight of the Place Saint-Sulpice; the huge plane trees that stood upright in front of the church were shaken by that gay wind. Everything burst forth, everything swirled, even the great fontain which was usually so quiet. I was re-born, and I really realized that this re-birth inserted itself into a great festival, in Paris, in France, and in a part of Europe. An in this revival, participated not only the futur miraculously healed, those “economic men”, but also those travelling people, Rolling stones, transient creatures, butterflies, the personalities of the world of dance”. (1) --- (1) J.F. Koenig: Contemporary Dance. Edition Fayard. 240 pages, plus 46 pages of illustrations in black an white. (2) Extracts from the “for release”.

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Ce livre n’est pas la Danse contemporaine avec un D comme l’a voulu l’éditeur; encore moins une histoire, mais bien certains “regards sur la danse contemporaine” comme l’avait intitulé Koenig. En fait il s’agit là d’un itinéraire, mais pas le seul, l’ouvrage n’ayant aucune prétention à la globalité ni à être une somme, même si Koenig y parle de près de 70 compagnies et danseurs. C’est une chronique passionnée, passionnante, nullement exhaustive; pleine de jugements à l’emporte-pièce, d’appréciations fougueuses, de chaleur humaine, de digressions parfois inattendues; mais aussi une chronique charpentée, historiquement documentée, “sérieuse”. Et l’on peut n’y voir, si l’on n’y prend pas garde qu’“un panorama complet de la danse contemporaine”. (2) Mais s’il est vrai que Koenig nous parle de grands chorégraphes, de Katherine Dunham à Tetley, de Balanchine à Béjart, en passant par Robbins, Taylor, Nikolais, mais aussi Miscovitch et Blaska et d’autres connus, peu connus, et inconnus; s’il est vrai encore qu’il nous parle “des plus prestigieux danseurs, Babillée, Murray Louis, Bartoluzzi, Noureev, Baryshnikov” (2); s’il est vrai toujours qu’en l’espace de trente ans peu de ballets lui ont échappés à Paris, sans parler de tous ceux qu’il a vu ailleurs; ne voir dans ce livre qu’un “guide précieux pour les amateurs de ballets”, (2) c’est n’avoir saisi qu’un aspect partiel de l’ouvrage; c’est l’amputer de …ses deux jambes. C’est n’avoir rien compris à ces périples déments qui entraînent Koenig à travers le monde, pour connaître chaque fois plus encore comme si chaque moment qui n’est pas nouveau, qui ne comporte pas sa part d’inédit est un moment perdu et qu’une inquiète question, sans possible réponse, se pose à lui, matinale, quotidienne, contraignante; “Aurai-je le temps de voir, en ce monde, tout ce que je ne connais pas encore?”. Sous ce bouillonnement d’appréciations, de lucidité et de parti-pris, sous la sévérité de certaines condamnations nées d’amours décus, d’espoir tronqués, sourde toute une éthique, je dirais même une philosophie de la vie: une remise en jeu permanente des autres et de soi-même, un goût du risque plein de ferveur, une générosité d’esprit émouvante, un non-conformisme irréductible. Ce n’est certes pas là l’oeuvre d’un critique “professionnel” de la danse (et on le lui a bien fait sentir), mais seulement d’un amoureux, d’un visuel, d’un peintre, d’un artiste qui regarde d’autres artistes et qui réagit; qui le fait avec toute l’acuité que peut avoir un oeil qui a beaucoup vu et beaucoup de choses à travers le monde entier, l’Amérique, l’Europe, l’Asie, l’Afrique. L’expérience dans l’espace, comme celle dans le temps modèle le jugement, l’enrichit, le nourrit de tout le vécu, de tout l’acquis, de tout ce que les autres apportent, donnent, prennent. Le livre d’un honnête homme comme on disait au XVIIème siècle. Quelqu’un qui possède une vaste culture sous-jacente et polymorphe, qui sait que tout est mouvement dans le temps et dans l’espace, pour qui le regard est la vie, la musique une seconde nature, la beauté une fin en soi; qui aime le spontané mais qui sait qu’une technique ne s’imporvise pas; qui croit au talent This book is not “contemporary Dance” with a D as the editor had wished; even less a story, but really certain “views of contemporary dance” as Koenig had entitled it. IN fact, it was there a question of an itinerary, but not the only one, the work having no pretension to entirety nor to being a total even if Koenig speaks here of close on 70 companies and dancers. It is a chronicle which is passionate, fascinating not exhaustive in the least; full of cutting judgements, of impetuous appraisals, of human warmth, of digressions which are sometimes unexpected; yet also a well constructed chronicle, historically documented, “serious”. and if one is not careful, one may see nothing there but “a complete panorama of contemporary dance” (2). Yet if it is true that Koenig speaks to us of great choreagraphets from Katherine Dunham to Tetley, from Balanchine to Miscovitch and Blaska and others known, little known, unknown; if it is still true that he speaks to us “of the most brilliant dancers, Babilee, Murray Louis, Bartoluzzi, Noureev, Baryshinkov” (2);if it is still true that in the space of thirty years few dances have slipped past him in Paris, without mentioning all those he has seen elsewhere; to see nothin more in this book but “an invaluable guide for dance enthusiast” (2), is to have grasped nothing but a partial view of the work; it is to cut it off from… its two legs. It is to have understood nothing of those insanely long and complicated journeys that carry him across the world, in order to understand more again each time as if each moment which is not new, which does not include its part of originality is a lost moment and that an uneasy question, with no possible answer, confronts him, matutinal, daily, constraining: “will I have the time to see, in this world, all that which I do not yet know of?” Beneath this effervescence of appraisals, of lucidity and of obstinate opinion, beneath the severity of certain condemnations born of disappointed love affairs, of mutilated hopes, voiceless, a whole ethic, I would even go as far as to say a philosophy of life: a continual return to play by others and by oneself, with the taste for risk full of fervour, a moring magnanimity of spirit, an unyielding non-conformity. That is certainly not the work of a “professional” dance critic (and he has certainly been made to feed it), but simply that of a lover, a visual, a painter, an artist who looks at other artists and reacts; who does so with all the keenness possessed by an eye that has seen many things across the whole world, America, Europa, Asia, Africa. The experience in space, like that in time shapes the judgement, enriches it, nourishes it with all the experience of life, with all the acquirements, with all that which others bring, give, take. The book of an honest man, as they said in the 17th Century. Someone who possesses a vast culture, underlying and polymorphous, who knows that all is movement in time and space, for whom the glance is life, music a second nature, beauty an end in itself; who loves spontaneity, yet who knows that a technique is not to be imporvised; who belieres in talent yet is not ignorant of

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mais qui n'ignore pas qu'un talent se cultive, se nourrit par le travail, s'enrichit par la discipline, se développe par l'effort; qui sait que rien n'est donné à jamais, mais toujours tout remis en cause, que tout est rupture d'équilibre et recherche d'un équilibre nouveau; et qu'enfin... le monde est petit et un. Surtout ne pas croire que ce livre, c'est la “la planète”, ouvrage d'esthète intemporel qui parcourt le monde les yeux au ciel; mais bien plutôt oeuvre de mémorialiste qui sait que les événements quotidiens influent, que les besoins, les désirs, les envies et même les vocations les subissent et parfois en meurent. Chacune des périodes qu'il aborde, par décennie, est placée dans son contexte artistique, bien sûr, mais aussi sociologique, économique, politique. Pour garder sa lucidité, il faut une conscience aigüe des contingences, une conscience obsédée par la précarité humaine et le temps qui passe. Et plus encore pour saisir pleinement l'aspect essentiellement éphémère de la danse, de ces gestes jamais recommencés, de ces pas qui ne se répètent pas, de ces mouvements qui meurent en naissant. Et que dire de la courte durée des capacités et des contraintes physiques. Oui, il y a tout cela dans ce livre, dit ou esquissé, péremptoirement énoncé ou interrogativement suggéré. Et c'est ainsi que chaque mouvement d'un corps concerne chacun de nous. Pour nous Français, ce livre n'est pas toujours tendre. Cette indépendance d'esprit, cette liberté d'expression, s'exerce parfois aux dépens de “nos gloires nationales”, de nos mentalités, de nos pensées, de notre manière d'être; et ce n'est pas toujours flatteur. Mais il est bon, je crois, pour nous autres “hexagonaux” parfois étroits, trop facilement portés à l'introversion satisfaite, de comprendre que si parfois Dieu existe encore, il n'est plus forcément et toujours français. Il peut être salutaire de sentir le regard des autres, surtout quand cet autre nous connait bien pour avoir vécu plus de trente ans parmi nous, qu'il nous aime, et par quelques foucades, tente de nous faire sortir de notre nombrilisme ambiant. Mais bien sûr, ce n'est là qu'une petite parenthèse, d'importance toute relative. L'essentiel n'est pas là. L'essentiel est ce long témoignage, cette vision sans lassitude et sans défaillance. Pendant trente ans, avec la même fougue, le même enthousiasme toujours renaissant, un regard non prévenu mais imprégné de son intériorité, a su voir et conter ce qu'il avait vu dans le monde fascinant de la danse, sans jamais le détacher arbitrairement de son contexte, mais au contraire en l'intégrant dans tout ce qui l'entoure. Koenig publia dans Cimaise des chroniques de ballets pendant plus de cinq ans de 1968 à 1973 puis il arrêta de son plein gré. Par ailleurs je l'ai toujours incité à parler de ses voyages dans notre revue; j'y suis parfois parvenu (2), mais pas toujours et de moins en moins dans les années récentes. Pour lui, et de plus en plus, le temps presse de vivre plutôt que de revivre. C'est dommage pour nous ses lecteurs, mais comme il a raison. Jean Robert ARNAUD the fact that talent has to cultivated, is nourished by work, is enriched by discipline, is developed through effort; who knows that nothing is given for ever, but is always questioned again, that everything is a disturbance of balance and a research for a new equilibrium; and that finally... the world is little and one. Above all, one should not believe that this book is “the planet”, work of the timeless aesthete who runs about the world, his eyes raised to heaven; but rather the work of the memorialist who knows that everyday events have an influence such that desires, wants and even vocations are subjected to them and sometimes not without a fight. Each of the periods he deals with, by decade, is placed in its artistic context, of course, but also in its sociological, economical and political context. In order to retain one’s lucidity, one needs a sharp awareness of contingencies, a conscience obsessed with human precariousness and passing time. And more again in order to grasp fully the essentially ephemeral aspect of dance, of those gestures which are never repeated, of these steps which are never re-started, of these movements which die and are born. And what is there to say about the short duration of the abilities and the physical constraints. Yes, there is all that in this book, said or outlined, peremptorily expressed or interrogatively suggested. And it is thus that each movement of a body concerns each one fo us. For us the French, this book isn’t always tender. This independence of spirit, this freedom of expression, are sometimes exercised at the cost of “our national glories”, of our mentalities, of our thoughts, of our usual behaviour; and it is not always flattering. But it is good, I believe, for our other “hexagonals”, sometimes narrow, too easily inclined toward satisfied introversion, to understand that if God sometimes still exists, he is not always necessarily french. It may be salutary to feel the glance of others, above all when that other understands us well for having lived for more than thirty years amongst us, when he loves us, and through several whims, attempts to take us out of our ambient self-centredness. But, sure enough, that is only a little parenthesis, of quite a relative importance. The essential is not there. The essential is that long testimony, that vision without weariness and without failure. During thirty years, with the same five, the same enthusiasm forever being reborn, a glance which is unexpected yet imbued with his interiority has known how ot see and to relate that which he had seen in the fascinating world of dance, without ever detaching it arbitrarily from its context, but, on the contrary, integrating it into all that which surrounds it. Koenig published dance articles in Cimaise during more than five years from 1967 to 1973, then he stopped of his own free will. Besides, I have always encouraged him to tell of his travels in our review; i was sometimes successful in this, but not always, and less and less in recent years. For him, more and more, time urges him to live rather than to re-live. It is a shame for us the readers, yet how right he is. Jean-Robert ARNAUD.

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Lieu indéfini 1979 Acrylique et collage BIGOT SI LE REGARD NE MENT Jean-Marie TASSET

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Crédit photographique: Pierre Gorez --- Qu’est-ce être figuratif ou non? Et la peinture abstraite? Guy Bigot répond d’emblée: “Comme je préfère dire “peinture secrète” et tellement secrète que chacun peut en voir autant sur l’écorce de chaque arbre, sur un mur écorché, dans une poussière au soleil, dans la lumière d’une eau noire, sur un caillou, dans la terre ou dans l’oeil endormi. En définitive, le peintre est sa propre figu- ration.” Voici donc Bigot défini par Bigot. --- What is it to be or not ot be figurative? And abstract pain- ting? Guy Bigot answers straight away: “As I prefer to say “secretive painting” and so truly secretive that eve- ryone can see as much in the bark of each tree as in a scratched wall, in dust shown up by sunlight, in the light of a black water, on a pebble, in the earth or in the eye closed in sleep. In conclusion, the painter is his own figuration”. Here is Bigot thus defined by Bigot --- Destin marin, 1978 Encre et collage