Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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CIMAISE ART ET ARCHITECTURE BIMESTRIEL N° 135-136 PRESENT DAY ART AND ARCHITECTURE F 50 MUSIC 1995

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ELOGE DU DESSIN --- exposition du 11 mai au 5 juillet 1978 --- GALERIE DANIEL GERVIS 34 RUE DU BAC PARIS 7 261 11 73

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GALERIE JEAN LEROY PARIS-BEAUBOURG 37 RUE QUINCAMPOIX 75004 PARIS TÉL. 277 51 24 --- 15 AVRIL-13 MAI RAOUL DE KEYSER 17 MAI-24 JUIN MARCEL POUGET --- BARBATRE GÖSTA CLAESSON ROBERT CONTE RAOUL DE KEYSER DODEIGNE EUGÈNE LEROY MARCEL POUGET QUEFFURUS MARC RONET --- ARMAN Galerie Beaubourg Marianne Nahon, Pierre Nahon Patrice Trigano, expert 23, rue du Renard. 75004 Paris. Tél. : 271 20 50 --- En permanence : Arman - Aubertin - César - Clément Erró - Fassianos - Jacquet - Jaccard Klein - Kudo - Ljuba - Mathieu Messagier - Péricaud - Pincemin Pommereulle - Germaine Richier Schlosser - Schneider - Taulé - Villeglé --- Galerie Beaubourg 2. 109, rue Saint-Martin. 75004 Paris.

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GALERIE ÉDITIONS LAHUMIÈRE 88, bd de Courcelles - 75017 Paris HANS-GEORG RAUCH dessins-aquarelles-crayons de couleur 17 mai/30 juin 1978 accrochage Art 9'78 Bâle, stand n° 17.351

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18 mai - 13 juillet 1978 Palazuelo sculptures dessins eaux-fortes Galerie Maeght 13 rue de Tehéran et 26 rue Treilhard Paris 8 --- CIMAISE 8, rue Récamier 75007 Paris BULLETIN D'ABONNEMENT Nom : Adresse : Souscrit un abonnement pour 6 numéros (1 an) à partir du n° _______ et verse la somme de 180 F (France), 240 F (étranger), par chèque ci-joint, mandat ou virement au c.c.p. Paris 55 42 39. --- depuis 1557, sont fabriqués à Vidalon-les-Annonay, tous papiers pour le dessin artistique et industriel vendus sous la marque : Les Papiers Canson BOITE POSTALE 31 - 07-ANNONAY

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30 ANS GALERIE MARBACH exposition de réouverture à la Kramgasse 54, CH-3000 Berne 8 Suisse tél. 031 - 22 42 05 / 59 18 60 --- 18 avril - 10 juin - PATRICE ALLART - ALO ALTRIPP - JEAN BROISSON - SERGE CHARCHOUNE - FRANZ FEDIER - GUY HOUDOUIN - KURT HUSNIK - BERNARD JARDEL - TILMAN KAYSER - BENGT LINDSTRÖM - JÜRGEN MESSENSEE - JACQUES PAJAK - HENRI PFEIFFER - ANTOINE PONCET - AUGUST PUIG - MARK TOBEY - FRITZ WINTER catalogue sur demande --- Galerie Editions Karl Flinker 25 rue de Tournon Paris 6 325 18 73 --- 21 mars - 3 mai AILLAUD 9 mai - 17 juin ARROYO octobre/novembre MARTIAL RAYSSE en permanence: - Kandinsky.Kupka.Klee - Aillaud.Arroyo.Byzantios - Equipo Cronica.Gäfgen - Hélion.Jenkins.D.J.Johnson - Klasen.Yves Klein.Mondino - Moninot.Peng.Rotraut.Tuma

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Galerie Ariel 140 bd Haussmann Paris 8 présentation de la revue CLIVAGES du 20 au 28 avril LINDSTRÖM 23 mai - 17 juin en exclusivité: - APPEL - BOOTZ - DEBRE - DESTARAC - DOUCET - GILLET - LINDSTROM - MARFAING - MIHAILOVITCH - TABUCHI - WEIDEMANN sculptures de: - ANTHOONS - ERHARDY - SUBIRA-PUIG en permanence: - ALECHINSKY - MOGENS ANDERSEN - BITRAN - DUBUFFET - HARTUNG - JORN - POLIAKOFF --- REGARDS 40 rue de l'Université Paris 7 Tél. 261.10.22 Pierre Fichet 19 avril - 20 mai Philippe Bonnet 24 mai - 24 juin Armitage Claude Georges Bonnet Gleb Bryen Guadagnucci Chadwick Guitet Da Gioz Haas Derycke Hairy Dimanov Hosiasson Fichet Parat Magda Frank Serpan Frilay Soisson Garanjoud Zack

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LE MOUVEMENT RECONSTITUTION DE L'EXPOSITION DE 1955 AGAM BURY CALDER DUCHAMP JACOBSEN SOTO TINGUELY VASARELY GALERIE DENISE RENÉ 113 RUE SAINT-MARTIN PARIS-BEAUBOURG VERNISSAGE MERCREDI 26 AVRIL 18 A 20 H

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GALERIE DE FRANCE 3 Fbg. St-Honoré, Paris 8° tél. 265 69 37 MUSIC œuvres anciennes et récentes 4 avril-20 mai --- GONZALEZ sculptures ART 9'78 Bâle stand 13.223 14-19 juin

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CIMAISE ART ET ARCHITECTURE ACTUELS PRESENT DAY ART AND ARCHITECTURE 25e ANNÉE - N° 135-136 Février-Mai 1978 Directeur-Rédacteur en Chef : Jean-Robert Arnaud Conseiller artistique : John Franklin Koenig Secrétaire général : René Barzilay Administration-Rédaction : 8, rue Récamier, Paris-7e. Tél. : 548-46-31 et 544-04-82 Impression : Société Mondiale d’Impression, 3, rue Maurice-Lœy, Paris-14e. Tél. : 580-50-42 Prix --- ce numéro : --- France --- 50 F --- Etranger --- 60 F --- Abonnement --- 6 numéros : --- France --- 180 F --- Etranger --- 240 F --- C.C.P. Cimaise Paris 5542.39 --- Abonnements pour le Canada : --- PERIODICA, 5090, av. Papineau, Montréal 134, Canada --- Couverture originale de Zoran Music --- Visites d’atelier --- Gilles Plazy --- Zoran Music --- John Berger --- Aillaud --- Etude --- André S. Labarthe --- L’éloge du dessin --- Visites d’atelier --- Anne Tronche --- Ljuba --- Jean Paget --- Csernus --- Pierre Cabanne --- Messagier --- Jean Baudrillard --- Clément --- Prochaine parution 15 juin 1978

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ZORAN MUSIC le temps d'une mémoire gilles plazy Rien jamais dans la peinture n'est innocent, et ce que celle de Zoran Music devait un jour nous révéler, elle-même l'ignorait, lui-même ne le savait pas. Mettez-vous à sa place : une sorte de Corot naïf, un Bonnard impromptu qui s'attache depuis des années à ne dire qu'une certaine qualité de la lumière, un ton du paysage. Rien qu'une ambiance, un instant sur la terre, le silence d'un pays presque désertique. Une lente méditation, une contemplation sereine, non pas froide mais sensible à la moindre vibration. Mais un jour le pinceau se met à peindre ce qui lui était interdit, ce que le peintre se refusait à dire : la douleur profonde de l'homme qui fut entouré par la mort, au plus près menacé, mais qui n'avait pas voulu s'attarder sur les images tragiques, préférant par l'alchimie de la mémoire remonter le temps, effacer l'affreuse expérience, pour retrouver la sauvage mais douce terre de l'enfance. Ces morts de Dachau, Music les avait dessinés sur place dans leur sévère nudité comme recueillant leur dernier témoignage contre un âge barbare mais, peu soucieux d'atermoiements, il en avait rangé les croquis. N'entrait-on pas dans une ère nouvelle qui saurait faire oublier cet accident du parcours de l'Histoire ? Et ce sont ces morts qui sont revenus sans crier gare, se sont imposés dans la peinture, dans le dessin, dans la gravure de Music, l'arrachant aux douces tranquillités de sa contemplation dalmate, aux délices d'une peinture délicatement menée. Le peintre ne sait jamais ce qui l'attend, ignore les tourments de son aventure, ne saurait contrôler les profondeurs de son imagination, un jour simplement surpris de ce qui à son insu le traverse. Et si, selon Léonard, la peinture est « cosa mentale », cela ne signifie pas qu'elle est intellectuelle : elle est chose de l'esprit et nous savons trop bien désormais combien celui-ci à lui-même sait se dérober. Toutes les facultés cérébrales se conjuguent en un faisceau dont la main qui dessine et qui peint n'est que le medium. Et c'est dans les profondeurs de cet esprit mystérieux qu'il faut scruter quelques indices à défaut de trouver une Nothing is ever innocent in painting, and what Zoran Music's painting would reveal to us one day, that painting itself ignored, and he himself did not know. Put yourself in his place: a kind of naive Corot, an impromptu Bonnard who has devoted himself over the years to the expression of a certain quality of light, a landscape tone. Nothing but an atmosphere, an instant on earth, the silence of an almost desert country. Slow meditation, serene contemplation; not cold, but sensitive to the least vibration. But one day the brush begins to paint what was forbidden to it, what the painter did not allow himself to say: the profound pain of the man who was surrounded by death, directly threatened, but who did not want to well upon these tragic images, preferring by the alchemy of memory to move backwards in time, effacing the frightful experience in order to rediscover the savage but gentle earth of childhood. These dead men of Dachau were drawn by Music on the spot, in their severe nudity, as if receiving their final testimony against a barbaric age; but, not wanting to indulge in self-pity, he put away his sketches. Were we not entering a new era which would make us forget this accident of History? And these are the dead men who have returned without warning, who have imposed themselves in the painting, the drawings and the engravings of Music, snatching him away from the gentle peacefulness of his Dalmatian contemplation, from the delights of delicately pursued painting. The painter never knows what awaits him, ignores the twists and turns of his venture, does not know how to control the depths of his imagination, and is, one day, simply surprised to see what appears in it without his awareness; and if, according to Leonardo, painting is a «cosa mentale,» that does not signify that it is intellectual: it is a thing of the mind and we are too well aware now how much the mind itself knows how to escape. All the cerebral faculties are brought together in a bundle which is drawn and painted by a hand which is but a medium. And it is in the depths of this mysterious mind that we must