Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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ART et Industrie VI LE NUMÉRO : 175 FRANCS --- PÉRIODIQUE DES ARTS ET DE LA DÉCORATION

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--- JANSEN Antiquités - Décoration 9, Rue Royale, PARIS --- New-York - Buenos-Ayres - La Havane ---

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LELEU DECORATEUR 35 AVENUE FRANKLIN D. ROOSEVELT - PARIS

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Inauguration à Passy !... LA DECORATRICE PARISIENNE Hélen Houderlick PRÉSENTE SES CRÉATIONS PETITS MEUBLES OBJETS D’ART CHARMANTS BIBELOTS DANS SON NOUVEAU MAGASIN “Au Castor” 19, rue Nicolo MÊME MAISON 62, BOULEVARD MALESHERBES (PRÈS PARC MONCEAU) LAB. : 26-22 Photo Lettanie, 18, rue J.-P. Timbaud, Issy (Seine) --- Christofle ORFÈVRE 12, RUE ROYALE 33, Bd DES ITALIENS --- FONTAINE SERRURERIE DÉCORATIVE Serrurerie décorative à combinaison de passe-partout PARIS OPÉRA : 35-00 181, rue St-Honoré 190, rue de Rivoli

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Compagnie des Arts Français 116, rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris-VIIIe Tapisseries Récentes - Brianchon - Coutaud - Despierre - André Marchand - Roland Oudot - Planson - Tal-Coat - Terechkovitch Meubles de Jacques Adnet

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CHALEYSSIN DÉCORATEUR PARIS 121, BOULEVARD HAUSSMANN NICE 43, RUE DE FRANCE CANNES 63, RUE D'ANTIBES CRÉATIONS D'ENSEMBLES TABLEAUX DE MAITRES --- URGE 96, AVENUE LEDRU-ROLLIN PARIS-XIe — ROQ. 61-36 NE VEND PAS A LA CLIENTÈLE PARTICULIÈRE --- COGNAC GAUTRET JONZAC COGNAC MAISON FONDÉE EN 1847 --- chanée Maison fondée en 1840 PARIS

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Gros tissage moderne rouge et blanc. A. SANDERSON & FILS TISSUS D'AMEUBLEMENT 20, Rue des Petits-Champs - PARIS (2°) Vente directe aux Décorateurs --- TISSUS D'AMEUBLEMENT CHEZ VOTRE TAPISSIER DOMOSOIE DOMONYL DOMOTEX DOMOFLORE CHEZ VOTRE DÉCORATEUR CHOTARD 114, RUE RÉAUMUR, PARIS Ne vend pas à la clientèle particulière --- Lucien BOUIX TISSUS D'AMEUBLEMENT ET TAPIS 7, RUE DU MAIL PARIS-2° VENTE EXCLUSIVE EN GROS

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Calypso Grande Époque LES NOUVEAUX PARFUMS DE RAUCOUR PIERRE PAGES

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ART ET INDUSTRIE REVUE D'ART DECORATIF PARAISSANT TOUS LES DEUX MOIS MAX FOURNY, DIRECTEUR WALDEMAR GEORGE, RÉDACTEUR EN CHEF --- VI sommaire - 3 - ÉVOLUTION DU GOUT PAR WALDEMAR GEORGE - 4 - LA FALAISE ENCHANTÉE DE SAINT-GERMAIN, PAR RENÉ HÉRON DE VILLEFOSSÉ - 14 - L'ART FRANÇAIS ET L'ESPRIT DE SUITE. UN ENSEMBLE DE A. ARBUS - 16 - DÉCORS DE LA VIE, SELON MADELEINE CASTAING - 22 - LA TRADITION VIVANTE. UNE SALLE À MANGER DIRECTOIRE - 24 - CHARMES DU PAPIER PEINT, PAR MARCEL ZAHAR - 27 - LE ROYAUME DE LA PARURE, PAR HÉLÈNE CINGRIA - 31 - CONSIDÉRATIONS CUBICULAIRES, PAR GUILLAUME JANNEAU - 39 - ILLUSTRATION DU DRAPÉ, PAR FRANÇOIS MATHEY - 44 - MÉTAMORPHOSES DU PIANO, PAR BERNARD CHAMPIGNEULLE - 50 - LA BEAUTÉ DE L'UTILE. EXPOSITION «BRITAIN CAN MAKE IT», PAR M. PARÉ - 51 - LA CRÈCHE, THÉÂTRE SACRÉ, PAR ÉLISABETH DE MONDÉSIR - 59 - VISAGES ET DEMEURES DE NOS CONTEMPORAINS, PAR G. CHADOURNE - 62 - RENAISSANCE DU GRAND GOUT : EXPOSITION DE LA Cie DES ARTS FRANÇAIS - 65 - ÉLOGE DE MALFRAY, PAR WALDEMAR GEORGE - 69 - TRIOMPHE DE LA COULEUR : GUILLEMART - 71 - À TRAVERS LES VENTES, PAR JEAN GRANEY - 73 - ARTS ET TECHNIQUES --- 73, BOULEVARD MONTMORENCY, PARIS-16e — JASMIN 86-08 Prix de l'abonnement d'un an (6 numéros) : Pour la France et les Colonies Françaises : 975 francs. — Pour l'Etranger Affranchissement demi-tarif : 1.075 francs. — Affranchissement plein-tarif : 1.155 francs. — Chèques Postaux : Paris 5170-61 Tous droits de reproduction et de traduction réservés pour tous pays. Copyright juillet 1946 pour Art et Industrie.

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LE DANDY Merveilleux Parfum du Chevalier d'Orsay D'ORSAY PARFUMEUR-PARIS A. DELFAU.

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L E décor de la vie n'est pas un vain divertissement ou l'effet d'un caprice. L'étude en est aussi révélatrice que celle des arts majeurs ou des belles-lettres. L'art appliqué est le reflet fidèle d'une civilisation, dont il livre, sinon tous les secrets, du moins certains aspects typiques. Depuis un demi-siècle, le cadre de l'existence quotidienne des Français a été modifié plusieurs fois. A quoi correspondent ces modifications ? Quels en sont les mobiles ? L'historien de l'avenir découvrira sans doute d'étroites relations entre les profils d'un meuble et la structure sociale d'un groupe humain. Il étudiera le jeu des influences et déterminera dans le style d'une époque la part des guerres et des révolutions. Il ne négligera ni les besoins nouveaux d'une société éprise de bien-être matériel, ni la mode, ce phénix, ni l'esprit grégaire, ni le snobisme (ce mot signifie : Sine nobilitate), ni les grands courants intellectuels, ni les techniques modernes, ni les mœurs de nos contemporains. La roue tourne. Le dix-neuvième siècle n'a pas suscité à proprement parler un art décoratif original et neuf. Sans doute des manifestations et des rétrospectives, comme celles de la Vie Romantique, du Second Empire et du Décor de la Vie sous la Troisième République au Pavillon de Marsan ont-elles mis en valeur les caractères distinctifs des époques réputées décadentes. Elles ont démontré que même certaines « copies d'ancien » étaient, sinon des créations, du moins des interprétations personnelles et bizarres. Elles n'en ont pas moins rendu perceptible cette corruption du goût qui se manifeste dans mille menus détails. Absence d'architecture, encombrement, recherche de l'effet pittoresque, idée bourgeoise de la richesse, tels sont les vices de l'art décoratif légué par le siècle du progrès mécanique. La succession d'ensembles présentés au Musée des Arts Décoratifs (exposition : Pierres précieuses de Paris, novembre 1945) confirmait ce point de vue. La chambre de la duchesse de Berri comportait elle-même des meubles où l'on cherchait en vain ce respect de la mesure humaine qui fut autrefois la marque de fabrique des artisans français. Le salon Second Empire, avec ses meubles Louis XV-Impératrice avait un charme désuet. C'était à la fois une curiosité et une boutique fantasque. Ce n'était plus une source d'inspiration. Notre intention n'est pas de résumer les tendances de l'art décoratif depuis Majorelle jusqu'à André Arbus, en passant par Groult, Martine, Sue et Mare, Ruhlman, Maurice Dufrène, Fr. Jourdain, Chareau, Moreux et les constructeurs des meubles utilitaires en tubes d'acier chromé. Nous voudrions toutefois en définir les étapes successives. L'école de Nancy représente une tentative hardie de susciter un style, aussi complet que l'était le Baroque. Un vocabulaire à base de motifs végétaux est créé, ÉVOLUTION DU GOUT L'art nouveau qui avait élaboré une écriture plastique et dont les arts mineurs portèrent l'em-preinte indélébile a été un point de départ. Il a frayé le chemin à d'autres essais. Celui des ensembliers est le plus captivant. L'intérieur redevient un décor, dont tous les éléments s'accordent et s'harmonisent. Meubles, tapis, tentures murales forment des taches de couleurs. Le tout est une composition aussi rigoureuse et aussi cohérente qu'une œuvre peinte. Les ensembliers avaient subi l'influence des Ballets Russes. Certains ont traité les demeures parisiennes comme des palais de mille et une nuits. La note orientale : tables basses, divans profonds, coussins multicolores, dominait à l'atelier Martine que dirigeait Poiret. Au milieu des recherches nombreuses et contradictoires M. L. Sue et André Mare défendirent avec un noble courage la permanence des styles français traditionnels : leurs efforts ne porteront des fruits que plus tard. Celui de Ruhlman qui avait renoué avec le style Louis XVI et le Dire-toire donnera lieu à des malentendus et engendrera de nombreuses contrefaçons. Francis Jourdain impose un répertoire de formes sobre et précis : murs revêtus de bois, meubles rectangulaires et rectalinéaires. Ces meubles subissent victorieusement l'épreuve de la durée. Vers 1925 une tendance nouvelle voit le jour. Tables monumentales, fauteuils hors d'échelle, armoires cubiques évoquent des blockhaus en béton. Ils sont lourds et massifs, mais ils procèdent encore d'une conception purement décorative. Bientôt ils cèdent la place à des meubles en cadres de bicyclette. Le machinisme triomphe. Le siège n'est plus qu'une rudimentaire machine à s'asseoir. C'est une épure d'une ligne géométrique, un support schématique et non un réceptacle gracieux du corps humain. Les demeures rappellent les salles d'opération, les laboratoires ou les prisons modèles. Les murs nus sont peints au ripolin. Les fenêtres sont garnies de rideaux en toile cirée vernie. Ce purisme qui en architecture s'appelle fonctionnalisme ne tient pas compte des exigences morales et spirituelles de l'homme. Il provoque une violente réaction. L'art appliqué de ces dernières années affiche la volonté de retourner aux sources. Il ne peut être question de copier les chefs-d'œuvre légués par le passé. On peut par contre, sans trahir son époque, retrouver la voie d'un classicisme français vivant et agissant. Les Trotskyistes de l'art décoratif, les partisans de la révolution à l'état permanent et les pontifes d'un futurisme sénile condamneront sans doute cette position. Nous la maintiendrons avec la conviction que la seule attitude raisonnable dans le domaine que nous examinons consiste à retrouver un principe d'équilibre entre la fonction d'un objet et sa forme. Il n'est pas moins absurde de conférer à une théière ou bien à une cafetière l'apparence d'un obus que de construire un poste de T. S. F. Louis XV ou un appareil téléphonique Empire! Le formalisme moderne est un témoignage de l'éternel esprit académique et un ennemi mortel de l'esprit créateur. WALDEMAR GEORGE