Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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ART & INDUSTRIE SOMMAIRE: - L'Art civique et la ville moderne (fasc. I et II) . . . . . . . . . G. Benoit-Lévy. - L'Art rustique en France (fasc. X) . . . . . . . . . C. de Danilowicz - L'Art décoratif flamand (fasc. II) E. Hinzelin. - Les Arts Décoratifs au Théâtre (fasc. XIV) . . . . . . . . . Eug. Belville. 40 pages 26 Illustrations 5e ANNEE SEPTEMBRE 1913

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L'Art civique et la Ville moderne PREMIÈRE PARTIE La notion populaire de l’art est toute distincte de la vie : c’est une sorte de décoration à y ajouter si on en a les moyens ; c’est un peu là aussi la conception que l’on se fait de l’art civique, dont pour beaucoup la valeur est en proportion directe du nombre de statues, de fontaines, de lampadaires et autres accessoires de décoration extérieure placés dans les rues grâce à la générosité d’un mécène ou à la munificence d’une municipalité. Juste comme s’il s’agissait, pour embellir une vieille mégère, de la parer des joyaux les plus rares ! Or, l’art civique, comme l’art tout court, est quelque chose de plus, quelque chose d’autre : c’est l’expression même de la vie, car, suivant l’image d’Oscar Wilde « l’art tient le miroir à la nature ». Et si telle est la définition, le sens et la portée de l’art civique, on peut de suite apprécier la complexité et l’ampleur de la tâche qui incombe à cet artiste par excellence : le constructeur de villes. Aussi nous écrierons-nous, avec le professeur Adshead, titulaire de la chaire de plans de villes à l’Université de Liverpool : « Une cité est la plus grande des œuvres d’art. Les traditions et l’histoire du passé sont écrites sur ses murs. C’est une grande ville, celle dont l’architecture n’est pas remarquée par la foule, mais produit sur elle une impression profonde ; c’est une ville d’art, lorsque le caractère formel de ses rues inspire un sentiment irraisonné d’admiration, et éveille dans le cœur des habitants cette fierté pour la cité que seul peut faire naître l’art civique. Que la ville de nos rêves soit une ville de roman, un centre de vie sociale intense, une immense expression des sympathies de la race humaine, la plus grande et la plus noble de toutes les œuvres d’art. Qu’elle élève notre imagination et inspire notre enthousiasme. Voilà ce que doit être une ville. « La question qui se pose aujourd’hui est d’exprimer en notre architecture civique ce qu’il y a d’énergie, d’intensité, de raffinement, de beauté, dans la vie urbaine. » Si en effet l’art civique doit exprimer la vie dans ses éléments les plus simples comme dans ses besoins les plus compliqués, sa caractéristique ne peut plus être, comme au Moyen-Age, seulement une question d’harmonie ou de proportions dans les lignes des édifices, mais dans la ville moderne, la solution des problèmes d’hygiène et de circulation est, à titre égal, essentielle pour sa beauté. C’est qu’en réalité, les villes ne sont pas construites --- L'Art civique et la Ville moderne - Fasc. 1 - 1913.

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La partie ouest de la ville de Luxembourg a été transformée en un jardin public par la suppression des remparts. Des voies larges correspondent avec les rues de la ville et sont reliées entre elles par des avenues transversales. LUXEMBOURG EN 1908 - VILLAGE DE MALLERACH - VERLORENKORT - PISANFRIE - LEGEND - MUSEUMS - CITY HOSPITAL - MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX MUSEUMS - VILLAGE DE MALLERACH - VERLORENKORT - PISANFRIE LEGEND - VILLAGE DE MALLERACH - VERLORENKORT - PISANFRIE MUSEUMS - VILLAGE DE MALLERACH - VERLORENKORT - PISANFRIE CITY HOSPITAL - MUSEUMS MINISTÈME DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX - MUSEUMS MUSEUMS - VILLAGE DE MALLERACH - VERLORENKORT - PISANFRIE LEGEND - VILLAGE DE MALLERACH - VERLORENKORT - PISANFRIE MUSEUMS - VILLAGE DE MALLERACH - VERLORENKORT - PISANFRIE CITY HOSPITAL - MUSEUMS MINISTÈME DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX - MUSEUMS MUSEUMS - VILLAGE DE MALLERACH - VERLORENKORT - PISANFRIE LEGEND - VILLAGE DE MALLERACH - VERLORENKORT - PISANFRIE MUSEUMS - VILLAGE DE MALLERACH - VERLORENKORT - PISANFRIE CITY HOSPITAL - MUSEUMS MINISTÈME DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX - MUSEUMS MUSEUMS - VILLAGE DE MALLERACH - VERLORENKORT - PISANFRIE LEGEND - VILLAGE DE MALLERACH - 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seulement pour être admirées, mais aussi pour être habitées, et il ne faudrait jamais perdre ce point de vue qui a été si bien mis en valeur par Ruskin, que la beauté d'une chose dépend beaucoup de son utilité. Les tendances contemporaines sont commerciales et industrielles, et l'expression de notre art civique doit tenir compte de ces tendances. Nous approuvons M. Mulford Robinson lorsque, dans son magnifique ouvrage Modern civic art, il écrit : « Le commerce et l'industrie ont trouvé leur expression en matière d'esthétique urbaine dans les larges voies de communication, dans les palais commerciaux, dans les ponts, les quais, les stations. L'amour de la nature, d'autre part, redevenant à la mode nous fait considérer la nécessité d'introduire dans la vie active et enfievrée de la ville des parcs, des espaces libres qui l'adoucissent et la rendent plus tolérable ; la philanthropie pratique nous induit à créer des terrains de jeux, à construire des écoles modèles, à aménager notre ville d'une façon sanitaire, si bien que nous voyons l'impression de l'art civique dans toutes les phases de l'évolution urbaine. » Il est vrai que l'on n'a guère tenu compte, jusqu'à présent, de ces indications, ou plutôt qu'on s'en est inspiré seulement partiellement et d'une manière sporadique. C'est que « nos tendances artistiques ont dépassé notre compréhension artistique ; les œuvres d'art de l'architecte, du paysagiste, du sculpteur, se sont produites avant que les édiles et que les citoyens eux-mêmes aient eu une conception bien nette de la manière de coordonner ces différentes manifestations artistiques. » Ce qui nous a manqué en un mot, est une théorie de l'art civique fondé sur les nécessités de la vie moderne et développée suivant un plan général de la ville moderne. $$ * $$ Un plan ? Combien de villes en ont actuellement chez nous ? Il serait peut-être difficile d'en nommer une seule. Or l'ancienne France était riche en villes bien conçues. Citerons-nous Richelieu, tracée de toutes pièces par le cardinal suivant un plan splendide ? Citerons-nous Nancy, dont les anciens plans subsistent à l'Hôtel de Ville, et dont d'ailleurs la place Stanislas, sont des témoins vivants ? Citerons-nous Paris, dont le plan fut particulièrement bien étudié sous l'ancien régime et qui, sous Haussmann, se voyait doter d'un plan d'ensemble contenant peut-être de graves défauts, mais représentant bien la mentalité et les besoins de l'époque ? Et si l'on pouvait reprendre une expression américaine et dire que la beauté a une valeur commerciale, ne voit-on pas, à ce seul point de vue, qu'elle réclame magnifique constitue pour une ville le fait d'avoir un plan bien conçu ? J'ai sous les yeux de multiples brochures publiées par des commissions d'embellissement de villes américaines ; dans toutes, on y voit reproduites des vues de Nancy, des vues de Paris ; et pour cette dernière ville, voici une appréciation particulièrement caractéristique :

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PLAN GÉNÉRAL DE NANCY ET DE L'AGGLOMÉRATION NANGÉIENNE PLAN DE NANCY ACTUEL AVEC LES AGRANDISSEMENTS PROJETÉS.

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PLAN DE NANCY La partie teintée concerne les nouveaux quartiers projetés dont le rattachement avec l'ancienne ville a été prévu d'une façon logique de manière à constituer un tout aussi homogène que possible.

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Le véritable art de construire les villes dans les temps modernes fut tout d'abord réalisé en France. La capitale de la France, Paris, est le meilleur exemple qu'il y ait actuellement sur la terre d'une ville admirablement conçue et construite ; et précisément parce que cette ville fut aménagée suivant un plan systématique, elle est aussi une des plus grandes, une des plus riches du monde. Au moment où s'ouvre à Nancy la première exposition d'hygiène et d'esthétique urbaines qui ait lieu en France, au moment où l'Association des Cités-Jardins de France fait déposer sur le bureau des Chambres sa proposition de loi sur les plans d'extension de villes, au moment où Paris et Lyon viennent de nommer une commission pour leur plan d'extension et où M. Dausset, rapporteur général du budget de la Ville de Paris, vient avec le Préfet de la Seine, de faire adopter un plan grandiose pour l'aménagement en parcs et en terrains de jeux des fortifications, il nous semble particulièrement intéressant, après avoir défini ce que nous entendions par « art civique », d'examiner sommairement en quoi doit consister le plan d'aménagement de la ville moderne, quelles en sont les caractéristiques, quelle doit en être la technique. * Ce qu'est un plan de ville. — Et d'abord, qu'entendons-nous actuellement par un plan de ville, et quel est son objet ? Un plan d'extension — nous dit Mr. John Nettlefold — règle la direction, la largeur, la nature, le caractère des rues, la situation des espaces libres, et même définit le caractère des constructions qui devront être établies dans certains quartiers ; il prévoit l'aménagement de la ville et de la banlieue en zones différentes avec les servitudes qui leur sont propres et un traitement particulier. Quant à l'objet des plans de villes, suivant la définition de la loi anglaise, une des plus précises et des mieux faites, il est « d'assurer des conditions sanitaires convenables et de développement rationnel de la totalité ou d'une portion des villes envisagées, ainsi que des terrains voisins. Par conditions sanitaires, on fait allusion à cette trinité inséparable, du soleil de l'air frais et de la végétation ; par agrément (amenity), on entend la préservation de toutes ces beautés naturelles : les arbres, les fleurs, l'aménagement harmonieux des jardins et des espaces libres, le pittoresque des vieux villages. Le développement rationnel s'applique à la direction des voies, à l'établissement des autres moyens de communication, et à toutes autres conditions de cet ordre d'idées. » Simplement en développant cette définition, voici quelques-unes des questions multiples qui se posent lorsqu'on envisage l'extension ou la transformation d'une ville : Orientation des rues. — Pour assurer le maximum d'insolation aux

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DUNKERQUE - EXTENSION La Ville de Dunkerque qui a ouvert un concours pour assurer son développement aussi logiquement que possible se trouvera enveloppée d'une ceinture de rues larges et parfaitement raccordées à celles déjà existantes. Legend: - Red: New development - Black: Existing development - White: Undeveloped area

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maisons qui ne peuvent être saines si la plupart des pièces ne sont pénétrées par les rayons du soleil. Création d'égouts. — Entente intercommunale pour le traitement des matières usées ainsi que pour l'adduction des eaux, pour la fourniture de l'éclairage, de la force motrice, etc. Direction à donner aux rues pour respecter, dans leur tracé, les monuments historiques, les vieilles églises, les souvenirs d'histoire locale, les sites urbains pittoresques. Moyens les plus économiques de construire les rues. — Ce qu'il faudrait faire pour qu'elles fussent plus agréables. Telle large avenue à l'aspect triste, froid, monotone, prendrait par exemple de suite de la vie, en la bordant sur toute sa largeur de plates-bandes gazonnées avec, çà et là, quelques fleurs sauvages semées en pleine terre. Système compréhensif de voies de communication urbaines et interurbaines, avec rues diagonales permettant de se rendre rapidement d'un point à un autre ; avenues concentriques reliant les différentes parties des villes ; chemins ondulés conduisant aux villas. — Entente entre les communes pour que les rues, avenues, boulevards, soient suivis et construits suivant un programme d'ensemble. De même pour les moyens de transport, dont il y a lieu d'étudier soigneusement les itinéraires afin que les parcours soient directs, et exiger des riverains, avant d'accorder les concessions, les servitudes d'hygiène et d'esthétique. Création de terrains de jeux de quartiers, de terrains de sport, piscines, bibliothèques communautaires ou intercommunaux, sur des terrains bon marché parce que réservés d'avance. Préservation des beautés naturelles des bords de rivières, etc., etc. C'est alors, mais alors seulement qu'on pourra penser aux statues, aux bustes de la République et fontaines décoratives, aux hôtels-de-Ville, hospices, caisses d'épargne, etc., aux façades somptueuses... et on aura accompli un programme auquel tout bon citoyen devrait tenir à honneur de collaborer. Il était intéressant de rechercher comment ces idées avaient été appliquées dans les différents pays. Aussi l'Association des Cités-Jardins de France a-t-elle procédé à une vaste enquête qui lui a permis de réunir les plans d'extension et d'aménagement des principales villes du monde. Nous puiserons dans cette collection abondante, unique, pour en extraire quelques exemples. Voici Boston. — Déjà à Boston, une loi de 1892 créait pour cette ville, et pour les 37 communes suburbaines, un organisme dit : « Commission métropolitaine des parcs. » Celle-ci, en sept ans, procéda à l'acquisition de 3.500 hectares de forêts, créa 30 kilomètres d'avenues-parcs, réserva les 2.000 hectares des Coteauh Bleus distants de plus de 17 kilomètres du centre de Boston, et établit une série de servitudes d'esthétique concernant les bords des fleuves, ruisseaux, etc.

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Mais récemment, il y eut mieux : Entre Boston et les communes voisines fut créé une Commission dite d'aménagement du district. Cette commission se compose de cinq membres : Le président reçoit un salaire annuel de 50.000 fr., les quatre autres de 5.000 fr. ; mais ce sont tous des gens d'une expérience et d'une réputation telles que l'on peut être assuré d'avance de la valeur de leurs décisions. Il est spécialement recommandé à cette commission de ne s'ingérer en rien dans l'administration des communes comprises dans sa juridiction, et de ne proposer aucune modification, ni dans les limites de leur circonscription, ni dans les attributions touchant à leur autonomie. La Commission a pour objet d'étudier toutes les questions concernant les améliorations à apporter dans le plan du district métropolitain ; on considère comme améliorations de cette nature tout problème qui est commun à plus de deux villes ou villages compris dans le district métropolitain. L'idée directrice est qu'un certain nombre de communes décident simplement de coopérer, pour des questions qu'elles ont intérêt à résoudre, par une entente préalable et suivant un plan d'ensemble. Voici, d'après un résumé de la loi, quelques-uns des services rentrant dans les attributions de la Commission : Réunir des documents pour un plan du district métropolitain après une étude systématique des conditions de chaque localité faisant partie du district métropolitain ; publier de temps à autre les résultats de ses travaux concernant la coordination des voies de communication, des lignes de transport, etc. ; signaler les cas où il y aurait avantage, pour plusieurs communes, d'établir à frais communs quelques centres civiques pour les édifices publics, ou de réserver des espaces libres. La dite commission a devoir : de rechercher les moyens de prévenir et d'atténuer la concentration excessive soit de population soit de trafic ; d'établir un meilleur contrôle pour prévenir les possibilités d'incendie ; de signaler les territoires qui conviendraient le mieux respectivement aux quartiers d'habitation, d'industrie, de commerce, etc. La commission a le droit d'examiner tous les plans proposés par les différentes communes avant que ceux-ci deviennent exécutoires ; de donner son appréciation et de rechercher les moyens de les coordonner s'il est désirable. Au cas où le plan d'une autorité locale serait en conflit avec le plan d'ensemble, la commission a le droit d'en suspendre l'exécution pour un an. En un mot, cette commission pour le plan d'aménagement et d'extension de Boston est un organisme central d'unification et de coordination des différents efforts faits, tant pour Boston que pour les communes suburbaines concernant leur aménagement et leur extension. L'Etat de Massachusetts subventionne tous projets recommandés par la Commission et vote un crédit dont le maximum est de 2.500.000 fr. par an L'Art civique et la Ville moderne. - Fasc. 2. - 1913.