Extrait

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ART ET DÉCORATION REVUE MENSUELLE DE L'ART MODERNE DÉCORATION INTÉRIEURE DE LA MAISON - MOBILIER --- EDITIONS ALBERT LEVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS JUIN 1935 2, RUE DE L'ÉCHELLE - PARIS LES ÉCHOS D'ART --- CE NUMERO : FRANCE : 16 Fr. PRINTED IN FRANCE

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UNE INITIATIVE : RÉDUCTION DE PRIX SUR LES LIVRES D'ART La crise économique atteint particulièrement les cercles cultivés et, parmi eux, surtout les artistes, les architectes, les industriels d'art, qui ont cependant besoin de documentation pour renouveler leurs créations ou leurs productions. Par ailleurs, le coût des différents éléments qui composent les livres n'a pas subi de baisse sensible. Un grave problème est ainsi posé aux éditeurs. Les Éditions Albert Lévy ont décidé de donner à ce problème une solution énergique : faire subir à la plupart des ouvrages de leur fonds des réductions de prix très importantes. Ces ouvrages seront vendus temporairement à des prix inférieurs aux prix de remplacement ; quand un ouvrage sera épuisé, il ne pourra être réimprimé qu'à des prix supérieurs à ceux offerts aujourd'hui, mais il faut espérer qu'à ce moment le pouvoir d'achat du public sera augmenté. L'important sacrifice consenti par les Éditions Albert Lévy sera, sans aucun doute, apprécié par leur clientèle et tout spécialement par leur clientèle étrangère, si friande de documentation d'art française, et à qui l'état des changes rendait difficile, ces temps derniers, l'acquisition des livres français. --- LISTE DES LIVRES AVEC RÉDUCTION DE PRIX Anciens prix --- Nouveaux prix --- L'ACROPOLE, par G. Rodenwaldt --- L'ARCHITECTURE DES PALAIS ITALIENS DU XIIIe AU XVIIe SIÈCLE, 3 volumes; chaque volume --- HOTELS ET MAISONS DE LA RENAISSANCE FRANÇAISE, par Paul Vitry --- LE JARDIN ET LA MAISON ARABES AU MAROC, par Jean Gallotti --- BATIMENTS ET JARDINS, par M. Roux-Splitz --- MURS ET DÉCORS, par André Granet --- KIOSQUES ET PAVILLONS DE PAYS D'OUTRE-MER, par P.-E. Cintrat --- ART BYZANTIN, par le docteur Volbach, Georges Salies et Georges Duthuit --- DONATION ADOLPHE DE ROTHSCHILD (Musée du Louvre), par Emile Molinier --- EXPOSITION D'OBJETS D'ART DU MOYEN AGE ET DE LA RENAISSANCE, par Seymour de Ricci --- LA COLLECTION CAMONDO (Musée du Louvre) --- VIEILLES ENSEIGNES DE PARIS EN FER FORGÉ, par P.-F. Bailly --- LA FERRONNERIE, par A.-H. Martinie --- LE TRÉSOR D'ARGENTERIE DE BERTHOUVILLE, près Bernay, conservé au département des Médailles et Antiques de la Bibliothèque nationale, par Ernest Babelon --- ORFÉVRERIE RELIGIEUSE ET ORFÉVRERIE CIVILE DU MOYEN AGE ET DE LA RENAISSANCE, par E. Molinier --- L'ORFÉVRERIE CIVILE FRANÇAISE DU XVIe SIÈCLE AU DÉBUT DU XIXe SIÈCLE, par H. Nocq, Paul Alfassa et Jacques Guérin --- PORCELAINE FRANÇAISE DU XVIIe AU MILIEU DU XIXe SIÈCLE, par Paul Alfassa et Jacques Guérin --- DÉCOR INTÉRIEUR ET MEUBLES DE LA MAISON ANGLAISE, par Mac Iver Percival --- DÉCOR INTÉRIEUR ET MEUBLES DE LA MAISON FRANÇAISE, par Elias Maillard --- LE MOBILIER AUX XVIIe ET XVIIIe SIÈCLES ET PENDANT LES PREMIÈRES ANNÉES DU PREMIER EMPIRE, par E. Molinier --- L'ART DÉCORATIF FRANÇAIS, par Léon Deshairs --- MODERN FRENCH DECORATIVE ART --- L'ART DÉCORATIF FRANÇAIS, 2e SÉRIE, par Léon Deshairs --- CROQUIS DE RUHLMANN --- INTÉRIEURS III (Collection documentaire d'art moderne) --- INTERIEURS III (Collection documentaire d'art moderne) --- Anciens prix --- Nouveaux prix --- COLLECTION : RÉPERTOIRE DU GOUT MODERNE, 5 volumes; chaque volume --- NOUVELLES BOUTIQUES, par René Chavance --- LES TAPISSERIES DU XIIe À LA FIN DU XVIe SIÈCLE, par J. Guilffrey --- LES TAPISSERIES DES CHASSES DE MAXIMILIEN, par G. Migeon --- ÉTOFFES IMPRIMÉES ET PAPIERS PEINTS, par L. Moussinac --- ÉTOFFES D'AMEUBLEMENT TISSÉES ET BROCHÉES, par L. Moussinac --- ÉTOFFES ET TAPIS ÉTRANGERS, par M.-P. Verneull --- TAPIS, par Léon Moussinac --- NOUVELLES VARIATIONS, par Benedictus --- DÉCORS ET COULEURS, album n°1, par Georges Valmier --- DÉCORS ET COULEURS, album n°2, par Jean Burkhalter --- ÉTUDE DE LA MER, par Mathurin Méheut --- ÉTUDE DE LA FORÊT, par M. Méheut --- LE BON GENRE --- 1.200 --- TENDANCES NOUVELLES DU THÉÂTRE, par Léon Moussinac --- VINGT SOLDATS DE LA DIVISION MAROCAINE, par Julien Le Blant --- LE BRONZE CHINOIS ANTIQUE, par A.-J. Koop --- CONTRIBUTION À L'ÉTUDE DES ARMES ORIENTALES, par P. Holstein --- LA CÉRAMIQUE DANS L'ART D'EXTREMÉ-ORIENT --- 5.000 --- 3.500 --- ANCIENS TAPIS D'ORIENT, par Friedrich Serre et Hermann Trenkwald, sous portefeuille ou cartonné toile --- 4.800 --- 3.600 --- Demi-relire --- 5.000 --- 3.800 --- TAPIS TURCS, par J. de Vegh et Ch. Layer --- SOIÉRIES MAROCAINES, par Lucien Vogel --- CENT PLANCHES EN COULEURS D'ART CHINOIS, par R.-L. Hobson --- CENT PLANCHES EN COULEURS D'ART MUSULMAN, par R. Koechlin et G. Migeon --- CHANTILLY, CRAYONS FRANÇAIS DU XVIe SIÈCLE, par Etienne Moreau-Nélaton --- CRAYONS FRANÇAIS, par E. Moreau-Nélaton --- EXPOSITION CENTENNALE DE L'ART FRANÇAIS, par Roger Marx --- PIGALLE, par S. Rocheblave --- RODIN, par L. Bénédicte --- Demandez ces ouvrages chez les principaux libraires Envoi franco sur demande du catalogue illustré contenant une notice détaillée sur chaque ouvrage LES ÉDITIONS ALBERT LÉVY 2, RUE DE L'ÉCHELLE, PARIS (CHÈQUES POSTAUX, PARIS 66-90)

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ART ET DÉCORATION L'ART DÉCORATIF ET LES ECHOS D'ART 38e ANNÉE - RÉDACTEUR EN CHEF : L. CHERONNET --- TOUS LES DROITS SUR LES ARTICLES ET LES REPRODUCTIONS SONT RÉSERVÉS POUR TOUS PAYS, LES MODÈLES PUBLIÉS SONT ET DEMEURENT LA PROPRIÉTÉ DE LEURS AUTEURS : TOUTES LES REPRODUCTIONS OU IMITATIONS, MÊME PARTIELLES, SONT INTERDITES ET SERONT POURSUIVIES PAR LES AUTEURS. --- PRIX : FRANCE : LE NUMÉRO 10 FRANCS. L’ABONNEMENT ANNUEL (12 NUMÉROS) 100 FRANCS. PAYS À TARIF POSTAL RÉDUIT : AFRIQUE DU SUD (UNION DE L’), ALBANIE, ALLEMAGNE, ARGENTINE, AUTRICHE, BELGIQUE, BRÉSIL, BULGARIE, CANADA, CHILI, COLOMBIE, CONGO BELGE, CUBA, ÉGYPTE, ÉQUATEUR, ESPAGNE, ESTHONIE, ÉTHIOPIE, FINLANDE, GRÈCE, GUATÉMALA, HAÏTI, HONGRIE, LETTONIE, LIBERIA, LITHUANIE, LUXEMBOURG, MAROC (ZONE ESPAGNOLE), PARAGUAY, PAYS-BAS, PERSE, POLOGNE, PORTUGAL ET SES COLONIES, ROUMANIE, SALVADOR, TCHÉCO-SLOVAQUIE, TERRE-NEUVE, TURQUIE, U. R. S. S., URUGUAY, VENEZUELA, YOUGOSLAVIE, LE N° 12 FR. 50. L’ABONNEMENT ANNUEL, 125 FR. AUTRES PAYS : LE N° 15 FR. L’ABONNEMENT ANNUEL 150 FR. EMBOÎTAGES JUSQU’À 1931 INCLUS, CHAQUE EMBOÎTAGE CONTIENT UN SEMESTRE : À PARTIR DE 1932, CHAQUE EMBOÎTAGE CONTIENT UNE ANNÉE : 15 FR. (PORT EN SUS : FRANCE 3 FR. ÉTRANGER 4 FR.). CHÈQUES POSTAUX : PARIS 66-90. TÉL. OPÉRA 65-38. --- PARIS, 2, RUE DE L’ECHELLE LES ÉDITIONS ALBERT LEVY --- SOMMAIRE JUIN 1935 Le XXVe Salon des Artistes décorateurs, par Jean Gallotti. Les Expositions, par René Chavance. LES ECHOS D’ART REVUE DES REVUES - INFORMATIONS ET NOUVELLES - CONCOURS - CALENDRIER DES EXPOSITIONS --- AUX PROCHAINS SOMMAIRES L’EXPOSITION DE BRUXELLES LE PAQUEBOT “NORMANDIE” --- A DÉTACHER ET A ENVOYER A VOTRE LIBRAIRE OU A LA REVUE “ART ET DÉCORATION”, 2, RUE DE L’ECHELLE, PARIS-Ier Veuillez m’inscrire pour un abonnement d’un an à “Art et Décoration” à partir du mois d______ 19__ *Vous en trouverez, ci-inclus, le montant en un $\frac{\text{chèque}}{\text{mandat}}$ de Frs._________________________ *I’en porte le montant, soit Frs._______________ au crédit de votre compte chèque postaux Paris n° 6690. Date _________________________ Signature : Nom : _________________________ Prénom : _________________________ Profession : _________________________ Adresse : _________________________ * Biffer la mention inutile. ** Abonnement (12 N°), France, 100 fr. — Pays à demi-tarif postal, 125 fr. — Pays à plein tarif postal, 150 fr.

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tons "vieil étain" "argent" "nickel" toute la gamme, du mat au poli étincelant, se réalise en décoration métallique. Le zinc possède des tona- lités d'une distinction rare et une malléabilité qui permet d'en tirer mille applications aussi nouvelles qu'imprévues. ROYALE ASTURIENNE COMPAGNIE AUBY ZINC ROYALE ASTURIENNE DES MINES 1, Rue du Cirque, PARIS Dépositaire de "LA DECORATION METALLIQUE" Tél. : Elysées 51-37 et 38, 51-60 — lates 33 WILL

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A. PORTENEUVE, COFFRE SERRE-PAPIERS. LAQUE DE CHINE NOIRE, MAROQUIN ROUGE DU CAP, BRONZES DORÉS, INTÉRIEUR EN CHÊNE BLOND XXVe SALON DES ARTISTES DÉCORATEURS LES ENSEMBLES Certaines personnes émettent quelques regrets au sujet du Salon des Décorateurs de cette année. Elles n'y auraient pas trouvé assez d'idées nouvelles ; l'art y marquerait le pas ; il ne s'en dégagerait pas une impression assez nette de progrès et d'élan. Voilà qui est fort intéressant. Et il me vient la tentation de me joindre au chœur de ces critiques, non pour m'affliger, mais pour me réjouir. Il est clair, en effet, que si leur remarque était juste, nous aurions enfin l'occasion de parler de l'art moderne comme de quelque chose de défini, d'arrêté dans ses contours, d'installé dans ses formules, autrement dit comme d'un style.

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ROGER DORNES. MEUBLE D'APPUI EN BOIS LAQUÉ NOIR, TIROIRS EN GLACE BLANCHE. Pourtant je ne suis pas convaincu du bien fondé de ces reproches. On trouve dans ce Salon la marque de nombreuses recherches, de nombreux efforts pour sortir des chemins battus. Peut-être ces efforts n'apparaissent-ils pas autant qu'on pourrait l'attendre chez ceux qui, depuis une dizaine d'années, ont le plus clairement manifesté leur volonté de faire nouveau. Je veux parler de ceux qui, entre autres réalisations révolutionnaires, n'ont pas craint d'introduire le verre et le métal dans le mobilier comme matières, non pas ornementales mais constructives. Je sais bien que la plupart se sont retirés sous leur tente, c'est-à-dire à l'U. A. M., et l'on ne peut que regretter qu'ils n'en sortent pas pour revenir au Grand-Palais. Quelques artistes cependant représentent cette école qui, si on néglige la question des matériaux pour ne considérer que la forme, peut être appelée l'école du schéma. Je crois pouvoir y compter : M. Maurice Barret, M. Claude Salvy, M. Géo, sans doute aussi M. Pierre Petit, Mlle Colette Guéden, M. Max Ingrand et peut-être M. Michel Dufet. Il est évident que, chez aucun de ceux-ci, nous ne trouvons rien d'aussi surprenant que le fut, à l'époque, pour nos yeux inaccoutumés l'apparition des fauteuils en tubes d'acier et des tables à plateau de verre. Mais de semblables innovations ne peuvent se renouveler souvent. J'ai eu l'occasion de dire, ici même, combien, d'autre part, l'idéal schématique rendait difficile le changement des formes; et qu'enfin, proscrire, par principe, l'ornement, c'est sinon interdire toute évolution, du moins choisir une voie où elle doit être lourdement entravée. Or je crois bien que nous allons être, une fois de plus, confirmés dans cette opinion. Nous trouvons un exemple de fidélité complète à ce que j'appellerai, pour plus de commodité, les principes de l'U. A. M., dans le Coin de bar de M. Géo, dans la Chambre sportive de M. Claude Salvy, avec une belle carte photographique de Sougez, et aussi dans la Chambre d'un travailleur intellectuel de M. Maurice Barret. Et il n'est peut-être pas inutile de noter, en passant, que les deux premiers de ces ensembles sont des applications du meuble tubulaire l'un au campement, l'autre aux installations de café, domaines où il est incontestablement convenable mais où il doit rester purement utilitaire et où personne ne lui demandera de changer; quant à la chambre du travailleur intellectuel, c'est, nous dit M. Barret, « un équipement rationnel de studio minimum... et un ameublement réalisé avec des éléments-types normalisés et standardisés ». Il est donc tout à fait admissible que, pour ce genre d'installation, les types de meubles soient fixés une

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fois pour toutes et qu'on s'y tienne. Donc ici aucun changement. Il est certain que l'introduction des glaces a été une heureuse trouvaille permettant d'égayer les intérieurs nécessairement un peu sévères que donnait l'application des principes dont nous parlons. Une surface réfléchissante pouvait, par la multiplication de la lumière et par son seul aspect précieux, jouer, en quelque manière, le rôle flatteur de l'ornement, sans pourtant en être un ou, si vous préférez, sans en avoir l'air. Cette trouvaille a permis bien des réussites. Mais on ne s'en est pas tenu là. On a gravé les miroirs. Et cela, c'était revenir sans contestation possible à l'ornement. Voilà pourquoi je ne sais s'il faut considérer le Coin de hall de M. Max Ingrand, avec glaces de revêtement et panneau de glaces colorées et décorées, non plus que le Repos Côte d'azur de M. Pierre Petit, avec verre, opaline, marbrite, gravure et façonnage, comme appartenant encore à l'école du schéma. J'estime, au moins, que Mlle Colette Gueden s'en évade avec sa Terrasse sur un immeuble à Paris, où abondent toutes sortes de fantaisies et de gentillesse et où l'on ne peut manquer de remarquer les chaises en fer tordu peintes chacune d'une couleur différente et qui rappellent agréablement les vicilles chaises des jardins publics de notre enfance. Quant à M. Michel Dufet, son Studio blanc et bleu de roi, avec ses sièges à pelage pie et son bahut en palissandre, nous conduit tout droit vers les régions où nous n'avons voulu pénétrer qu'en second et ceci en dépit de sa table en verre et acier chromé. Maints détails cependant sont à noter, dans son stand, qui trahissent une recherche de la nouveauté dans le schématique et des variations dans l'emploi du métal; et c'est pourquoi j'ai voulu parler de lui à cette place. Les supports de la table (lames métalliques incurvées tenant lieu de pieds, sphères d'acier interposées entre ces lames et la dalle de verre) pourraient être choisis comme un exemple caractéristique d'une volonté qui s'applique, en même temps, à respecter un principe et à en éviter la tyrannie. Comment définir maintenant le groupe des autres décorateurs qui, beaucoup plus nombreux que les précédents, ont réalisé la majorité des ensembles mobiliers, donnant au Salon sa physionomie générale ? Si je voulais m'entêter à vouloir faire une classification rigoureuse, au risque de la rendre arbitraire, il me faudrait rappeler le temps où l'école dite des néo-styles, illustrée par Iribe, puis par Sue et Mare, pour ne citer que ceux-là, s'opposait à celle des partisans de la rigidité et de la nudité qu'influençaient alors le cubisme et l'art nègre, et chercher si, parmi

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les artistes dont nous allons parler maintenant, il est possible de distinguer les continuateurs de l'une et de l'autre, ou bien si l'on n'y trouve que des héritiers de la première, les vrais héritiers de la seconde étant les adeptes du schéma par lesquels nous avons commencé. Renonçons à une méthode aussi systématique. Et admettons, plus simplement que, parmi la plupart des exposants, nous n'allons plus trouver qu'une grande souplesse d'esprit, guidée par un goût éclectique prêt à s'éprendre de tout ce qui flatte un certain besoin d'amabilité dans les formes, de somptuosité dans la matière, de confort dans l'agencement, mais n'outrepasse pas les limites imposées par ce respect de la simplicité qui fait loi depuis le début du siècle. Il en résulte que, la plupart du temps, leurs ensembles mobiliers comportent des éléments empruntés aux diverses écoles ou, simplement, conformes aux tendances de plusieurs écoles. Mais n'oublions pas que nous voulons savoir si, vraiment, le Salon de cette année marque un repos dans l'évolution de l'art décoratif et continuons, de ce point de vue, l'examen des principaux stands. Si je veux essayer de citer d'abord ceux qui donnent le mieux l'impression de cette arrivée à un palier, je dois peut-être commencer par les Meubles pour une maison de campagne de M. Et. Kohlmann, qu'éclaire un joli papier peint à fleurs; puis, le Bureau pour le commissaire général des Beaux-Arts à l'Exposition de 1937, de MM. André et Paul Fréchet ; puis la ravissante Salle à manger verte et noire de M. Albert Guénot; puis encore, le Mobilier de salle à manger blanc et puce de M. Leleu. Dans ces intérieurs règne un parti pris de calme, d'emploi réfléchi des formules acquises, y compris celles qu'a fournies l'école du verre et du métal, avec, chez MM. Guénot et Leleu, un certain penchant vers la somptuosité du confort que trahissent notamment leurs fauteuils capitonnés garnis de soie. Ce penchant paraît bien être partagé par M. Lambert, dont le Coin de salon en palissandre et bronze doré, est égayé et enrichi de fauteuils de soie vert pâle et dont la table et le lit témoignent, dans leurs lignes courbes, d'une recherche évidente de la grâce et du charme. Le même esprit se retrouve, sous une manifesta- G.-E. LELEU, GRAND MEUBLE D'APPUI POUR UNE SALLE A MANGER

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tion différente, dans la Chambre à coucher pour une jeune mère, de M. Léon Bouchet, en tussor écrû avec coutures et boutons verts. Mais cet esprit, ici, nous conduit droit au néo-style par l'emploi généralisé du capiton, aussi bien pour le lit, que pour le divan de pied, la chaise basse et même le berceau. On ne peut nier d'ailleurs que cette adaptation, sous une forme très moderne, d'une mode du Second Empire, ne soit parfaitement réussie. Et le même éloge doit être décerné à M. Jacques Adnet pour sa Chambre à coucher de Mme X... où la Compagnie des Arts français affirme cette fois très nettement sa fidélité aux leçons de ses fondateurs; il ne convient pas d'ailleurs d'y noter seulement l'emploi heureux des capitons mais, d'une manière générale, la délicatesse et le goût raffiné partout présents, aussi bien dans les couleurs, crème, noir, or, que dans l'heureuse façon dont le verre et le métal se trouvent intégrés dans un ensemble précieux C'est encore du néo-style que nous trouvons au stand de M. Tony Selmersheim, dont la Salle à manger reflète une inspiration qui, cette fois, est remontée jusqu'à Louis-Philippe. Dois-je continuer à voir toujours les mar- ques d'une faveur nouvelle des néo-styles dans la Salle à Manger et Chambre à coucher acajou de M. Lucien Rollin ? Ce serait peut-être abusif, bien qu'il s'en dégage on ne sait quelle saveur évoquant le 1875 ou le 1880. Mais c'est peut-être penser à un passé trop récent. Cela ne nous conduirait-il pas à considérer le stand Cordoue de M. Maurice Dufrène comme une adaptation moderne du style de 1910 et le Studio de Mme Suzanne Guiguichon comme du néo-cubique de 1925 ? Il semble plutôt que nous soyons en présence d'efforts faits pour créer, coûte que coûte, du nouveau. Et cela est plus sensible encore dans des réalisations comme celles de M. Printz ou de M. Prou, par exemple. Le premier, dans son Ensemble, formant salle à manger et bureau-salon, manifeste une volonté d'assouplir et de varier les formes proposées par les schématistes dans l'emploi du métal et du verre, volonté d'où résultent certaines complications, parfois même certains embarras. Le second, dans sa Chambre à Antibes n'est pas sans nous donner quelques souvenirs de l'art viennois, tout en nous présentant de jolies idées avec ses sièges et A. ARBUS, COMMODE DE PARCHEMIN IVOIRE ET ÉBÈNE

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ses lits de rotin. Ceci me conduit à signaler un certain nombre de tentatives pour trouver des formes nouvelles dans l'interprétation soit du mobilier colonial comme l'a fait M. René Gabriel dans l'Équipement d'une salle à manger et d'une chambre, soit dans le vieux répertoire des campagnes, comme M. Székely dont la Salle à manger a des chaises de paille rustiques vraiment bien tentantes, ou comme M. Motheau qui, il est vrai, se tient résolument dans le cadre du régionalisme. De ces quelques coups d'œil jetés sur l'œuvre des principaux « ensembliers », on peut, je crois, conclure déjà qu'ils sont loin de renoncer tous à la recherche des nouveautés. Ces recherches paraissent s'exercer dans des directions un peu divergentes, leurs efforts donnant un peu l'impression d'être dispersés. Cela assurément nous gênera lorsque, en fin d'examen, nous voudrons porter un jugement sur l'état présent d'un art qui ne perdrait peut-être rien à se stabiliser. Mais il nous reste encore, avant d'en dire davantage, à jeter les yeux sur les présentations d'objets isolés et de meubles qui tiennent, nous l'allons voir, une place importante dans les galeries de ce XXVe Salon. (Suite page 225.) --- CAMILLE ET SERGE ROCHE. ENSEMBLE DÉCORÉ GLACE, STUC ET MÉTAL

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M. L. SUE, CASIER A MUSIQUE EN ÉBÈNE MACASSAR DUNAND, TABLE EN LAQUE NOIRE TONY SELMERSHEIM, SALLE A MANGER EN BUBINGA CIRÉ