Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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Art et décoration OCTOBRE 1921

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ON TROUVE : Les céramiques de Delaherche Decœur Lenoble Mayodon Avenard Les verreries de Lalique Decorchemont Goupy Les dinanderies de Dunand Chez GEO. ROUARD 34 Ame de L’OPERA --- MAISON FONDÉE EN 1720 P. et A. PICARD FABRICANTS DE QUINCAILLERIE DÉCORATIVE POUR LE BATIMENT A.P.C. 4, RUE SAINT-SAUVEUR PARIS --- Georges NOWAK MEUBLES D’ART MODERNE ETUDES ET CRÉATIONS D’ENSEMBLES ARTISTIQUES Magasins de Vente : 38 - Faubourg Saint-Antoine - 38 Tél. : Roq. 76-57 PARIS-XIIe Ateliers : 37, Rue de Charenton, 37 --- AMEUBLEMENT DE STYLE & MODERNE ET INSTALLATIONS D’INTÉRIEURS AMOROS & Cie Usine électrique : à Fontenay-sous-Bois, rue Dalayrac, 7 TÉLÉPHONE : 282 Magasin d’Exposition : à Paris, rue Antoinette, 16 - Tél. : Nord 47-64

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Art et Décoration --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS ALBERT LEVY, ÉDITEUR, 2, RUE DE L'ÉCHELLE, PARIS (1er) --- VIENT DE PARAITRE : MUSÉE DU LOUVRE --- LES TAPISSERIES DES CHASSES DE MAXIMILIEN PAR G. MIGEON Conservateur des Objets d'Art au Musée du Louvre Les douze tapisseries de Van Orley, consacrées aux "Chasses de Maximilien" constituent une série incomparable qui suffirait, à elle seule, à faire la gloire d'un musée. Notre Louvre ne peut les exposer faute de place.... Il nous a paru du plus haut intérêt de profiter d'une exposition temporaire pour en faire des reproductions somptueuses, en grand format in-folio. Chacune des douze tapisseries fait l'objet d'une planche double en héliogravure; deux planches en couleurs reproduisent des détails intéressants. Un texte historique et descriptif complète ce magnifique ouvrage que voudront posséder tous ceux qui s'intéressent à l'art de la tapisserie. Un volume in-folio, en carton : 120 francs Un prospectus sera envoyé sur demande --- ÉDITIONS DE LA NOUVELLE :: REVUE FRANÇAISE :: 35 ET 37, RUE MADAME, PARIS-VIe, TÉL : FLEURUS 12-27 COLLECTION LES PEINTRES FRANÇAIS NOUVEAUX CHACQUE BROCHURE CONTIENT : UNE ÉTUDE CRITIQUE DES NOTES BIOGRAPHIQUES OU DOCUMENTAIRES, UNE TRADUCTION EN ANGLAIS ET EN ALLEMAND DES INDICATIONS ESSENTIELLES, UNE TRÉTAINE DE REPRODUCTIONS DES ŒUVRES LES PLUS CARACTÉRISTIQUES DU TALENT DE L'ARTISTE, SON PORTRAIT GRAVÉ SUR BOIS PAR JULES GERMAIN. VOLUMES PARUS : HENRI MATISSE NOTICE PAR MARCEL SEMBAT — UN VOLUME . 8.50 CHARLES GUÉRIN NOTICE PAR TRISTAN KLINGSOR — UN VOLUME 3.50 LUC ALBERT MOREAU NOTICE PAR ROGER ALLARD — UN VOLUME . 3.50 JEAN PUY NOTICE PAR MICHEL PUY — UN VOLUME . 3.50 OTHON FRIESZ NOTICE PAR ANDRÉ SALMON — UN VOLUME . 4 FR. JEAN MARCHAND NOTICE PAR RENÉ JEAN — UN VOLUME . 4 FR. M. DE VLAMINCK NOTICE PAR FRANCIS CARCO — UN VOLUME . 4 FR. TIRAGE DE LUXE, LE VOLUME .. 10 FR. » POUR LES SOUSCRIPTEURS A TOUTE LA PREMIÈRE SÉRIE (ENVIRON VINGT BROCHURES), LE VOLUME.. .. .. .. .. .. 8 FR. » --- RASSEGNA D'ARTE ANTICA E MODERNA publiée, sous la direction de M. CORRADO RICCI, avec le concours des plus éminents critiques d'Italie, étude d'art rétrospective et contemporaine, les collections publiques et particulières, les objets artistiques que l'Italie offre tous les jours à l'admiration des amateurs. La “Rassegna d’Arte Antica e Moderna” paraîtra chaque mois en livraison de 56 pages, in-4°, ornée d’un grand nombre d’illustrations dans le texte et hors texte, avec gravures au burin et à l’eau-forte, estampes en couleurs, lithographies, etc. Les abonnés de la “Rassegna d’Arte Antica e Moderna”, reçoivent gratuitement. LA BIBLIOGRAFIA DELL’ARTE publication supplémentaire mensuelle de 16 pages, qui donne le compte rendu de tous les livres d’art et des revues publiés en Italie et à l’étranger. Le prix d’abonnement est le suivant : Italie. .. .. : L. 50 expédition recommandée ; L. 60 Étranger. .. : Frs 50 — — ; Frs 60 On reçoit les souscriptions aux adresses suivantes ; ROMA (II) Via Zanardelli, 7. MILANO : Via Mantegna, 6. .. NAPOLI : Via Medina, 61. ROMA : Piazza di Spagna, 84 .. FIRENZE : Via Cavour, 4.

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Art et Décoration BIBLIOTHÈQUE D'ART "VELL I NOU" Le meilleur répertoire graphique des Beaux-Arts Indispensable pour l'éducation :: graphique de la jeunesse :: De grande utilité pour les Artistes et les Amateurs d'art Il paraît un volume par trimestre Édition en espagnol ou en français AU CHOIX Demander prospectus illustré à EDITORIAL Y LIBRERIA DE ARTE M. BAYÈS, C. Tallers, 32 BARCELONE --- MAISON D'ÉDITIONS D'ART BESTETTI ET TUMMINELLI MILAN — ROME Florence - Naples - Palerme - Venise - Gênes - Lugano DEDALO Revue d'Art dirigée par UGO OJETTI Cette revue ne s'adresse pas seulement aux érudits et aux savants, mais surtout au vaste public des amateurs d'art. Elle s'occupe autant des arts appliqués que de l'Art pur, autant de l'Art antique que de l'Art moderne, et quoique surtout consacré à l'Art italien, elle n'ignore pas l'Art étranger. C'est un type de revue qui n'existait pas jusqu'à présent en Italie. DEDALO est publié en fascicules de 70 pages avec de très nombreuses illustrations et des planches hors texte en noir et en couleurs. DEDALO première année 1920-21. 200 fr. Frais d'expédition recommandée . . 15 fr. DEDALO deuxième année 1921-22. 120 fr. Chaque fascicule . . . . . . . . . . . 12 fr. Direction : FLORENCE, Palazzo dell'arte della Lana. Amministrazione : MILAN, Viale Monforte, 20. --- La femme qui se sert du DÉPOUSSIÉREUR ÉLECTRIQUE fait son ménage avec goût et sans fatigue. Elle n'a plus à se garantir contre les poussières que font voltiger balais et plumeaux. Toute femme soucieuse d'avoir un intérieur propre et confortable, doit posséder le “ROYAL”. Elle est sûre que, grâce à lui, la poussière ne restera tant sur les parquets, tapis, rideaux, tentures, que sur les meubles et objets les plus délicats. Le “ROYAL” est indispensable pour la bonne tenue et l’hygiène de votre “home”. EN VENTE DANS TOUS LES GRANDS MAGASINS AGENCE AMÉRICAINE PARIS, 38, Avenue de l'Opéra. GENÈVE, 17, Boul. Helvétique.

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art et décoration REVUE MENSUELLE D'ART MODERNE Vingt-Cinquième Année — Numéro : 238 --- OCTOBRE 1921 --- LES DESSINS DE RENOIR . . . . . . . . . . . . . . . . François Fosca. LA SALLE DE RÉCRÉATION DE LA CITÉ-JARDIN D’ÉPINAY. René Chavance. LA GRAVURE AU BURIN . . . . . . . . . . . . . . . . François Courboin. MIROIRS A MAIN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Léon Deshairs. PLANCHE HORS TEXTE ENFANT SUR LES GENOUX DE SA BONNE (Dessin) . . . . . . . . . RENOIR. Chronique : NOTES ET INFORMATIONS. — LE CONGRÈS D'HISTOIRE DE L'ART. — MUSÉES. — LA MORT DE SARDANAPALE, DE DELACROIX. — UN MUSÉE-BIBLIOTHÈQUE DE L'ABBAYE DU MONT SAINT-MICHEL. — VILLES ET MONUMENTS. — FAUT-IL RESTAURER LES MONUMENTS MUTILES ? — MONUMENT AUX MORTS DE TRÉGUIER. — EXPOSITIONS. — LIVRES ET REVUES. --- PRIX DE LA LIVRAISON France : 6 fr. — Étranger : 7 fr. PRIX DE L'ABONNEMENT France : 60 fr. — Étranger : 70 fr. De 1897 à 1914 : la livraison. 3 francs. En 1919 : 5 livraisons à 5 francs. L'Année : Brochée. 36 fr.; Reliée. 56 fr. --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 2, RUE DE L'ÉCHELLE — PARIS Je COMpte DE CHèQUES POSTAUX, N° 6690. TÉLÉPHONE : LOUVRE 33-87

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Art et Décoration --- LIBRAIRIE OLLENDORF, 50, Chaussée d'Antin, PARIS --- GABRIEL MOUREY --- ESSAI SUR L'ART DÉCORATIF FRANÇAIS MODERNE --- L'Art Décoratif qui, plus que tout autre, révèle les fluctuations du goût d'un peuple, n'avait pas encore eu de mémorialiste aussi lucide et aussi averti que Gabriel Mourey. Aucune des tentatives qui, depuis un demi-siècle, ont enrichi notre patrimoine artistique ne lui a échappé, aucun de tous ceux qui ont essayé d'embellir le décor de notre vie quotidienne ne l'a laissé indifférent. Et de tout ce labeur, de tout cet effort plus ou moins heureux, il a su dégager la signification et ce qu'il est permis d'en attendre encore. Vingt-quatre planches hors texte habilement choisies pour mieux faire saisir les idées si personnelles de l'auteur complètent l'attrait de ce livre nécessaire et attendu. 1 volume, petit in-octavo, prix . . . . . . . 15 francs --- JEAN·LUCE CÉRAMISTE VERRIER Modèles spéciaux sur demandes PARIS - 29 Rue de Chateaudun - Tél.Trud. 10-16 --- Décorateurs achetez ou faîtes exécuter vos Luminaires à Luminosa 33 rue des Petits Champs Couper Vasques Craux du Golfe Juan Lampadaires Lustres Benitiers Vitraux Retenez cette adresse. Maison de gros ne vendant pas aux particuliers

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Etude d'enfant, pour le tableau « La Mère au chapeau de paille »; 886. Les Dessins de Renoir A la galerie Durand-Ruel s'ouvrit, ce printemps-ci, une exposition de dessins, de pastels, et d'aquarelles de Renoir dont l'intérêt était considérable. On y trouvait ce qu'on pourrait appeler les matériaux, les provisions de l'artiste. Croquis brefs, attitudes prises au vol, esquisses pour des compositions, grandes sanguines rehaussées de craie, pastels, où Renoir profite des facilités de l'outil pour jeter rapidement sur le papier des essais colorés, aquarelles, où il s'amuse à combiner d'extraordinaires harmonies. La plus ancienne œuvre exposée datait de 1875, la dernière de 1919, l'année de sa mort. C'est donc le résultat de quarante-quatre années, de près d'un demi-siècle de labeur. Nous pénétrons dans l'atelier de l'artiste, il nous ouvre ses cartons, ne nous cache rien, depuis les travaux les plus poussés, jusqu'aux notes les plus fugitives. Profitons-en pour tâcher de l'étudier plus à fond. Il faut tout d'abord insister sur ceci: les aquarelles et les pastels mis à part, les dessins et les sanguines ne furent guère pour Renoir des œuvres d'art en soi, mais des études. C'est bien là, comme je l'ai dit, des matériaux. On trouvait des notations de mouvements, des recherches pour l'arrangement d'un groupe, la mise en place d'un personnage dans une toile. Quant aux aquarelles, il semble bien que ce moyen ait été pour Renoir un divertissement. Il expérimentait une technique nouvelle pour lui, dont l'imprévu l'amusait. Lorsqu'on parcourait les salles de l'exposition, le catalogue en main, — catalogue où

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Art et Décoration on avait eu l'excellente idée d'indiquer des dates — on discernait nettement l'extraordinaire évolution qu'a suivie Renoir. Cette évolution est extraordinaire, parce qu'elle suscite une fois de plus le problème mystérieux : dans quelle mesure, chez un artiste, l'intelligence et la réflexion interviennent-elles pour guider l'instinct, le don ? Voilà un problème dont on n'aura jamais que des solutions approchées, car il est impossible de le résoudre de façon rigoureusement exacte. Tout d'abord, il faut rejeter le lieu commun détestable, d'après quoi l'artiste ne serait jamais qu'un créateur purement instinctif, et que l'intelligence ne servirait qu'à gâter le travail de l'inconscient. Ce préjugé est une erreur de plus à l'actif du dix-neuvième siècle ; il est en contradiction formelle avec tout ce que nous savons. Raphaël, Michel-Ange, Poussin, Delacroix, furent des êtres fort bien organisés, qui savaient réfléchir, et tirer des conclusions, d'après lesquelles ils modifiaient ou non la direction de leurs travaux. Certes, le don est avant toute autre chose, indispensable. Sans lui, toutes les forces de l'intelligence ne pourront créer un artiste. En art non plus, il n'y a pas de génération spontanée ; un germe primitif est nécessaire. Mais il est certain que ce travail de l'intelligence est plus ou moins visible selon les artistes. Chez certains, la faculté critique est nettement dissociée du don naturel ; elle opère indépendamment, le guide, l'excite ou le contraint, ainsi qu'un précepteur le fait avec l'enfant qu'on l'a chargé d'éduquer. Les exemples sont : Poussin, Vinci, Degas, Malherbe. Chez d'autres, au contraire, le don naturel se développe et s'oriente dans une sorte de quasi-inconscience, sans que la réflexion critique semble intervenir, ou dans une mesure infime. On dirait un enfant que sa mère élèverait sans sermons, sans punitions, sans autorité apparente, uniquement à force de caresses et d'amour. Prud'hon, Mozart, Corot, La Fontaine, paraissent laisser agir un démon

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Les Dessins de Renoir intérieur, qui guide leur main. Mais si l'on regarde plus attentivement, on découvre que cette spontanéité n'est qu'apparente. En fait, la réflexion intervient : seulement, de façon cachée. Elle opère par de secrets moyens, qui le plus souvent nous échappent, ou ne transparaissent qu'à de certains moments; et alors sous des aspects si imprévus, que l'observateur, le plus souvent, est dérouté. Renoir a, bien des fois, été rangé dans cette seconde catégorie. Il a toujours donné l'impression d'un artiste qui obéissait à un génie intérieur, s'y abandonnait les yeux fermés. Cette impression, Renoir lui-mêmeaida à la fortifier, par l'obstination qu'il mit à repousser tout commentaire de son œuvre, à se poser en artiste qui peint comme l'oiseau chante. Agacé qu'il était par les jugements des littérateurs et des critiques d'art, il s'amusait à les contredire et à les embrouiller. J'allais oublier un autre point encore, qui, en plus des boutades de Renoir, fit croire qu'il peignait au gré de l'humeur du moment: c'est sa gaucherie — gaucherie superficielle, qui dissimule une science prodigieuse. Parce qu'il ne calligraphiait pas, on le crut ignorant ou maladroit; en fait, il a, pendant sa longue vie, acquis et constitué un trésor considérable, dans l'art difficile de la peinture. En même temps, son œuvre révèle une évolution très nette et Baigneuse lançant de l'eau, 1883. — Collection Durand-Ruel — Baigneuse sortant de l'eau (sanguine) 1890-1895.

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Art et Décoration Le chapeau de coquelicots (pastel) 1885. — Collection Durand-Ruel — très volontaire. Mais ce qui rend cette évolution si singulière, c'est qu'elle ne se conforme pas du tout au type habituel, c'est que la courbe en diffère sensiblement de celle que décrit d'ordinaire une carrière d'artiste. Presque toujours, un artiste confesse, pendant ses années d'apprentissage, à la fois de la sécheresse et de l'incertitude. Peu à peu sa main s'allège, et se fortifie. Progressant toujours en science et en liberté, il atteint ce point merveilleux, où, il résume, les expériences et les acquisitions de toute une vie. Mais Renoir suit un chemin bien différent. Après une période de débuts, assez hésitante, il révèle un sens très raffiné de la couleur, et une poésie bien séduisante. A quarante ans, brusquement, il modifie son art. A un métier vaporeux et nuancé, il substitue une technique précise, nette. Bientôt, nouveau changement de direction. Retrouvant la facilité, la liberté de sa jeunesse, il la complète par un sens prodigieux du volume et du corps humain, une compréhension extraordinaire des ressources de la couleur et du rôle qu'elle devait jouer.

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Les Dessins de Renoir Pour mieux se rendre compte de cette carrière si singulière, il faut le reprendre à ses débuts. La Diane chasseresse (1866), exécutée à vingt-cinq ans, révèle l'influence conjuguée, et à peu près fatale étant donnée l'époque, de Courbet et de Corot, à laquelle viendront s'ajouter assez vite celles de Delacroix et de Manet. Mélange disparate, mais qui prouve que Renoir n'acceptait pas aveuglément les influences courantes, mais les dosait et les associait selon sa propre volonté. C'est Delacroix qui inspira les Parisiennes habillées en Algériennes (1872), délicieux ambigu d'Orient et d'Occident ; quant à Manet, ses leçons se retrouvent dans la Lise (1867). De 1870 à 1880, Renoir est en plein dans la période que l'on pourrait qualifier d'impressionniste. Il nettoie sa palette, la charge de couleurs pures et fraîches, de rose, d'or, d'outremer. Il multiplie les petites touches, les empâtements granuleux, ou bien étale de larges nappes fondues l'une dans l'autre, des glacis nuancés. A cette époque, son but semble être de devenir une sorte de Watteau de la banlieue parisienne, le poète des amours légères. Les calicots et les employés de ministère, en cols évasés et en cravates à la Colin, courtisent des Nanas et des Yvettes coiffées à la chien, et vêtues de robes largement pékinées. Toutes ses toiles d'alors évoquent une nature printanière, mi-citadine, mi-champêtre, des jardinetts étroits, à balançoires et à guinguettes. Au-dessus des acacias et des marronniers en fleurs se boursouflé et s'effiloche la fumée du chemin de fer voisin. Ainsi que le faisait Watteau du Théâtre Italien de la Régence, Renoir tire des lieux de plaisir de 1875 une sorte de carnaval, de fête parée ; les vestons de serge y deviennent de velours, les robes de percale de chatoyantes soieries ; l'éclatante grenadine et le petit vin blanc colorent, non des verres épais, mais de féeriques cristaux. Autant que la Valse des Roses, il Bacio, ou l'Aman d'Amanda, on y évoque la tourbillonnante musique que Debussy a mise aux Chevaux de bois de Verlaine. Car c'est aux poèmes de Verlaine, où la tendresse sourd de la sensualité, que ces toiles font penser. Mais à un Verlaine sans misères, sans hôpital et sans absinthe, et surtout sans conversion. Rien ici ne retrace le malheur ou la