Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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Art et Décoration MAISONS RECOMMANDÉES J. MEYNIAL, Successeur de JEAN FONTAINE Libraire, 30, Boulev. Haussmann ACHAT ET VENTE DE LIVRES RARES ET PRÉCIEUX DU XVᵉ AU XIXᵉ SIÈCLE Manuscrits, Reliures anciennes avec et sans Armoiries, Gravures, Direction de Ventes publiques, Expertises. — Catalogue franco sur demande. --- CHAUFFAGE CENTRAL par l’Eau chaude ou la Vapeur EXÉCUTION IMMÉDIATE ROBIN & Cie, 33, Rue des Tournelles PARIS --- AMEVBLEMENT MODERNE GALLÉRE 4 2 RVE DE LA ROQUETTE PARIS DESSINATEUR FABRICANT --- MEUBLES D'ART MODERNE G. de BARDYÈRE DESSINATEUR.FABRICANT DÉCORATION.D'INTÉRIEURS EBÉNISTERIE TAPISSEIIE SIÈGES TENTURES 21 RUE de RICHELIEU PRES DU THÉÂTRE FRANÇAIS — PARIS. 2'AÎN' --- MAGNIER FRÈRES Reliures de Luxe et de Bibliothèques 7, Rue de l'Estrapade, 7 — PARIS --- Geo. ROUARD Céramiste-Verrier 34, Avenue de l'Opéra, 34 PARIS Téléphone : Central 35-91 Modèles de Marcel Goupy.

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A NOS LECTEURS Notre numéro de janvier paraîtra sous une couverture nouvelle et sous une forme rajeunie. Nous ne nous bornerons pas à rafraîchir notre enseigne — déjà vieille de plus de vingt ans. Nous ouvrirons des fenêtres dans la maison et nous y ferons pénétrer l'air du moment. Dorénavant, les talents jeunes et les tendances nouvelles seront largement accueillies. Les manifestations de l'art seront recherchées dans toute la vie sociale et jusque dans la mode et les spectacles. Certaines articles en préparation élargiront le cadre des sujets traités jusqu'ici. L'art décoratif entre dans une période nouvelle. De grandes espérances sont permises. Nous en fournirons bientôt la preuve. De notre prochain numéro, nous ouvrirons une vaste enquête, où nos principaux décorateurs opposeront leurs conceptions diverses sur la rénovation de l'art du mobilier. Nous réserverons à l'architecture et aux intérieurs une grande place dans les mois à venir. Notre Chronique, enfin, que nous sommes déjà efforcés de rendre attrayante et actuelle, sera, en 1920, un reflet fidèle du mouvement artistique. --- Nous prions instamment nos lecteurs, pour éviter tout retard, de nous envoyer, dès maintenant, le montant de leur abonnement pour l'année 1920. France et colonies --- 50 francs --- Étranger --- 56 francs --- A

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Le Fjord. EDWARD DIRIKS. LE SALON D'AUTOMNE I. — LA PEINTURE ET LA SCULPTURE L e douzième Salon d'Automne a été inauguré, le 31 octobre, dans la fièvre d'une installation hâtive et parmi le tumulte des opinions contradictoires. Il est remarquable que dans le jugement du public, cette institution ne vieillisse point et ne perde rien du renom de hardiesse et de combativité que lui valurent les tendances premières de ses fondateurs. Mais toutes rumeurs apaisées, il faut bien reconnaître que le Salon d'Automne ressemble moins à un champ de bataille qu'à une académie, — j'entends une académie comme celles du quartier Montparnasse, où maint élève turbulent brûle son professeur avant d'avoir adoré l'étude du dessin. Il y règne une liberté dont quelques-uns usent avec fureur, dont beaucoup d'autres ne profitent guère. Le résultat, c'est un ensemble peu cohérent, où l'on cherche en vain, si l'on est sans parti pris, des indications, des significations catégoriques, hors la poursuite assez générale, non d'un idéal artistique défini, mais d'un mode d'expression intensément personnel. Ce manque de cohésion, cet effort individuel vers l'originalité ont caractérisé tous les Salons d'Automne depuis 1903. Ils caractérisent encore celui de cette année, sans empêcher

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Art et Décoration que le Salon d'Automne demeure le plus vivant, le plus attrayant, le plus nécessaire des trois grands Salons annuels, celui qui révèle le plus et qui, par conséquent, possède aujourd'hui les éléments les plus sérieux de vitalité. On pourra objecter que les efforts plus résolus que raisonnés qu'il met en valeur n'aboutissent encore qu'à une indécision dont on peut voir des preuves dans la déroute du cubisme et dans la conversion de trois ou quatre pontifes de l'excentricité. En réalité, ces événements n'ont rien d'inattendu; la disparition ou l'abstention momentanée des clientèles de l'Est aurait suffi à les provoquer. Il ne convient donc pas de leur accorder un sens qu'ils n'ont point. J'ai vu un dessin de M. Fauconnet qui, je crois, veut personnifier l'art d'aujourd'hui. On y voit un peintre assis devant son chevalet, et ce peintre n'a pas de visage, mais seulement deux énormes yeux. Je trouve le portrait fort ressemblant, et il me semble que celui qui ne l'entend point ainsi n'a rien à faire au Salon d'Automne. Le peintre d'aujourd'hui ignore neuf fois sur dix la destination de l'œuvre qu'il achève. Il ne sait point s'il la vendra, et si elle s'en ira dans un musée, ou dans le salon d'un homme de goût, ou dans celui d'un trafiquant. Il n'a donc plus à subir la loi d'une harmonie nécessaire entre les idées de son temps et celles qu'il entend exprimer, pas plus qu'entre son œuvre et les murs indéterminés qui l'accueilleront peut-être. Échappant ainsi à la discipline de l'architecture, à la discipline du goût, à la discipline de l'esprit, il n'est plus dirigé que par ses facultés visuelles, par son œil. Il s'en suit que l'œil du peintre, affranchi de toute tutelle (et même du contrôle de la raison) se cultive avec une intensité et une rapidité inconnues autrefois. C'est dans ce sens que certaines peintures d'aujourd'hui sont peut-être prophétiques, même quand il nous paraît difficile d'y reconnaître autre chose que les effets d'une déformation professionnelle. En tout cas, le fait qu'aucune œuvre, sauf exception rarissime, n'a de nos jours d'affection déterminée, — ce qu'on pourrait LOUIS SUE.

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Le Salon d'Automne LEBASQUE. appeler en termes plus généraux la séparation de l’art et de la vie, — suffit à expliquer le rôle prépondérant et parfois exclusif que joue la technique dans la production picturale contemporaine. Au Salon d’Automne, en particulier, les exposants qui font de la peinture sont beaucoup plus nombreux que ceux qui s’attardent encore à composer des tableaux. Nous rencontrerons pourtant plusieurs de ces derniers parmi les artistes considérés à bon droit comme des novateurs. M. Félix Vallotton en est un. Il a peint, en 1914 et en 1915, de vastes compositions décoratives, inspirées je crois par la guerre, quoi que l’on n’y aperçoive ni casques, ni canons, ni aucun attribut militaire. La sobriété de composition est précisément la qualité maîtresse de ces ouvrages, qu’il s’agisse d’Orphée dépecé ou du triptyque dont la partie centrale représente Le Crime châtié et les panneaux de droite et de gauche la Douleur et l’Espérance. Mais à cette louable modération dans la recherche des effets, le dessin et la couleur de M. Vallotton n’ajoutent, il faut le regretter, ni chaleur ni émotion. Le Jésus chez Marthe et Marie de Maurice Denis est dans la note la plus habituelle de l’auteur : douce intimité, charme grave, composition rythmée comme les strophes d’un poème. Et c’est là, en réalité, une très belle strophe ajoutée à l’hymne que nous connaissons, où le sentiment religieux, très réel et très profond, se réchauffe d’une pointe de sensualité rêveuse. Il y a peu de chose à dire de La Batterie de 155, si ce n’est que, plus inattendue, c’est une page attachante, sobre, exacte, digne de l’auteur. M. Henri Lebasque, lui aussi, compose des tableaux, encore que, dans le domaine de la technique pure, il y ait peu de chercheurs et

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Art et Décoration de trouveurs aussi heureux. Tout ce qu'il y a d'aisé, de savoureux, d'intelligent, dans sa manière, on peut le voir réuni dans la jolie œuvre reproduite ici. Chez M. Bonnard, et encore plus chez M. Laprade, la technique tend déjà à accaparer tout l'intérêt, mais elle se justifie par son adaptation rationnelle à un petit nombre de sujets, auxquels l'auteur revient volontiers. Aucune préoccupation de cet ordre ne hante l'esprit de M. Matisse, rien n'autorise à penser qu'il signera un jour des tableaux proprement dits; et pourtant, si, de mémoire, on oppose ses panneaux du Salon de 1910 (La CHARLES CAMOIN.

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Le Salon d'Automne Danse et La Musique) aux gentillesses de cette année, on est tenté de penser qu'il y vient. Tout en devenant moins mystérieux, au risque de perdre la part d'ailleurs la plus superficielle de sa personnalité, M. Matisse nous cele, toutefois, encore son idéal de beauté. S'il lui sur les rainures d'un affreux parquet, n'est-ce point pour faire mieux sentir la grâce d'une gerbe de fleurs des champs, voluptueusement peinte? Nous le saurons peut-être un jour. M. van Dongen se livre davantage, mais ses envois de cette année ont pourtant déconcerté semble nécessaire d'effacer les traits d'un visage féminin, je suppose que c'est afin de laisser tout son intérêt au peignoir clair dont il a vêtu son modèle, et dont la souple étoffe joue agréablement dans la lumière d'été; mais je n'en suis pas sûr. Et lorsqu'il s'escrime sur les guirlandes d'une banale carpette rose, ou beaucoup de gens, qui, faute de mieux, lui accordent de l'humour. Il me semble que c'est bien généreux. M. van Dongen possède un sens très remarquable de la couleur, mais ce qu'il nous a laissé à admirer jusque dans ses pires divagations, n'est le fait ni d'un esprit subtil, ni d'une extrême pureté de goût. Sa MARQUET.

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Art et Décoration Mme Nicole Groult. VAN DONGEN. personnalité, d'ailleurs, continue d'évoluer dans un champ de bien petite étendue. La présence de M. Flandrin, de M. Dunoyer de Segonzac, de M. Boussingault, de Mme Marval, n'est l'occasion d'aucune révélation, ce qui ne veut pas dire que leurs envois soient indifférents ; mais des peintres à l'originalité aussi affirmée nous déçoivent toujours quelque peu lorsqu'ils s'arrêtent : on ne se plaît à les imaginer qu'en perpétuelle effervescence. De M. Marquet, on ne saurait dire qu'il s'est arrêté. Il a envoyé un nu dont la conscience et l'austérité ont des éloquences de manifeste. M. André Lhote est moins austère,

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Le Salon d'Automne 167 HENRI MATISSE. mais beaucoup plus systématique encore. Il s'agit toujours de démonstrations. Laissons-nous attirer par la fantaisie. La voici sous l'aspect d'une jeune fille en pyjama blanc que M. Sue, précieux et nerveux portraitiste, intitule: Été. La jeune fille en gris de M. Bissière, la Robe grise de M. Valtat, les aimables figures féminines de M. d'Espagnat, celles de M. Paul Renaudot, participent du même modernisme assourdi, dont on ne saurait nier le pouvoir de séduction. Au contraire, les figures de jeunes femmes et de jeunes filles de M. Camoin plaisent par leur franchise d'accent, par ce qu'il y a, dans ces œuvres, de direct et d'instinctif. M. Alcorta, M. Pierre Alin, M. O'Connor, peintres de nu, savent trouver des thèmes nouveaux et les interpréter avec des accents personnels. Le dernier nommé expose, notamment, une Rousse d'une très belle et très savoureuse matière. Quand à M" Dufau, on peut aimer sa Source dans la nuit pour les qualités d'ensemble, la distinction, le velouté de la couleur; mais elle nous a souvent montré des anatomies plus