Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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ART et Décoration Revue mensuelle d'Art Moderne --- Sommaire - Le Salon des Artistes - Décorateurs - M. P.-VERNEUIL - José Clara, sculpteur - GEORGES DENIS-RAULT - Meubles de Jardin - E. SEDEYN - Chronique du mois - FRANÇOIS MONOD - Planche hors-texte : - Winnie - JACQUES BLANCHE --- AVRIL 1914 --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS PARIS • 2 RUE DE L'ÉCHELLE • Télèp^ Louvre 33·87 Prix de la Livraison : 2 fr. — Étranger : 2 fr. 50 18° Année, N° 4

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Art et Décoration Revue Mensuelle d'Art Moderne --- ABONNEMENT ANNUEL - PARIS & DÉPARTEMENTS .......................... 20 francs - ÉTRANGER ........................................ 25 francs - Prix de la Livraison. France : 2 francs. — Etranger : 2 fr. 50 - L’Année parue .................................... 24 francs --- Nous tenons à la disposition de nos abonnés des cartonnages avec papier de garde spécial. Chaque carton contient un semestre. Prix de chaque carton ........................... 2 fr. 50 --- L’ART DE NOTRE TEMPS COLLECTION NOUVELLE D’ALBUMS IN-16, GRAND-JESUS COMPRENANT CHACUN 48 PLANCHES HORS-TEXTE ACCOMPAGNÉES DE NOTICES ET PRÉCÉDÉES D’UNE ÉTUDE BIOGRAPHIQUE ET CRITIQUE --- EN VENTE : CHASSÉRIAUXPar HENRY MARCEL --- DAUMIERPar LEÓN ROSENTHAL --- CARPEAUXPar PAUL VITRY --- MANETPar LOUIS HOURTICQ --- PUVIS DE CHAVANNESPar ANDRÉ MICHEL --- DEGASPar P.-A. LEMOISNE --- COURBETPar L. BÉNÉDITE --- GUSTAVE MOREAUPar LEÓN DESHAIRS --- DAUBIGNYPar JEAN LARAN --- MILLETPar PAUL LEPRIEUR --- PRIX DE CHAQUE ALBUM : Broché, 3 fr. 50 ; Relié toile, 5 fr. --- À LA LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS, 2, RUE DE L’ECHELLE, PARIS ---

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Affiche. G. BARBIER Le Salon des Artistes Décorateurs 1. IMPRESSION première qui se dégage d'une visite à l'Exposition faite par la Société des Artistes Décorateurs au Pavillon de Marsan est excellente; il est toujours intéressant de voir de bons artistes manifester, exposer leurs travaux, et l'on se réjouit d'applaudir à la réussite de leurs recherches, à leurs progrès, à leurs efforts. Mais peut-être un second examen vient-il modifier en partie ce jugement trop optimiste, en révélant parfois des défaillances, des œuvres trop hâtivement conçues ou d'une réalisation imparfaite, et en nous faisant regretter la présence d'exposants, peu nombreux d'ailleurs, dont la place n'est pas ici, et

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Art et Décoration E. BIÉLER. dont les œuvres médiocres nuisent à l'unité d'ensemble et diminuent sensiblement le niveau esthétique de l'exposition. Et si l'on doit applaudir à la présence d'artistes tels que Süe et Groult, qui apportent à ce Salon un air nouveau et revivifiant, on doit regretter que la Société n'ait pas de moyens lui permettant d'éloigner ou de décourager certains exposants, dont les envois sont d'un intérêt par trop négatif et prennent une place, étroitement mesurée ici, qui pourrait être mieux occupée sans doute. On doit se réjouir, dans l'intérêt même de la Société, d'y voir accueillir les défenseurs des formes nouvelles de l'art ornemental, et l'on doit souhaiter les y voir exposer en plus grand nombre. C'est un fâcheux écueil, pour une société artistique, que de vouloir fermer trop étroite- ment ses portes aux artistes nouveaux, aux théories nouvelles. De nos jours surtout, où l'art devient malheureusement presque une affaire de mode et ne prend plus le temps d'évoluer, une conception artistique est vite délaissée par le public, pressé d'accueillir autre chose de non vu encore, et qui fait fête puérilement à des œuvres qui le surprennent un peu et excitent sa curiosité, sinon son admiration légitime. Il n'est plus besoin de savoir, pourvu que l'on apporte une note nouvelle, cette note fût-elle tapageuse et discordante. Or, pour évoluer assez vite pour n'être pas dépassé par d'autres, les artistes décorateurs, avec la conception particulière qu'ils ont en France de leur profession, manquent de loisirs. Ils veulent réunir en leur seule personne l'artiste, l'industriel et le commerçant. Il semble que c'est trop présumer de ses forces

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Le Salon des Artistes Décorateurs Paysage. E. BIÉLER. que de s'imposer un pareil fardeau. Et celui qui subit le principal préjudice est l'artiste, qui n'a plus pour penser, pour se recueillir, le temps et le calme qui lui sont nécessaires. La fièvre des affaires l'emporte; il faut produire, produire à tout prix; courir chez le client, surveiller les ouvriers, discuter, faire œuvre de marchand avant de songer à faire œuvre d'artiste. C'est là une lamentable conception, à mon avis. Qu'un artiste reste jaloux de sa personnalité artistique, rien de mieux. Mais qui l'empêche de s'associer à un industriel compétent qui exécutera, qui vendra ses œuvres, lui permettant ainsi une production plus paisible, plus régulière, plus féconde et plus belle? Autrement, n'est-ce pas gâcher à plaisir un temps et une énergie qui peuvent être beaucoup mieux employés? N'est-ce pas restreindre volontairement le champ de son activité, de son action, de ses études; n'est-ce pas volontairement s'interdire tout progrès, toute évolution, tout renouvellement artistique? Et n'est-ce pas là en partie qu'il faut chercher la raison du peu de développement de nos arts mobiliers et ornementaux en comparaison des arts mobiliers étrangers? Plus de raison, plus de logique y sont nécessaires, et une meilleure entente dans la direction des efforts aussi. Et puis, ne craint-on pas de lasser le public par de trop fréquentes expositions? Chaque année, aux Artistes décorateurs, aux Salons du Printemps, au Salon d'Automne, ce sont les mêmes artistes qui exposent. On leur reproche l'uniformité de leur production, sans vouloir comprendre qu'il est impossible à un artiste de se renouveler trois fois par an, et de changer autant de fois sa manière et son

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Art et Décoration art. Ne serait-il pas préférable que la Société des Artistes décorateurs limite son effort; transforme son exposition annuelle en expositions triennales, par exemple, ainsi que cela se pratique en Angleterre pour les expositions de la Société “Arts and Crafts”; cela lui permettrait sans doute plusieurs choses: d'abord, les artistes pourraient se préparer plus longuement à ces expositions, y figurer avec des œuvres plus nombreuses, plus mûries et plus complètes. Les frais moins souvent renouvelés leur permettraient de faire plus et de faire mieux. D'autre part, le local que prête si généreusement l'Union Centrale des Arts Décoratifs est malheureusement trop exigü, mal éclairé, aussi peu fait que possible pour de semblables expositions. On a essayé cette année, par l'adjonction d'un vélum, de modifier l'ambiance, de mettre plus d'intimité dans l'ensemble, de supprimer l'effet écrasant de ce vaste hall, enlevant aux œuvres exposées leur échelle véritable. Si les objets exposés sont moins sacrifiés à ce dernier point de vue, on a surtout réussi à enlever le peu de lumière existante, et à donner une sensation de faux jour déplaisante et peu favorable. Ces expositions triennales permettraient sans doute de compter sur des ressources plus étendues; et par là même, si nul édifice existant ne peut satisfaire aux conditions nécessaires, d'édi- fier temporairement un local plus propice, plus conforme à ce que l'on est en droit d'attendre, d'exiger même pour de telles manifestations. Ce sont des problèmes certainement difficiles à résoudre; mais il est nécessaire, indispensable de trouver une solution, de faire quelque chose. Car il est lamenterable de voir perdus tant de bonnes volontés, d'efforts et de travaux qui méritent plus d'encouragement et de respect. Et l'on doit admirer la ténacité de ces artistes qui, malgré tout, continuent leur effort, sans espoir de le voir dignement présenter au public. Coiffeuse. CLÉMENT MÈRE.

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Le Salon des Artistes Décorateurs GROUPT. Salle à manger.

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Art et Décoration DHOMME. Les ensembles exposés cette année sont bien divers comme valeur esthétique; trop divers même. Car la place étant strictement mesurée, ne devraient être admises à figurer que des œuvres d'une valeur suffisamment grande, et présentant d'incontestables qualités de conception et de réalisation. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas. Mais ce qui est intéressant dans ce salon de 1914, c'est de voir figurer, auprès des envois des habituels exposants, ceux de trois d'entre les représentants des écoles nouvelles, Süe, Groult et Mare. Leurs envois nous retiendront un instant à plus d'un titre. Il est intéressant d'y constater les tendances nouvelles et de les étudier un peu. On m'a fait grief, dans un article étudiant les intérieurs exposés au dernier Salon d'Automne, de faire des réserves sur les envois des décorateurs dont Dufrène et Follot, Jallot et Gal- lerey font partie. Il peut paraître étrange que, pour certains artistes, le droit de la critique s'arrête en même temps que les éloges,et qu'ilsadmettent difficilement que l'on s'étonne de les trop voir se répéter. Il est intéressant cependant, même pour eux, de faire un paral-lèle entre la production des artistes de leur génération et ceux de la génération suivante. Et il est na- KIEFFER.

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Le Salon des Artistes Décorateurs Paysage. DE WAROQUIER. turel que l'on puisse leur demander un plus grand effort afin de n'avoir pas l'ennui de les voir trop vite se laisser dépasser et remplacer dans l'admiration du public par d'autres, présentant l'attrait indiscutable de l'inédit et le charme des débuts audacieux, que viennent vite tempérer les leçons de l'expérience. Ce charme de l'inédit est certain. Il ne doit cependant pas nous fermer les yeux sur tout ce qu'ont d'incompletles intérieurs qui nous sont présentés, sur les erreurs commises, la science trop rudimentaire du métier. Le groupe dont je parlais tout à l'heure possède pleinement cette science; ceux du groupe nouveau doivent s'efforcer de l'acquérir. Ils y progressent peu à peu. Mais il est important de leur rappeler que la beauté d'un meuble n'est pas tout entière dans la fantaisie et souvent l'illogisme de sa composition. Reliure. KIEFFER. Qu'un meuble est, et doit être, une œuvre architecturale, construite logiquement, de façon à répondre pleinement à l'usage que l'on en doit faire, à la main d'œuvre rationnelle de la matière qui le constitue, et que la fantaisie ne peut venir qu'en surcroît de ces conditions essentielles, et primordiales, apporter le charme du style et de la personnalité. Le rapport des proportions et des volumes entre eux, l'équilibre apparent et réel des masses doivent être sévèrement étudiés, et c'est sur cette forte charpente, sur ce corps logiquement construit que le décorateur peut se permettre, et alors seulement, de donner libre cours à sa fantaisie ornementale. Or, c'est cette logique constructive que l'on regrette ne pas trouver plus souvent dans les œuvres de la nouvelle école. Mais je veux lui faire un autre reproche. Nous avons longtemps protesté autrefois contre l'indigence

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Art et Décoration Vases. DUNAND. vivre toute la vie dans une telle ambiance, qui peut prétendre ne s'en pas fatiguer trop vite? L'expérience prouve et a prouvé souvent le bien fondé de cette crainte. Entre le gris trop neutre et trop triste et la couleur trop provocante, un moyen terme existe, celui des gris colorés ou chante et vibre une note juste et pure. Là est sans doute la vérité. Et puis, vraiment, le panier fleuri de roses est un motif ornemental qui demande à être renouvelé. Vraiment, un peu plus de facultés des colorations des intérieurs modernes. C'était l'école des gris, des gris incolores, uniformes et impersonnels. Maintenant, tout est changé. Par une réaction violente, dépassant souvent la mesure, c'est la polychromie bruyante, aveuglante et brutale. Des harmonies curieuses sont réalisées, certes; d'étranges accords de tons, d'amusantes gammes de couleurs vives sont utilisées, qui donnent aux ensembles ainsi présentés un aspect gai, pimpant, un peu acide, mais non sans agrément. Mais une question se pose, qui est, on en conviendra, de quelque importance Que serait la vie dans un tel intérieur ? Y trouverait-on le calme, le repos qui nous sont nécessaires dans la vie de chaque jour? On doit hardiment répondre : non. Que l'on trouve à la campagne, pendant un mois de l'année, de tels ameublements, une telle décoration intérieure, durant la belle saison, les vacances, alors que l'on goûte le repos, rien de mieux. Cela est plaisant, distrayant, agréable. Mais Grès. LENOBLE.

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Le Salon des Artistes Décorateurs Buffet. TAUZIN. imaginatives pourraient être mises en jeu. On doit rendre cette justice aux décorateurs plus anciens qu'ils cherchaient davantage, et avaient d'autres ressources, beaucoup plus variées et plus étendues. Je n'entends pas faire ici le procès du groupe Süe, Groult et Mare, pas plus que je n'avais voulu faire celui des Dufrène, des Gaillard et des Follot. Ce sont là des généralités. Mais il est des vérités qui, selon moi, doivent être dites; et c'est singulièrement rabaisser la critique que de vouloir la limiter aux seuls éloges,